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NĂ©gationnisme : le masque de Murad GĂĽmen tombe
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet cette traduction d'un article en anglais paru sur Blogian du 6 juin 2007. Le courageux historien et démocrate turc Taner Akçam, professeur d’histoire à l’Université du Minnesota, a mené son enquête pour démasquer la véritable identité du négationniste Holdwater, qui sévit sur le site raciste anti-arménien www.tallarmeniantale.com.
En raison des ouvrages historiques qu’il a écrits sur le génocide arménien, Taner Akçam est constamment harcelé, attaqué et diffamé sur ce site par le négationniste anonyme Holdwater. Jusqu’à présent l’universitaire turc ne pouvait mettre de nom sur son assaillant. C’est désormais chose faite. Le masque de Mr. Murad Gümen vient de tomber.


Holdwater : Le mystérieux nom derrière le "premier" site web anti-arménien


De Taner Akçam

Le 27 juillet 2005, le journal Yeni Þafak publiait une interview : "Le mystérieux Américain qui rend fous les Arméniens" sur une personne "intéressante et unique" qui écrit sous le pseudonyme de Holdwater. "Ce mystérieux Américain finance depuis des années un site Internet très efficace, basé aux USA", rapporte le Yeni Þafak. "L’objectif principal de Tall Armenian Tale: The Other Side of the Falsified Genocid (Le grand conte arménien: l’autre face du génocide falsifié) est de fournir des réponses substantielles aux revendications de génocide provenant de la diaspora." Selon le journal, Holdwater est né à New York dans les années 1950, de parents turcs qui avaient émigré en Amérique dans les années 1940, et qui ont élevé leur fils sans lui apprendre un seul mot de turc. Il s’est fait le champion des thèses turques [négation du génocide arménien] sur son site www.tallarmeniantale.com .

Holdwater dit qu’il utilise un pseudonyme parce qu’il est la cible de menaces et de sabotages quotidiens. "Si je vous dis mon véritable nom et si vous le publiez dans votre journal," a-t-il dit à Yeni Þafak, "croyez-moi, en quelques jours ni l’harmonie de ma famille, ni mes affaires, ni mon site Internet n’existeront plus." S’il craint de divulguer son propre nom, parce que sa paix serait perturbée, Holdwater n’hésite pas à publier les photographies d’intellectuels tels que Halil Berktay et Müge Göçek [du Workshop for Armenian-Turkish Scholarship], et à les exhiber comme cibles dans ses articles emplis de haine et d’animosité. Il est très difficile de comprendre comment quelqu’un qui a peur d’être attaqué, puisse organiser de telles campagnes de belligérance sans pitié contre d’autres.

Moi aussi, je fais partie des cibles prioritaires de Holdwater. Il dirige une campagne contre moi, assisté d’institutions telles que l’Assembly of American Turkish Associations (ATAA) et le Turkish Forum. Il publie sur son site des articles qui prétendent que je suis un terroriste ; et que je suis responsable des morts d’Américains en Turquie ; et même que j’ai planifié et organisé les meurtres de civils américains. Il dresse une liste de mes "activités terroristes" de 1974 à 1975, comprenant des dates précises et des lieux. Celles-ci n’ont rien d’extraordinaire, des arrestations mineures lors de manifestations étudiantes de l’époque, dont la presse n’avait d’ailleurs même pas parlé alors. [Voir "A Shameful Campaign," Armenian Reporter, 17 Mars]

Il ne faut pas être très intelligent pour deviner qui a transmis à Holdwater les archives de la police sur ces arrestations insignifiantes, dont j’ai moi-même oublié les dates. Mais le problème réel est le suivant : ceux qui ont fait passer ces informations à Holdwater, telles que "les activités terroristes de Taner Akçam" sont en train d’abuser de l’ignorance de Holdwater sur la Turquie.

Le pauvre Holdwater qui pense que ces arrestations étaient dues à des "activités terroristes," ne comprend même pas qu’elles étaient liées à des crimes de distribution de prospectus et de collage d’affiches, pour lesquels la police avait donné son autorisation. Il semble n’avoir aucune idée du fait qu’en Turquie, en 1970, il fallait obtenir une autorisation de ce qui s’appelle à présent Security General Directorate's Special Inspection Branch Directorate for Associations, et que même avec une autorisation entre les mains, l’on pouvait être arbitrairement arrêté et détenu au quartier général de la police de trois à cinq jours.

Un jour, j’ai été arrêté pour une question qui portait sur l’invasion de Chypre. Tout comme l’Association des Étudiants, nous avons distribué des prospectus contre l’invasion militaire [turque] de Chypre [1974]. Bien que nous ayons montré nos autorisations, nous avons été détenus deux ou trois jours au quartier général de la police.
Les autres actions que Holdwater a publié comme étant mes "activités terroristes" étaient liées à notre demande d’obtention d’un bureau de représentation des étudiants sur le campus, où nous aurions pu faire entendre nos voix vis-à-vis de l’administration de l’université. Ceci est sans doute difficile à comprendre pour un individu qui a été élevé et éduqué comme un américain.

