Aujourd'hui : Dimanche, 23 fťvrier 2020
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenÍtre !  Envoyer cette page ŗ votre ami-e !
 
1990/2020 ‚Äď Il y a 30 ans, les pogroms anti-Arm√©niens de Bakou (Azerba√Įdjan)
Publiť le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Aujourd‚Äôhui on comm√©more le 30√®me anniversaire des pogroms anti-arm√©niens qui ont eu lieu √† Bakou en Azerba√Įdjan, du 13 au 20 janvier 1990. Ces pogroms, qui ont fait au moins 400 morts et 200 000 d√©plac√©s, faisaient suite √† ceux de Soumga√Įt le 28 f√©vrier 1988, et de Kirovabad, le 23 novembre 1988. Ils ont pr√©c√©d√© les atrocit√©s perp√©tr√©es le 10 avril 1992, par les troupes arm√©es az√©ries √† Maragha en 1992 (Haut-Karabagh). Oubli√©s, malgr√© une certaine m√©diatisation √† l'√©poque, ces terribles pogroms de Bakou, se sont inscrits - en cette fin de 20e si√®cle - dans la lign√©e d'une politique centenaire faite de pogroms, massacres, et g√©nocides √† l'encontre des populations arm√©niennes, perp√©tr√©e par la Turquie d'un c√īt√©, et par ses alli√©s azerba√Įdjanais (anciennement d√©nomm√©s Tatars) de l'autre, avec la complicit√© tacite des forces russes : en 1990 √† Bakou, Gorbatchev et le Kremlin ont mis une semaine avant d'intervenir, non pas pour faire cesser les massacres visant la population arm√©nienne, mais pour emp√™cher la prise finale du pouvoir par le Front populaire d'Azerba√Įdjan pr√©vue le 20 janvier.

Il importe de revenir sur une période qui fait l'objet, de la part des autorités de Bakou, d'une véritable guerre de propagande, basée sur la falsification, le déni et les distorsions de l'histoire (notamment concernant les événements de Khojali en 1992. Voir la documentation édifiante sur : www.xocali.net.

Le Collectif VAN vous propose ici les vid√©os du film ¬ę Ordinary Genocide. Baku, January 1990 ¬Ľ, diffus√© pour la premi√®re fois le mardi 19 janvier 2010 √† Erevan, accompagn√©es de la traduction des commentaires. Comme indiqu√© dans ce documentaire, ¬ę Ces jours-l√†, la m√©moire g√©n√©tique des Arm√©niens t√©moigne : c'est le m√™me g√©nocide, le m√™me mode op√©ratoire, les m√™mes bouchers. ¬Ľ

A noter : tout comme en Turquie, les assassins des Arm√©niens sont honor√©s comme des h√©ros en Azerba√Įdjan. Les auteurs des pogroms, les violeurs et les assassins sont enterr√©s dans une ¬ę All√©e des Martyrs ¬Ľ de la ville moderne de Bakou. Les hauts dignitaires internationaux, en visite √† Bakou, sont oblig√©s de s'y rendre et de d√©poser une gerbe devant la flamme √©ternelle. Il y avait 200 000 Arm√©niens √† Bakou avant 1988. Il n'en reste plus aucun. Cela m√©rite effectivement une gerbe. Mais pas devant la tombe de leurs bourreaux.




Légende photo : Capture d’écran de la vidéo : "Un génocide ordinaire, Bakou, Janvier 1990"


Nota CVAN : les noms et les lieux, pas toujours suffisamment audibles, sont retranscrits sous réserve.


Un génocide ordinaire, Bakou, Janvier 1990

Vidéo 1

An ordinary Genocide, Baku January 1990, Part 1 in ENGLISH

A la mémoire des victimes du génocide des Arméniens du 20e siècle.




http://www.youtube.com/watch?v=Lt9ge_mwOyI&feature=&p=B0662B17960CE097&index=0&playnext=1

Bakou 2010

Voici la ville de Bakou aujourd'hui. Une ville en plein essor, avec son luxe fictif et ses lumi√®res. Aujourd'hui, le moindre souvenir de ceux qui ont v√©cu ici, les fondateurs de la ville qui ont laiss√© leurs marques dans son image, est furieusement √©vit√©. Le souvenir est perdu des repr√©sentants de la nation qui fut l'un des cofondateurs de la R√©publique Sovi√©tique d'Azerba√Įdjan. Les dirigeants actuels de l'Azerba√Įdjan ont fait de la minimisation totale leur politique d'√Čtat, pour √©liminer le souvenir des Arm√©niens de Bakou et le crime horrible qui a √©t√© ici commis en janvier 1990. Et peu de personnes peuvent croire aujourd'hui, que dans cette ville, il y a 20 ans, le sang coulait √† flot et qu'une bacchanale des pires cruaut√©s moyen√Ęgeuses et des incendies criminels, ont eu lieu dans les rues.

Il y a juste 20 ans.

