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Combattre l'antisémitisme, le racisme et le négationnisme : le vrai défi de notre démocratie
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Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Le Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] exprime sa solidarité avec ses amis et partenaires juifs et appelle à rejoindre les divers rassemblements qui se tiennent en France pour dire "Ça suffit" à l'antisémitisme. Cette injonction est d'ailleurs celle qui orne le bandeau de notre site internet www.collectifvan.org depuis des années. Si notre "Ça suffit !" concerne le déni plus que centenaire de l'État turc vis à vis du génocide arménien, notre association met un point d'honneur à ce que la lutte contre le négationnisme qu'elle porte depuis sa création en 2004, veille à englober le combat contre la négation de tous les génocides, stades ultimes de la haine de l'Homme pour l'Homme. À ce titre, la sensibilisation aux dangers de l'antisémitisme - délit précurseur de dérives potentiellement mortifères - est au cœur des préoccupations que nous relayons quotidiennement sur les réseaux sociaux. La lutte contre l'antisémitisme, ce n'est pas du "One Shot". Aujourd'hui comme demain, soyons tous vigilants.

Depuis le 17 novembre 2018, les actions lancées dans le cadre du mouvement protéiforme dit des « Gilets Jaunes » donnent lieu à un certain nombre (et c’est un euphémisme) d’expressions antisémites lors des manifestations hebdomadaires, et plus encore sur les réseaux sociaux où l’extrême violence des propos est de nature à terrifier toute âme sensée.

Au-delà du cadre strict des événements estampillés « Gilets Jaunes », des actes abjects sont mis en scène (vandalisme des arbres plantés en mémoire du jeune Ilan Halimi, torturé à mort en 2006; croix gammées sur les portraits artistiques de Simone Veil peints sur les boîtes à lettres; tag « Juden » sur la vitrine d’une boutique Bagelstein), comme si les « professions de foi » antisémites qui avaient ressurgi de manière décomplexée et exponentielle depuis trois mois dans l’espace public (sans que leurs auteurs - innombrables - ne soient poursuivis), avaient contribué à ouvrir les vannes d'un immense défouloir.

Le dernier épisode à ce jour (la violente agression verbale à l’encontre d’Alain Finkielkraut le samedi 16 février 2019 sur le parcours de la manifestation des GJ boulevard du Montparnasse) donne une idée de la force de cette haine antisémite qui se pare des oripeaux de l’antisionisme pour mieux échapper aux poursuites pénales et aux accusations de racisme anti-Juif.

Et de fait, sur Twitter et Facebook, des centaines, voire des milliers de profils contestent les accusations d'antisémitisme à l'encontre d'Alain Finkielkraut et vocifèrent qu'il ne s'agissait "que" d'antisionisme. Il est permis d'en douter au vu de la spontanéité de ces invectives hors de tout débat sur Israël, de la virulence des GJ agressant verbalement Finkielkraut, des anathèmes proférés avec des yeux injectés de haine, de la gestuelle menaçante d’un individu connu des services de police comme membre de la mouvance salafiste, de la phraséologie digne de l'extrême-droite qu’il emploie (« Nous sommes le peuple », « la France, elle est à nous »), couplée à des élucubrations à vocation religieuse islamiste (« tu es un haineux, tu vas mourir, tu vas aller en enfer, le peuple va te punir, le créateur va te punir »), de sa rhétorique (« espèce de sioniste de merde ») plutôt apparentée à l'extrême-gauche la plus radicale dite « indigéniste », le tout étant craché au visage d’un Juif de France, sommé de se rendre invisible et de marcher en courbant la tête ; lequel Juif avait été - au demeurant - l’un des rares intellectuels français à soutenir le mouvement GJ à ses débuts...

On ne saisit d’ailleurs pas pourquoi la lutte contre le sionisme aurait soudainement quelque chose à voir avec les revendications des Gilets Jaunes qui concernaient essentiellement le pouvoir d’achat et le respect de leur dignité; sauf à se rappeler les slogans liant Macron aux Rothschild, et bien souvent « à la finance juive » ou « à ses amis sionistes » que l’on avait vu fleurir dès le début du mouvement, sans parler bien évidemment de la complaisance à l'égard de Dieudonné venu enfiler dans les manifestations son gilet jaune "Shoahnanas" et ses vieilles lunes antisémites, plaquant - en compagnie de ses acolytes hilares - des paroles obscènes sur Le chant des partisans.

