Aujourd'hui : Jeudi, 14 novembre 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
La Nuit de Cristal - Partie 2
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Le Collectif VAN remercie l’AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz) de l’avoir autorisé à reproduire cet article paru dans La Lettre n°89 (Février-Mars 2016). Nous avons fait le choix de le scinder en cinq parties que nous publions cette semaine, du lundi 4 au vendredi 8 novembre, en prévision de la Commémoration de La Nuit de Cristal, organisée à Paris par nos partenaires de Memorial98 ce samedi 9 novembre 2019 à 16h devant le Gymnase Japy, 2 Rue Japy à Paris dans le 11e arrondissement. Nous n’oublions pas que ce pogrom a permis ce que la Conférence de Wansee en janvier 1942 a nommé « la solution finale de la question juive ».

Légende photo : La grande synagogue de Berlin incendiée par les nazis


La Lettre n°89

La Lettre n°89 : Février-Mars 2016
AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz)

Partie II


On pourrait citer des centaines d'autres témoignages ; ils sont à peu près tous identiques dans les faits et leur perception par les victimes et leurs bourreaux.

Des rapports précis et accablants

Outre les témoignages privés, nous avons à notre disposition des rapports officiels établis par les observateurs étrangers, des journalistes, des employés des ambassades et des consulats et autres représentants du Corps Diplomatique.
Les Consulats furent assaillis de demandes de secours et transmirent leurs rapports à leur hiérarchie respective.
Prenons plus précisément deux exemples : celui du Consul Général Bell en poste à Cologne et celui du Consul Général Gainer en poste à Vienne (Autriche) s'adressant à Sir G. Ogilvie-Forbes, Consul Général britannique pour toute l’Allemagne représentant le Foreign Office.

«J'éprouve le besoin de vous présenter un rapport exact sur les récentes émeutes, les pillages et les destructions des entreprises et habitations juives et l'incendie des synagogues.

... Les ordres suivants furent donnés par Radio-Police le matin du 10 novembre 1938, à 0 h 45 du matin.

1. Ordre de faire incendier les synagogues et les oratoires à 4 heures du matin.

2. Ordre de commencer avec la destruction et le pillage des magasins et des maisons à l'intérieur de la ville.

3. Même ordre pour la banlieue à partir de 8 h du matin

4. Ordre de tout arrêter à 1 h de l'après-midi le 10 novembre 193 1938

... La police a distribué des haches, du matériel de cambriolage et des échelles à tous les jeunes S.A. nouvellement incorporés, auxquels s'étaient joints une bande de voyous. La distribution des armes se faisait au quartier général de la police. Une liste de noms, et d'adresses de tous les magasins et appartements juifs leur a été fournie... La police avait des ordres stricts de rester neutre...

À Cologne, 17 magasins ont été jusqu'ici pillés de fond en comble... Ces actes ont été ordonnés par le Gouvernement de Berlin.

Un certain commissaire de police, qui intervint pour sauver un magasin du pillage, a été mis en congé et relevé de ses fonctions... »

Signé Sir Bell dans l'annexe 1 de son rapport no 7 en date du 12 novembre 1938.

«J'ai l'honneur... la journée du 10 courant a pris des proportions très alarmantes.

Le mouvement a été déclenché par la S.A., et la police avait reçu des instructions pour ne pas intervenir. Un très grand nombre de magasins et de maisons appartenant à des Juifs ou occupés par eux a été saccagé et de nombreuses arrestations ont eu lieu. Des synagogues ont été incendiées. 19 d'entre elles ont été complètement détruites par le feu. Une autre par une bombe...

La presse locale se réjouit ouvertement de ces manifestations et félicite le peuple.

Tous les magasins ont été forcés de fermer puis ont eu leurs vitrines brisées. Ils ont été souvent pillés... Tous les Juifs qui se trouvaient dans les rues ont été battus et on les empêcha d'aborder les ambassades et les consulats étrangers pour qu'ils ne puissent y trouver refuge.

Le correspondant du Times à Vienne a été arrêté et relâché à plusieurs reprises. Il a vu de ses propres yeux comment les Juifs avaient été maltraités et tellement terrifiés qu'ils étaient incapables de se rappeler leur nom...

Au matin, les manifestations ont cessé, mais les arrestations ont continué. Je suis assiégé de demandes de secours...

La nuit dernière, Vienne présentait un spectacle extraordinaire. Le feu faisait rage dans toute la ville. Les Juifs étaient poursuivis, battus le long des rues et injuriés.

J'ai des informations concernant les villes de Linz, de Salzbourg, Hallein et Gastein. Partout, ce n'étaient que destructions et pillages, des Juifs battus et des Juifs assassinés... »

Signé du Consul Général Gainer dans son annexe au rapport n° 6 en date du 11 novembre 1938.

Ces extraits sont tirés du Livre Blanc anglais n°2 (rapports établis par les consuls britanniques en poste en Allemagne concernant les traitements infligés à des nationaux allemands).

Avant de revenir sur les faits de cette nuit tragique, il conviendrait de situer l'événement dans le contexte général historique et idéologique.

