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USA : le "Secret DĂ©fense" couvre la corruption d'officiels US par la Turquie (I)
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Info Collectif VAN - www.collectifvan.org – Le Collectif VAN vous propose la traduction d'une interview exclusive de Sibel Edmonds, menée par Khatchig Mouradian pour The Armenian Weekly. L'américaine d'origine irano-azérie, Sibel Edmonds, a été renvoyée de son poste au FBI en mars 2002 pour avoir rapporté la corruption par la Turquie d'officiels américains de haut rang. Son affaire est classée "Secret Défense".
Rappelons que divers scandales de corruption ont entaché la précédente législature au Congrès américain. Notamment ce que l'on peut appeler le "Turkish Gate" ou "l'affaire Sibel Edmonds" : Dennis Hastert le speaker républicain de la Chambre des représentants en poste avant Nancy Pelosi, aurait perçu des centaines de milliers de dollars de la part du lobby turc pour faire capoter l'adoption d'une résolution par laquelle les USA reconnaissaient le génocide arménien perpétré par la Turquie en 1915. Lire notre dossier Sibel Edmonds




Croyons-nous en lÂ’interdiction ? In Gag we trust ?*

Une interview avec la dénonciatrice du FBI, Sibel Edmonds (première partie)
De Khatchig Mouradian

The Armenian Weekly (www.armenianweekly.com)

Volume 73; Numéro 19

12 mai 2007


Traduction de la première partie


La linguiste du FBI, Sibel Edmonds, a été renvoyée de son poste du Washington Field Office en mars 2002. Son crime est d’avoir rapporté des failles dans la sécurité, des opérations de couverture, des obstacles aux services de renseignements, et la corruption d’Américains, y compris des officiels de haut rang. Le privilège du Secret Défense a souvent été invoqué pour neutraliser des procédures la concernant, et le Congrès américain a même été bloqué pour empêcher toute discussion future.

Edmonds a révélé, par exemple, la relation secrète entre des groupes turcs et un ancien porte-parole de la Chambre, Dennis Hastert (R-Ill.), qui aurait reçu des dizaines de milliers de dollars de pot-de-vin en échange du retrait de la résolution sur le génocide arménien à la Chambre basse du Congrès en 2000.

Née en Iran en 1970, Edmonds a obtenu son BA en Justice criminelle et en Psychologie à l’université George Washington et son MA en Politique et Commerce international à l’université George Mason. Elle est la fondatrice et la directrice de National Security Whistleblowers Coalition (NSWBC) et en 2006, elle a reçu du PEN club, leNewman's Own First Amendment Award. Elle parle turc, farsi et azéri.

Cet entretien a été mené à Washington le 23 avril. Pour suivre le développement de son affaire, consultez le site : www.justacitizen.com

Khatchig Mouradian- Il y a plus de cinq ans maintenant que vous avez contacté pour la première fois le Comité Judiciaire du Sénat pour lui révéler l’histoire de la corruption par la Turquie d’importants officiels américains. Pouvez-vous nous dire comment cela a évolué depuis, et où en est l’affaire ?

Sibel Edmonds- Bien sûr. Cela fait à peine un peu plus de cinq ans que j’ai contacté le Comité Judiciaire du Sénat et que j’ai informé les équipes respectives des sénateurs Charles Grassley (R-Iowa) et Patrick Leahy (D-Vt.) de façon très précise, en leur présentant les numéros des document, les noms des documents, les noms des personnes ciblées et les questions détaillées liées à mon affaire. Vous vous souvenez peut-être, que quelques mois après que j’ai informé le Comité Judiciaire du Sénat, les deux sénateurs ont commencé à faire des déclarations sonores dans les médias. Nous avions eu un passage de 60 minutes sur CBS et le sénateur Grassley est apparu et a déclaré que c’était outrageux. Même des employés du FBI ont confirmé toutes les histoires et ont dit qu’il fallait mettre le FBI sens dessus dessous à propos de cette affaire. Le sénateur Leahy avait fait des déclarations similaires et les deux sénateurs ont essayé ensemble de procéder à une audition sur le cas. On m’a dit plus tard que le Directeur de l’époque avait empêché l’audition de quelques personnes - y compris de bons agents du FBI qui auraient dit la vérité sous serment- qui auraient témoigné et donné des éclaircissements sur cette affaire.