De plus, celui, quel qu’il soit, qui a transmis à Holdwater les informations sur mes arrestations, a oublié de lui joindre ma photographie. Pendant longtemps, de ce fait, Holdwater m’a représenté sur son site par la photo d’un membre du PKK.

Ceux qui sont en train de mener campagne contre moi, me décrivant comme un "terroriste," exploitent ce "mystérieux Américain" appelé Holdwater. Leur calcul est simple : utiliser l’image du "terroriste", qui est née après le 11 septembre aux USA. Ils s’attendent à des faveurs grâce à la mentalité qui labellise de "terroriste" tant une personne arrêtée pour avoir distribué des prospectus en 1974 que ceux qui ont attaqué les Twin Towers en 2001.

Avec cette attitude, ils sont aussi en train de se moquer des Américains. Après tout, nous avons ici un "terroriste" qui a mené des "activités terroristes" directes contre la Turquie ; et ce qui serait logique, ce serait d’attraper ce terroriste et de le juger selon la loi turque. Ou pour le moins, de donner des informations aux Américains concernant les activités passées de ce "terroriste," l’enquête et le jugement.
Au lieu de cela, ils sont en train de dire aux Américains quelque chose qui revient à ceci : "Nous traitons cet homme comme un citoyen avec un casier judiciaire vierge, mais pourriez-vous avoir la gentillesse de le traiter comme un terroriste ?" Parce que, en fait, le citoyen en question a vu sa peine de prison annulée eu égard aux modifications du Code Pénal turc en 1991 et il a également un document attestant que son "casier judiciaire est vierge."

Ignorant comme l’est Holdwater au sujet de la Turquie, il est impossible pour lui de comprendre tout cela. Mais ce que je trouve difficile à comprendre, c’est pourquoi ce "mystérieux" individu est tellement empli de haine et d’animosité et pourquoi il organise des campagnes de belligérance contre les autres, bien qu’il ait déclaré qu’il a peur. Je n’imagine pas qu’Holdwater, qui se décrit comme "un chrétien typique qui va à l’église en famille tous les dimanches" ne connaît pas la doctrine chrétienne qui proclame : Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse.
Il est temps que quelqu’un examine plus en détail la question Holdwater.

*La Règle d’Or

Dans son interview avec le journal Yeni Þafak le 27 juillet 2005, après avoir énoncé les raisons pour lesquelles il cachait son identité, Holdwater a dit: "J’ai pu alimenté cette lutte pendant 30 ans, car j’ai été capable de me taire. Alors, s’il vous plait, ne me poussez pas trop sur ce sujet sensible." Holdwater prétend avoir des aptitudes exceptionnelles à protéger son anonymat. Je ne sais pas si l’anonymat prête à Holdwater un mystère spécial et une signification spéciale à son travail, ou s’il fait que les gens se demandent, "Qui est vraiment, cette personne ?" Cela ne m’a pas frappé en ce sens. Je n’avais d’intérêt ni pour ses écrits ni pour son site web — jusqu’à ce qu’il joue un rôle clé dans la campagne menée contre moi.
L’un des arguments importants de Holdwater dans cette campagne était qu’une plainte devrait été enregistrée auprès des autorités de l’émigration américaines, me dénonçant comme "terroriste." En fait, je ne sais pas s’il a vraiment fait une telle chose. Pas plus que je ne sais s’il y a un lien direct entre son argumentation et ma récente détention à la frontière canadienne pendant quatre heures. Mais j’ai mentionné Holdwater et sa campagne dans l’article que j’ai écrit sur cette détention. [Voir "A Shameful Campaign," cité ci-dessus.] Holdwater a écrit 30 pages de réfutations, pleines de mensonges, d’insultes et d’attaques.

Holdwater compte sur le fait que son nom et son adresse sont cachés. Personne ne sait qui je suis, alors je dirai ce qu’il me plait, doit-il penser.

Cette approche de Holdwater doit être freinée, et on doit lui rappeler que chaque jeu a ses règles. Insulter les autres sans vergogne tout en cachant sa propre identité ne s’accorde à aucun principe. C’est une honte, c’est le moins que l’on puisse dire.

La revendication de Holdwater concernant ses intenses efforts de dissimulation de son identité ne semble pas … résister*. Ou, il ne prend pas suffisamment au sérieux les historiens. Il ne sait pas que nous sommes enthousiasmés par les documents et que nous adorons les traquer. Pour résumer, il a fait montre d’un certain degré de négligence, le genre de négligence que commet une personne ordinaire qui se croit très intelligente, et plus intelligente que les autres.

