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La Nuit de Cristal - Partie 4
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Le Collectif VAN remercie l’AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz) de l’avoir autorisé à reproduire cet article paru dans La Lettre n°89 (Février-Mars 2016). Nous avons fait le choix de le scinder en cinq parties que nous publions cette semaine, du lundi 4 au vendredi 8 novembre, en prévision de la Commémoration de La Nuit de Cristal, organisée à Paris par nos partenaires de Memorial98 ce samedi 9 novembre 2019 à 16h devant le Gymnase Japy, 2 Rue Japy à Paris dans le 11e arrondissement. Nous n’oublions pas que ce pogrom a permis ce que la Conférence de Wansee en janvier 1942 a nommé « la solution finale de la question juive ».


Légende photo: Les nazis exhibent des personnes juives dans les rues


Publié le 7 novembre 2019

La Lettre n°89

La Lettre n°89 : Février-Mars 2016
AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz)

Partie IV

Les bilans


Un bilan précis du nombre de victimes paraît encore aujourd'hui impossible à établir. Certains rapports ont disparu. Plus de 80 % des archives ont été pillées, brûlées et détruites. D'autres rapports ont été « récupérés » par les nazis en fuite et les Alliés.

Pendant longtemps, les historiens, tel le Britannique Martin Gilbert, ont retenu le chiffre de 91 morts pour tout le Reich (in « l’Atlas de la Shoah »).

Aujourd'hui, on avance le chiffre d'au moins 2 500 morts. Cette nouvelle évaluation prend en compte le nombre de suicides et de personnes exécutées sommairement dans les camps de concentration dans les jours et semaines qui suivirent la Nuit de Cristal.

Ces estimations paraissent très largement inférieures à la réalité, compte tenu de la multitude des lieux où se sont déroulés les événements, et des différents témoignages des victimes et des observateurs étrangers.
Rien que pour les seules villes de Berlin et de Vienne, si on ignore le nombre exact de morts, on sait que plus de 400 personnes se sont suicidées. On a dénombré également plus de 1000 blessés graves dont 600 ont été amputés d'un membre. Les archives administratives restantes suffiraient à démontrer l'ampleur du massacre.

A ces victimes, il faut également rajouter les milliers de vieillards morts chez eux dans le dénuement le plus complet après l'arrestation de leur famille.

En ce qui concerne le nombre de Juifs raflés, les estimations vont de 15 000 à 45 000. On cite le plus souvent le chiffre de 30 000. Ces personnes raflées ont été internées principalement dans les trois grands camps d'Allemagne. Près de 10 000 à Orianenbourg-Sachsenhausen, près de 11500 à Dachau, près de 10 000 à Buchenwald et le reste dans différents petits camps. Des centaines d'entre elles seront exécutées immédiatement après leur arrivée. Des milliers d'autres mourront, épuisées par le travail, les coups et la famine.

Environ 10 000 d'entre elles seront libérées dans un délai allant de deux semaines à trois mois. La plupart ont pris l'engagement de s'expatrier au plus tard dans les trois mois en abandonnant tous leurs biens.
Les autres connaîtront le sort de tous les déportés d'Europe et seront exterminées à Auschwitz.

Il y aurait eu entre 261 et 1400 synagogues et lieux de culte incendiés et complètement détruits.

La totalité des cimetières fut profanée, les stèles brisées, la terre entièrement retournée, laissant un champ de ruines d'où émergeaient les cercueils éventrés et les os remontés à la surface.

Selon les différentes sources, on a dé¬ nombré entre 7 500 et 20 000 magasins saccagés et incendiés. Les maisons individuelles et appartements n'ont pas été épargnés.

Accusés de tapage nocturne

Les nazis ont le cynisme de condamner l'ensemble de la communauté juive à une amende d'un milliard de marks pour tapage nocturne.

Les Juifs doivent en outre abandonner à l'État les indemnités qu'ils devraient toucher des compagnies d'assurances pour les préjudices moraux, physiques et matériels.

Pour les seules vitrines détruites, le coût de leur remplacement est évalué à plusieurs millions de dollars, selon les bases de l'assurance internationale.

De plus, ils devront payer les frais de nettoyage et de remise en état de tous les lieux détruits et de ce qu'ils contenaient.

Les réactions immédiates à cet évènement

En Allemagne même.