Deux ans plus tard, une version non classée de ce rapport a été publiée par le Bureau de l’Inspecteur général. C’est le Département de Justice du propre Bureau de l’Inspecteur général. Après deux années d’enquête, le rapport a confirmé mes propres rapports. Il affirmait que toutes ces allégations étaient soutenues et étayées par des documents et des témoins, et que le FBI avait refusé d’effectuer un suivi ou une enquête - une véritable enquête - sur ce cas. Donc, vous avez cette affaire, qui depuis cinq ans a été confirmée par des sources du Congrès, par des gens qui connaissent bien mon cas, et par le Département de la Justice du Bureau de l’Inspecteur général, mon dossier n’a jamais été ni contredit ni renié par le Département de la Justice ou par le FBI, et pourtant rien n’a été fait.

Il n’y a pas eu d’audience et personne n’a été tenu pour responsable. En fait, nous sommes revenus à la case départ et je trouve cela vraiment consternant. C’est une triste situation et pas uniquement pour mon cas. Nombreux sont ceux qui pensent que tout ceci concerne une dénonciation, une linguiste qui travaillait pour le FBI a été injustement renvoyée. Mais je n’aurais pas été renvoyée si je n’avais pas soulevé ces questions qui sont importantes pour les Américains, et également pour les non Américains. Ce cas éclaire diverses zones d’ombres importantes, y compris celle de notre politique étrangère, qui est guidée par l’hypocrisie. Nous ne parlons pas d’individus étrangers, nous parlons de nous, de nos propres officiels américains, qui se sont engagés dans des actions qui vont à l’encontre de l’intérêt des Américains et de leurs principes. Mais le peuple américain ne connaît toujours pas cette affaire, et le Congrès n’a rien fait, en dépit du fait qu’il a été parfaitement informé et a eu confirmation pour tout.

K.M.- Ce qui fait que l’on peut se poser la question de savoir qui oeuvre pour le peuple, et qui œuvre pour ses bénéfices privés et personnels ?

S.E.- C’est important, ce sujet de l’intérêt personnel versus l’intérêt du peuple américain public, surtout lorsque vous parlez de fonctionnaires. Ce sont ces personnes qui ont accès aux dossiers liés à la sécurité nationale et aux documents top secrets. Et j’insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas que d’un parti, il ne s’agit pas de la droite contre la gauche, il ne s’agit pas d’une administration contre une autre. Car, si vous allez au fond de ces dossiers, vous découvrirez que ces gens - ces entités américaines, ces officiels américains - ont usé et abusé de leurs positions depuis un certain temps. Et nous avons détourné nos regards. Et la plupart des médias également. Et ça, ce ne sont pas des sujets top secrets. Tout ce qu’il vous suffit de faire, c’est d’observer ces personnes.

Par exemple, prenez M. Marc Grossman. C’était l’Ambassadeur américain en Turquie et il s’est servi de sa position à l’intérieur du Département d’État pour s’assurer des postes importants dans le futur, alors qu’il était en service - et j’aimerais insister sur ce point - pendant qu’il était en service et plusieurs agences en avaient connaissance. Certaines personnes dans ces agences ont voulu enquêter sur ce cas, mais on les a empêché de poursuivre.

Dans mon cas, avec cet exemple que je vous ai donné, mes supérieurs m’ont dit - et ils représentent "les bons patrons", ce sont les agents avec qui je travaille - que le Pentagone et le Département d’État faisaient pression sur le Département de la Justice pour étouffer l’affaire. Et regardez M. Grossman aujourd’hui. Quelques mois après avoir présenté sa démission, il a obtenu un poste dans une compagnie turque qui le paye grassement.

