Aujourd'hui : Jeudi, 20 juin 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenÍtre !  Envoyer cette page ŗ votre ami-e !
 
Maraghar : 27 ans après, des massacres oubliés
Publiť le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - 27 ans ont pass√©. Mais qui se souvient des massacres de Maraghar ? Maraghar √©tait l'un des plus grands villages arm√©niens du Nagorno-Karabakh. Le 10 avril 1992, les forces de l'arm√©e az√©rie ont envahi le village et massacr√© la population en la soumettant √† des actes de barbarie. Les sc√®nes d'horreur d√©crites dans les t√©moignages que le Collectif VAN a fait traduire ici, hanteront longtemps les survivants de Maraghar, village qui est toujours, √† l'heure actuelle, sous contr√īle az√©ri : ¬ę Je frissonne d'horreur quand je me souviens de ces jours √©pouvantables ; comment nous nous sommes enfuis... en rangs, comme dans les films sur les massacres de 1915. Exactement les m√™mes images que le g√©nocide : les gens debout en rangs sur leur chemin pour √©chapper √† la mort. ¬Ľ [Nota CVAN : le village est nomm√© Maraghar ou Maragha suivant les sources.]

Maraghar. Le nom vous dit √† peine quelque chose, bien que vous ayez eu l'occasion d'entendre le nom de "Nagorno-Karabakh" de fa√ßon r√©currente depuis 1988. Maraghar √©tait l'un des plus grands villages du Nagorno-Karabakh. Il √ČTAIT, parce que le 10 avril 1992, la force az√©rie "Omon" a envahi le village et y a mis le feu, br√Ľlant et torturant sa population paisible, certains ont √©t√© pris en otage et ne sont jamais revenus ! Tandis que ceux qui ont surv√©cu ont laiss√© leurs affaires derri√®re eux et se sont √©parpill√©s dans le monde entier. Aujourd'hui, Maraghar reste toujours sous contr√īle az√©ri. Ce Projet, qui vous est pr√©sent√©, est une tentative pour montrer l'histoire r√©elle de Maraghar, esp√©rant qu'avec notre lutte unifi√©e nous ne laisserons jamais de telles trag√©dies se reproduire.


Publié le 10 avril 2019

Témoignages

Vladik Avagyan:
mon nom est Vladik Avagyan.

Commandant adjoint de la brigade de Maraghar : pouvez-vous nous dire, s'il vous pla√ģt, ce qui est arriv√© dans le village de Maraghar ?

Je vais vous dire en quelques mots ce qui est arrivé à Maraghar à 5h30 le 10 avril 1992. Le 10 avril à 5h30 une lourde canonnade contre notre village a commencé... Ils tiraient de différents types de chars : les chars "grad" et les blindés....

Tous les membres des d√©tachements dans les tranch√©es ont particip√© √† la d√©fense du village, se battant ainsi jusqu'√† midi, c'est-√†-dire pendant environ 6 heures. Alors, nous avons r√©alis√© l'in√©galit√© des forces : ils avaient environ 20 chars, tandis que nous avions seulement un VFI [V√©hicule de Forces d'Intervention], il √©tait impossible de r√©sister √† l'ennemi avec cela. Nous avons demand√© l'aide du centre, ce qui √©tait un peu tard. Quand nos forces sont venues √† notre aide, c'√©tait trop tard, parce que les Az√©ris avaient d√©j√† envahi le village. Nos forces ont d√Ľ partir car il √©tait impossible de d√©fendre le village avec 150 hommes seulement. Mais bient√īt les brigades d'aide du centre ont r√©organis√© leurs forces et ont repouss√© l'ennemi en 4 ou 5 heures. Je pense que si les Az√©ris avaient attaqu√© seuls, je veux dire avec seulement leur propre infanterie et leurs chars, ils n'auraient pas pu envahir le village.

Tous les commandants des chars √©taient des officiers russes et les blind√©s ont sans aucun doute √©t√© envoy√©s par eux. Ainsi, nous avons vu un officier russe regarder en-dehors de son char : il a confondu nos gars arm√©niens avec des "oignons" [Nota CVAN : ¬ę sokh ¬Ľ en arm√©nien, nom donn√© par les Arm√©niens aux Russes] et a cri√© en russe "Rebiata, idite syuda, les gars, venez ici!" D√®s qu'il s'est rendu compte qu'ils √©taient Arm√©niens - puisqu'ils ont imm√©diatement ouvert le feu -, il a dit aux Az√©ris : "Vet armyane, strelyayte!" - Ce sont des Arm√©niens, tirez dessus -. Donc, cela prouve que le VSFI [V√©hicule Sp√©cial de Forces d'Intervention] √©tait rempli d'officiers russes. Les chars ont afflu√©, suivis par "les oignons" et les groupes de pilleurs avec des pick-up. Ils √©taient sans piti√© ; ils abattaient tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin - des hommes √Ęg√©s, des enfants et des femmes. Nous avons tout vu. Ils ont taill√© des enfants en quartiers, ils en ont pris d¬íautres en captivit√©...