Bakou janvier 1990 un génocide ordinaire


Il est difficile de dire ce qu'il s'est pass√© alors √† Bakou. C'est dangereux pour l'√©tat psychologique d'un √™tre humain normal qui respecte les cat√©gories d'humains et les relations civilis√©es entre les gens. Par √©gard pour les spectateurs, nous ne montrerons pas les photos de ces massacres les plus vicieux. Le but principal de ce documentaire est de montrer la v√©rit√© sur les √©v√©nements de Bakou en janvier 1990. Notre but n'est pas d'enflammer des sentiments de haine, mais de montrer ce que les Arm√©niens ont v√©cu, les massacres horribles des Arm√©niens en Azerba√Įdjan.

Extrait vidéo Artiste du Peuple de RSA

K. Adamanov : ¬ę Je suis n√© √† Bakou. J'ai travaill√© et √©tudi√© √† Moscou. J'ai beaucoup de liens avec Bakou, mais maintenant je dois en partir et je ne veux m√™me pas garder cette ville dans mon souvenir. ¬Ľ

Chronologie de la semaine sanglante

A Bakou, le 13 janvier 1990, vers 17h, une foule de 50 000 personnes qui quittait une manifestation à Lénine Square, s'est divisée en plusieurs groupes qui ont commis des pogroms, destructions, pillages, violences et meurtres. Journal Izvestya ; 15 janvier 1990

Une foule immense qui criait : ¬ę Gloire aux h√©ros de Sumga√Įt ! Vive Bakou sans les Arm√©niens ! ¬Ľ, s'est r√©unie √† L√©nine Square et √† la nuit tomb√©e les pogroms ont commenc√©. Ils ont √©t√© commis avec une sauvagerie et un sadisme inconcevables. Les zones entourant les quartiers arm√©niens sont devenus des ar√®nes de massacres. Les gens ont √©t√© jet√©s par les balcons des immeubles. La foule a attaqu√© les Arm√©niens, les frappant √† mort. Des slogans, disant que les Arm√©niens devaient partir de Bakou, ont √©t√© cri√©s pendant les manifestations et ces slogans ont √©t√© entendus par la foule, et c'est apr√®s cela que les plus horribles √©v√©nements se sont pass√©s.

Le correspondant de Radio Moscou rapporte :
¬ę Nous sommes stup√©faits par les √©v√©nements de Bakou¬Ö ¬Ľ
De nombreux pogroms ont √©t√© commis avec une cruaut√© extraordinaire. A Bakou, le 14 janvier 1990, un groupe de 30 √† 40 personnes, s'est ru√© dans l'appartement des Torossian, un couple √Ęg√©, et avec eux se trouvaient aussi deux autres personnes √Ęg√©es (de la famille). Les criminels les ont tous frapp√©s, ils leur ont pris 3500 roubles, et ils ont oblig√© ces Arm√©niens et leurs voisins √† sortir de la ville. L√†, ils les ont arros√©s d'essence et les ont br√Ľl√©s. [Inaudible : C'est ce que dit Kiril Staliaroff dans son livre Breaker]

Le 15 janvier 1990, Radio Liberty rapporte :
¬ę Une foule en furie a tu√© au moins 25 personnes dans la nuit du 14, dans le quartier arm√©nien de Bakou. Selon les informations pr√©liminaires, le nombre de morts est de 25. ¬Ľ

Le 15 janvier, les pogroms et la violence se poursuivent √† Bakou. Le nombre des morts pour ces trois derniers jours est de 33. Cependant, ce chiffre ne peut √™tre consid√©r√© comme √©tant d√©finitif, car tous les appartements de Bakou o√Ļ les pogroms ont eu lieu ne sont pas comptabilis√©s. Journal Izvestya ; 16 janvier 1990

Lénine Street, l'une des rues principales de Bakou, est couverte de sang.

Une Russe vivant à Bakou se souvient avec horreur des scènes d'atrocités commises sur leurs voisins.

On leur a tir√© dessus froidement. On les a jet√©s du balcon, br√Ľl√©s vivant, certains ont m√™me √©t√© d√©membr√©s (photo) par une foule az√©rie en furie. Ce sont les meurtres les plus impitoyables. Ils attaquaient les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, simplement parce qu'ils √©taient Arm√©niens. ¬ę Etre Arm√©nien en Azerba√Įdjan signifie √™tre condamn√© √† mort ¬Ľ, a d√©clar√© le correspondant de Radio Liberty.

Le 16 janvier 1990, 64 cas de pogroms dans des appartements sont identifiés, les victimes sont des Arméniens. Dans le district Lénine de la capitale, 4 corps brulés non identifiables ont été découverts. Journal Izvestya ; 18 janvier 1990

A Bakou, le 17 janvier 1990, 45 cas de pogroms et d'incendies criminels dans des maisons résidentielles de Bakou, ont été commis. Journal Izvestya ; 19 janvier 1990

A Bakou, le 18 janvier, le po√®te russe David Somaloff, √©crit dans son notebook : ¬ę Les atrocit√©s en Azerba√Įdjan sont choquantes. Je ne pense qu'√† cela. ¬Ľ

Un homme raconte : ¬ę La fille a √©t√© viol√©e. Les hommes frappaient ses pieds. Ils √©crasaient sa gorge avec leurs bottes et marchaient dessus. ¬Ľ

Interview d'une femme : ¬ę Je ne veux pas √™tre Azerbaidjanaise. Apr√®s tout ce qu'il s'est pass√©, mon cŇďur souffre et je ne veux pas retourner dans ce pays. ¬Ľ