Vous pouvez commencer à regarder autour de vous et vous découvrirez des cas similaires : M. Douglas Feith et M. Richard Perle. Ils étaient enregistrés comme agents étrangers pour la Turquie entre 1988 et 1995. Ces positions étaient très lucratives, et ils ne représentaient pas le gouvernement américain à ce moment-là. Donc, une fois qu’ils ont repris leurs hautes fonctions dans le gouvernement américain en 2000, pensez-vous qu’il y a eu un changement en termes des intérêts qu’ils représentaient ?

Et, malheureusement, cela se passe aussi du côté du Congrès. Vous l’avez observé à la fin des années 80 et début 90, avec le sénateur Solaris, et de nouveau avec le sénateur- et plus tard Directeur - Livingston et la position qu’il a obtenue, celle de représentant des intérêts étrangers. Et nous pourrions voir cela se reproduire bientôt, avec les sénateurs actuels, tel que l’ex-directeur Hastert. Et, c’est aux Américains et à nos médias principaux de vraiment faire attention à ces questions. Nous parlons d’un exemple de pays [la Turquie], un cas. Mais, il y en a combien d’autres ? Et pourquoi regardent-ils de l’autre côté ? Est-ce que notre peuple sait, est-ce qu’il se rend compte qu’il accorde sa confiance et qu’il donne tout pouvoir à des gens qui ne le représentent pas ?

K.M.- Vous êtes seule, et vous êtes traductrice et vous travaillez sur des sujets qui sont essentiellement en rapport avec la Turquie. Vous avez 200 collègues. On peut se demander combien d’histoires de ce genre il existe. Cette seule histoire, votre histoire, en elle-même, suffit à démontrer la corruption du système.

S.E.- Mon cas est devenu assez connu en raison des activités dans lesquelles j’étais engagée, comme assister à des procès, aller au Congrès, etc. Il existe d’autres cas similaires dont nous n’entendons pas parler. Par exemple, le cas Larry Franklin, avec le cas d’espionnage de l’AIPAC. Et, ce que le peuple américain ne sait pas, c’est que c’est qu’il y a eu d’autres opérations de contre-espionnage dans le FBI et donc l’obtention de davantage d’informations qui n’étaient pas limitées à M. Franklin. D’autres opérations ont cessé en 2000 et 2001, car elles menaient à des niveaux élevés et impliquaient trop de personnes, je parle de ces individus qui brisent les lois, qui abusent de leur pouvoir et de leur position et dans certains cas, je dirais même que c’est presque de la trahison.

Encore une fois, il est facile de voir ce qu’il s’est passé dans mon cas. Quel genre d’exemple mon cas représente-t-il pour les autres, ceux qui ont peut-être envie d’agir correctement et de parler ? Ils diraient que cela ne fait aucune différence au final, car j’ai tout essayé. Je suis allée aussi loin que je le pouvais avec les tribunaux, y compris la Cour Suprême, et comme vous le savez, ils ont émis un ordre de clôture à mon encontre, plusieurs fois, en invoquant le Secret d’État. Ils ont dit que tout ce qui concernait mon affaire - y compris mon lieu de naissance et les langues que je parle, tout - est classifié. On m’empêche de parler, que j’ai tort ou raison. Et je suis allée jusqu’au Congrès, j’ai fait ce qu’il était correct de faire. Je n’étais pas ce qu’ils appellent une "fuite" qui va directement divulguer aux journaux des documents classifiés. Je suis allée dans les comités appropriés, le Comité Judiciaire et le Comité des Renseignements, aussi, et en passant, à la Chambre et au Sénat... J’ai utilisé les canaux légaux - les tribunaux… (…). J’ai essayé les médias. Alors, je ne blâme pas ces gens qui sont pessimistes et qui disent que cela ne fait aucune différence, ou qui pensent qu’ils perdront leur emploi, voire même qu’ils iront en prison. Ce sont pour beaucoup des chefs de famille. Ce sont des gens consciencieux, mais ils ont investi 15-20 ans de leur vie dans leur carrière et ils pensent, "Oh, je suis à 5 ans de la retraite, et je ne voudrais pas tout gâcher." Il existe de nombreuses raisons au silence des gens.