Je n'ai jamais vu de telles atrocit√©s semblables √† celles qu'ils ont commises... Bien s√Ľr, nous avons entendu parler de choses similaires dans les journaux etc. Mais c'√©tait la premi√®re fois, que je voyais des gens d√©capit√©s et les t√™tes jet√©es tellement loin de leurs corps..., des yeux arrach√©s, des nez et des oreilles coup√©s... Tout ceci s'est d√©roul√© devant nos yeux. Les maisons ont √©t√© enti√®rement pill√©es ; ils prenaient tout qu'ils voyaient. Ils ont pris le b√©tail, y compris 500 t√™tes de b√©tail de la ferme. Ils ont pris tous les animaux domestiques, m√™me des lapins. Ils ont pill√© ma propre propri√©t√© aussi. 70% des maisons de village ont √©t√© pill√©es et br√Ľl√©es. Je ne sais pas pourquoi, mais apr√®s tout, nous nous d√©fendons toujours. Il n'y a cependant personne ici, je pense, pour d√©fendre le village.

Des mesures cruciales doivent être prises. Je ne sais pas qui devrait le faire. Nous avons besoin d'obus et d'équipement militaire. Je veux dire que nous avons besoin de VFI pour se défendre contre les VFI et pas seulement d'armes. Si l'aide devait venir, nous protégerions, peut-être pas les maisons, mais au moins notre patrie qui resterait arménienne. Je demande juste au gouvernement d'Arménie, aux autorités Karabakhtsi locales et aux autorités militaires de notre région de traiter cette question très sérieusement. La même situation peut tout à fait se reproduire n'importe quand maintenant. Nous devons l'empêcher. C'est de la folie de permettre que la patrie soit abandonnée.

Vazgen Baghdassarian (Résident de Maraghar)

"Des corps tailladés et défigurés, des douzaines de victimes innocentes ... ils étaient mes parents, amis et voisins. Ils étaient ceux avec qui j'ai grandi à Maraghar. Borik Vardanian... Il était responsable de la distribution d'eau pendant les travaux d'irrigation à Maraghar et dans les terres azéries voisines. Les Azéris lui ont coupé la tête et l'ont prise avec eux. Ils ont écrit les mots suivants sur son corps: "En distribuant l'eau, vous luttiez pour la justice et maintenant vous avez obtenu ce que vous méritiez".

La m√®re de Borik, Parandzem √Ęg√©e de 80 ans et sa femme Zara ont √©t√© prises en otages. Aliosha Osipian, sa femme Raya et sa m√®re Ersela ont √©t√© d√©coup√©s ainsi que la famille de Rima Vardanian (elle et son fils de 26 ans, Karo) qui ont √©t√© cruellement assassin√©s. Pendant plusieurs ann√©es Nora Stepanian a d√Ľ rester couch√©e. Les Az√©ris lui ont bris√© la t√™te (en fait, elle avait 70 ans).

Shura Babayan, √Ęg√© de 52 ans, a √©t√© tu√© et sa femme Varja a √©t√© br√Ľl√©e. Leur fille, Laura de 25 ans a √©t√© tu√©e avec sa belle-m√®re Lena, tandis que ses fils de 4 et 6 ans Mher et Gevorg ont √©t√© emmen√©s en otages. Gurgen Barseghian a √©t√© tu√© dans sa propre maison et sa femme dans la cave. Ruben et Amasia Hakobian ont √©t√© aussi assassin√©s. Izabela Bairamian, √Ęg√©e de 66 ans, est morte √©cras√©e sous les roues d'un char. Seriozha Badalian a √©t√© d√©coup√© en morceaux et sa femme Assya a √©t√© tu√©e. Edik Badalian et sa femme Ofelia ont √©t√© soumis √† la torture √† un point tel que plus tard leur fille pouvait √† peine reconna√ģtre leurs cadavres. Leur fils de 28 ans, Sassun, a √©t√© pris en otage puis ensuite tu√©. Les Az√©ris connaissaient tr√®s bien Hamo Arakelian : pendant plusieurs ann√©es il avait r√©par√© le mat√©riel agricole des Az√©ris √† Mirbashir. Cependant, cela ne l'a pas aid√© : il a √©t√© d√©capit√©.

