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Pierre Nora : retranscription de ses propos
Publié le :

Pierre Nora, historien, Président de la 14e édition des « Rendez-Vous de l'Histoire » à Blois, Président de l’association « Liberté pour l’Histoire » et membre de l’Académie française, a dérapé en direct sur France-Inter le mercredi 12 octobre 2011, au micro de Bernard Guetta et Thomas Legrand. Des propos qui interpellent sur la légitimité de l'historien à s'exprimer sur des sujets que visiblement il ne maîtrise pas, comme le montre ici leur transcription.

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Retranscription partielle et non officielle faite par le Collectif VAN :

Thomas Legrand : Lors d’une visite en Arménie la semaine dernière Nicolas Sarkozy a appelé la Turquie à reconnaître la réalité du génocide arménien, et à Paris, François Hollande appelle à soumettre à nouveau au Sénat la proposition de loi qui réprime la négation de ce génocide.

Pierre Nora : Là vous parlez à quelqu’un qui a des avis très…, qui est le président d’une association Liberté pour l’Histoire, …et qui depuis 2005 se bat pour que le législatif ou l’exécutif ne prenne aucune loi sur l’histoire. Ca ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas avoir des avis sur le passé national (…), mais pas de se mêler de l’histoire et surtout de qualifier le passé.

Et dans l’affaire arménienne, on a reconnu en 2001 le génocide arménien, ça suffit. La République l’a reconnu.

Mais le groupe des Arméniens très organisé, veut, si j’ose dire, donner les mêmes garanties que sur les Juifs c’est à dire sur Gayssot, la Loi Gayssot, à l’Arménie.

Que la Turquie fasse tout pour reconnaître éventuellement son passé, encore qu’historiquement, l’affaire est très, très compliquée, je n’en suis pas spécialiste. Mais elle n’est pas univoque. Et si vous faites une loi vous ne pouvez plus véritablement travailler la question. Moi je suis totalement contre le fait que le politique qualifie l’histoire.

Il y a une grande différence entre le langage de Sarkozy et le langage de Hollande. Hollande est très engagé – et je le regrette infiniment - sur cette affaire arménienne. Il y a des accointances presque amicales et personnelles. Il est sincèrement très engagé. Et il veut qu’on fasse cette loi. J’aimerais d’ailleurs le persuader de ne pas la faire et lui demander d’aller le voir pour lui exposer ses arguments.

(Â…)

Bernard Guetta : Pourquoi dites-vous, Pierre Nora, que le dossier arménien, le dossier du génocide des Arméniens n’est pas univoque ?

P.N : Mais ce serait très long à expliquer.

B.G : En deux phrases.

P.N : En deux phrases. Les Arméniens ont été à la fois les immenses victimes mais pas seulement les immenses victimes. On ne va pas entrer dans des débats historiques extrêmement profonds mais qu’il y ait eu massacres génocidaires, c’est une évidence…

Thomas Legrand : La question est de savoir si on peut qualifier de génocide ou pas. La réponse doit être rapide.

P.N : Des génocides vous savez il y en a tout le temps et partout. Si la France se mêlait de tous les génocides dont elle n’est pas responsable…

Bernard Guetta : Pierre Nora, des génocides il n’y en a pas tout le temps et partout. Il y en a eu trois au XXe siècle. Précisément celui des Arméniens, celui des Juifs et celui des Tutsi beaucoup plus récemment.

P.N : Non mais dans celui des Juifs, la France est d’une certaine façon largement responsable, a été indirectement responsable.

Thomas Legrand : Celui des Tutsi ?

P.N : Celui des Tutsi incontestablement est un génocide. Mais si vous élargissez à tous les génocides sur lesquels la France n’est pas responsable, vous allez aller très loin. Et si surtout vous faites une loi… Autre chose est de laisser les historiens décider s’il y a eu génocide, s’il n’y a pas génocide. Et ce que signifie un génocide aussi, parce que la définition… aujourd’hui le mot est totalement codé, il est politisé, il est instrumentalisé et il n’a plus beaucoup de signification réelle, si vous écrasez trois mouches, on peut aussi vous parler d’un génocide. La seule définition est celle qu’a donnée Nuremberg, du génocide. Mais encore une fois, punir si vous voulez de crime contre l’humanité des gens qui sont encore vivants et les poursuivre jusqu’à ce qu’ils soient morts, c’était ça la définition du crime contre l’humanité, mais si vous donnez la définition du crime contre l’humanité sur des gens qui sont morts et dont les auteurs sont morts eh bien c’est les historiens que vous poursuivez, et c’est totalement absurde.

Ecouter Pierre Nora dans Interactiv sur France-Inter.




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