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Question kurde : l’un des problèmes importants de la Turquie (II)
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction de la deuxième partie d’un article signé par Joost Lagendijk et paru dans le quotidien turc Zaman. Nous faisons suivre cette traduction d’un résumé des positions du député vert européen, Co-président de la commission parlementaire mixte UE-Turquie, sur le génocide arménien.


Loi de protection de l'alphabet turc


L’article 222 du Code Pénal a été mis en application dans les années 1920s. La démarche de la jeune république, qui décida de cesser d’utiliser les lettres arabes et d’écrire le turc avec des caractères latins, fut radicale en ce qui concerne la communication écrite. Les érudits qui supervisaient les affaires juridiques et religieuses au sein de la société (et qui avaient une maîtrise parfaite de l’arabe) ne furent pas seulement démis de leurs postes au service de l’Etat à cause de cette décision, ils furent également expulsés de la chaîne de communication entre la population et l’Etat. A l’aide de cours intensifs, les fondateurs essayèrent de créer de nouvelles « élites » et rendirent l’utilisation de l’alphabet latin obligatoire. Cet article, ainsi que la loi ordonnant le port du feutre par tout citoyen mâle et l’interdiction du fez et d’autres vêtements « anciens » à l’extérieur des mosquée, illustrent clairement les intentions du législateur. Avec cet article, les savants de toute la Turquie furent réduits à devenir invisibles dans la société.

Si surprenante que cela soit sur le plan juridique de voir cet article utilisé à l'encontre de la communication en kurde, cette pratique « colle » bien avec l’histoire et le but de l’article 222. L’alphabet latin est aussi utilisé pour écrire le kurde en Turquie, mais ce dernier a des lettres comme “î” and “w,”qui ne sont pas usitées en turc. Juridiquement parlant, l’article du Code pénal en question aurait dû viser l’utilisation de ces lettres supplémentaires, non usitées en turc. Le procureur ne s’est même pas donné la peine de trouver un lien entre cet article 222 et le « crime ». D’après lui le maire Baydemir a employé une phrase en kurde pour souhaiter la bonne année et a donc commmis un « crime ». Peut-être le procureur n’a-t-il pas voulu entrer dans les détails parce que la version anglaise de la formule de vœux, Happy New Year, contient aussi la lettre « w ». En réalité, faire de l’utilisation de la lettre « w » un crime en kurde mais non en anglais aurait été y aller un peu fort, légalement et politiquement.

Le kurde, une langue toujours interdite

Le même genre de choses est arrivé et arrive encore aux noms kurdes. Ces lettres qui servent à écrire les noms kurdes ne sont toujours pas acceptées en Turquie, et les familles sont obligées d’écrire ces noms avec l’alphabet turc.

L’application de plus en plus répandue de lois interdisant de parler le kurde, ces dernières années, donne au problème une importance politique. Les défenseurs des droits de l’homme considèrent cette évolution comme un nouveau moyen de pression contre la population kurde. Au cours des campagnes électorales, les investigations concernant l’usage de la langue kurde n’ont donné aucun résultat et, pour atteindre les électeurs, les tribunaux qui ont statué sur ces affaires ont défini l’utilisation de langues locales comme un droit fondamental qui pouvait être exercé et n’y ont vu aucun élément de culpabilité. Les nouvelles investigations et les poursuites engagées donnent l’impression qu’une volonté politique est entrée en jeu pour empêcher que le kurde soit parlé comme langue de communication. L’objectif semble être d’empêcher l’emploi du kurde pour la communication entre institutions et associations. Ce qu’on craint, peut-être, est que le kurde puisse progressivement devenir un moyen de communication normal dans la vie de tous les jours dans des provinces comme Diyarbékir où la majorité des gens parle le kurde.

Si l’on considère l’affaire en adoptant une perspective plus large, on constate que la décision d’employer le kurde comme langue de communication qu’ont prise les autorités locales de la commune de Sur et d’autres lieux comparables comporte aussi une dimension politique, il serait donc naïf de ne pas voir que la question dépasse le simple problème linguistique. Toutefois, le fonds de l’affaire reste la question de savoir si le kurde doit ou non être utilisé dans les échanges.

Après avoir publié un communiqué de presse, les maires ont donné des précisions dans leurs déclarations et ont affirmé qu’ils continueraient à employer le kurde, que cela constitue un crime ou non. La ligne à haute tension relative au problème kurde en Turquie est donc ainsi posée : cette ligne sépare la population en deux parties, l’une se demandant si l’emploi d’un simple phrase en kurde comme « Sersela We Piroz Be » veut dire séparatisme, et par conséquent constitue un « crime », l’autre étant d’avis que le kurde est un moyen de communication tout à fait normal dans une ville habitée surtout par des Kurdes.

