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Le procès des meurtriers de Hrant Dink met à l'épreuve la justice turque
Publié le :

LE MONDE | 02.07.07 | 11h22 • Mis à jour le 02.07.07 | 11h22
Istanbul correspondance

Le plus jeune des 18 prévenus, Ogün Samast, est âgé de 17 ans. Il a reconnu être le dernier maillon de la chaîne, celui qui a tué le journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, en janvier, de trois balles tirées à bout portant sur le perron de l'hebdomadaire turco-arménien Agos. En raison de son jeune âge, c'est à huis clos que s'est ouvert, lundi à Istanbul, le procès des auteurs présumés de l'assassinat.

Les 18 prévenus sont originaires de Trabzon, une ville austère de la mer Noire, réputée pour sa violence ultranationaliste. "C'est une bande criminelle à but politique, estime Bahri Belen, l'un des avocats de la famille de Hrant Dink : pour l'enquête, les dossiers du meurtre du prêtre Andrea Santoro [en 2006], de l'agression contre un autre prêtre et de l'attentat contre un McDonald's [en 2004], ont été réunis. On retrouve les mêmes acteurs dans ces attentats commis à Trabzon. L'assassinat de Hrant Dink faisait partie d'un même plan." Des peines lourdes ont été requises. Ogün Samast, l'exécutant, pourrait avoir plus du double de son âge en sortant de prison. Et les deux principaux commanditaires, Erhan Tuncel et Yasin Hayal, risquent la réclusion à perpétuité. Le deuxième est également poursuivi pour avoir menacé l'écrivain Orhan Pamuk, cible des ultranationalistes. Les quinze autres prévenus seront jugés pour complicité, comme Yasar Cihan, responsable local du Parti de la grande union (BBP) : un parti qui, avec ses foyers Alperen (un mouvement de jeunesse), "a servi de structure", selon Bahri Belen.

Mais le comité de soutien de la famille Dink ne se satisfait pas d'un procès où seule une partie des responsables se retrouve sur le banc des accusés. Les avocats espéraient assister au procès de "l'Etat profond". Un concept qui, en Turquie, désigne une nébuleuse criminelle et nationaliste gravitant dans les rouages de l'Etat. "Les forces de sécurité de Trabzon, où le meurtre a été planifié, d'Istanbul, où il a été exécuté, et d'Ankara, où les renseignements sont rassemblés, n'ont pas été incluses dans l'enquête, a déploré Fetiye Cetin, une autre avocate, au cours d'une conférence de presse, alors que leurs liens avec les suspects, la dissimulation de preuves et même l'apologie du criminel ont été établis." L'enquête judiciaire a montré que des responsables de la police ou du renseignement étaient au courant des projets d'assassinats. Les requêtes des avocats pour suivre ces pistes ont pourtant été rejetées. De même, le cybercafé où se serait réfugié le meurtrier, tenu par un ancien militaire, à deux pas du siège d'Agos, n'a pas été inspecté.

NOUVELLES RÉVÉLATIONS

La saisie, il y a deux semaines, d'un stock de grenades et d'explosifs dans un quartier d'Ankara et l'arrestation de plusieurs officiers à la retraite, font toutefois espérer à Bahri Belen de nouvelles révélations sur l'affaire Dink. "On pourrait trouver des liens", explique-t-il. Comme par exemple avec le général Veli Küçük, fondateur des Jitem (unités de gendarmerie antiterroriste), cité dans cette affaire ou dans le scandale mafieux de Susurluk, en 1996. A son procès, en 2006, pour "insulte à l'identité turque", Hrant Dink l'avait trouvé en travers de son chemin. Le général à la retraite lui avait lancé un briquet dans les pieds en guise de menace.

La semaine dernière, Fetiye Cetin a également engagé des poursuites contre le général Karaduman qui, au cours des funérailles d'un soldat tué par les rebelles kurdes du PKK, avait déclaré que "le Sénat américain, les Parlements français et européen, l'Arménie, n'ont pas condamné ceux qui vous tuent. Ils ne condamnent que les meurtres de traîtres".

Guillaume Perrier






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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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