Ce sadisme sans pr√©c√©dent des Az√©ris et l'inactivit√© des autorit√©s et de la police, a m√™me √©t√© attest√© par l'un des leaders du Front populaire d'Azerba√Įdjan, Babadov : ¬ę J'ai vu de mes yeux le meurtre de deux Arm√©niens pr√®s de la gare. Une foule s'est rassembl√©e, les a arros√©s de p√©trole et les a br√Ľl√©s. ¬Ľ Une division de la milice √©tait √† seulement 200 m√®tres, ainsi que 400 √† 500 soldats des forces internes. Les soldats sont pass√©s √† 20 m√®tres des corps en feu et personne n'a m√™me tent√© de cerner la zone et de disperser la foule. Journal Noyaya Zhizn, N¬į5, 1990.

Rapport de Tass : le 19 janvier, des pogroms se poursuivent et font des victimes. Le nombre d'Arm√©niens tu√©s √† Bakou la semaine derni√®re, a d√©j√† d√©pass√© le nombre des victimes de Sumga√Įt.

Cette nouvelle tragédie est la conséquence directe des efforts que font les autorités pour faire taire les premiers. Article d'André Pronikoff, journal Moscow News, 21.1.1990

A L'écran : 1915, (8,18 minutes)
Ces jours-là, la mémoire génétique des Arméniens témoigne : c'est le même génocide, le même mode opératoire, les mêmes bouchers.

Vidéo 2

An ordinary Genocide, Baku January 1990, Part 2 in ENG
Bakou- ville de trois pogroms




http://www.youtube.com/watch?v=CRjpjFU9ukM&list=PLB0662B17960CE097&index=2&playnext=2

Interview de Hayk Demoyan, directeur du musée du génocide.

¬ę Les clashes entre Arm√©niens et Tatars au d√©but du si√®cle, qui ont impliqu√© presque toutes les villes du Caucase du sud, sont devenus un nouvel anneau de la cha√ģne sanglante qui se d√©roule jusqu'√† notre √©poque. Nous en voyons la continuit√© jusque dans l'histoire la plus r√©cente, lorsque de nouveaux massacres et pogroms des Arm√©niens ont √©t√© organis√©s en raison du mouvement arm√©nien, y compris ceux de Bakou. Quelle est la base id√©ologique de ces actes ? Les pogroms qui ont √©t√© initi√©s par la partie tatare, ont re√ßu un accord clair de Constantinople. La puissance politique qui √©tait en train de prendre forme, a re√ßu un message clair des Jeunes-Turcs, en insistant sur ce qui suit : tous les efforts doivent se concentrer sur la neutralisation du facteur arm√©nien. Les Arm√©niens doivent devenir nos ennemis. En essence, le lien entre les Turcs d'Anatolie et les Tatars caucasiens a √©t√© sign√© et scell√© par le sang arm√©nien. Le premier r√©sultat de ce lien a √©t√© le g√©nocide arm√©nien de 1905 [durant la guerre arm√©no-tatare]. Puis le g√©nocide des Arm√©niens dans l'Empire ottoman en 1915 et les pogroms d'Arm√©niens en 1918 √† Bakou, mis en Ňďuvre conjointement par des gangs de Tatars, de Moussavatistes et des divisions de l'arm√©e turque. ¬Ľ

En 1905-1906, les premiers pogroms de masse des Arméniens sont commis. Ce que le Catholicos des Arméniens, Mergueditch 1er a appelé une terrible tragédie.
1918. Sur les 88 673 Arméniens vivant à Bakou 52 822 ont souffert. Soit 59,57% du chiffre total. Parmi eux :
Tués : 5248
Réfugiés : 31293
Prisonniers : 3396
Perdus : 3572

¬ę Bakou devint un lieu de sc√®nes d√©chirantes. Les foules de gens esp√©rant fuir et le manque de bateaux ont cr√©√© une terrible confusion. Les familles se perdent. Les parents perdent leurs enfants, les fr√®res perdent leurs sŇďurs, les √©poux se perdent. L'un part, l'autre reste en raison du manque de place. ¬Ľ Bachri Ischranian dans son livre : les grandes horreurs √† Bakou.

Les mêmes scènes se répètent dans le port de Bakou 72 ans plus tard, au même endroit, avec la même cruauté, avec les mêmes objectifs.

Le g√©nocide des Arm√©niens en Azerba√Įdjan s'est poursuivi jusqu'en 1923, avec un pic d'atrocit√©s en mars 1920 √† Chouchi, o√Ļ 20 000 personnes sont tomb√©es victimes de massacres impitoyables.

Plus tard, en raison de la violence sous la forme du faux internationalisme sovi√©tique ainsi que la terreur et les pers√©cutions, des centaines de milliers d'Arm√©niens ont d√Ľ fuir leur lieu d'origine.

En réponse à ce génocide évident, la population autodéterminée du Karabagh s'est dressée pour protéger ses droits, d'une façon juste et pacifique.

