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L’assassin de Dink « a agi avec des sentiments patriotiques »
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Dans cet article paru dans le journal turc Birgün le 5 juillet 2007, Fikri Saglar souligne et dénonce tout ce qui indique une complicité de l’Etat turc, de sa Police et de celle des fonctionnaires dans l’assassinat de Hrant Dink, tel le Préfet de Police qui avait déclaré juste après le meurtre et avant même que les coupables ne soient rattrapés : « c’est sûrement quelqu'un qui a agi avec des sentiments patriotiques ».


Le procès de DINK !

05/07/07
fikrisaglar@birgun.net

Le 2 Juillet sonnera encore une fois comme un souvenir « sinistre» !...

Après le massacre de Sivas*, le début de « l’insolubilité de l’assassinat de Dink » !…

Le procès de l’attentat contre Hrant Dink a enfin commencé le 2 Juillet 2007 devant la 14ème Cour d’Assise d’Istanbul.
Nous attendons maintenant que le jugement révèle tous les détails de l’assassinat et les forces cachées derrière…

Trouver les vrais coupables et rendre justice est extrêmement important pour l’avenir de la Turquie. Au moins nos enfants ne perdront pas ainsi l’espoir de vivre dans un Etat de droit.
Seulement, après la première audience, la conclusion de ce qui a été transmis à travers les médias, c’est la déception !…
Les rapports présentés à l’audience n’ont pas créé l’ambiance d’un début attendu.

Il suffit de jeter un coup d’oeil à la décision de la Préfecture de Samsun au sujet de la photo-souvenir autour du drapeau turc, parue dans les journaux le lendemain de l’assassinat. Cela facilitera la compréhension de notre désespoir.

D’après ce qu’on a vu sur les Videos : la vérité est que les officiers de police ont eux-mêmes déterminé l’emplacement de la prise de vue en donnant à Ogun Samast un drapeau. Il a été placé devant les paroles prononcées par Ataturk !...
N’est-il pas curieux de constater comment le ministère public qualifie le comportement des policiers montrant leurs approbations du crime d’une façon enthousiaste; « on peut constater une sympathie envers le suspect mais cela ne constitue pas un crime ».

Ce qui est plus bizarre c’est le rapport du ministère public : « le lieu où la photo a été prise étant très étroit, le poster est pris de cette façon » et pour justifier le drapeau dans sa main « Ce qui était visé avec l’appropriation du drapeau, c’était le fait de tirer bénéfice - suite au crime qu’il venait de commettre – en se montrant à l’opinion publique sous un jour humain ».

En partant de ces principes le ministère public, a conclu au non lieu pour les 21 personnes poursuivies.
Cette décision est en parfaite concordance avec la déclaration du Préfet de Police juste après l’assassinat, avant même que les coupables ne soient rattrapés ; « c’est sûrement quelqu'un qui a agi avec des sentiments patriotiques ».

Si on se rafraîchit la mémoire : dans le village où vivait O.S. tout le monde savait que Hrant Dink allait être assassiné, tandis que la police de Trabzon, elle n’a rien entendu…
Alors qu’à Trabzon, il y avait eu d’autres actes criminels « l’assassinat du prêtre », « l’attentat au Mc Donald » , « les tentatives de lynchage » en plein ville…

Pourtant, d’après la déclaration d’Erhan Tuncel et les registres des officiers de police, il a été indiqué huit fois que Hrant allait être assassiné.

L’un des endroits contactés avait été la Préfecture de Police d’Istanbul.

Le directeur des Services de renseignement a accepté sa faute pour négligence et a démissionné.
Â…
Ce qui me dérange le plus c’est la constatation du fait que les assassins de Hrant Dink ne forment pas une « organisation criminelle ». L’assassinat commis par Hayal et ses copains est considéré comme ‘un acte isolé’. C’est extrêmement grave et dangereux.

Ce constat engendre des conclusions sauvages.
Tout d’abord on abandonne les recherches visant à établir les liens avec une organisation terroriste.

On oublie les dimensions et les liens internationaux. Ainsi les vrais coupables continuent librement à oeuvrer pour atteindre leur but. Et ce crime reste collé dans les bras de l’Etat !...
Â…
Il y a plein de questions sans réponses.
Par exemple : Qui a donné les cartes SIM à O.S lorsqu’il allait en prison ? Est-ce que le préfet de Police d’Istanbul, Cerrah, a été interrogé et sa part de responsabilité a-t-elle été recherchée ? Pourquoi la Police n’a-t-elle pas trouvé le four où se cachait O.S ? Comment les inspecteurs l’ont-ils trouvé par la suite ? Pouquoi les 8 avertissements du meurtre n’ont-elles pas été prises en considération ? Pourquoi K.Kerincsiz n’a-t-il pas été interrogé ?...

Le travail du tribunal est difficile dans « l’affaire de l’assassinat de Dink ». Surtout si les avocats des suspects peuvent se monter facilement aussi "provocants" ..
Si l’Etat de droit ne se creuse pas pour trouver les liens, entre "Contre-guérilla" et les organisations semblables avec des partis et des personnalités, et si l’Etat ne s’acharne pas à révéler les vérités et à juger les responsables, ces événement resteront encore longtemps comme des « secrets » connus !...

Seules, deux ou trois personnes se battent pour poursuivre… De toute façon eux-mêmes sont sur la ligne de mire.
Si dans le procès de Dink, les représentants du Préfet de Police peuvent dire : « Il n’y a pas d’organisation, il n’y a pas de soutien ou tuteur !... », on peut dire alors qu’en Turquie personne n’a « de protection pour sa vie !... »

C'est-à-dire : Chaque jeune patriote, quand ça lui chante, peut tuer n’importe qui qu’il juge comme « son ennemi ou l’ennemi de ses sentiments nationalistes » !…

* Nota CVAN : « Massacres de Sivas » : le 3 Juillet 1993, 35 intellectuels Alevis ont été brûlés vifs dans l’Hôtel Madimak à Sivas. Plusieurs intellectuels, artistes, écrivains étaient venus à Sivas pour la festivité intitulée « Pir Sultan Abdal », personnage emblématique pour les Alevis, chanteur et philosophe populaire ayant vécu à Sivas au 16ème siècle. Plus de 10000 intégristes sont venus attaquer les Alévis. Ils ont incendié l’hôtel où ils étaient logés. 30 personnes sont mortes. Il faut dire qu’aujourd’hui Sivas est devenu l’une des villes les plus fascisantes de Turquie. Dans les années 60 il y avait encore des Arméniens. Mais la politique des Unionistes du début du siècle dernier, qui consistait à implanter des populations nationalistes et musulmanes fanatiques dans les villes fortement peuplées par les Arméniens, a donné ses fruits. Les Arméniens ont été obligés de fuir la ville, vers Istanbul d’abord et vers l’Europe et les USA dans un deuxième temps… On dit qu’il y a toujours des Arméniens convertis qui ne quittent pas leurs terres…

© Traduction du turc: S.C. pour le Collectif VAN - 09 juillet 2007 - 11:05 - www.collectifvan.org





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Source/Lien : Birgün



   
 
   
 
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