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Missiles russes vendus à la Turquie : des sanctions américaines ?
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – « Le 6 juin 2019, Patrick Shanahan, Secrétaire américain à la Défense par intérim, a envoyé une lettre dure à son homologue, Hulusi Akar, ministre turc de la Défense. Shanahan a menacé de mettre fin à la participation de la Turquie au programme F-35, le plus avancé de l’armée de l’air américaine, et de lui imposer des sanctions si la Turquie faisait l’acquisition de missiles russes S-400 le mois prochain. Les missiles russes ne sont pas compatibles avec les systèmes de l’OTAN et risquent de compromettre les opérations du F-35 et de ce fait, de mettre en danger la sécurité nationale américaine. (...) Le 14 juin 2019, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a menacé de riposter aux sanctions américaines. (...) Les présidents de la Turquie et des États-Unis doivent se rencontrer en marge du sommet du G20 à Tokyo, fin juin. Ce sera la dernière chance pour Erdogan de changer d’avis quant à l’acquisition de missiles russes en juillet. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian paru dans The California Courier le 20 juin 2019.


Publié le 20 juin 2019

La Turquie pourrait bientôt ne plus être membre de l’OTAN…

De Harut Sassounian
The California Courier
Éditorial du 20 juin 2019
www.TheCaliforniaCourier.com

Le 6 juin 2019, Patrick Shanahan, Secrétaire américain à la Défense par intérim, a envoyé une lettre dure à son homologue, Hulusi Akar, ministre turc de la Défense. Shanahan a menacé de mettre fin à la participation de la Turquie au programme F-35, le plus avancé de l’armée de l’air américaine, et de lui imposer des sanctions si la Turquie faisait l’acquisition de missiles russes S-400 le mois prochain. Les missiles russes ne sont pas compatibles avec les systèmes de l’OTAN et risquent de compromettre les opérations du F-35 et de ce fait, de mettre en danger la sécurité nationale américaine.

Le président turc Erdogan a maintes fois rejeté les plaintes des États-Unis et a persisté à vouloir acquérir des missiles russes, pour lesquels la Turquie a signé un contrat de prêt de 2,5 milliards de dollars avec la Russie. Plusieurs officiers militaires turcs ont déjà commencé une formation en Russie pour apprendre à manoeuvrer les nouveaux missiles. Entre-temps, les USA ont informé la Turquie que les pilotes turcs qui s’entraînent sur le F-35 depuis plusieurs mois aux États-Unis devront avoir quitté le pays le 31 juillet 2019.

La lettre du Secrétaire à la Défense Shanahan a généré des ondes de choc dans le cercle de la politique étrangère et de la sécurité de la Turquie, car cette dernière ne sait pas encore « comment répondre » a déclaré une source de la sécurité turque au journal Al-Monitor. La Turquie a déjà payé plus d’un milliard de dollars pour l’achat de cent jets F-35. Le président Erdogan a annoncé qu’il exigerait que les États-Unis le remboursent. De plus, la Turquie, en tant que partenaire du programme F-35, a produit certaines pièces des jets, mais elles ne seront plus fabriquées en Turquie.

Shanahan a écrit au ministre de la Défense : « Toutes les actions entreprises pour le F-35 sont basées sur les risques que la présence des missiles S-400 en Turquie aurait, et sont distinctes des sanctions applicables selon la loi CAATSA (Countering America's Adversaries Through Sanctions Act) liée à la Russie [Ndlr, mesures contre tout pays signant des contrats d’armement avec la Russie]. Il y a une forte détermination bipartite au Congrès américain de voir les sanctions CAATSA imposées à la Turquie au cas où elle acquerrait les S-400. En plus de menacer la sécurité des plateformes comme le F-35, l’acquisition des S-400 entravera la capacité de notre nation à améliorer ou à renforcer la coopération avec les États-Unis et au sein de l’OTAN, mènera à une ultra-dépendance stratégique et économique de la Turquie envers la Russie, et sapera l’industrie très performante de la défense turque et ses objectifs ambitieux de développement économique. Poursuivre sur cette voie entraînera une perte en matière d’emplois, de produit intérieur brut et de commerce international. Le président Trump s’était engagé à stimuler le commerce bilatéral en le faisant passer de 20 milliards de dollars à 75 milliards, toutefois ceci peut être remis en cause si les États-Unis imposent les sanctions CAATSA. »

Le 14 juin 2019, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a menacé de riposter aux sanctions américaines : « Un pays ne peut pas dire à un autre comment agir. Les USA devraient abandonner ce comportement. Tout le monde est concerné. Jusqu’où cela ira-t-il ? Si les USA prennent des mesures contre nous, nous serons obligés de prendre des mesures réciproques », a-t-il déclaré dans une interview à NTV.

Quelles seront les prochaines étapes ? Le président Erdogan a appris d’expériences antérieures que le président Trump n’écoute pas toujours les membres de son Cabinet ou les membres du Congrès. Erdogan a eu plusieurs conversations téléphoniques avec Trump pour le convaincre de former un groupe d’études conjoint qui ferait gagner du temps à la Turquie. Entre-temps, des événements mondiaux survenant naturellement ou artificiellement créés pourraient modifier la situation actuelle. Les présidents de la Turquie et des États-Unis doivent se rencontrer en marge du sommet du G20 à Tokyo, fin juin. Ce sera la dernière chance pour Erdogan de changer d’avis quant à l’acquisition de missiles russes en juillet.

Si Erdogan ne réussit pas à modifier l’état d’esprit de Trump, il achètera les missiles russes, afin de ne pas être humilié par les États-Unis. Cependant, ce ne serait que le début d’un conflit encore plus grand ! Les États-Unis imposeront des sanctions à la Turquie, ce qui endommagera sérieusement son économie. Erdogan pourrait se venger en interdisant à l’OTAN d’utiliser sa base aérienne d’Incirlik en Turquie. Les États-Unis pourront la transférer en Jordanie (comme l’a fait l’Allemagne) ou en Grèce (membre de l’OTAN) ou à Chypre.

Ce cercle vicieux de coups et de contre coups pourrait prendre fin avec la Turquie se retirant de l’OTAN, ou l’OTAN décidant d’expulser la Turquie.

Le retrait de la Turquie de l’OTAN est une mesure qui a déjà été envisagée depuis longtemps, puisque Erdogan a agi contrairement à la loi et l’esprit de l’alliance de l’OTAN. Même si expulser la Turquie est une décision grave pouvant avoir de lourdes conséquences, Erdogan en est la cause, car il ne cesse de violer les engagements de la Turquie envers l’OTAN, dont il ignore tous les avertissements.

Le grand gagnant dans cette situation sera la Russie, qui réussira à affaiblir l’OTAN en excluant la Turquie - le pays qui compte la deuxième puissance militaire de l’OTAN - tout en tirant des revenus de la vente des missiles, revenus qui font cruellement défaut à son économie en ruine.

Toutefois, le succès de la Russie risque d’être de courte durée. Dès qu’un conflit géopolitique opposera la Russie à la Turquie, le grand amour disparaîtra, mettant fin aux mouvements acrobatiques entre l’Est et l’Ouest d'une Turquie qui sera abandonnée par les deux !


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 20 juin 2019 – www.collectifvan.org




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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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