Il existe des motifs juridiques solides à l’appui de notre point de vue. Dans le cadre des réformes réalisées pour l’harmonisation avec l’UE, il est devenu possible d’utiliser des « langues autres que le turc », grâce au changement dans l’article 26 de la Constitution. Ces réformes incluent le droit d’apprendre le kurde ainsi que de diffuser des émissions et de publier dans cette langue. Si ces réformes ont un sens, on devrait avoir le droit d’utiliser le kurde à Diyarbékir. Nous voyons que les maires, qu’il faut écouter, avancent aussi des arguments solides.

La loi turque sur les municipalités, comme dans tous les pays démocratiques, fait obligation aux municipalités d’être les premières à fournir des informations et des services variés, en envisageant que les gens vont participer aux processus de prises de décisions en matière culturelle, environnementale, sanitaire, et pour d'autres problèmes locaux. De leur côté les maires déclarent que pour être en mesure de fournir ces services, ils doivent recourir au kurde puisque c’est la langue parlée par la majorité. Ils font aussi remarquer qu’une partie de la population soit ne connaît pas assez le turc, soit ne peut pas le parler du tout. Il sera probablement bénéfique d’autoriser le kurde afin d’atteindre une aussi vaste section de la société que possible pour des problèmes importants tels que la propreté par exemple.

Nous ne jugeons pas utile d’insister une fois de plus sur le fait que la langue est importante dans le domaine culturel. De plus, la Charte européenne des droits de l’homme – applicable dans la mesure où la Turquie est membre fondateur du Conseil de l’Europe - déclare qu’utiliser leur langue maternelle et recevoir des informations dans cette langue est un droit fondamental des individus, rendant obligatoire le respect de ce droit.

Par conséquent nous pensons qu’il est grand temps que la Turquie devienne une démocratie véritablement moderne et qu’elle renonce à la pratique consistant à trouver une preuve de culpabilité dans chaque phrase en kurde écrite sur une simple carte de voeux. A moins qu’une frontière soit tracée entre la violence et le terrorisme d’une part, et l’exercice de droits fondamentaux comme de communiquer dans sa langue maternelle d'autre part, les droits des gens et la loi resteront de vagues concepts. Trouver une solution durable au problème kurde n’est possible qu’avec la suprématie des droits de l’homme et de la loi.

© Traduction Collectif VAN - 03 juillet 2007 - 11:00 - www.collectifvan.org

Question kurde : l’un des problèmes importants de la Turquie (I)

Co-président de la commission parlementaire mixte UE-Turquie

Joost Lagendijk et le génocide arménien :
L’Eurodéputé Vert hollandais fait partie des 38 signataires au Parlement européen, du projet de déclaration écrite critiquant le projet de loi français pénalisant le négationnisme du génocide arménien (projet téléguidé par Ankara et rejeté par 95% des députés européens le 23 février 2007).

Pénalisation du négationnisme du Génocide arménien : le Parlement européen refuse de critiquer la loi française


Joost Lagendijk a également critiqué le rapport Eurlings – qui fait de la reconnaissance par la Turquie du génocide arménien "une condition préalable à l'adhésion" -, rapport qu’il juge "déséquilibré" voire "malhonnête" en pointant surtout cette question de la reconnaissance du génocide arménien qui selon lui bloquerait Ankara et mettrait en difficulté les progressistes turcs.

http://www.collectifvan.org/article.php?r=4&id=4248

Le député européen qui a assisté aux procès des démocrates poursuivis en Turquie, demande également l’abolition de l’article 301 en Turquie :

Joost Lagendijk, député hollandais des Verts au Parlement européen, demande à la Turquie de retirer l'article 301


Le quotidien turc Turkiye prétend que Joost Lagendijk nierait le génocide arménien :

Turquie-UE : Le député européen Joost Lagendijk nierait le génocide arménien selon la presse turque

Ce qui ne transparait pas dans son rapport sur la mission du PE aux funérailles du journaliste arménien Hrant Dink à Istanbul (auxquelles Joost Lagendijk a assisté) :

Rapport de Joost Lagendijk sur la mission, en tant que représentant du Parlement européen, relative aux funérailles du journaliste arménien Hrant Dink à Istanbul


Autres informations :

Génocide arménien : Les Verts au PE demandent aux députés français de renoncer à la loi qui pénalise la contestation du génocide arménien

Controverse autour dÂ’une loi

Bruxelles met en garde l'Assemblée nationale

Débat sur les progrès de la Turquie en vue de l’adhésion

La Turquie ouvre une enquête judiciaire contre un parlementaire européen




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