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Kedistan/Turquie : Rapport sur “bonne et mauvaise presse”
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Le Collectif VAN vous invite à lire cette information publiée sur Kedistan le 8 juillet 2019.











Publié le 8 juillet 2019

Kedistan

Turquie • Rapport sur “bonne et mauvaise presse”

Chroniques de Naz Oke


08/07/2019

La Fondation de recherches SETA vient de publier un rapport de 200 pages intitulé : “Les prolongements des médias internationaux sur la Turquie”. (Rapor: Uluslararası Medya Kuruluşlarının Türkiye Uzantıları)

Le rapport s’intéresse particulièrement aux rédactions en langue turque de BBC, Deutsche Welle, Voice of America, Sputnik, Euronews, CRI (radio chinoise nationale) et Independent. Il “analyse” la tendance de ces médias, critique leur ligne éditoriale et, cite des exemples d’articles qu’il considère comme “parti pris”. Ils sont accusés de mener un travail de sensibilisation pour modifier l’image de la Turquie.

Ce rapport, préparé avec une soit disant “ambition” d’étudier la presse internationale, fait une énumération nominative de touTEs les journalistes d’origine turque qui travaillent au sein des médias observés, y ajoutant leur parcours et biographie. Il va jusqu’à l’observation des comptes personnels de réseaux sociaux de ces mêmes journalistes qui, toujours selon SETA n’auraient pas le droit de révéler leur tendance politique. Il focalise ainsi sur “tel journaliste partageant les publications de tel média”, et, avec à l’appui des copies d’écran, les affiche… Même les partages concernant le principe de la liberté d’expression et d’information deviennent un critère “douteux”. SETA, “révèle” dans son rapport, que les journalistes des départements en langue turque des médias BBC, DW, Voice of America, Sputnik et Euronews partagent plutôt les articles de journaux dont ils-elles étaient journalistes auparavant, privilégiant donc les partages de publications de supports qui “viennent au premier plan avec leurs propos anti-gouvernementaux”, tels que BirGün, T24, Bianet, Evrensel, Cumhuriyet, Diken, DW Turc et RSF (??).”

SETA observe ainsi un parallèle entre ces médias internationaux et les médias turcs de tendance kémaliste, de gauche, et séculaires. “On peut exprimer que, dans ce cadre, tous ces médias possèdent un langage éditorial unique, allant à l’encontre de leurs principes” annonce le rapport.

Les informations parues dans les médias observés sont critiquées, et le rapport contient des propos du genre “Bien que le lien des députéEs HDP avec l’organisation terroriste (comprenez le PKK), et le fait qu’ils-elles transmettaient à propos de la lutte contre le terrorisme menée par l’Etat, des informations fausses et spéculatives qui soulèverait la réaction des populations de la région (comprenez kurde), BBC Turc a considéré les députéEs HDP comme des sources fiables.”

Ce rapport de dénonciation immonde qui se prétend être “scientifique”, finement préparé, constitue un gros dossier de fichage. Sa publication a provoqué une forte réaction, notamment des journalistes, organisations corporatives et syndicats, comme TGS, le Syndicat des journalistes en Turquie.

Quant aux médias au service de l’Etat, ils se jettent sur le rapport et crient au loup avec des manchettes dénonçant “les ennemis de l’extérieur” à l’opinion publique : “Remarquable rapport de SETA ! De nombreuses organisations étrangères ont commencé leurs activités en Turquie”. Comme si les départements en langue turque venaient tout juste d’être crées, et avaient pour objectif de détruire la Turquie…

Le rapport est remarquable particulièrement par le langage utilisé et sa méthode, qui se révèlent similaires aux rapports préparés par les renseignements généraux dans différentes périodes en Turquie. L’ombre des “scientifiques” du MIT se profile derrière.

L’affichage en clair des journalistes ainsi dénoncéEs, constitue une menace réelle supplémentaire pour celles et ceux qui sont objets de procès en cours. Leur jugement n’étant pas terminé, cette source, constitue un risque qui affecterait les décisions de justice. Mais reste-t-il de la Justice et du Droit en Turquie ?

La Fondation SETA se présente comme telle : “La Fondation SETA pour la recherche politique, économique et sociale, est un institut de recherche à but non lucratif qui se consacre à des études novatrices sur des questions nationales, régionales et internationales. L’objectif de SETA est de produire des connaissances et des analyses actualisées et précises dans les domaines de la politique, de l’économie et de la société et d’informer les décideurs politiques et le public de l’évolution des conditions politiques, économiques, sociales et culturelles. SETA évalue les questions nationales et internationales dans un contexte historique et culturel.

La mission de SETA est de favoriser la recherche collaborative et interdisciplinaire, d’enrichir le débat stratégique et de fournir aux décideurs des secteurs public et privé des informations, des analyses et des propositions d’action indépendantes et faisant autorité.

Dans la conclusion titrée “Résultats et conseils“, le rapport notifie que la quasi totalité des médias étrangers qui publient en Turquie parlent d’une voix univoque. Il conseille, “Selon leurs principes annoncés, ils devraient instaurer une ligne plurielle”.

A propos des journalistes, le rapport conseille, en se basant encore une fois sur les “principes” de ces médias, “leur personnel ne devrait pas effectuer de partages révélant leurs propres tendances, mais il a été observé qu’il y a de nombreux employéEs qui ne respectent pas cette règle. Les médias doivent contrôler leur personnel et montrer le soin que leur identité politique ne se reflète pas dans le langage de publication.”

SETA conseille également “Les départements de Turquie de ces médias doivent être contrôlés par leurs hiérarchies principales“.

Pour finir : “La fiabilité et l’impartialité des médias étrangers qui publient en Turquie, doivent être suivies et connues de l’opinion publique. Pour ce faire, “un groupe de suivis et de rapports” doit être constitué. Du fait du caractère particulier de la presse, il ne serait pas pertinent que cette formation soit constituée par l’Etat (encore heureux!). Une formation constituée à partir de la société civile doit être encouragé.”

Il est curieux que le rapport analyse principalement l’image “politique” et ne s’étende pas sur la “touristique”.

Et le mot de la fin qui tue : “Le nombre d’exemples à suivre, tel TRT World, qui fait l’édition publique internationale de la Turquie, doit être augmenté.“

Pour infos, en 2016 on pouvait déjà découvrir : “Le rapport intitulé “Les branches du PKK dans le nord de la Syrie, PYD-YPG”, préparé par la Fondation turque de recherche en politiques économiques [SETA] , a permis de dévoiler le lien organique entre le PYD et le PKK, ainsi que leurs objectifs dans le nord de la Syrie. Il a été prouvé que le PYD est la sous-branche du PKK”. Grattez un peu et on pourra découvrir que “Monsieur l’Ambassadeur” en était conseiller scientifique…

Vous l’aurez compris, le journalisme en Turquie et ailleurs ne serait plus un crime s’il reflétait toujours “la voix de son maître” dans tous ses aspects, selon ce rapport qui tombe à pic pour envisager “scientifiquement” une censure contre des médias qui, en Turquie, diffuseraient de “l’étranger” une image écornée du régime. A l’occasion, dénoncer à une partie de la diaspora favorable au régime des “traîtres qui écrivent de l’étranger” afin qu’elle “les rappelle à la raison” semble aussi être la raison du rapport. Le régime turc poursuit donc sa politique de pression à l’étranger…

Vu l’absence de réactions et les complicités européennes et internationales, il aurait tort de se priver…




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Source/Lien : Kedistan



   
 
   
 
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