De Sumga√Įt √† Bakou

Le 20 f√©vrier 1988, la session du Conseil du NK a pris la d√©cision d'en r√©f√©rer au Conseil Supr√™me de la R√©p. Sov. d'Azerba√Įdjan et de la R√©p .Sov. d'Arm√©nie, demandant le transfert de la R√©p. autonome du Karabagh, de la Constitution azerbaidjanaise √† la Constitution arm√©nienne. Les pogroms des Arm√©niens √† Sumga√Įt ont √©t√© la r√©ponse √† cette demande constitutionnelle des Arm√©niens du Karabagh. Ces pogroms identifiaient la ligne de partage civilisationnelle entre les Arm√©niens et les nationalistes fanatiques qui avaient perdu leur identit√© humaine. Les pogroms f√©roces des Arm√©niens de Sumga√Įt ont √©t√© le pr√©lude √† tous les massacres des Arm√©niens qui ont eu lieu dans tout l'Azerba√Įdjan de 1988 √† 1992.

Sumga√Įt, f√©vrier 1988, des dizaines de tu√©s, br√Ľl√©s vivants, tortur√©s, bless√©s, 18 000 exil√©s.

Mai 1988, Karabagh. Toute la population de Chouchi est déportée de force.

√Čt√©/Automne 1988. Des milliers de civils d√©port√©s de force des villages arm√©niens des r√©gions du nord du Karabagh.
Novembre/D√©cembre 1988. Les pogroms et les d√©portations des Arm√©niens ont lieu dans tout l'Azerba√Įdjan.

En novembre 1988, l'Arm√©nie √©tait d√©j√† submerg√©e de centaines et de milliers de personnes fuyant les massacres sauvages des Arm√©niens de Bakou et d'autres r√©gions de l'Azerba√Įdjan.

(A l'√©cran) Kirovabad 1988 Azerba√Įdjan (15m14).
Les cloches sonnèrent du 21 au 27 novembre. Les événements à Kirovabad.
Selon des informations incomplètes, après 7 jours dans la ville :
18 Arméniens furent tués
60 perdus
74 gravement blessés
C'est uniquement en raison de l'autodéfense organisée des Arméniens, que des pogroms et des massacres à grande échelle ont été évités.
45 000 Arméniens furent exilés de la ville.

Vidéo 3

An ordinary Genocide, Baku January 1990, Part 3 in ENGLISH

La guerre non déclarée




http://www.youtube.com/watch?v=S1lFFr_kuyE&playnext=1&list=PLB0662B17960CE097&index=2

En 1989, le blocus √©conomique de l'Arm√©nie et du Karabagh d√©buta. Attaques, pogroms sur les routes, meurtres sauvages de civils, d√©portations forc√©es des populations des villages arm√©niens, kidnappings, tortures, humiliations, coups, tout cela eut lieu. Dans Bakou m√™me, la situation se d√©t√©riorait de jour en jour. Les Arm√©niens √©taient massivement renvoy√©s de leurs emplois. Ils √©taient insult√©s et humili√©s dans les bureaux, les transports publics, les magasins et les bureaux d'Etat o√Ļ ils se rendaient pour obtenir des documents. En raison de la mise en Ňďuvre du nettoyage ethnique de 1988 √† 1992, plus de 500 000 Arm√©niens ont √©t√© d√©port√©s de force d'Azerba√Įdjan.

Interview d'une femme : ¬ę Ils sont arriv√©s et m'ont dit de sortir. Nous avons juste ferm√© la porte et nous sommes partis sans rien prendre avec nous. Tout le monde √©tait renvoy√© de son emploi. Et nous n'avions pas le droit de travailler. On nous laissait dans la rue. Ce n'est pas possible de vivre ici, tout simplement pas possible. Chaque jour, ils venaient chez nous, ils nous jetaient des messages qui disaient : si vous ne partez pas, on mettra le feu √† votre maison. Vous avez trois jours. ¬Ľ

¬ę Pendant l'ann√©e qui a pr√©c√©d√© le g√©nocide des Arm√©niens de Bakou en janvier 1990, plus 60 citoyens d'origine arm√©nienne ont √©t√© ¬ę discr√®tement ¬Ľ tu√©s chez eux, au bureau, dans les rues. Des centaines d'Arm√©niens sont devenus invalides, des dizaines de milliers exil√©s. ¬Ľ Extrait d'un article Black Cold January - journal Avto 22-28 janvier 1991.

Des meurtres ¬ę invisibles ¬Ľ

Voici quelques exemples de ce qu'il s'est passé pendant ce mois-là.
1er d√©cembre. L'Arm√©nien Gasparov, √Ęg√© de 60 ans, a √©t√© tortur√© √† mort. Le m√™me jour, un autre arm√©nien √©tait assassin√©. Son nom n'a pas pu √™tre identifi√©. Les tombes arm√©niennes ont √©t√© profan√©es. Les pierres tombales d√©truites.
10 décembre. Surian Pecorian a été tuée chez elle, après avoir subi les tortures les plus cruelles.
16 décembre. Deux Arméniens sont capturés dans une station de métro.
28 avril. L'un est battu à mort, l'autre réussit à s'enfuir.
26 décembre. L'église arménienne de Fontaine Square est incendiée.
Le 31 décembre, les installations frontalières entre le Nakhitchevan autonome et l'Iran, tout le long de la rivière Araxe, sont complètement détruites.
Il ne reste que deux semaines avant l'acte final des pogroms arméniens à Bakou.

