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Des enregistrements secrets révèlent le soutien de la Turquie à Daech
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – "Le journaliste turc Abdullah Bozkurt a révélé dans The Investigative Journal of the Stockholm Center for Freedom, que « des centaines d’enregistrements secrets obtenus auprès de sources secrètes dans la capitale turque Ankara révèlent comment le gouvernement islamique du président Recep Tayyip Erdogan a pu permettre – et même faciliter – le déplacement de militants étrangers et turcs, qui passaient la frontière turque pour aller en Syrie se battre avec les djihadistes dans l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, aussi connu sous le nom d’EI ou Daech). »" Nota CVAN : Le journaliste turc Abdullah Bozkurt, qui a écrit l'article de The Investigative Journal of the Stockholm Center for Freedom dont s'inspire ci-dessous Harut Sassounian, était le directeur du bureau de l’édition en langue anglaise du journal, Today’s Zaman, appartenant au Groupe Zaman, organe de presse güleniste, mouvement islamique désormais opposé à Erdogan après l'avoir mené au pouvoir. Profitons donc des informations de ce groupe islamique très au fait des arcanes du pouvoir turc d'Erdogan. Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 14 février 2019.

Légende photo : Abdullah Bozkurt


Le soutien de la Turquie aux terroristes en Syrie révélé dans des enregistrements secrets

De Harut Sassounian
The California Courier
Éditorial du 14 février 2019
www.TheCaliforniaCourier.com

Le journaliste turc Abdullah Bozkurt a révélé dans The Investigative Journal of the Stockholm Center for Freedom, que « des centaines d’enregistrements secrets obtenus auprès de sources secrètes dans la capitale turque Ankara révèlent comment le gouvernement islamique du président Recep Tayyip Erdogan a pu permettre – et même faciliter – le déplacement de militants étrangers et turcs, qui passaient la frontière turque pour aller en Syrie se battre avec les djihadistes dans l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, aussi connu sous le nom d’EI ou Daech). »

Ces documents secrets révélés par Bozkurt « indiquent qu’un accord implicite existait entre ISIS et les responsables de la sécurité turque, qui permettait aux trafiquants d’opérer librement des deux côtés de la frontière poreuse turco-syrienne, longue de 822 km. L’accord permettait également à Daech d’établir des lignes logistiques à travers la frontière et de transporter des combattants blessés en Turquie pour qu’ils soient soignés.

L’homme à la barre de cette sinistre opération de trafic de Daech est un Turc de 36 ans, né en Arabie Saoudite, Ilhami Bali qui porte le nom de code Abu Bakr. Il a facilité et orchestré « le déplacement d’un grand nombre de militants étrangers et locaux le long de la frontière turco-syrienne…Bali a [aussi] fait passer la frontière à des produits destinés à Daech, allant de chaussures et de vêtements à des menottes, des pièces de drones, des jumelles, des tentes, des projecteurs et même un bateau. De plus, les enregistrements montrent que le gouvernement turc connaissait les noms et les lieux où se trouvaient les 33 Turcs qui avaient promis de travailler comme chauffeurs dans le réseau de trafic de Daech » a rapporté Bozkurt.

Selon les accusations des procureurs turcs, « Bali est accusé d’être le cerveau derrière les trois attaques terroristes mortelles survenues dans la capitale turque, Ankara, en 2015, qui ont fait 142 morts. Un an plus tard, une cour pénale a émis un autre mandat d’arrestation pour Bali, pour son rôle présumé dans une attaque suicide à la bombe – la plus mortelle de l’histoire turque – le 10 octobre 2015 à Ankara. L’explosion a tué 105 civils, y compris les deux kamikazes, quand les militants de Daech ont ciblé des ONG et les partisans des partis de gauche et pro-kurdes, qui participaient à un rallye pour la paix près de la gare principale, trois semaines avant les élections surprises du 1er novembre 2015 », a dévoilé Bozkurt. Bien que les autorités turques aient su où se trouvait exactement Bali et que les cours aient émis plusieurs mandats d’arrêts contre lui, le gouvernement d’Erdogan l’a laissé se déplacer librement entre la Turquie et la Syrie.

Les enregistrements indiquent aussi que Daech avait une hotline entre les terroristes en Syrie et la Turquie. Bali a supervisé les appels et a organisé le transfert des militants de Turquie en Syrie. Dans l’un des enregistrements, un militant géorgien du nom de Lacha Nadirachvili a dit à Bali que les quatre djihadistes attendaient d’être convoyés dans un centre commercial à Gaziantep, à une heure de route de la frontière syrienne. Bali a indiqué aux djihadistes le lieu de rencontre où il viendrait les chercher pour les aider à passer la frontière. Dans un autre enregistrement, un djihadiste russe, Oleksandr Puchchuk, a dit à Bali que 11 djihadistes attendaient d’être récupérés à Gaziantep. Dans un enregistrement, on entend également Bali faire un rapport à Daech sur le nombre de djihadistes qu’il avait fait passer clandestinement en Syrie. « En moyenne, pendant une seule journée, à un certain point de passage, Daech faisait passer entre 50 et 100 militants à travers la frontière turco-syrienne, selon les enregistrements, ce qui représente une estimation prudente annuelle de bien plus de 15°000 individus passés clandestinement », a écrit Bozkurt.