Le crime au service d'une idéologie

Depuis la nomination d'Hitler à la Chancellerie du Reich, le 30 janvier 1933, les nazis cherchent l'opportunité de déclencher le massacre général des Juifs, mais il leur faut, au préalable, franchir des étapes.

L'objectif à court terme est de terroriser la population juive, de provoquer le plus grand nombre possible d'exils vers l'étranger et de s'approprier à bon compte des biens de toute nature. Cette étape s'avère difficile et longue à mettre en œuvre.
Les nazis décident donc de passer à une seconde étape : nettoyer le Reich de ses Juifs « Judenrein » et le libérer définitivement de tous ses Juifs « Judenfreï ».

Ces objectifs ont été clairement définis à plusieurs reprises dans « Mein Kampf », écrit en prison par Hitler après le putsch manqué de Munich en 1923. Ce livre, avec ses théories raciales, est devenu « la Bible » de tous les nazis.

Dès 1933, une avalanche de lois et de décrets réduit les Juifs à l'état de parias, sans aucun droit, exclus de toute la vie publique, culturelle et économique.

Le summum de ces lois est atteint avec les lois dites de Nuremberg du 15 septembre 1935 : La loi « Reichsbludschutsgesetz » protège la pureté du sang germanique et la loi « Reichsbürgergesetz » établit les exigences pour être considéré comme citoyen du Reich. Les mariages mixtes sont interdits.

Sur le plan des dérives raciales pseudo-scientifiques, la loi impose la recherche des caractères physiques et génétiques des personnes pour qu'elles puissent prouver qu'elles ne sont pas juives.

Les Juifs sont déchus de leurs droits politiques et exclus de toute la vie publique.

Depuis 1933, en même temps que l'on fait la chasse aux opposants du régime, on poursuit les Juifs pour les interner dans des camps de concentration où ils sont soumis à des conditions de vie inhumaines plus dramatiques encore que celles que connaissent les internés non juifs.

Peu à peu, les Juifs sont pris dans une nasse qui se refermera sur eux et dont ils ne pourront sortir vivants.

Les nazis cherchent l’opportunité de déclencher une action d'envergure contre les Juifs pour «légitimer» leur projet d'éradication totale. À cette fin, il leur faut trouver un prétexte « exploitable ».

Un acte désespéré inespéré

À Paris, le 7 novembre 1938, Herszel Grynszpan, 17 ans, abat à coup de revolver, Ernst von Rath, troisième attaché d'ambassade d'Allemagne, dans son bureau.

C'est le geste inespéré qu'attendaient les nazis pour provoquer, à travers tout le Reich, un gigantesque pogrom.

Selon ses défenseurs, Maître Moro-Giafferi, Maître Henri Torrès et Maître Frenckel, Grynszpan a commis cet acte pour venger ses parents. Ces derniers, Juifs polonais, étaient établis à Hanovre depuis 1911 après avoir fui la Pologne en raison du violent antisémitisme et de la crise économique qui y sévissaient en permanence.

L’expulsion des juifs polonais

Un décret du gouvernement allemand oblige tous les Juifs polonais, vivant sur le sol du Reich, à quitter au plus tôt le pays. Ils sont expulsés manu militari vers leur pays d'origine le 18 octobre 1938.

20 000 Juifs, parmi lesquels les parents d'Herszel Grynszpan, sont contraints de monter dans des camions et emmenés à la frontière germano-polonaise.

Ce jour-là les Juifs expulsés, surpris dans leur sommeil, sont roués de coups et agonis d'injures lors de leur arrestation. Pour empêcher qu'ils n'emportent aucune « richesse allemande » avec eux, les nazis ont pris soin, au préalable, d'interdire tout retrait d'argent en bloquant leurs comptes. Ils ne sont autorisés à emporter, ni bijoux personnels, ni objets de valeur, ni titres de propriété quand ils en avaient. Ils n'ont droit qu'à un seul et unique bagage par per¬ sonne ne contenant que des vêtements.

Tous les Juifs ayant quitté la Pologne pour une raison ou pour une autre étaient devenus des apatrides. Le Colonel Beck, chef du gouvernement polonais, antisémite notoire, les avait déchus de leur nationalité polonaise. Il refusa de les accueillir.
Les nazis les parquèrent dans une caserne désaffectée à Zbaszyn, localité située en bordure du « no man's land » germano-polonais. Rapidement, la caserne devint un véritable camp de concentration où les Juifs expulsés vécurent dans des conditions épouvantables jusqu'à ce que la Pologne, sous la pression des puissances occidentales, les autorise à rentrer.
En raison de ces conditions inhumaines, Zindel Grynszpan, le père d'Herszel, décéda. Herszel reçut le 3 novembre une lettre de sa sœur Berta lui demandant de leur porter secours.


Lire aussi:

La Nuit de Cristal - Partie 1

La Nuit de Cristal - Partie 2

La Nuit de Cristal - Partie 3

La Nuit de Cristal - Partie 4

Agenda - Paris, 9 novembre : Commémoration de la Nuit de Cristal



Retour � la rubrique


Source/Lien : AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz)



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org