Bacchanale de meurtres

En janvier 1990, sur 230 000 Arm√©niens, il en reste environ 35 000 √† Bakou. Ce sont pour la plupart des personnes √Ęg√©es ou malades, ainsi que des membres de leur famille rest√©s pour s'occuper d'eux. Dans le m√™me temps, la psychose anti-arm√©nienne s'intensifiait dans la ville. Des milliers de manifestants du Front populaire √©taient en route et leurs principal slogan √©tait : Morts aux Arm√©niens !

Le 10 janvier 1990, l'√©tat d'urgence est annonc√©, non pas √† Bakou, mais dans la R√©p. Autonome du Karabagh et dans d'autres r√©gions o√Ļ des manifestations pacifiques √©taient organis√©es pour demander l'arr√™t des violences contre les Arm√©niens. La politique du terrorisme d'√Čtat contre des citoyens paisibles de nationalit√© arm√©nienne allait aboutir √† sa fin logique.

Le 12 janvier, les repr√©sentants de l'aile radicale du parti Front populaire d'Azerba√Įdjan (X et X) ont annonc√© dans une √©mission sur Bakou TV, que la ville est pleine de gens pauvres, alors que des milliers d'Arm√©niens vivent dans le confort. Imm√©diatement, 5 000 manifestants se r√©pandent dans la ville avec les adresses des appartements des Arm√©niens, dira plus tard le ministre de l'Int√©rieur B. Bakatine, lors d'une session du Conseil Supr√™me d'URSS.

Interview d'une femme : ¬ę Des dizaines de corps ont √©t√© jet√©s dans notre immeuble. Quand j'ai vu cela, je me suis sentie mal et j'ai voulu rentrer chez moi rapidement. Je suis arriv√©e √† ma porte et j'ai vu le corps de mon mari gisant par terre dans le sang. ¬Ľ

Collusion (21m15)

Irina Mosesova, l'auteure de : ¬ę Les Arm√©niens de Bakou, existence et exode ¬Ľ d√©crit les m√©canismes √©vidents, les pr√©parations et la mise en Ňďuvres des pogroms : fabrication de cartes d√©taill√©es de la ville indiquant l'emplacement des r√©sidences des Arm√©niens qui restaient. Campagnes anti-arm√©niennes intensives et √† grande √©chelle dans les m√©dias, initi√©es en grande partie par l'intelligentsia az√©rie. Insultes, coups, meurtres des individus d'origine arm√©nienne dans les rues de la ville et dans les transports publics. Coordination des activit√©s des employ√©s des r√©sidences avec les milices et les √©quipes d'ambulance, en vue du programme qui allait survenir, et qui en essence, n'√©tait rien de plus qu'un sabotage.

Les citoyens russes de Bakou qui ont fui la ville après janvier 1990, témoignent :
¬ę Quand les pogroms ont commenc√©, ils avaient les adresses exactes des Arm√©niens. ¬Ľ Famille X
Mais les auteurs des pogroms avaient, en plus des adresses, des cartes de Bakou o√Ļ les zones peupl√©es d'Arm√©niens √©taient marqu√©es de croix. Une cible directe pour les meurtres et les violences.

Et c'est exactement pendant ces journ√©es-l√†, que le 1er Secr√©taire du Comit√© Central du Parti Communiste d'Azerba√Įdjan, Abdul Raman Vesirov, a fait un discours √† la t√©l√©vision, rempli de rh√©torique anti-arm√©nienne et d'hyst√©rie. C'√©tait une invitation √† la violence. Et les vandales ont commenc√© √† agir. Ils ont commenc√© √† faire, ce dont on a entendu parler pour la premi√®re fois le 18 juillet 1988, par M. Gorbatchev, qui a pos√© la question aux membres du Parlement d'Arm√©nie :
¬ę Avez-vous pens√© √† ce qu'il pourrait arriver aux 200 000 Arm√©niens de Bakou ? ¬Ľ

Le général Alexander Lebed, dans son livre : Ma vie et mon pays, écrit :
¬ę Ils attrapaient et frappaient √† mort les Arm√©niens et dans le m√™me temps, les juifs, les Oss√®tes, les G√©orgiens et tous ceux qui ressemblaient √† des Arm√©niens √† un degr√© plus ou moins grand. Ils frappaient leurs visages, pas dans le passeport. ¬Ľ

Extrait du G√©n√©ral Lebed : ¬ę J'√©tais occup√© √† faire √©vacuer les Arm√©niens de Bakou. Je les faisais transporter √† Moscou, √† Erevan ou dans d'autres villes. J'essayais d'expliquer qu'il ne fallait pas tuer des gens uniquement parce qu'ils sont n√©s Arm√©niens. Je n'ai pas r√©ussi √† les persuader de ne pas tuer, mais j'ai r√©ussi √† faire √©vacuer des gens. ¬Ľ

Lors des pogroms arm√©niens √† Bakou, la foule en furie a litt√©ralement coup√© un homme en morceaux et ses restes furent jet√©s dans une poubelle. Article de Soyuz Weekly, 19 mai 1990. Le commandant du groupe, d'origine az√©rie, est envoy√© en mission en ville. A son retour, il demande imm√©diatement de la vodka. Il est furieux. Il a vu comment une femme avait √©t√© jet√©e nue par la fen√™tre d'un balcon d'un immeuble de plusieurs √©tages, dans un feu o√Ļ l'on br√Ľlait des meubles. Et puis, il a vu un militant du Front populaire d'Azerba√Įdjan, qui agitait les oreilles de la femme au balcon. T√©moignage de l'officier de l'Arm√©e sovi√©tique, Alexi Bass√©lieff.