Avec l’immense banderole « Macron, pute à Juifs !! » qui orne - depuis au moins le 6 décembre 2018 - un pont enjambant l’A6, au niveau d’Orly en direction de Paris (ce slogan étant par ailleurs tagué également sur des façades de permanences de députés LREM), on en revient donc aux fondamentaux. Le cynisme est également de la partie puisque un haineux s’est affublé samedi d’une kipa pour défiler lors de l’Acte XIV à Paris, se faisant photographier, goguenard, heureux de « prouver » que les Juifs étaient bien accueillis par les manifestants GJ autour de lui.

À en croire certains observateurs, ces actes et paroles antisémites ne seraient que le fait d’une minorité de Gilets Jaunes.

Que n’entend-on alors davantage de condamnations claires et sans ambiguïté émanant de leurs leaders, qu'ils s'agissent des leaders autoproclamés ou qu’ils aient obtenu leur titre à l’applaudimètre du clic facebookien ?

Et surtout, comment se fait-il que cette minorité soit, sur les réseaux sociaux, si présente, si agissante, si toxique, si relayée ? Et si peu contestée par ceux qui seraient les "vrais" Gilets Jaunes ? Et qui donc peut prétendre dire ce qu'est un vrai GJ en l'absence de toute organisation et structuration ?

Le constat est là, accablant : le milieu qui a donné naissance aux Gilets Jaunes se nourrit massivement du conspirationnisme, des thèses des Alain Soral, Dieudonné, Hervé Ruyssen, Boris Le Lay, et autres vautours de la misère intellectuelle. Il n'est que de constater chez les GJ les audiences du complotiste Fly Rider (Maxime Nicolle), du "prédicateur" de guerre civile, Christophe Chalençon, et de les comparer à celle des représentants modérés, qui sont d'ailleurs conspués comme traîtres, vilipendés, menacés de mort, voire taxés de « Juifs » (injure ultime).

Malgré les protestations, les condamnations, les rassemblements visant à dire L'antisémitisme, c'est Non, les déclarations affirmant avec force que s'en prendre aux Juifs de France, c'est s'attaquer à la nation tout entière, au-delà des éventuelles propositions de loi visant à pénaliser l'antisionisme (on peut d'ores et déjà souhaiter bien du plaisir au rédacteur de ce texte de loi), rien ne semble endiguer cette lame de fond, cette détestation hallucinante des Juifs pour ce qu'ils sont. Chacun à "sa" bonne raison d'invoquer ce rejet viscéral et devient imperméable à tout raisonnement de bon sens. En face, être dans "le camp de la raison et de l'humanité" ne suffit pas à gagner la partie : chaque nouvel acte antisémite remet une pièce dans la machine. Plus les actes antisémites font la Une des médias et plus cela alimente le délire selon lequel "Les Juifs dominent le monde et les médias", et plus cela entraîne de rancoeur sur le mode "On ne parle que des Juifs". Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer le scénario du pire que des malfaisants en chemise rouge-brun peuvent concocter pour porter à son paroxysme cette exaspération vicieuse qui fait des victimes les coupables.

Cet énième soubresaut antisémite qui agite la République française - mais aussi l'Union européenne - pose la question de la violence à l'état brut qui prolifère sans contrôle réel sur internet : les plateformes YouTube, Facebook, Twitter, et autres applications de partage numérique sont devenues de véritables magasins d'artillerie où les armes sont en vente libre. Qu'ils soient antisémites, racistes, négationnistes, sexistes, homophobes, les mots blessent, les mots tuent.
Nombreux sont ceux qui sont tentés de transférer dans l'espace commun la haine et la violence qu'ils propagent impunément et anonymement dans le monde virtuel. Combattre de manière pérenne ce fléau est le vrai défi que doit relever notre démocratie si elle ne veut pas se réveiller demain avec un nouveau Gang des barbares, de nouveaux Mohammed Merah et autres assassins de Juifs.





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