Aujourd'hui : Samedi, 20 juillet 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du NĂ©gationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenętre !  Envoyer cette page ŕ votre ami-e !
 
Classement RSF 2019 : Turquie, Arménie, Azerbaïdjan
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – "Si le Classement 2019 est plus volatile que d’habitude en Europe de l’Est et en Asie centrale, cela ne concerne pas la Russie et la Turquie : ces poids lourds de la scène internationale restent des laboratoires de la répression. En Turquie (157e), après le rachat du plus grand groupe de presse par une holding proche du pouvoir, l’étau continue de se resserrer sur les derniers titres critiques. Dans la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias, la détention provisoire est systématique et les condamnations peuvent aller jusqu’à la prison à vie. Le représentant de RSF, Erol Önderoğlu, est lui-même accusé de “propagande terroriste” pour avoir défendu un journal kurde... Une hausse significative, celle de l’Arménie (61e, +19) qui remonte d’autant plus que le pays se situe dans une zone du Classement très volatile. Largement portée par les médias et les réseaux sociaux, la “révolution de velours” arménienne a desserré l’emprise du pouvoir sur l’audiovisuel... L’Azerbaïdjan (166e, -3) continue de pourchasser les dernières voix critiques. " Le Collectif VAN vous invite à découvrir le Classement mondial de la liberté de la presse 2019 de Reporters sans frontières (RSF).


Publié le 19 avril 2019

Reporters sans frontières (RSF)

15 avril 2019 - Mis Ă  jour le 18 avril 2019

Classement mondial de la liberté de la presse 2019 : Les analyses régionales

Classement RSF 2019 : Europe de l’Est et Asie centrale, une dérive générale et quelques lueurs d’espoir

Malgré des évolutions nationales inhabituellement contrastées, la zone Europe de l’Est et Asie centrale reste l’avant-dernière du Classement mondial. Moscou et Ankara continuent de donner le mauvais exemple et les pires despotes de la région poursuivent leur fuite en avant, mais la remontée de certains Etats montre que le pire n’est jamais acquis.

Si le Classement 2019 est plus volatile que d’habitude en Europe de l’Est et en Asie centrale, cela ne concerne pas la Russie et la Turquie : ces poids lourds de la scène internationale restent des laboratoires de la répression. En Turquie (157e), après le rachat du plus grand groupe de presse par une holding proche du pouvoir, l’étau continue de se resserrer sur les derniers titres critiques. Dans la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias, la détention provisoire est systématique et les condamnations peuvent aller jusqu’à la prison à vie. Le représentant de RSF, Erol Önderoğlu, est lui-même accusé de “propagande terroriste” pour avoir défendu un journal kurde. Non content de bloquer chaque année des milliers d’articles et de jeter en prison des internautes pour un simple “like”, Ankara cherche désormais à reprendre en main les services de vidéo en ligne.

Corruption : des enquĂŞtes Ă  haut risque

La Turquie est aussi le seul pays au monde dans lequel une journaliste est poursuivie pour ses enquêtes sur les Paradise Papers : Pelin Ünker a été condamnée en première instance à 13 mois de prison et à une forte amende. Un signe parmi d’autres de la persécution du journalisme d’investigation, désigné par Ankara comme “destructeur” ou “anti-patriotique”. La corruption, en particulier, est un sujet tabou depuis qu’un scandale a fait vaciller le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan en 2013.

Le journalisme d’investigation est aussi la bête noire de la plupart des pays d’ex-URSS, où la corruption est depuis longtemps un problème majeur. La plupart des journalistes emprisonnés en Russie ou en Azerbaïdjan couvraient ce thème dangereux. C’est après avoir accusé de hauts fonctionnaires de malversations que l’ancien journaliste Khaïroullo Mirsaïdov a été jeté en prison au Tadjikistan et que deux rédactions jusqu’alors épargnées ont été perquisitionnées au Kazakhstan. C’est au cours d’enquêtes similaires que des journalistes d’investigation ukrainiens se sont retrouvés sous surveillance, ou tenus de livrer leurs données aux autorités au mépris du secret des sources.