Krinokoff a annoncé lors de la cession du Conseil Suprême de l'URSS, le 5 mars 1990 :
¬ę Nous avons vu comment dans une situation de pogroms sauvages contre les Arm√©niens, il y a eu un nombre √©lev√© de victimes et en quelques jours des dizaines et des dizaines d'Arm√©niens ont perdu leurs maisons et ont √©t√© d√©port√©s du pays. ¬Ľ

Vidéo 4

An ordinary Genocide, Baku January 1990 part 4 in ENGLISH angleren




http://www.youtube.com/watch?v=LmVDocjkzJQ

Interview d'une femme.

¬ę Nous ne pouvions pas y croire. J'ai dit √† ma m√®re : Pourquoi n'as-tu pas pris quelque chose de l'appartement, des habits au moins ou quelque chose de valeur, que tu aurais pu cacher chez tes voisins russes ? ¬Ľ Elle a dit : ¬ę Comment aurais-je pu penser √† notre √©poque que quelqu'un allait s'engouffrer dans l'appartement pour commencer √† tuer et √† voler ? Je comprends qu'il y ait des meetings et des manifestations, mais des meurtres ? Personne n'aurait pu croire que c'√©tait possible. ¬Ľ

Interview d'une femme.

¬ę On m'a fait sortir de chez moi. J'ai √©t√© renvoy√©e de mon emploi. Nous √©tions des r√©fugi√©s, dans une situation d√©sesp√©r√©e, litt√©ralement sans rien, sans aucun de nos biens. Tout ce que j'ai, c'est ceci. C'est mon seul bien. ¬Ľ

Ferry : de l'enfer à la pitié (26mn02)

Les Arméniens de Bakou qui avaient bu la loi jusqu'à la lie, n'avaient plus qu'un désir : fuir cette ville qui s'était transformée en enfer sur terre. Ceux qui avaient survécu par miracle furent envoyés au port, pour prendre des ferries en partance pour le Turkménistan soviétique via la mer Caspienne. Dans le port, les réfugiés étaient fouillés, ont leur prenaient les derniers biens qu'ils leur restaient, on les frappait de nouveau, on les humiliait publiquement, et après cela on les enfournait sur le ferry.

Interview d'une femme.

¬ę C'est un vrai miracle que nous ayons pu embarquer sur le ferry. Nous avons appel√©s trois unit√©s de la milice, qui apr√®s avoir pill√© notre appartement, nous ont aid√©s √† monter dans le ferry. Malgr√© la pr√©sence des forces de l'ordre sur le bateau, mon mari et mon fils ont √©t√© attaqu√©s et battus. Ils voulaient les jeter √† la mer. ¬Ľ Article du journal Krasnovodski Mayak le 15 janvier 1990.

Le ferry s'approche du quai √† Krasnovodsk. Des gens √©puis√©s descendent l'√©chelle. Des jeunes, des volontaires de Krasnovodsk aident les personnes √Ęg√©es harass√©es.

19 janvier. Le chef de la division int√©rieure de Krasnovodsk, le major Novasnim dit : ¬ę Quatre jours ont pass√© depuis le 15 janvier, mais rien n'a chang√©. Deux r√©fugi√©s, un homme et une femme entre 85 et 90 ans, sont morts sur le bateau, de leurs blessures dues aux coups pendant le voyage. ¬Ľ

Le secr√©taire municipal du Comit√© du Parti Muravyeva de Krasnovodsk dit : ¬ę Nous avons d√©j√† accept√© plus de 10 000 r√©fugi√©s. Une image horrible. Les habitants du Turkm√©nistan pendant cette p√©riode ont √©t√© g√©n√©reux et compatissants envers les Arm√©niens qui se sont retrouv√©s dans un grand d√©sastre. ¬Ľ

Erevan a accueilli les premiers r√©fugi√©s dans la nuit du 14/15 janvier, date o√Ļ le premier avion a atterri. En un jour, 18 avions sont arriv√©s. Tous les nouveaux arrivants ont d√Ľ √™tre h√©berg√©s. Ils avaient besoin de nourriture, de chaleur, de soins physiques et psychologiques.

Une fois le ferry de Krasnovodsk en fonction, des milliers de gens all√®rent √† Moscou, remplissant les gares et les a√©roports. De vieilles femmes, dont les mains portaient les traces de br√Ľlures de cigarettes. Des enfants orphelins. Des hommes et des femmes aux regards emplis de chagrin.

Nous avons vu des Arm√©niens dont la seule faute √©tait d'√™tre n√©s Arm√©niens et des Azerbaidjanais exil√©s simplement parce que leur p√®re, leur m√®re, leur mari ou leur femme avait une autre nationalit√©. Extrait d'un article ¬ę Penetrating wound, d'Anatole Goyavkoff, Agonio Weekly, N¬į6, 1990.