Lena Barseghian:

"Ma voisine de 70 ans, Vardanush, et moi-même nous nous sommes cachées au sous-sol. Les Azéris ont commencé à tirer sur la porte fermée du sous-sol. Nous avons été blessées et nous étions terrifiées. Alors, nous avons commencé à crier. Les Azéris sont entrés dans le sous-sol, ils nous ont battues et nous ont emmenées. Perdant beaucoup de sang, Vardanush est tombée et elle a perdu connaissance. À ce moment-là un char est apparu et l’a écrasée, laissant une scène sanglante derrière lui. Je ne peux que trembler en me rappelant ces événements. Avec d'autres, j'ai été forcée d'enlever mes vêtements et on nous a emmenées à Mirbashir. Là, le pouvoir était aux mains du chef adjoint de la milice. Il nous a vendues à d'autres Azéris.

D'abord j'ai √©t√© emmen√©e √† Mingechaur, et de l√† √† Kirovabad et ensuite √† Bakou. Nous avons √©t√© trait√©es comme si nous √©tions des choses, vendues √† n'importe qui. Il est dur de dire ce que nous avons subi pendant ces jours-l√†. Gr√Ęce aux efforts de mon fils Valter (il a pay√© environ trois millions de roubles pour moi) j'ai √©t√© lib√©r√©e en √©change d'un soldat de l'OMON. Zhenja Isahac Gazarian :"Parmi les otages, il y avait Razmik Ervand Movsissian et sa femme Sucia Suren Movsissian. Le directeur adjoint de la prison de Mirlxislnr les a trait√©s comme s'ils √©taient des chiens. Ils ne les ont pas laiss√©s se lever ou parler. Ils ont √©t√© encha√ģn√©s et n'ont re√ßu aucune nourriture. Quelque temps plus tard, Sveta a √©t√© tu√©e et son mari, qui avait compl√®tement perdu sa dignit√© humaine √† ce moment-l√†, a √©t√© nourri de sa chair. Ensuite, il a aussi √©t√© assassin√©.

APPENDICE

APPEL

Au Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies

A qui de droit

Le 10 avril 1992 l'armée azérie a envahi le village de

Maraghar dans la région de Mardakert au Nagorno-Karabakh


Pendant l'offensive 49 personnes ont été prises en otage et 51 ont été massacrées.

Ma parenté comprenait:

Père - Hambartsoumian Yasha Avancsovich, 1928

Frère -- Hambartsoumian Karo Yashayevich, 1959

Cousins -- Badalian Sassoun Edicovich, 1964, et Avagian Kamo Aleksandrovtch 1963, ont aussi été pris en otage.

Je ne sais toujours pas ce qu'il leur est arrivé. Que quelqu'un m'informe de leur destin. Chaque homme a le droit de vivre et le droit à l'auto-détermination.
Sur les 49 personnes otages 18 ont √©t√© √©chang√©es dont 4 enfants √Ęg√©s de 1, 5 et 6 ans
Signature: Hambartsoumian Vagif Yashayevich
Date: 22/07/96

Traduit en anglais par Emil Sahakian

©Traduction en français C.Gardon pour le Collectif VAN - 9 avril 2010 - 07:23 - www.collectifvan.org

Mileta Gabrielyan:

Le 10 avril à 6h00 les Azéris ont ouvert le feu dans le village. A 3h00 nous avons vu les villageois de Maraghar : l'un avec un enfant dans les bras, un autre avec ses affaires, le troisième avec une vieille mère ou un père sur ses épaules, s'enfuyant. Nous avons pris notre fille de 2 ans sur les épaules et nous nous sommes échappés à Levonarkh.

Ils ont coupé le nez et les oreilles du beau-fils de l'oncle de mon mari... ils l'ont alors emmené hors de la maison et ils sont partis... Ils ont tué mon beau-frère aussi. Les forces de défense ont décidé d'entrer au village pour le libérer, mais ils ne savaient pas que les Azéris étaient toujours là. Mon beau-frère les a avertis : 'Ce sont des Azéris, retournez, partez !" Nos forces ont reculé pour se préparer à une autre attaque de défense. Les Azéris ont tué mon beau-frère ; ils l'ont jeté sous un char. Nous n'avons même pas pu l'enterrer dans un cercueil, nous avons juste creusé un trou et nous l'avons allongé comme il était. De Hasanghaya, nous sommes allés à Levonarkh, de Levonarkh à Magavouz, et ensuite vers Mets Shen, Haterk et Stepanakert, Arménie.

