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Destruction de patrimoine culturel : l’Azerbaïdjan, pire que Daech
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Un rapport critique retrace la destruction par l’Azerbaïdjan de 89 églises médiévales, 5 480 croix de pierre (khatchkars) et 22 700 tombes dans la province historique arménienne du Nakhitchevan (attribuée arbitrairement par Staline à l’Azerbaïdjan). Non contents de leur nettoyage ethnique [à l’encontre des Arméniens], les Azéris y ont détruit en catimini toute trace de monuments arméniens. Tout Azerbaidjanais qui ose prendre la défense des Arméniens est attaqué comme ennemi de l’Azerbaïdjan. Un courageux auteur azéri, Akram Aylisli, a payé un lourd tribut pour avoir dit la vérité sur la destruction des monuments arméniens de sa ville, Akoulis. De son côté, Argam Ayvazyan, un natif du Nakhitchevan qui a passé des décennies à photographier les monuments arméniens locaux avant leur destruction, a déclaré : ‘L’annihilation par l’Azerbaïdjan, riche en pétrole, du passé arménien du Nakhitchevan, le rend pire que Daech, et pourtant l’UNESCO et la plupart des Occidentaux détournent leur regard.’ » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 28 février 2019.

Légende :

© Archives Argam Ayvazyan, 1970-1981, et Djulfa Virtual Memorial and Museum | Djulfa.com.

1) La cathédrale Saint-Thomas (Sourp Tovma) d’Akoulis (aujourd'hui Yuxarı Əylis ou Aylis) au Nakhitchevan, a été - selon la tradition - fondée en tant que chapelle par l’Apôtre Bartholomé.
2) Elle a été entièrement rasée et remplacée par une mosquée inaugurée en 2014.
3) Plus dramatique encore, la destruction totale du cimetière médiéval arménien de Djoulfa, avec ses milliers de Khatchkars (pierres-croix) finement ciselés, réduits en poussière par l’armée de Bakou (ici à l’œuvre en 2005), est la démonstration implacable de ce que l’Azerbaïdjan a perpétré comme crime contre le patrimoine universel de l’humanité.
4) L’un des 12 khatchkars de Djoulfa (Nakhitchevan) qui a dû son salut au fait d’avoir été rapatrié en Arménie, au Saint-Siège d’Etchmiadzine, à l’époque soviétique. Plus d’informations sur : https://www.djulfa.com/film/



La destruction de monuments arméniens par l’Azerbaïdjan surpasse les crimes commis par Daech

De Harut Sassounian
The California Courier
Éditorial du 28 février 2019
www.TheCaliforniaCourier.com

Un rapport critique innovant retrace la destruction par l’Azerbaïdjan de 89 églises médiévales, 5 480 croix de pierre et 22 700 tombes. C’est le sous-titre d’un article incroyable de Simon Maghakyan et Sarah Pickman, publié sur le site Hyperallergic la semaine dernière. L’article s’intitule : Un régime dissimule sa destruction de la culture arménienne autochtone.

En avril 2011, lorsque l’ambassadeur américain en Azerbaïdjan a voulu se rendre au Nakhitchevan, un territoire arménien classé par les Soviétiques comme « République autonome », pour vérifier la destruction de milliers de croix de pierre (khatchkars) médiévales, il en a été empêché par des officiels azéris qui lui ont dit que les rapports de destruction étaient de fausses informations.

Sous l’oppression azérie, la communauté arménienne ancienne du Nakhitchevan a été réduite à zéro ! Non contents de leur nettoyage ethnique, les Azéris ont également détruit toute trace des monuments arméniens, affirmant qu’aucun Arménien n’avait jamais vécu au Nakhitchevan.

« En décembre 2005, une patrouille frontalière iranienne avait alerté le prélat de l’Église arménienne du nord de l’Iran, lui indiquant que l’immense cimetière de Djoulfa, visible de l’autre côté de la frontière avec l’Azerbaïdjan, subissait une attaque militaire. L’évêque Nechan Topouzian et son chauffeur se sont précipités pour filmer plus de 100 soldats azéris, armés de massues, accompagnés de camions à benne et de grues, en train de détruire les 2 000 khatchkars restants ; plus de 1 000 avaient déjà été détruits entre 1998 et 2002 », ont rapporté Maghakyan et Pickman.

Le terrain aplani, où les khatchkars se trouvaient depuis des siècles, est désormais un champ de tir. La « démolition a été le ‘grand final’ de l’éradication du passé arménien du Nakhitchevan par l’Azerbaïdjan », ont écrit les deux auteurs.