Interview d'une femme.

Dans les nuit du 15, j'ai vu comment un groupe de 40 personnes avec des haches sont all√©es chez mes voisins arm√©niens... J'ai couru √† l'h√īpital, mais mes voisins m'ont appel√©e et m'ont dit que notre maison n'existait plus. Elle avait √©t√© pill√©e et d√©truite. ¬Ľ

Interview d'une femme.

¬ę Ma maison a √©t√© r√©duite en cendres. Pourquoi ? Ces salopards sont-ils des √™tres humains ? Mes enfants sont azerbaidjanais, ils sont rest√©s l√†-bas¬Ö Comment est-ce possible ? Ils exterminent d√©j√† leur propre population musulmane. ¬Ľ

Dans les deux mois qui suivirent, 32 r√©fugi√©s sont morts des suites de leurs blessures dans les h√īpitaux d'Erevan. Ainsi, la liste des morts, qui recensait 300 personnes, a augment√©. Le nombre de r√©fugi√©s qui moururent dans les h√īpitaux d'autres villes est inconnu. Tass 22 janvier 1990.

Plus 30 000 personnes, des membres des familles des soldats de l'arm√©e sovi√©tique et de la marine furent √©vacu√©es d'Azerba√Įdjan. Selon un article du magazine militaire historique, en juillet 1990, 30 soldats moururent √† Bakou entre janvier et f√©vrier 1990. De nombreux soldats sovi√©tiques et des officiers agissant sans ordre, guid√©s par leur propre conscience, ont sauv√© des Arm√©niens, les aidant √† fuir cet enfer.

Interview d'une femme.

¬ę J'ai couru vers les soldats, les pauvres gars se tenaient l√†, se retenant avec peine de pleurer. Je leur ai dit, mes fils prot√®gent la patrie, tout comme vous et que dois-je faire ? Ils m'ont r√©pondu, nous ne pouvons rien faire, mais gr√Ęce √† Dieu vous √™tes en vie. ¬Ľ

Vidéo 5

An ordinary Genocide, Baku January 1990, Part 5 in ENGLISH angleren

√Čtat d'urgence : plus un Arm√©nien √† Bakou.




http://www.youtube.com/watch?v=Eh7nYAuleR0

Et c'est √† cette √©poque que les dirigeants du pays au Kremlin essayaient de prendre une d√©cision : faire entrer ou non les troupes dans la ville ? Jusqu'au 19 janvier, Gorbatchev et le Kremlin n'ont pas interf√©r√© dans la situation, bien qu'il y ait eu des garnisons militaires √† Bakou. Tout comme les forces internes qui ont pu prendre le contr√īle de la situation assez rapidement. Au contraire de Sumga√Įt, l'arm√©e sovi√©tique est arriv√©e tard √† Bakou, non pas un retard de trois heures, mais de toute une semaine. De plus, pour faire cesser les pogroms, il suffisait de laisser entrer les forces de la garnison de Bakou et les troupes internes. ¬ę Les troupes entr√®rent dans la ville en proie aux pogroms, non pas pour les faire cesser, mais pour emp√™cher la prise finale du pouvoir par le Front populaire d'Azerba√Įdjan qui √©tait pr√©vue pour le 20 janvier. ¬Ľ Extrait d'un article de Moscow News, 4 f√©vrier 1990 et de Samsanit Weekly.

Mais alors, pourquoi les pogroms des Arm√©niens ont-ils √©t√© autoris√©s ? Pourquoi ces pogroms, qui ont √©t√© commis avec l'approbation silencieuse des autorit√©s, sont-ils devenus la raison pour faire entrer les troupes ? Le 20 janvier, les troupes sovi√©tiques entr√®rent finalement dans la ville. Elles entr√®rent dans la ville alors que les Arm√©niens avait √©t√© enti√®rement expuls√©s de Bakou. Le 13 f√©vrier 1990, le Conseil Supr√™me de la R√©p. sovi√©tique d'Arm√©nie pris la d√©cision de condamner les pogroms de Bakou et ceux d'autres r√©gions de la R√©p. sovi√©tique d'Azerba√Įdjan, les reconnaissant pour √™tre la continuation du g√©nocide des Arm√©niens. Le Conseil exigea √©galement que le Conseil Supr√™me de l'URSS reconnaisse et condamne le g√©nocide des Arm√©niens √† Bakou et dans d'autres r√©gions de la R√©p. Sov. d'Azerba√Įdjan en janvier 1990.

La Convention de l'Onu sur la prévention et la répression du crime de génocide déclare :

Dans la présente Convention le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe √† des conditions d'existence devant entra√ģner sa destruction physique totale ou partielle ;

¬ę Pourquoi le silence, si le sang des victimes hurle ? ¬Ľ

La semaine sanglante √† Bakou reste largement ignor√©e du peuple sovi√©tique. Les √©v√©nements de Bakou ont √©t√© tr√®s mal couverts par les m√©dias. Les m√©dias √©trangers couvraient les pogroms √† Bakou de fa√ßon plus enthousiaste. Radio Liberty et la BBC diffusaient des informations chaque jour. Le 19 janvier 1990, le New York Times a publi√© un article qui disait : ¬ę L'Azerba√Įdjan n'est pas la Lituanie. Les nationalistes en Azerba√Įdjan parlent aussi d'ind√©pendance, mais leurs protestations incluent des pogroms sanglants envers leurs voisins arm√©niens. ¬Ľ Le 27 juillet 1990, dans le m√™me journal, un √©ditorial pr√©sentait une lettre ouverte √† la communaut√© internationale sign√©e par pr√®s de 150 chercheurs r√©put√©s et militants de la d√©fense des droits de l'homme, qui qualifiaient les pogroms arm√©niens √† Bakou de racisme, mena√ßant l'avenir de l'humanit√©.

