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La Nuit de Cristal - Partie 3
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Le Collectif VAN remercie l’AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz) de l’avoir autorisé à reproduire cet article paru dans La Lettre n°89 (Février-Mars 2016). Nous avons fait le choix de le scinder en cinq parties que nous publions cette semaine, du lundi 4 au vendredi 8 novembre, en prévision de la Commémoration de La Nuit de Cristal, organisée à Paris par nos partenaires de Memorial98 ce samedi 9 novembre 2019 à 16h devant le Gymnase Japy, 2 Rue Japy à Paris dans le 11e arrondissement. Nous n’oublions pas que ce pogrom a permis ce que la Conférence de Wansee en janvier 1942 a nommé « la solution finale de la question juive ».

Légende photo : Les conséquences du pogrom de la "Nuit de cristal" en Allemagne, novembre 1938 (Domaine public)


Publié le 6 novembre 2019

AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz)

La Lettre n°89

La Lettre n°89 : Février-Mars 2016
AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz)

Partie III

Le geste de Herszel Grynszpan


Apprenant le décès brutal de son père, Herszel décida donc de venger les siens. Il accomplit son acte et fut immédiatement arrêté et incarcéré en attendant d'être déféré devant une cour d'assises selon la loi française.

Plus tard, au début de l'Occupation de la France en 1940, les autorités de Vichy le livreront aux Allemands. On perd sa trace à la fin de la guerre. On suppose qu'il a été exécuté dans un camp en Allemagne.

Les hitlériens eux-mêmes, craignant que Herszel Grynszpan ne devienne un héros, symbole de la lutte antinazie, lancent immédiatement, par l'intermédiaire de la presse nationale allemande et de quelques titres à l'étranger, la thèse selon laquelle il aurait eu une liaison amoureuse avec Ernst von Rath auprès duquel il aurait sollicité l'obtention d'un visa pour sa famille. Ce dernier aurait catégoriquement refusé et Herszel Grynszpan se serait procuré une arme pour se venger.

Des variantes de cette thèse ont circulé.

Herszel aurait été évincé au bénéfice d'un autre homme. Et il aurait tué von Rath par dépit amoureux. D'après Maître Badinter, ce serait l'avocat de Grynszpan, Moro-Giafferi, qui aurait suggéré à l'inculpé de se faire passer pour un homosexuel et prétendre avoir tué von Rath par jalousie, la justice française étant plus clémente pour un crime passionnel que pour un crime politique.

Pour mieux comprendre la démarche d'Herszel Grynszpan, il faut savoir qu'à cette époque, nombreux étaient les Juifs qui passaient d'un pays à l'autre sans pouvoir se fixer, n'ayant ni papiers ni visas.

Or, Grynszpan avait déjà été expulsé deux fois de Belgique et était venu en France clandestinement. Retrouvé par la police française, il était sous le coup d'une nouvelle expulsion.
Il ne parlait que quelques mots de français et venait de se fâcher avec son oncle, sa seule attache familiale à Paris. Il était donc aux abois, ne pouvant ni retourner en Allemagne, ni se rendre en Pologne.

Le lendemain 7 novembre, il écrit à son oncle Abraham, le frère de son père : « ... Mon cœur saigne quand je pense à notre tragédie... Je dois exprimer ma révolte de telle sorte que le monde entier l'entende, et je compte le faire. Je vous supplie de me pardonner ».

Le même jour, il se rend à la légation d'Allemagne, rue de Lille dans le 7e arrondissement de Paris et demande à rencontrer l'ambassadeur pour lui remettre un document important. Introduit chez von Rath, il tire sur lui.

Ce dernier meurt le 9 novembre 1938 à 17h30.

Les hordes hitlériennes en action

Goebbels et Hitler sont prévenus à 21 h. Ils sont alors à Munich, entourés de la plupart des hauts dignitaires du parti nazi et des anciens combattants, pour célébrer l'anniversaire de la tentative manquée du putsch de 1923.
Goebbels, Ministre de la Propagande du Reiçh, comprend tout l'intérêt qu'il peut tirer de ce qui aurait pu rester un banal fait divers. Voilà enfin venu le prétexte attendu ! D'autant plus attendu que depuis quelques semaines, les S.A. et les S.S. ont été mis en alerte, prêts à tout moment à partir, de jour comme de nuit, à l'assaut des Juifs.

Ce soir-là, Goebbels improvise un discours : « La juiverie internationale est responsable de ce crime monstrueux, non seulement à l'égard d'un serviteur du Reich mais surtout à l'égard du peuple allemand tout entier. La population allemande unanime exprime sa colère et réclame des sanctions immédiates contre les Juifs. Nous les avons suffisamment prévenus. Les Juifs vont recevoir la leçon qu'ils méritent ! Cette colère gronde et se répand comme une traînée de poudre à travers tout le pays... ».
Ce discours s'adresse également aux démocraties qui souhaiteraient éventuelle¬ ment intervenir en faveur des Juifs.