Pendant cette p√©riode, mon mari a √©t√© bless√© et emmen√© √† l'h√īpital o√Ļ il est d√©c√©d√©. Notre fils est retourn√© √† Maraghar avec nos forces de d√©fense. Le 15 ao√Ľt, il a √©t√© tu√© dans la d√©fense du village de Mets Shen. Je frissonne d'horreur quand je me souviens de ces jours √©pouvantables ; comment nous nous sommes enfuis... en rangs, comme dans les films sur les massacres de 1915. Exactement les m√™mes images que le g√©nocide : les gens debout en rangs sur leur chemin pour √©chapper √† la mort.

Alaverdyan Gavrush:

Nous sommes restés dans notre village, nous ne nous sommes pas échappés, on en a entendu parler trop tard. Ils ont pris ma femme et mon fils et les ont tués dans le centre du village à 10h ou 11h. Le matin suivant, nos forces sont venues pour soutenir Maraghar à temps, elles ont rejeté l'ennemi, sont allées au village de Hasandagha et ont demandé s'il y avait quelqu'un de Maraghar pour les informer que le village avait été libéré. Je suis revenu à pied, il y a environ 4 ou 5 km jusqu'à Maraghar et j'ai vu les gens de Maraghar massacrés et mon fils et ma femme étaient étendus morts. Nous les avons enterrés.

Barseghyan Vladik:

Les Azéris ont envahi, nous ne pouvions pas, quand je suis revenu, j'ai vu mon papa et ma maman massacrés... Ils ont même tué une femme : ils avaient attaché ses mains et ses pieds et ils l'ont jetée dans le feu de la haie du voisin. Ils ont même décapité notre voisin et ont coupé ses pieds ils l'ont massacré vivant...

Gabrielyan Elmira:

Je travaillais √† l'h√īpital. En raison du bombardement, l'h√īpital avait √©t√© d√©plac√© au sous-sol. Le 10, √† 5h00 du matin nous avons entendu des tirs. En route, juste avant d'arriver √† Maraghar, nous avons vu un char avec son canon point√© vers les gens... Alors j'ai vu ma fille debout pr√®s du poteau (√† ce moment-l√† elle √©tait petite, maintenant elle a 23 ans) et je lui ai demand√©, "Armin√©, pourquoi tu n'es pas partie avec grand-m√®re ?" Et elle a dit, "Maman, je ne partirai pas sans toi."

J'ai pris la main de ma fille et nous sommes all√©es jusqu'√† la porte du voisin et puis je me suis soudainement rappel√©e que mon fils √©tait √† la maison avec un voisin. J'ai demand√© : "Armin√©, o√Ļ est Ararat ?" Elle a dit, "Maman, il est √† la maison, allons-y". Nous sommes retourn√©es √† la maison, l'oncle Stepan et un voisin √©taient l√†. J'ai dit : "Oncle Stepan, les Az√©ris sont entr√©s √† Maraghar, c'est fini." L'oncle Stepan a pris son manteau et il est sorti. Et tandis que mon fils mettait ses chaussures, les Az√©ris sont arriv√©s √† la maison de l'autre voisin. Nous sommes pass√©s par les maisons et nous nous sommes enfuis. Alors que nous courions, j'ai √©t√© frapp√©e dans le dos par un √©clat d'obus. Quand j'ai √©t√© frapp√©e, j'ai cri√©, "Oh, je meurs, je meurs." Mes enfants pleuraient et je leur ai dit : "Arr√™tez de pleurer, tout ira bien." Nous sommes arriv√©s √† la barri√®re, nous sommes pass√©s entre les barres et nous sommes partis.

Alors j'ai dit : "Aro, tu peux retirer l'√©clat, il me fait mal." Je saignais et j'avais ma combinaison d'infirmi√®re sur moi, toute blanche. Il a dit : "Maman, qu'est-ce que je dois faire ?" J'ai dit "D√©chire la combinaison et mets-la sur la blessure." Il l'a fait et nous avons continu√© √† marcher. Alors ma fille m'a demand√© : "Maman, et pour papa, et mes fr√®res ?" Je lui ai dit : "Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne peux pas vous laisser ici et retourner au village." Nous avons atteint la grande route, pr√®s du b√Ętiment administratif du village. En chemin, nous avons rencontr√© Alik Avagimyan. Je lui ai dit : "Alik, mon cher, les Az√©ris sont entr√©s √† Maraghar, o√Ļ vas-tu- avec ton fusil √† l'√©paule ? Repars, les Az√©ris te tueront aussi." Il a dit : "Non, ma m√®re et mon p√®re sont rest√©s √† la maison." Il m'a dit √ßa et il s'est mis en route. Il a march√© et quelques maisons plus bas les Az√©ris l'ont tu√©.

