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31e anniversaire des massacres d'Arméniens organisés par l'Azerbaïdjan à Soumgaït
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Le Collectif VAN vous présente ici la déclaration du médiateur artsakhiote des Droits de l'Homme à l'occasion du 31e anniversaire des massacres d'Arméniens organisés par l'Azerbaïdjan à Soumgaït en février 1988, publiée sur le site de la Représentation de la République du Haut-Karabagh en France le 26 février 2019.



Légende photo: Les images capturées sur une bande vidéo montrant des automobiles brûlées et les foules massives d'émeutiers dans les rues de Sumgait.



Représentation permanente de la République du Haut-Karabagh

2019-02-26

Déclaration du médiateur artsakhiote des Droits de l'Homme

Artak Beglarian, médiateur des Droits de l'homme de la République d'Artsakh, a publié une déclaration à l'occasion du 31e anniversaire des massacres d'Arméniens

Artak Beglarian, médiateur des Droits de l'homme de la République d'Artsakh, a publié une déclaration à l'occasion du 31e anniversaire des massacres d'Arméniens organisés par l'Azerbaïdjan à Soumgaït en février 1988. Le texte de cette déclaration est présenté ci-dessous :

1. En réponse des manifestations pacifiques qui ont eu lieu en Artsakh, avec la revendication de la réunification avec l'Arménie, les 27 et 29 février 1988, dans la ville de Sumgaït, l'Azerbaïdjan soviétique a organisé et perpétré des massacres de masse de la population arménienne d'une cruauté extrême, tortures, mutilations, immolations dont de cadavres, viols collectifs, etc. Pour leur appartenance ethnique 18 000 Arméniens de Soumgaït ont subi des violences et spoliés de leurs droits à la vie, à la protection de leur intégrité physique et morale, à la liberté et à la sécurité, à la propriété, à un procès équitable et bien d'autres encore.

2. Les massacres d'Arméniens à Soumgaït ont été organisés au niveau de l'État, comme de nombreux faits le prouvent. Lors des manifestations précédant les massacres, les autorités locales ont délibérément poussé la foule à la violence ouverte qui, dans les jours qui ont suivi, s'est transformée en actes de sauvagerie, perpétrés impunément aux domiciles mêmes des Arméniens dont la liste avait préalablement été fournie aux tortionnaires. De nombreux faits et témoignages viennent prouver que les forces de l'ordre azerbaïdjanaises étaient non seulement absolument inactives en matière de prévention, mais aussi, dans de nombreux cas, assistaient et dirigeaient les groupes d'assassins. Bien que la ville de Soumgaït se trouve à seulement 25 kilomètres de Bakou, la capitale azerbaidjanaise, l'armée soviétique intervient et met fin aux massacres trois jours après seulement. Ilias Ismailov, procureur général par intérim de la RSS d'Azerbaïdjan en 1988, a déclaré ce qui suit: «Les responsables de l'incitation aux pogroms (à Sumgaït) sont désormais assis au Milli Majlis [Parlement azerbaïdjanais] avec des mandats parlementaires» (Source: ' Journal de Zerkalo, Azerbaïdjan, 21 février 2003).

3. Les autorités azerbaïdjanaises et de l'URSS ont tout mis en œuvre pour dissimuler les principaux cas de meurtres, ne faisant état de 26 victimes seulement. En même temps, le réalisateur Andrey Konchalovsky a déclaré dans son film "Heydar Aliyev: le fardeau du pouvoir", tourné sur ordre de l'Azerbaïdjan: "Au cours d'une seule nuit, plus de 100 Arméniens ont été tués dans le centre industriel de Soumgaït". Dans son livre « Le Karabagh insurgé » le diplomate et écrivain russe Victor Krivopuskov décrit quant à lui : « Il était rare que quelqu'un succombe immédiatement à un coup de couteau ou de hache. La plupart devait subir d'abord l'indicible souffrance de l'humiliation. Nul n'était épargné, ni enfant ni personne âgée. Plusieurs centaines d'Arméniens ont été tués en trois jours. Etablir leur nombre exact resta toujours de l'ordre de l'impossible. "