Couper l’accès à Internet n’est plus une ligne rouge

Avalanche de lois liberticides, arrestations et perquisitions arbitraires, impunité, violences policières, pression toujours plus forte contre les médias indépendants… En Russie (149e, -1), Vladimir Poutine entame son quatrième mandat sous de piètres auspices. Mais c'est surtout sa nouvelle offensive contre internet qui fait perdre une place au pays, dans une partie du Classement où les mouvements sont pourtant mécaniquement limités. En tentant de bloquer la messagerie cryptée Telegram au prix de graves dommages collatéraux, Moscou a montré sa détermination à progresser vers son objectif “d’internet souverain”. En attendant de venir à bout des obstacles techniques à cette ambition, le Kremlin ne cesse de resserrer son emprise sur la Toile, principale source d’information d’une jeunesse qui échappe de plus en plus à la propagande télévisée : censure des moteurs de recherche, blocage des outils de contournement de la censure, obligation pour les plateformes de coopérer avec le FSB…

Si Moscou la conceptualise, la censure d’internet est d’ores et déjà très partagée. Pour les régimes autoritaires de la région, bloquer les sites d’information critiques est désormais le minimum. Au diapason d’une dérive mondiale, les autorités tadjikes, kazakhes, azerbaïdjanaises ou ingouches n’hésitent plus à couper ponctuellement l’accès à l’internet mobile, aux réseaux sociaux ou aux services de messagerie instantanée pour enrayer des manifestations et réduire leur couverture médiatique.

Les transitions politiques affectent la liberté de la presse

Dans une région où tout est largement figé, les fortes évolutions sont suffisamment rares pour êtres notées, surtout à la hausse. Sur la carte de la liberté de la presse, l’Ouzbékistan (160e, +5) quitte la “zone noire” qui indique les pires situations au monde. Le dégel amorcé après la mort du dictateur Islam Karimov en 2016 se confirme : les derniers journalistes emprisonnés ont été libérés, et quelques médias se sont mis à couvrir des sujets sensibles. Mais il reste fort à faire pour venir à bout de la censure et de l’autocensure qui règnent en maîtres depuis si longtemps.

Autres hausses significatives, celles de l’Arménie (61e, +19) et du Kirghizistan (83e, +15), qui remontent d’autant plus qu’ils se situent dans une zone du Classement très volatile. Largement portée par les médias et les réseaux sociaux, la “révolution de velours” arménienne a desserré l’emprise du pouvoir sur l’audiovisuel. L’ancien président kirghize Almazbek Atambaïev et son successeur ont abandonné leurs demandes de dommages et intérêts astronomiques contre des journalistes critiques, tournant la page d’une séquence électorale qui avait pesé lourd sur les médias. En l’absence de réforme durable, les journalistes restent cependant à la merci d’un retour de balancier.

L’approche d’importantes échéances électorales en 2019 a encore accentué la polarisation de l’Ukraine (102e, -1) et de la Moldavie (91e, -10), dégradant le climat de travail des journalistes, favorisant les manipulations et illustrant le poids des oligarques sur les grands médias. Des tensions qui expliquent largement la baisse de ces deux pays au Classement.

Dernier du monde : la triste performance du Turkménistan

Plus de la moitié des pays de la région pointent toujours autour ou derrière la 150e place du Classement, et la situation continue de se dégrader chez les moins bien classés. Le Turkménistan (180e, -2) prend la toute dernière place, derrière la Corée du Nord et l’Erythrée : cette triste performance est l’aboutissement de plusieurs années de durcissement continu, au cours desquelles les autorités ont pourchassé sans relâche les derniers correspondants clandestins de médias en exil.

Le Tadjikistan (161e, -12), quant à lui, se rapproche dangereusement de la “zone noire”. La plupart des médias indépendants ont été contraints à la fermeture ou à l’exil, les derniers se débattent avec le blocage de leur site internet et des pressions permanentes qui encouragent à l’autocensure. En contrepoint du dégel ouzbek, cette dérive fait du Tadjikistan le deuxième pays le moins bien classé d’Asie centrale.

