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Une page noire de la République de Turquie: Le pogrom des Juifs
Publié le :

Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – Le Collectif VAN vous invite à lire cet article de Dogan Özgüden, rédacteur en chef d'Info-turk.be, basé à Bruxelles, publié le 21 juin 2020.


















Publié le 22 juin 2020

Info-turk.be

Dogan Özgüden

Une page noire de la République de Turquie: Le pogrom des Juifs


Comme les peuples arménien, assyro-araméen-chaldéen, grec et kurde, victimes des génocides depuis la période ottomane, le peuple juif de Turquie lui aussi a subi un pogrom en 1934.

Le pogrom s'est déroulé principalement dans les villes de Çanakkale, Kırklareli, Edirne, Tekirdağ, Uzunköprü, Silivri, Babaeski, Lüleburgaz, Çorlu et Lapseki suivant l’instigation des articles écrits par deux écrivains racistes, Cevat Rıfat Atilhan dans la revue Millî inkılâp et Nihal Atsız dans la revue Orhun.

Après une visite en Allemagne, Cevat Rifat Atilhan, qui pourrait être décrit comme le père de l'antisémitisme islamique en Turquie, a commencé à publier le journal antisémite Milli Inkilap à Istanbul, qui contenait des caricatures antisémites qui avaient été directement retirées du journal nazi Der Sturmer.

En effet, la base de ce pogrome était déjà préparée par le pouvoir du président de la République Kemal Atatürk et du premier ministre Ismet Inönü.

L’inspecteur général de Thrace, Ibrahim Tali Öngören, connu comme un Ittihadiste pendant la Première Guerre mondiale, a joué un rôle pivot dans l'orchestration du pogrom de 1934. Avant la Thrace, il était l'inspecteur général dans les régions kurdes d'Anatolie.

Tali fait un tour complet des villes et villages de Thrace entre le 6 mai et le 7 juin 1934, et rédige le 16 juin 1934, un rapport de 90 pages reprenant la plupart des stéréotypes antisémites.

Il explique que les Juifs de Thrace dominent l'économie de la province, soit directement soit indirectement en extorquant des fonds aux propriétaires locaux par des prêts, des crédits ou des partenariats.

Dans la section titrée "Le problème juif en Thrace", Tali se plaint des pertes économiques énormes causées par les officiels corrompus agissant au profit des Juifs.
Le 14 juin 1934, le Parlement turc a adopté la loi 2510 qui impose de ne parler que le turc. Cette loi vise entre autres les Juifs, dont beaucoup sont d'origine espagnole, ayant fui l'Inquisition cinq siècles plus tôt, et qui ont gardé comme langue pour parler entre eux le judéo-espagnol, mélange de vieux castillan et d'Hébreu.

L'article 9 de la loi, vise aussi à expulser toutes les minorités non-turques des zones frontalières comme la Thrace.

D'abord les lettres de menace de mort sont envoyées à des membres éminents de la communauté juive, et des tracts invitent le peuple à boycotter les magasins juifs.

Le 21 juin 1941, les premières manifestations commencent à Çanakkale. En plus du boycott économique, les Juifs maintenant sont sujets à des attaques physiques. Les hommes sont roués de coups et plusieurs femmes violées, les magasins et les habitations sont pillées et saccagées. Des événements identiques se produisent le même jour dans toute la Thrace orientale, à Kırklareli, Edirne, Tekirdağ, Uzunköprü, Silivri, Babaeski, Lüleburgaz, Çorlu et Lapseki, ainsi que dans quelques petites villes de l’ouest de la région égéenne.

Cette simultanéité implique que ces manifestations non pas été spontanées ni d'origine populaire, mais bien préparées au niveau régional.

Comme par hasard, aussi, le gouverneur de Kırklareli et celui de Çanakkale ont quitté leur ville et se trouvent en vacances. Il semble aussi que des instructions strictes aient été données de ne pas provoquer de morts, ce qui aurait pu avoir de graves conséquences internationales.

À l’apogée de la violence, un rabbin aurait été promené nu dans la rue, tandis que sa fille se faisait violée. Les troubles vont perdurer jusqu’au 4 juillet.

La population juive de Thrace orientale, avant ces évènements était estimée entre 13 000 et 15 000. D'après les estimations officielles, environ 3 000 réfugiés, soit environ un quart de la population juive du territoire, fuient la région, mais il semble que ce nombre ait été beaucoup plus élevé; certains s'installent à Istanbul et d'autres vont partir pour la Palestine. Plusieurs autres incidents racistes à l’égard des Juifs s’étaient déjà produits auparavant en Turquie, et vont se reproduire par la suite, mais ceux de 1934 sont les premiers pogroms qui se produisent sous la république.

Des départs massifs de Juifs vont encore survenir pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de l'impôt sur les biens, le Varlık Vergisi, un impôt de guerre ne concernant que les non-musulmans, aussi bien Juifs que Chrétiens, et en 1947, lors de la création de l'état d'Israël.




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Source/Lien : Info-turk.be



   
 
   
 
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