Sept ans plus tard, un rapport a évoqué les événements de Bakou, rapport présenté à la 17eme session du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, du 7 au 25 juillet 1997, qui indique :

¬ß61. ¬ę Pendant cinq jours en janvier 1990, des membres de la communaut√© arm√©nienne de Bakou, capitale de l'Azerba√Įdjan, ont √©t√© tu√©s, tortur√©s, pill√©s et humili√©s. Des femmes enceintes et des b√©b√©s ont √©t√© brutalis√©s, des petites filles ont √©t√© viol√©es sous les yeux de leurs parents, des croix chr√©tiennes ont √©t√© marqu√©es au fer sur leur dos, et leur foi chr√©tienne a √©t√© ridiculis√©e. ¬Ľ

Le 5 mars, une session √† huis clos du Conseil Supr√™me de l'URSS s'est tenue, o√Ļ un certain nombre de responsables sovi√©tique hauts plac√©s ont pr√©sent√© les horribles d√©tails des massacres de Bakou et ils ont parl√© sinc√®rement de la trag√©die. Mais ces d√©tails n'ont jamais √©t√© publi√©s dans la presse.

Vingt ans ont passé depuis les pogroms à Bakou et l'exode des Arméniens. Pendant toutes ces années, l'essence même de ce Janvier Noir de 1990 a été cyniquement effacée. Les traces de la politique visant à éliminer les Arméniens, dans ce cas, la population native de Bakou, sont diluées dans l'histoire.

Voici la soi-disant ¬ę All√©e des Martyrs ¬Ľ dans la ville moderne de Bakou, o√Ļ les auteurs des pogroms, les violeurs et les assassins sont enterr√©s. Les hauts dignitaires arrivant √† Bakou sont oblig√©s de s'y rendre et de d√©poser une gerbe devant la flamme √©ternelle.

Aucune repentance, aucune condamnation et aucune sanction

Il n'y a pratiquement plus aucun Arm√©nien en Azerba√Įdjan. La x√©nophobie et la haine envers les Arm√©niens sont devenues la politique d'Etat de l'Azerba√Įdjan. Devant les yeux du monde entier, les cimeti√®res et les monuments chr√©tiens sont d√©molis. Tout cela est une alerte pour la communaut√© internationale. Cela indique qu'une paix stable et juste dans le Caucase du sud est impossible, tant que les organisateurs et les auteurs du g√©nocide des Arm√©niens en Azerba√Įdjan et au Karabagh, entre 1988 et 1992, ne sont pas reconnus responsables. C'est un fait qui devrait √™tre connu de tous ceux qui soutiennent les revendications de l'Azerba√Įdjan sur le Karabagh. Ils excitent l'app√©tit de l'Azerba√Įdjan et inspirent les autorit√©s √† commettre de nouveaux actes de g√©nocide dans la r√©gion du Caucase du sud.

Pas un seul des crimes commis par l'Azerba√Įdjan envers les Arm√©niens n'a jamais √©t√© √©valu√© juridiquement ou politiquement. Pas un seul criminel n'a √©t√© cit√© ni sanctionn√©.

Le ¬ę Nuremberg ¬Ľ pour Bakou est encore √† venir.

√Čcrit par Marina Grigoryan [1], Larisa Allaverdyan [2]

Press Relations and Information Centre

Réalisation Marina Grigoryan

Edité par Hratchya Demirchyan

Voix : Sarkis Grigoryan


D'après :

Irina Mosesova ¬ę Armenians of Baku : existence and exode ¬Ľ

Arsen Melik-Shahnazarian 'Facts against Lies'

[1] Journaliste
[2] Ancienne médiatrice pour les Droits de l'Homme, en Arménie

©Traduction de l'anglais C. Gardon pour le Collectif VAN - 20 décembre 2010 - 10:30 - www.collectifvan.org


Lire aussi :

Article de Wapedia sur les pogromes et massacres d'Arméniens de Bakou en Janvier 1990

Black January of 1990 in Baku. Anti-Armenian pogroms and massacre

Maragha

Les 20 ans du pogrom anti-arm√©nien de Soumga√Įt

Incomplete list of innocent victims of Sumgait

Victims Of Baku Pogroms Of 1990 Commemorated In Tsitsernakaberd

"An ordinary Genocide: Baku, January 1990" documentary screened in Yerevan

Le proc√®s des crimes de Soumga√Įt (F√©vrier 1988)

"Maragha, 10 avril 1992. Génocide ordinaire

Lancement du site Maragha.org

Khojaly: The chronicle of unseen forgery and falsification

Xocali.net : le site qui dénonce la contrefaçon azérie




Retour à la rubrique



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org