Nous avons march√© sans nous arr√™ter jusqu'√† ce que nous arrivions √† Hasanghaya. Nous avons vu que les gens avaient abandonn√© Hasanghaya aussi. Il y avait une femme √Ęg√©e, appel√©e Parandzem. Elle √©tait vendeuse dans le magasin. J'ai dit : "Tante Parandzem, que vais-je faire avec les enfants ?" Elle a dit, "N'aie pas peur, n'aie pas peur, n'aie pas peur !" J'ai dit : "Tante Parandzem, prends un couteau, s'il y a quoi que ce soit, tue mes enfants. Je ne veux pas que les Az√©ris les tuent." Elle a dit : "Ne t'inqui√®te pas. Je vais vous sortir d'ici." Quand je suis arriv√©e au b√Ętiment, j'ai vu qu'il √©tait en feu, il br√Ľlait. Si nous allions par l√†, il n'y aurait aucune sortie possible, et que ferions-nous ? "

J'ai fait des allers-retours et j'ai vu un char venir de Shahumian. Un garçon, je ne me rappelle pas de son nom, a arrêté le char et a donné du pain à mes enfants. Ils ont donné un morceau de pain à un enfant et un autre morceau à l'autre. Ils leur ont donné du fromage aussi. Nous l'avons pris et nous avons continué de marcher, il faisait déjà déjà sombre. Nous avons marché vers Maghavouz.
Le chef de la communauté de Maghavouz nous a acceptés avec bonté. Il a dit : "Ne pleure pas, ne pleure pas, tout ira bien." J'ai dit : "J'ai laissé mes enfants là-bas, comment ne pas pleurer ?" À 5h00 du matin, j'ai réveillé les enfants et je leur ai dit que nous allions à Maraghar. Quand nous sommes arrivés là, nous avons vu des corps, couchés sur la route. Le sang coulait. Je suis allée jusqu'à Maraghar et j'ai vu que le sang coulait comme une rivière ; les cadavres jonchaient le sol. Puis j'ai vu Alik, je lui avais dit de repartir, il a été abattu aussi...

J'ai continu√© et j'ai vu un tas pr√®s de notre maison et un de mes fils √©tait assis dessus. Je lui ai cri√© : "Artak !" Il m'a dit en r√©ponse : "Maman, ne pleure pas, nous avons envelopp√© le corps de papa dans un sac en plastique, il est √† l'√©cole." Je lui ai demand√© : "O√Ļ est Armen ?" Il a r√©pondu : "Maman, ne dis rien √† Armen, il pleure." Notre maison a √©t√© compl√®tement br√Ľl√©e, il n'est rien rest√©. Ils ont tu√© notre voisin et ils ont ensuite br√Ľl√© son corps. Mon beau-p√®re a aussi √©t√© tu√© ; ils l'ont abattu dans sa maison, ils ont pris son cadavre et l'ont jet√©. Il avait dit : "Je n'irai nulle part, je ne quitterai pas Maraghar."

"Le 10 avril suite aux opérations militaires à Agdara (région de Mardakert) quatre opérateurs de blindés (APC) ont été touchés, vingt Arméniens ont été capturés, plus de cent d'entre eux ont été tués." ("Chronique de Guerre" Bakou, "Azadlyg", le 14 avril 1992)

Traduit en anglais par Robert Gasparian.

©Traduction en français C.Gardon pour le Collectif VAN - 9 avril 2010 - 07:23 - www.collectifvan.org


-----------------

Les témoignages vidéos de ces atrocités perpétrées le 10 avril 1992, par les troupes armées azéries.

Les Vidéos :

ATTENTION, CES IMAGES PEUVENT CHOQUER

Les Az√©ris ont br√Ľl√© vifs des Arm√©niens




Azeris Burned Armenians Alive

Massacres de villageois arméniens par des soldats azéris



Maragha - Slaughter of Armenian villagers by Azeri Soldiers1


Lire aussi:

Maraghar : Avril, le mois des génocides

Maraghar : Caroline Cox parle du Golgotha contemporain

Maragha, 10 avril 1992. Génocide ordinaire

Dossier du Collectif VAN : L'Azerba√Įdjan, une dictature nationaliste et n√©gationniste




Retour à la rubrique



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org