Fin 1938, toute opposition est muselée. Les camps regorgent de personnes internées. Nul n'oserait se risquer à protester. D'autant moins que l'écrasante majorité du peuple allemand idolâtre Hitler.
Lors de la Nuit de Cristal, la population a affiché une indifférence coupable quand elle n'a pas directement participé elle-même aux exactions. Cette absence de réactions est avant tout interprétée par le pouvoir comme une adhésion à sa politique antisémite et un encouragement à aller plus loin encore.

À l'étranger.

Au lendemain de cette nuit, plus de cent protestations émanant des diplomates étrangers ont été adressées au Ministère des Affaires Étrangères à Berlin, puis transmises sans commentaires à la Chancellerie du Reich qui les a classées sans suite.

En Angleterre, Neuville Chamberlain, chef du gouvernement, qui vient de cosigner, le 30 septembre 1938, les accords de Munich avec son homologue français élève, sous la pression de 1'opinion publique, une timide protestation de principe.

Il n'y aura aucune suite. Le gouvernement britannique cherche avant tout à sauver la paix à n'importe quel prix et à préserver ses accords commerciaux avec l'Allemagne.

Les États-Unis rappellent temporairement leur ambassadeur le 14 novembre 1938. En fait, ils protestent principalement contre le décret qui évince les Juifs de l'économie allemande.

L'Union Soviétique reste silencieuse. Elle est à la recherche d'une stratégie d'alliance qui la conduira aux accords germano-soviétiques d'août 1939.

En France, le gouvernement, dirigé par Édouard Daladier, a non seulement les mains liées par les accords de Munich, mais il est également à la recherche d'un rapprochement avec l'Allemagne. Il ne souhaite en aucune façon intervenir. Il cherche à calmer l'opinion publique et notamment l'opinion juive.

Les parlementaires, pourtant issus des élections de 1936 (Front Populaire), ne réagissent pas davantage.
La majorité des dirigeants institutionnels de la communauté juive ne semble pas percevoir la gravité de la situation. Le Grand Rabbin de Paris, Julien Weil, déclare au journal Le Matin, le 19 novembre 1938, que « le sort de la communauté juive allemande est moins important que le maintien de la paix ».

Quant à l'Univers Israélite, organe le plus proche du Consistoire, il écrit une lettre ouverte aux parents de von Rath. Il leur présente des excuses et les supplie de ne pas rendre responsable toute la communauté juive internationale du geste inconsidéré d'Herszel Grynszpan. (Cité par Jean-Pierre Allali et Haïm Musicant dans « Des hommes libres, histoires extraordinaires de l'histoire de la LICRA ».)

À aucun moment, le journal ne fait état du caractère spécifiquement antisémite des événements qui ont eu lieu en Allemagne lors de la Nuit de Cristal.

La position d'une partie de l'immigration juive étrangère, exprimée dans le quotidien Parizer Haint (le Paris d'aujourd'hui) est de se démarquer complètement d'Herszel Grynszpan : «Nous n'avons rien à voir avec cette personne».

Il y a cependant une autre France, celle des défenseurs des droits de l'homme, celle des mouvements contre le fascisme, la xénophobie, le racisme et l'antisémitisme.

Dans les milieux progressistes de l'immigration juive étrangère récente, le tout nouveau quotidien en yiddish créé en 1934, La Naïe Presse (La Presse Nouvelle) exprime des protestations et appelle à multiplier des réunions dans tous les quartiers sensibles.

De son côté, la LICA (Ligue Internationale contre l'Antisémitisme), et son organe depuis 1932, Le Droit de vivre, dirigé par Bernard Lecache, protestent vigoureusement contre les événements d'Allemagne:

« Notre devoir est de venir au secours des six cent mille Juifs volés, spoliés, affamés, écrasés... notre devoir est de mettre en quarantaine une nation qui offense l'homme et souille le droit ». La LICA est le seul mouvement à s'engager résolument dans la défense juridique d'Herszel Grynszpan, notamment en mettant ses avocats à sa disposition.

Une partie des populations de l'ensemble des pays démocratiques, touchées par le sort des victimes, n'hésitent pas à manifester leur entière solidarité.

De grandes manifestations ont lieu à travers le monde, plus particulièrement à New York, à l'instigation des organisations anti¬ racistes comme l'Anti-Defamation League, à Paris sous l'impulsion de la LICA et à Londres, qui rassemblent des centaines de milliers de personnes. Les manifestants exigent de leurs gouvernements le boycott de l'Allemagne et de ses produits et certains demandent même une intervention armée.





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Source/Lien : AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz)



   
 
   
 
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