Ils font de vous un exemple. Car disons que mon cas, qui apporterait justice et responsabilité, inciterait d’autres à faire de même. Et combien de fois - prenons la dernière décennie - avez-vous pu observer qu’un dénonciateur légitime de ces agences ait parlé et gagné ? Je ne pense pas que vous puissiez citer un seul cas.
(…). Par exemple, on peut blâmer grandement la plupart des médias. Intentionnellement ou non, ils sont devenus complices, en ne rapportant pas ce qu’il devraient rapporter, et en n’enquêtant pas ce sur quoi ils devraient enquêter. Ils abdiquent leurs responsabilités. Et vers qui se tournent nos regards lorsque nous parlons de sujets concernant les enquêtes de responsabilité ? Vers le Congrès. Et, c’est la raison principale pour laquelle nous ne voyons pas plus de gens du FBI parler, des agents avec qui je travaillais - de solides américains patriotes et dévoués. Ils étaient tout aussi outragés que moi, tandis que je découvrais ces cas et les rapportais en interne. Si l’un de ces comités, que ce soit le Comité judiciaire ou le Comité des Affaires du Gouvernement à la Chambre, avait mis en place une audience et avait appelé ces individus à venir témoigner, ces agents auraient dit la vérité sous serment.

K.M.- Donc, à votre avis, quelle est la définition d’un agent aujourd’hui aux USA ? Quel est son travail ? Une grande partie de son travail est lié à ce dont nous venons de parler, à des choses dont on ne parle pas et qui sont tenues cachées. Alors, il semble que les agents sont de "bons agents" tant qu’ils s’occupent des ennemis. Mais qui est l’ennemi, cela est défini par des gens qui sont souvent corrompus et parfois même qui ont commis des trahisons.

S.E.- Je ne peux pas parler au nom des autres agents, mais je peux parler pour le FBI. Au sein du FBI, il y a différents types d’opérations. Par exemple, pour les cas criminels, c’est le travail de l’agent de rassembler des preuves, des mandats etc. pour poursuivre les criminels et les amener devant la justice. À un certain degré, ce concept est vrai pour les opérations antiterroristes, une division dans le FBI, que je considère comme la plus importante, mais malheureusement, la plus mal dirigée. Vous avez des agents, des traducteurs et des analystes qui supervisent les activités - parfois criminelles ou d’espionnage - d’entités étrangères dans notre pays. Alors, en travaillant sur des activités criminelles, ils découvrent que des Américains sont impliqués, et ce qu’ils devraient faire, ce qu’ils peuvent faire, c’est écrire un rapport, aller au Département de Justice, dans les tribunaux et entamer des enquêtes parallèles, qui ne seraient plus des cas de contre espionnage, mais des cas d’espionnage ou criminels. Or, par accident, c’est ce qu’il s’est passé avec le cas AIPAC. Cela a commencé au Washington Field Office où je travaillais, bien avant de commencer avec le FBI, et avec les traducteurs, analystes et agents à qui j’ai parlé, cette opération a commencé dans un contexte de contre espionnage. Les cibles n’étaient pas des individus américains. Ils étaient, disons hypothétiquement, des entités de l’AIPAC et de l’Ambassade d’Israël. Ce n’est qu’après avoir compris combien ces activités étaient explosives, et après qu’un certain agent ait décidé qu’il fallait prendre cette affaire à bras le corps - c’était avant 2000 - qu’ils ont ouvert une enquête parallèle. C’est ainsi que nous avons plus tard entendu parler du bureau de Feith et de Larry Franklin.