Maghakyan et Pickman on rapporté que « L’Association américaine pour le progrès de la science (AAAS) utilisait des technologies de détection à distance pour ses investigations sur la destruction culturelle. Leur étude géo-spatiale de 2010 a conclu que ‘les preuves fournies par les satellites correspondent bien aux rapports des observateurs au sol, qui ont rapporté la destruction de nombreux artefacts arméniens dans le cimetière de Djoulfa.’ »

« Des informations complètement fausses et calomnieuses… [fabriquées par] le lobby arménien » a proclamé le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, qui profère souvent des menaces à l’encontre de l’Arménie et déforme son histoire.

Les auteurs ont également cité le décret public Nr. 5-03/S du 6 décembre 2005, émis par Vasif Talibov « l’autocrate local » du Nakhitchevan, un proche du président Aliyev, « ordonnant de faire un inventaire détaillé des monuments du Nakhitchevan. » Trois ans plus tard, l’investigation a été résumée dans l’Encyclopédie bilingue anglais-azéri des monuments du Nakhitchevan, coéditée par Talibov lui-même. Dans l’encyclopédie de 522 pages, il manque 89 églises arméniennes, 5 840 khatchkars délicatement sculptés et 22 000 tombes, que [le chercheur arménien Argam] Ayvazyan avait soigneusement documentés. Il n’y a pas même une note de bas de page sur les communautés arméniennes chrétiennes de la région désormais disparues – apostoliques et catholiques. Toutefois, la préface de la publication officielle azérie révèle explicitement que « les Arméniens » sont la raison du décret Nr. 5-03/S : « Après le décret du 6 décembre 2005… un passeport a été émis pour chaque monument… Les Arméniens qui font preuve d’hostilité envers nous, ont non seulement des revendications territoriales injustes [sic] envers le Nakhitchevan, mais aussi sur nos monuments historiques, en donnant des informations biaisées [sic] à la communauté internationale. Les investigations qui ont eu lieu prouvent de nouveau que la terre du Nakhitchevan appartenait aux Turcs d’Azerbaïdjan [sic]… »

Tout Azerbaidjanais qui ose prendre la défense des Arméniens est également attaqué comme ennemi de l’Azerbaïdjan. Un courageux auteur azéri, Akram Aylisli, a payé un lourd tribut pour avoir dit la vérité sur la destruction des monuments arméniens de sa ville, Akoulis, (le nom d’aujourd’hui est Aylis). La destruction des églises arméniennes par le gouvernement azéri a rendu furieux ce romancier célèbre. Dans son roman Stone Dreams (Rêves de pierre), le protagoniste, un intellectuel d’Akoulis, se souvient des huit églises de la ville - sur les 12 églises médiévales de jadis - qui ont subsisté jusque dans les années 1990, et il protège une victime des pogroms anti-arméniens survenus dans la capitale Bakou. Le président Aliyev a annulé la pension de retraite d’Aylisli et son titre d’« écrivain du peuple ». Ses écrits ont été retirés des programmes scolaires, ses livres brûlés en public et les membres de sa famille ont perdu leurs emplois. Il a été de facto placé en résidence surveillée depuis la publication de son roman. Aylisli a protesté contre la destruction des églises arméniennes d’Akoulis et a démissionné de son poste de membre du Parlement azéri. Il a courageusement envoyé un télégramme au président Heydar Aliyev en 1997, qualifiant la démolition des églises arméniennes d’Aylis « d’acte de vandalisme en train d’être perpétré, en raison de la participation des forces armées et de l’utilisation de mines anti-char. »

Les deux auteurs ont parlé au journaliste russe Shura Burtin, qui, après avoir interviewé Aylisli en 2013, s’est rendu au Nakhitchevan et a rapporté qu’il n’avait pas vu « une seule trace du passé glorieux de la région. » Burin a conclu : « Même Daech ne commettrait pas un tel crime épique contre l’humanité. »

Les auteurs ont indiqué que dans Farewell, l’essai de non-fiction d’Aylisli sorti en 2018, on pouvait lire : « Une mosquée construite il y a cinq ans sur le site de l’une des églises détruites était boycottée par les habitants, parce que ‘tout le monde sait à Akoulis que les prières faites dans une mosquée construite sur le site d’une église n’atteignent pas les oreilles d’Allah.’ »

Argam Ayvazyan, un natif du Nakhitchevan, qui a passé des décennies à photographier les monuments arméniens locaux avant leur destruction, a été cité par Maghakyan et Pickman, quand il a condamné le silence du monde : « L’annihilation par l’Azerbaïdjan, riche en pétrole, du passé arménien du Nakhitchevan, le rend pire que Daech, et pourtant l’UNESCO et la plupart des Occidentaux détournent leur regard. » Les sites démolis par Daech, comme Palmyre, peuvent être rénovés, affirme Ayvazyan, mais « tout ce qui reste des églises et des croix de pierre arméniennes du Nakhitchevan, qui avaient survécu aux tremblements de terre, aux califes, à Tamerlan et à Staline, ce sont mes photographies. »

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 28 février 2019 – www.collectifvan.org


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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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