En se présentant sur son site Internet, Holdwater a publié quelques lettres qu’il a envoyées et qu’il a reçues à son nom — en prenant bien soin d’enlever son nom avant de mettre les lettres en ligne.
Selon cette correspondance, Holdwater a écrit au Président Jimmy Carter le 2 avril 1980. Cette lettre a été transmise au United States Holocaust Memorial Council, une organisation fondée par le Congrès américain en octobre 1980. [Le USHMC est le corps gouvernemental du United States Holocaust Memorial Museum in Washington, DC.]

Le 2 juin 1980, le Directeur du Conseil, Monroe H. Freedman, a répondu à la lettre de Holdwater. Ce que l’on ressent en lisant la réponse, c’est que les objections de Holdwater au référencement du génocide arménien ont été prises au sérieux. Freedman déclare qu’il manque d’informations suffisantes sur les "thèses turques" et il demande à Holdwater de lui transmettre les citations de sources pertinentes.

Ceci est, bien sûr, un grand honneur pour Holdwater. Et, de ce fait, il ne voit pas le mal à publier des fac-similés de la lettre de Freedman sur son site web, le nom de Holdwater ayant été enlevé. Il y a également une autre lettre sur le site Tall Armenian Tale, qu’il a écrite cette fois au New York Times. Nous comprenons, de cette seconde lettre, que le 5 septembre 1980, Holdwater a répondu à la lettre de Freedman du 2 juin.
Je ne sais pas si Holdwater a compris que le Holocaust Memorial Council et le Holocaust Museum qui le contrôle, sont des institutions publiques — et donc cette correspondance est accessible au public. Ce qui signifie, selon les principes de transparence, que tout le monde peut voir les originaux des lettres de Holdwater.

Une fois que vous avez le texte de la lettre de Freedman, datée du 2 juin 1980, et publiée par Holdwater, ainsi que les informations que Holdwater a écrites dans sa réponse du 5 septembre 1980, il est relativement facile d’accéder à ces documents. Le Holocaust Museum (Musée de l’Holocauste) doit fournir ces informations à toute personne qui en fait la demande.

Oui, M. Murad Gümen, ou, si l’on utilise l’alphabet anglais, Murad Gumen; comme vous pouvez le voir, pas besoin d’être le détective de BD Kerry Drake pour découvrir qui vous êtes (Murad Gümen comprend parfaitement ce que je veux dire). Rechercher les documents que vous avez publiés s’est avéré suffisant. Je pense que vous cesserez de prendre les historiens à la légère à partir de maintenant. Comme vous l’avez compris, nous parlons d’un document que vous avez aussi publié vous-même.

Ce que je suis en train de dire, pour prévenir toute distorsion et altération du document, c’est que le nom sur ce document, que vous avez effacé est Murad Gümen. Dans un sens, je rectifie l’altération que vous avez effectuée sur un document présenté au public.

Comme vous le savez peut-être, nous, universitaires, chercheurs, n’apprécions pas que des documents soient altérés. De telles distorsions sont une occupation réservée à la Société d’Histoire Turque.
Attaquer les autres, les insulter, tout en dissimulant votre propre nom, n’est pas une conduite morale, Mr. Murad Gümen. Croyez-moi, je suis assez curieux de savoir pourquoi vous pensez que moi, et bien d’autres dans ma position n’aurions pas ce droit, que vous réclamez si facilement pour vous-même.

*To hold water en anglais signifie : s’élever contre/résister aux critiques, aux analyses… d’où le jeu de mot en anglais dans la phrase.


Dr. Akçam est professeur d’histoire à l’Université du Minnesota. Il est l’auteur de A Shameful Act: The Armenian Genocide and the Question of Turkish Responsibility (2006) (Un acte honteux: Le génocide arménien et la question de la responsabilité turque). L’article ci-dessus a été publié à partir d’un article en deux parties écrit pour le journal Agos à Istanbul ("Holdwater: The Mysterious American who Drives Armenians Mad," 18 mai 2007; et "Holdwater: The Golden Rule (la règle d’or)," 25 mai 2007; les traductions de ces deux parties ont été faites par Nazým Dikbaþ. Le 27 juillet 2005, l’interview parue dans Yeni Þafak a été effectuée par Ali Murat Güven.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org

Photo : Murad Gumen dit "Holdwater" dans les années 1980, connu sous le nom de "Renald Rap".

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Biographie en anglais :

His true name is Murad GĂĽmen. He "is best known for his animation work. After making his own animated short 'Erased Off', he went on to work as an in-between on 'Raggedy Ann and Andy' in 1977. He wrote, directed, and produced the comedy-fantasy feature film, 'Wonderguy'. He has also worked as a writer, artist and illustrator. His work appeared in Crazy (Marvel), Ghostly Haunts (Charlton) and Cracked, as well as Playboy and Heavy Metal. He worked as a staff artist at the New York office of the Walt Disney Company in the 1980s" (Voir le site de Murad GĂĽmen : http://www.muradgumen.com/ - murgum@hotpop.com)






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Source/Lien : Blogian



   
 
   
 
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