Les Gauleiters, gouverneurs des régions, sont les premiers mobilisés. Ils reçoivent immédiatement, directement par la police et par la direction locale du Parti Nazi, des instructions utiles au déroulement de l'action générale.
Ils réunissent rapidement tous les chefs, de toutes les organisations nazies dépendant de leur autorité et s'activent à attiser, chez ces derniers, la haine antisémite afin de galvaniser leur auditoire et à 1'encourager à saccager, piller et tuer des Juifs sans état d'âme et sans aucune retenue.

La nuit tragique

Du 9 novembre à minuit au lendemain midi, plus de 1,5 million S.A. et S.S. en civil, des centaines de milliers de membres des Jeunesses Hitlériennes, des centaines de milliers de membres des organisations de masse nazies et quelques milliers de badauds, organisés en petites escouades, se ruent avec une violence inouïe sur les Juifs sans épargner ni vieillards, ni enfants. Chaque unité a reçu une « feuille de route » lui fixant des objectifs précis.

Les Juifs sont assassinés devant la population. Ils sont fusillés, pendus, massacrés à coup de crosses et de bottes, brûlés vifs, le crâne et les membres fracassés.

Pour la première fois, les nazis dépassent le stade des violences verbales et des meurtres individuels pour se livrer à des exactions publiques massives (bastonnades et meurtres). Ils violent des centaines de femmes, de jeunes filles ainsi que des fillettes. Ils frappent avec autant de violence les adultes et les enfants sans s'émouvoir un seul instant de leurs cris, de leurs pleurs et de leurs supplications. Le sang juif ruisselle dans toutes les rues et ruelles des villes et des villages du Reich. Partout les cadavres jonchent le sol.

Les agresseurs se lancent à 1'assaut des magasins, des entreprises, des locaux associatifs, des maisons individuelles, des cimetières, des synagogues, des objets de culte et autres biens visibles appartenant aux Juifs.

Les lieux de culte et autodafés

L'ordre était de détruire entièrement tous les lieux de culte juifs par le feu et par des engins de démolition afin qu'il n'en reste plus un debout. Les rouleaux de la Thora sont exhibés dans l'allégresse devant une horde de S.A., de S.S. et de membres des Jeunesses Hitlériennes.

Les assaillants, surexcités par la montée des flammes et par le sang qui coule, jettent les textes sacrés au feu. Les rabbins trouvés sur les lieux de culte ont systématiquement la barbe rasée puis sont molestés et battus à mort. Les rescapés sont immédiatement envoyés dans les camps de concentration.
Ancrés dans leur phobie antisémite et anti¬-intellectuelle, les nazis ne cessent, depuis 1933, de s'adonner aux autodafés, pratique héritée de l'Inquisition, qui consiste à brûler les livres des auteurs juifs et principalement des textes sacrés juifs comme la Cabale ou le Talmud.

Cette nuit-là, devant les immeubles et les maisons, s'amoncellent des tonnes de livres auxquels les nazis mettent le feu, à la grande joie des badauds.

Destructions et pillages organisés

Le premier ordre inscrit sur la «feuille de route» distribuée à chaque escouade est de briser toutes les vitrines de tous les magasins juifs, pour récupérer ensuite les marchandises et procéder à la destruction complète de chaque lieu.

C'est également le cas de toute entreprise juive ayant pignon sur rue, des dépôts, des dispensaires, des locaux communautaires divers.

Les synagogues et les magasins jouxtant des lieux d'habitation et de travail occupés par des non Juifs sont volontairement épargnés afin de ne porter aucun préjudice à la population allemande.

Le lendemain et les jours suivants, des tonnes de verre brisé sont répandues dans les rues. En raison de ce spectacle, les nazis eux-mêmes baptisèrent cette nuit, avec beaucoup d'ironie et afin d'en atténuer l'impact « la Nuit de Cristal ».
Or, les Allemands antinazis auraient préféré nommer cette opération, la « Reichspogromnacht » - la nuit du pogrom du Reich. Ce qui aurait mieux caractérisé ce pogrom à grande échelle et renvoyé au second plan les vitres brisées.



Lire aussi:

La Nuit de Cristal - Partie 1

La Nuit de Cristal - Partie 2

La Nuit de Cristal - Partie 3

La Nuit de Cristal - Partie 4

Agenda - Paris, 9 novembre : Commémoration de la Nuit de Cristal




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Source/Lien : AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz)



   
 
   
 
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