Or, la même chose était sur le point de survenir avec le contre espionnage turc dans la partie principale des documents sur les opérations documentées, par des interrogatoires et écoutes téléphoniques, que j’ai traduites verbatim non seulement pour le Washington Field Office, mais aussi pour les bureaux de Chicago et de New Jersey. Ces documents ont été obtenus avant 2001. S’il fallait les dater, estimons qu’ils remontent à la fin de l’année 1996 et s’étendent jusqu’en 2001. Alors, en 1998 et 1999, il y avait de nombreuses preuves attestant que des Américains étaient impliqués dans cette affaire. Nous parlons de personnes ayant des postes officiels, que ce soit au Département d’État ou au Pentagone ou au Congrès américain. Les agents ont agi correctement en entamant une enquête parallèle qui visait des individus qui commettaient probablement des actes de trahison.

Or, comme me l’ont dit des agents avec qui je travaillais, une suspension a été émise en 1999, car le Président Clinton était en plein dans le scandale Lewinsky. Une fois que l’administration actuelle a pris le pouvoir, et après que j’ai travaillé ici, on a dit aux agents de se taire. Ceux qui ont pris cette décision n’appartenaient pas au Département de la Justice ou au FBI, et c’est pourquoi j’insiste constamment sur ce fait - on a fait pression sur eux, ils ont été forcés par des forces supérieures du Pentagone et du Département d’État. Et quels sont leurs arguments derrière tout cela ? Je ne sais pas, je n’étais pas là, mais ils ont donné des explications et justifications similaires aux tribunaux : "Vous parlez de relations diplomatiques très sensibles." Et de fait, le Procureur général Ashcroft a dit cela dans sa déclaration, lorsqu’il a invoqué le privilège du Secret d’État dans mon cas. Il a dit que révéler ces thèmes dans un tribunal, que j’ai tort ou raison, pourrait endommager certaines relations diplomatiques sensibles et pourrait certainement porter atteinte à certaines relations commerciales avec l’Amérique.
Dans ce cas, nous savons que l’un des pays est la Turquie. Donc, vous avez ici une citoyenne américaine qui a été déchue de ses droits selon le Premier Amendement. Interdiction de diffuser mes informations. Je veux dire, est-ce un concept américain ?
On ne parle pas d’un ennemi au combat, on ne parle pas d’un terroriste présumé. Nous parlons d’une personne qui paye ses impôts, d’un citoyen américain qui respecte la loi. Donc, ces relations commerciales, ces relations diplomatiques ont justifié qu’une citoyenne américaine soit déchue de ses droits selon le Premier Amendement, et selon le Quatrième Amendement, dans un tribunal. En fait, le Département d’État américain a effectué une classification rétroactive illégalement, et le Congrès a effectivement subi cet ordre de clôture en mai 2004. Ils ne mentionnent même pas à quelles relations diplomatiques ils font référence. En ont-ils honte ? Parlons-nous de milliards de dollars de vente d’armes? Pourquoi ne sont-ils pas plus précis ? Parce que ce sont des informations classées top secrètes. C’est pourquoi j’ai écrit ces articles, en me basant sur des sources extérieurs, obtenant toutes les données. Parle-t-on de contrats portant sur 5 milliards de dollars de vente d’armes tous les deux ans ? Ce n’est pas top secret. Qui en bénéficie? Quelles compagnies? Qui sont les individus qui tirent profit de cette affaire ? Et, il y a t-il quelque chose dans les sujets que j’ai traités qui, si on le révélait, porterait atteinte aux Américains et à la sécurité nationale ? Non. Rien du tout.

De fait, il y a des sujets et des cas, qui aiderait grandement la sécurité nationale, parce que ces mêmes activités comprennent aussi le blanchiment d’argent et le trafic de drogue. Tout ce qu’il vous suffit de faire, c’est de regarder les rapports du Département d’État sur la Turquie et l’opium. 92 % de l’héroïne qui arrive en Europe passe par la Turquie, et elle est mise sur le marché et distribuée par des Turcs. Ceci n’est pas une information classifiée. Cela se trouve dans le propre rapport du Département d’État. Le pavot est cultivé en Afghanistan et ce sont les Taliban - et leurs partisans, qui en tirent profit, et ceux d’Al-Qaida qui bénéficient des revenus de la vente du pavot à des Turcs, qui ensuite le distribuent, fournissant ainsi à l’Europe 92% de son marché d’héroïne. Avons-nous dit : "Il faut réprimer ces activités de vente de narcotiques, car elles aident les terroristes, et les terroristes sont des menaces pour notre sécurité nationale ?" Non, nous ne l’avons pas fait.