De l’autre côté de la mer Caspienne, l’Azerbaïdjan (166e, -3) continue lui aussi de pourchasser les dernières voix critiques. La répression se durcit également au Bélarus (153e) : au matraquage financier des correspondants de médias en exil, s’ajoutent désormais le blocage de sites d’information de référence, l’intimidation de titres indépendants jusqu’alors épargnés, et le durcissement de la législation. Seuls le nombre inégalé d’interpellations en 2017 et la dégradation de la situation dans le reste du monde expliquent la remontée paradoxale du pays au Classement.


******************

Turquie

157

au Classement mondial de la liberté de la presse 2019

Classement

0

157 en 2018

La chasse aux médias critiques menée par le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan culmine depuis la tentative de putsch du 15 juillet 2016. Après la liquidation de dizaines de médias et le rachat du plus grand groupe de presse turc par une holding proche du pouvoir, l’étau se resserre sur tout ce qui reste de pluralisme : une poignée de titres harcelés et marginalisés. La Turquie est la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias. Passer plus d’un an en détention avant d’être jugé est devenu la norme, et lorsque tombent les condamnations, elles peuvent aller jusqu’à la prison à vie incompressible. Les journalistes incarcérés et les médias fermés sont privés de tout recours effectif : l'Etat de droit n'est plus qu'un souvenir dans la “Nouvelle Turquie” hyper-présidentielle. La censure d’internet et des réseaux sociaux atteint elle aussi des niveaux inédits, et les autorités cherchent désormais à prendre le contrôle des services de vidéo en ligne.


Arménie

61
au Classement mondial de la liberté de la presse 2019

Classement

+19

80 en 2018

Une hausse significative, celle de l’Arménie (61e, +19) qui remonte d’autant plus que le pays se situe dans une zone du Classement très volatile. Largement portée par les médias et les réseaux sociaux, la “révolution de velours” arménienne a desserré l’emprise du pouvoir sur l’audiovisuel.


Une révolution transmise en live-stream

Les nouveaux médias ont servi de caisse de résonance à la « révolution de velours » du printemps 2018, qui a confié le pouvoir à un ancien journaliste. Le paysage médiatique est divers mais polarisé, et la ligne éditoriale des principales chaînes de télévision coïncide avec les intérêts de leurs propriétaires : l’indépendance journalistique et la transparence de la propriété des médias restent donc des défis importants. Le nouveau pouvoir devra revenir sur l’opportunité manquée du passage à la télévision numérique, qui a paradoxalement restreint le nombre de chaînes régionales. Et éviter tout excès dans la lutte contre les "fausses nouvelles" : l'implication des services secrets dans ce domaine, suivie de l'arrestation d'un utilisateur des réseaux sociaux, suscite l'inquiétude. Le journalisme d’investigation, qui prospère sur internet, est bien placé pour jouer un rôle majeur dans le combat national contre la corruption.


AzerbaĂŻdjan

166
au Classement mondial de la liberté de la presse 2019

Classement

-3

163 en 2018

Guerre impitoyable contre les dernières voix critiques

Non content d’avoir anéanti toute espèce de pluralisme, le président Ilham Aliev mène depuis 2014 une guerre impitoyable contre les dernières voix critiques. S’ils résistent aux pressions, aux tentatives de chantage ou de corruption, les journalistes et blogueurs indépendants sont jetés en prison sous des prétextes absurdes. Les médias libres ont été asphyxiés économiquement (Zerkalo, Azadlig) ou fermés manu militari (Radio Azadlig). Les principaux sites d’information indépendants sont bloqués. Pour tenter de faire plier ceux qui résistent en exil, le régime de Bakou s’en prend aux membres de leurs familles. Et il n’hésite plus à exporter sa répression : journalistes arrêtés en Géorgie et en Ukraine, poursuivis en France… Ce n’est que sous la pression qu’il lui arrive de reculer - une pression plus nécessaire que jamais.





Retour ďż˝ la rubrique


Source/Lien : Reporters sans frontières (RSF)



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org