Un autre service important que Bali fournissait aux djihadistes était leurs traitements médicaux à l’hôpital M.I.S. Danismanlik d’Ankara. Un enregistrement a révélé une conversation entre Bali et le propriétaire de l’hôpital, Savas Dogru, concernant un paiement de 62 000 dollars pour les traitements des militants de Daech. Dans un autre, Dogru se plaint des factures impayées de 150 000 dollars pour les actes chirurgicaux sur des terroristes de Daech passés clandestinement de Syrie en Turquie.

Les enregistrements impliquaient également le MIT (l’organisation nationale turque du renseignement) qui a aidé des djihadistes à échapper à la police locale. Hakan Fidan, le chef du MIT, est un proche confident du président Erdogan. En 2014, des agents du MIT ont été arrêtés à la frontière ; ils faisaient passer des camions remplis d’armes destinées aux djihadistes en Syrie. Le gouvernement turc a rapidement fait libérer les officiers du MIT et a accusé de trahison le journaliste qui avait révélé la livraison d’armes.

Lors d’une conversation enregistrée entre Bali et un soldat turc, ce dernier dit à Bali qu’il aura tout ce dont il a besoin. Les deux hommes se mettent d’accord pour s’assurer qu’il n’y aura pas de confrontation entre Daech et les gardes de sécurité turcs.

Étonnamment, le Premier ministre de l’époque, Ahmet Davutoglu, avait annoncé à la télévision que le gouvernement ne pouvait pas arrêter les kamikazes tant qu’ils n’étaient pas passés à l’action, alors que la Turquie avait averti à l’avance et donné la liste des noms des kamikazes éventuels. En fait, ces attaques suicide à la bombe ont boosté le parti au pouvoir d’Erdogan dans les élections parlementaires turques de novembre 2015 !

Bozkurt a poursuivi en disant que de graves questions se posaient concernant « les affaires impliquant Daech, Al-Qaïda, et d’autres groupes djihadistes faisant l’objet d’enquêtes et qui sont poursuivis et jugés en Turquie. Le nombre étonnamment bas de sentences dans les procès de Daech montre que le gouvernement ne souhaite pas condamner les membres de Daech. »

Bozkurt a souligné avec justesse que le gouvernement Erdogan utilise des mesures draconienne pour faire arrêter des journalistes innocents, des militants des droits humains, des chercheurs et des opposants politiques, mais il est très indulgent avec les vrais terroristes : « Le fait que dans de nombreux cas, les membres détenus de Daech et d’Al-Qaïda ont été libérés avec une simple tape sur les doigts ne peut s’expliquer que par la couverture politique et la protection fournies par le gouvernement. »

À mon avis, les pays européens et les États-Unis doivent prendre des mesures fortes pour mettre fin au soutien d’Erdogan aux terroristes en Syrie. Il est étrange que la Turquie, qui est membre de l’OTAN, aide et arme les terroristes qui ont commis des meurtres dans plusieurs pays de l’OTAN. Ceci ne peut plus durer. L’annonce du président Trump de retirer les troupes américaines de Syrie au prétexte que l’armée turque continuera à combattre Daech est une décision dangereuse, car elle donne carte blanche à la Turquie pour renforcer les terroristes en Syrie et ailleurs !

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 14 février 2019 – www.collectifvan.org


Nota CVAN complète : Le journaliste turc Abdullah Bozkurt, qui a écrit l'article de The Investigative Journal of the Stockholm Center for Freedom dont s'inspire ci-dessus Harut Sassounian, était le directeur du bureau de l’édition en langue anglaise du journal, Today’s Zaman, appartenant au Groupe Zaman, organe de presse güleniste, mouvement islamique désormais opposé à Erdogan après l'avoir mené au pouvoir.

Le mouvement du prédicateur fort peu sympathique, Fethullah Gülen, est un groupe religieux islamique basé aux États-Unis, qu’Erdogan a qualifié d’organisation « terroriste » (FETÖ) après le coup d'État raté de juillet 2016. Il est à noter que le groupe de presse Zaman - désormais muselé - était dans la ligne de mire d’Erdogan depuis 2013 : il avait particulièrement énervé le gouvernement avec sa couverture agressive d’une enquête de corruption en 2013, qui avait mené à l’arrestation de trois fils de ministres du gouvernement d’Erdogan, lorsque ce dernier était Premier ministre.


https://www.indexoncensorship.org/2018/02/turkey-reporter-stayed-one-step-ahead-of-crackdown/


Article original de Abdullah Bozkurt :

Wiretaps Expose Turkey’s Support of Terrorists Entering Syria – The Investigative Journal




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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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