4. Le 7 juillet 1988, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant les massacres des Arméniens d'Azerbaïdjan qui précise : "Tenant compte de l'appartenance historique de la région autonome du Haut-Karabakh à l'Arménie (80% de la population de la région est arménienne), de la décision arbitraire de rattacher cette région à l'Azerbaïdjan en 1923, ainsi que des massacres des Arméniens de Soumgaït, prenant en considération le fait qu'à cause de la détérioration de la situation politique en Azerbaïdjan des meurtres de masse à Soumgaït et des violences à Bakou ont été perpétrés contre les Arméniens, ce qui met en danger leur vie en Azerbaïdjan (le Parlement européen) condamne les violences et les répressions exercées contre les manifestants Arméniens en Azerbaïdjan. "
Andrei Sakharov, lauréat du prix Nobel de la paix, déclarait :" Si avant Soumgaït quelqu'un pouvait encore affirmait que le Haut-Karabakh devrait appartenir à l'Azerbaïdjan, après cette tragédie, plus personne ne n'a le droit moral à une telle affirmation » (Source:« The Open Le à M. Gorbatchev, journal «Nezavissimaïa Gazeta», 27 octobre 1992). Des informations plus détaillées et des commentaires sur les massacres de Sumgaït sont disponibles sur le site karabakhrecords.info.

5. Le crime contre l'humanité orchestré à Soumgaït était une réponse aux manifestations pacifiques des Arméniens d'Artsakh dans le but de réaliser leur droit à l'autodétermination. Par ailleurs, les autorités azerbaïdjanaises, fortes de l'exemple de la région de Nakhitchevan totalement vidée de sa population arménienne, continuaient à mettre en œuvre leur politique programmée de nettoyage ethnique visant les Arméniens qui s'est intensifiée en particulier après les événements de Sumgaït. Dans le cadre de cette politique et avec la connaissance et la permission des autorités centrales soviétiques, entre 1988 et 1990, des milliers d'Arméniens ont été tués et environ 500 000 Arméniens ont été déportés de Kirovabad, Bakou et d'autres villes d'Azerbaïdjan, ainsi que de la région autonome du Haut-Karabakh.

6. Au cours des années suivantes (y compris pendant la guerre 1991-1994 entre l'Azerbaïdjan et le Karabakh), l'Azerbaïdjan a poursuivi sa politique de nettoyage ethnique à l'encontre des Arméniens, celle-ci correspondant en tous points, selon notre analyse, à la définition juridique du génocide formulée par de la Convention des Nations Unies de 1948 sur « La prévention et la répression du crime de génocide ». En outre, nos recherches révèlent que, outre la dépatriation, les droits fondamentaux de centaines de milliers d'Arméniens d'Azerbaïdjan dont ceux à la propriété et à la libre circulation, ne sont toujours pas respectés, nombre d'entre ces Arméniens subissant à ce jour les effets physiques, psychologiques et matériels de cette politique.

7. Ces crimes n'ont toujours pas trouvé de qualification juridique appropriée et sont restés impunis, l'une des conséquences de cette absence de condamnation juridique la politique d'arménophobie officiellement menée par la République d'Azerbaïdjan. Les victimes de cette politique ne sont pas seulement les Arméniens d'Azerbaïdjan et la population de la République d'Artsakh (Haut-Karabakh), mais aussi les Arméniens du monde entier, ainsi que les ressortissants de pays étrangers visitant l'Artsakh. Rappelons que le Défenseur des droits de l'homme de la République d'Artsakh a publié en 2018 un rapport spécial sur la politique azerbaïdjanaise de haine contre les Arméniens, présentant des exemples concrets de sa manifestation et une analyse pertinente du droit international en la matière.

8. Une nouvelle manifestation violente de l'arménophobie sciemment semée dans la société azerbaïdjanaise a été enregistrée en avril 2016, lors de l'offensive militaire d'envergure lancée par l'Azerbaïdjan contre l'Artsakh. Dans son rapport présenté en 2016 à l'issue de sa mission d'enquête, le médiateur des droits de l'homme fait état de nombreux cas de meurtres, décapitations, actes de torture et autres violations des droits de l'homme pratiqués sur des civils comme des militaires relevant de crimes de guerre. Il est à noter à ce titre que les militaires azerbaïdjanais, auteurs de ces crimes, ont ensuite été récompensés et encouragés par les autorités azerbaïdjanaises.

9. Le Médiateur appelle la communauté internationale à donner une qualification juridique appropriée aux massacres de Soumgaït de février 1988, conformément aux principes et normes fondamentaux du droit international, et de prendre des mesures efficaces pour mettre fin à la politique de haine anti-arménienne en cours conduite en Azerbaïdjan. Cette voie de la haine raciale non seulement contredit les principes essentiels du droit international, mais éloigne davantage les deux peuples de la perspective du règlement du conflit et d'une paix durable.


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Source/Lien : Représentation permanente de la République du Haut-Karabagh



   
 
   
 
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