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Turquie: Entretien avec Orhan Eskiköy
Publié le : 27-03-2012

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous livre cette interview traduite par Georges Festa et publiée sur le site Armenian Trends - Mes Arménies’.


Photo: © Perişan Film, 2009


Armenian Trends - Mes Arménies

mercredi 1 février 2012

Orhan Eskiköy - Interview par Esra Demirkuran

Nisimazine.eu, 25.11.2008

Orhan Eskiköy est co-réalisateur (avec Özgür Doğan) de Iki Dil Bir Bavul [On the Way to School /Sur le chemin de l’école] (2009), qui est en compétition pour le Prix VPRO Joris Ivens. Ils suivent un enseignant turc qui enseigne à des élèves kurdes, lesquels ne comprennent pas le turc, à Demirci, un village reculé près d’Ourfa, au sud-est de la Turquie.

- Esra Demirkuran : Sur le chemin de l'école est l’histoire d’un peuple avec sa géographie et deux langues différentes. De ce point de vue, le film aborde une rupture dans la communication. Comment vois-tu la déconnexion entre est et ouest en Turquie ?
- Orhan Eskiköy : En Turquie, l’absence de communication entre les gens de l’ouest et de l’est fait qu’ils ont des préjugés. Comme ils ne parlent pas la même langue et n’essaient pas de se connaître mutuellement, la seule façon qu’ils ont d’être informés de la culture et du mode de vie de l’autre passe par la télévision. A la télévision, les Kurdes sont surtout présentés comme des terroristes ou des gens faisant pitié. Or ils ont besoin d’être compris par le reste du pays. Notre film vise à montrer au public (turc, essentiellement) ce que la réalité des Kurdes.

- Esra Demirkuran : Pourrais-tu nous parler du processus de production ?
- Orhan Eskiköy : On a commencé à faire des recherches sur le film, il y a cinq ans, alors qu’Özgür et moi étions étudiants. Mais on n’arrivait pas à trouver un village ou un enseignant. Il y a trois ans, on a participé à un atelier organisé par l’Association des Documentaristes (BSB) en Turquie. C’est là qu’on a rencontré des professionnels européens comme Leena Passenen et Massimo Arvat, qui ont cru en notre projet. En 2007, on s’est inscrit au Greenhouse Documentary Development Workshop [Atelier Greenhouse de création documentaire] et notre projet a été sélectionné. On a obtenu ensuite le soutien de différentes institutions comme Sundance et le Fonds Jan Vrijman.

- Esra Demirkuran : Comment avez-vous trouvé le personnage principal, Emre l’enseignant ?
- Orhan Eskiköy : Durant nos recherches, on s’est aperçu que l’histoire d’Emre était vécue par beaucoup d’enseignants débutants. Quand on l’a rencontré, il était très pessimiste et se demandait ce qu’il faisait là. Comparé à d’autres enseignants, il avait l’allure typique d’un Turc venu de l’ouest. Il correspondait vraiment à notre histoire !

- Esra Demirkuran : A certains moments, Emre semble épuisé d’enseigner le turc à des enfants qui parlent le kurde. Quelles difficultés avez-vous rencontré en le suivant toute une année ?
- Orhan Eskiköy : Suivre un personnage sur une longue période est difficile. Emre chageait d’avis si souvent ! Un jour il adorait le village, puis il laissait tomber. Au début, il est fermement convaincu d’enseigner le turc. Avec le temps, quand il s’aperçoit que ce n’est pas aussi facile, il perd espoir. On avait peur qu’il quitte le film. Finalement, ça ne s’est pas produit. Mais il n’était plus aussi coopératif avec nous ; ne répondant pas à certains appels ou ne nous informant pas sur des changements importants dans le village, etc.

- Esra Demirkuran : Le film donne des détails sur le système éducatif en Turquie et un sentiment fort de marginalité. D’un côté, on remarque la solidité du système, de l’autre, le professeur doit enseigner le turc avant d’aborder le programme. Que penses-tu de la solution qu’il découvre par lui-même ?
- Orhan Eskiköy : Dans des pays en développement comme la Turquie, certains groupes possèdent des privilèges ; d’autres n’ont pas le moindre avantage. Ce qui crée un énorme écart. Les règles n’ont de sens et ne peuvent fonctionner que tout le monde a les mêmes opportunités. L’Etat se doit de prendre en compte et de respecter la diversité au sein du pays. Naturellement, pour qu’il y ait unité dans l’enseignement, le même programme doit être suivi. Mais, pour revenir à notre film, un enseignant ne peut faire cours à des élèves qui ne parlent pas la même langue. Il y a là, à mon avis, une forme de violence exercée à l’encontre des enseignants et des élèves.

- Esra Demirkuran : Bien qu’on ne vous voit pas dans le film en tant que réalisateurs, votre point de vue n’est pas celui d’un « outsider ». Comment définirais-tu votre style de documentaristes ?
- Orhan Eskiköy : Nous essayons d’observer la vie de personnages réels dans leurs histoires réelles et leurs situations réelles. Voilà comment je formulerais notre style. Dans un documentaire d’observation, tu dois te trouver avec tes personnages au bon moment. A part ça, ce genre prend le réalisateur aux tripes…

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Source : http://www.nisimazine.eu/Orhan-Eskikoy-On-the-way-to-school.html
Traduction : © Georges Festa – 01.02.2012.

NdT: Signalons la première du nouveau film d’Orhan Eskiköy et Özgür Doğan, Voice of My Father, au Festival international du Film de Rotterdam (25.01 – 05.02.2012) - http://www.filmfestivalrotterdam.com/nl/




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Source/Lien : Armenian Trends - Mes Arménies



   
 
   
 
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