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Turquie: un combat crucial contre les «défenseurs du statu quo»
Publié le :

Le dimanche 22 juillet 2007

Marc Thibodeau

La Presse

Istanbul

Lorsqu'on lui demande si elle craint pour sa vie, Fethiye Cetin écarte la question en évoquant un dicton turc.

«Chez nous, on a coutume de dire qu'il ne faut pas prendre le train si on a peur de l'acier», lance l'avocate de 56 ans, rencontrée il y a quelques jours dans son bureau stambouliote, sur la rive orientale du Bosphore.

La question n'a rien d'hypothétique puisque le nom de Mme Cetin, spécialiste en matière de droits des minorités, circule sur des sites ultranationalistes, qui lui reprochent son engagement dans le procès des meurtriers du journaliste Hrant Dink.

Le journaliste turc d'origine arménienne a été abattu par balles en janvier dernier à la sortie des locaux du journal Agos, dont il était le directeur. Il recevait depuis plusieurs années des menaces en raison de son combat pour que les autorités d'Ankara reconnaissent le génocide arménien, perpétré au début du siècle dernier.

La mort de ce respecté défenseur de la liberté d'expression, plusieurs fois poursuivi pour avoir «insulté l'identité nationale turque» par ses écrits, a suscité un vif émoi au pays. Lors de ses funérailles, des dizaines de milliers de personnes s'étaient réunies pour manifester leur désarroi. Plusieurs scandaient: «Nous sommes tous Arméniens» ou «Nous sommes tous Hrant».

Le sentiment est très loin de faire l'unanimité en Turquie, où l'on assiste actuellement à une forte recrudescence nationaliste.

En témoigne notamment la publication par les médias de photos sur lesquelles on voit des policiers et des gendarmes posant fièrement avec le présumé tueur du journaliste, Oguz Samast, un jeune sympathisant ultranationaliste de 17 ans venu de Trabzon, dans le nord du pays.

Ces images ont profondément heurté Mme Cetin. «La première chose que je me suis demandée, en les voyant, c'est comment je pourrai regarder encore dans les yeux les membres de la famille de Hrant Dink. Comme citoyenne turque, c'était une grande honte pour moi de voir une telle scène... Mon côté arménien a parallèlement ressenti une grande douleur», souligne-t-elle.

L'avocate a appris à 25 ans que l'une de ses grand-mères était d'origine arménienne. Paysanne, elle avait changé de nom après les massacres et gardé secrets pendant des années ses racines et son souvenir des exactions survenues au début du siècle.

«Elle m'a d'abord dit qu'elle avait de la famille aux États-Unis et qu'elle voulait que je les retrouve. Peu à peu, j'ai réussi à lui faire raconter son histoire», relate Mme Cetin, qui se dit désormais immunisée à vie contre le nationalisme.

L'avocate a publié il y a quelques années un livre relatant l'histoire de son aïeule, qui a depuis été réédité à sept reprises. Il a aidé, croit-elle, à ouvrir le débat en Turquie sur la question arménienne, un sujet longtemps demeuré tabou.

Le procès des meurtriers de Hrant Dink, qui s'est ouvert début juillet, constitue une autre étape déterminante pour favoriser une plus grande liberté d'expression, croit Mme Ceytin. Il reste à voir cependant jusqu'où ira la justice turque, souvent critiquée par les organisations de défense des droits de l'homme pour son manque d'indépendance.

La famille du journaliste abattu craint que le tribunal se contente de diriger les projecteurs sur les jeunes ultranationalistes appréhendés et laisse de côté les pistes qui suggèrent notamment un rôle des services de sécurité.

«Je peux ouvertement dire que les personnes responsables de la mort de Hrant Dink ne sont pas les jeunes que l'on nous montre. Ce sont des chômeurs, facilement manipulables, qui sont utilisés par d'autres personnes», insiste l'avocate.

Les avocats de Hrant Dink montrent du doigt ce que les intellectuels turcs appellent «l'État profond». Il s'agit de membres des forces de sécurité, de militaires et de bureaucrates qui sont disposés à agir, illégalement s'il le faut, pour défendre ce qu'ils estiment prioritaire pour le pays ou leurs propres intérêts.

«Ce procès, c'est un combat entre ceux qui veulent changer le statu quo et ceux qui veulent le sauver, qui sont nourris par le statu quo... J'ai espoir que nous aurons gain de cause», souligne Mme Cetin.

Le gouvernement sortant en têteLa campagne pour les élections législatives qui se tiennent aujourd'hui en Turquie s'est terminée par des attaques personnelles de l'opposition contre le premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Le Parti pour la justice et le développement, qu'il chapeaute, est confortablement en avance avec plus de 40% des voix. La formation pourrait néanmoins se retrouver avec moins de députés puisqu'un troisième parti, ultranationaliste, semble en position de faire son entrée au Parlement en excédant le seuil minimal de 10% des voix requis par le système proportionnel en vigueur.

Plusieurs candidats kurdes qui se présentent comme indépendants pourraient aussi être élus avant de se regrouper pour former un bloc politique.






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Source/Lien : Cyber Presse



   
 
   
 
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