Le Time Magazine a publié un article d’environ 11 pages sur l’augmentation de la production d’opium en Afghanistan. Il a également fait une estimation de la valeur de cette production d’opium. Et il y a eu des déclarations émanant de divers membres du Congrès, y compris Walter Jones, qui est allé en Afghanistan, et qui a affirmé qu’une grande partie de ces revenus allait à Al-Qaida et aux Taliban. Le montant oscillait entre $38 et $50 milliards par an. Ce même article limitait la production d’opium à quelques fermiers. Et quand vous voyez ces Afghans en chalvars (pantalons bouffants) cultivant leur pavot, vous pensez que ces gens ne sont pas capables de gérer un commerce de $50 milliards. Seule, une petite part leur revient. La transformation du pavot en héroïne, puis le transport par la route à travers les Balkans est fait par des Turcs. Et l’on ne parle pas de voyous turcs, on parle des militaires turcs et de la police turque. En 2000, un professeur en Turquie a publié un rapport très documenté qui dit que le quart de l’économie turque est fondée sur la production d’héroïne et sa distribution. Bien sûr, il a dû fuir le pays et il a demandé l’asile politique en Allemagne, parce qu’il avait commis un acte de trahison en critiquant le gouvernement turc.

L’article du Time Magazine ne parlaient pas des acteurs principaux, les grands, les puissants, ceux qui distribuent, transforment, mettent sur le marché et blanchissent l’argent. Ces gens ne sont pas affectés. Si vous lisez le rapport, vous verrez quels sont les pays impliqués - la Turquie, Chypre, les Émirats Arabes Unis. Mais, comme par hasard, ils n’ont pas été mentionnés dans l’article du Time Magazine, laissant ainsi croire à tout lecteur Américain, que ces fermiers gagnaient $50 milliards par an. De nouveau, le coupable est le Time Magazine, car ce n’est pas le cas.

Le rapport montrait l’implication de la Turquie, des Émirats Arabes Unis et du Pakistan. Nous disons qu’ils sont nos alliés, nous ne voulons pas les affecter, nous ne voulons pas nous les aliéner. En fait, nous faisons beaucoup d’affaires avec eux, et nos relations diplomatiques avec ces pays sont dites sensibles, comme l’a présenté Don Ashcroft. Si l’un d’entre eux faisait partie de l’axe du mal, si l’un d’entre eux était la Syrie, si l’un d’entre eux était l’Iran, si l’un d’entre eux était la Corée, si c’était Saddam, vous verriez le foin que cela ferait - comment le pays de Saddam et ses habitants aident les Taliban financièrement et Al-Qaida. Mais il y a eu ce grand : oh zut! Ce sont nos proches alliés, ceux à qui nous donnons des milliards de dollars d’aide, ceux qui reviennent et achètent nos armes. On ne peut pas plaisanter avec des choses comme ça. Trop de personnes influentes, trop de grandes compagnies en tirent profit. Voilà, c’est l’énorme lobby de l’industrie qui bénéficie de tout cela.

Qui représente le peuple américain? Nous savons que l’ex-directeur M. Livingston représente aujourd’hui ces intérêts étrangers, et donc notre Congrès représente ces puissances étrangères. Mais qui représente réellement le public américain? Et comment ? Il est très difficile d’en suivre la trace. Ce sont les sujets que nous aimerions que nos médias couvrent, mais ils ne le font pas.

La seconde partie de cette interview sera publiée dans le prochain numéro du Weekly.

*Gag order: ordre de Cour - injonction judiciaire - ou de Gouvernement - interdisant la diffusion publique d’informations, sous peine d’emprisonnement. (jeu de mot avec la devise américaine In God we trust -en Dieu nous croyons-)

©Traduction (légèrement résumée) C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org






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Source/Lien : Armenian Weekly



   
 
   
 
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