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Génocide arménien : les débats entre Schiff et Rice
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose de redécouvrir la traduction des échanges entre la Secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice et Adam Schiff, membre (démocrate) de la chambre des représentants, lors d'une audience en date du 21 mars 2007 et que nous avions portée à votre connaissance le 26 mars 2007.




















Schiff interpelle la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice sur la question de la reconnaissance du génocide arménien



21 mars 2007

Washington, D.C. - Aujourd'hui, lors d’une audience sur la dotation budgétaire de la sous-commission pour les questions relatives au département d'Etat et aux opérations étrangères, Adam Schiff, membre de la chambre des représentants (D-CA) a interpellé la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice sur son opposition à la reconnaissance du Génocide arménien perpétré par l'Empire ottoman entre 1915 et 1923. Au cours de son interrogation particulièrement argumentée, Schiff a demandé à plusieurs reprises à la Secrétaire d'Etat si elle pensait que le meurtre de 1.5 millions d'Arméniens pouvait être autre chose qu'un génocide. La Secrétaire d'Etat n'a pas directement répondu.

"Je suis déçu par le refus de la Secrétaire d'Etat Rice à admettre la réalité du Génocide arménien," a dit Schiff. "Nous ne pouvons pas maintenir la force morale dont nous avons besoin pour agir contre le génocide en cours au Darfour, si l'administration continue d’avoir une attitude ambigue au sujet du génocide arménien."

Le Représentant Schiff a été récemment nommé à la commission de l'affectation des crédits budgétaires de la chambre des Représentants du 110eme congrès. Il est membre de la sous-commission au commerce, à la justice et aux affaires scientifiques, de la sous-commission pour les questions relatives au département d'Etat et aux opérations étrangères et du Select Intelligence Oversight Panel. Il est également membre de la commission judiciaire de la Chambre, et de la sous-commission pour les tribunaux, l’Internet et la propriété intellectuelle. Il représente la 29ème circonscription congressionnelle de l’Etat de Californie, qui inclut les communes de Alhambra, Altadena, Burbank, East Pasadena, East San Gabriel, Glendale, Monterey Park, Pasadena, San Gabriel, South Pasadena et Temple City.

L'échange entre le Représentant Schiff et la Secrétaire d’Etat Rice suit ci-dessous.

REP. ADAM SCHIFF: Merci, Madame la présidente.
Madame la Secrétaire d’Etat, bienvenue.
Il y a à peu près une semaine, Madame la Secrétaire d’Etat, vous et le secrétaire d’Etat Gates avez envoyé à certains des présidents des commissions de la Chambre une lettre s’opposant à la reconnaissance du génocide arménien. Cela m'a préoccupé pour un certain nombre de raisons, et principalement par le fait que je ne vois pas comment nous pouvons avoir l'autorité morale nécessaire pour condamner le génocide en cours au Darfour si nous refusons de reconnaître les autres génocides qui ont déjà été perpétrés, si nous refusons de reconnaître le premier génocide du siècle dernier, où 1.5 million de personnes ont perdu leurs vies.
Nous sommes tous conscients des menaces, implicites ou explicites, exercées par le lobby turc et la Turquie qui luttent contre la reconnaissance du génocide et ont du mal à faire face à ce chapitre de l’histoire ottomane.
Aussi ne vais-je pas vous interroger à ce sujet, mais ce que je veux vous demander, c’est s’il y a – si vous avez le moindre doute que le meurtre de 1.5 million d'Arméniens entre 1915 et 1923 ait été un génocide ? Y a-t-il pour vous le moindre doute à ce sujet?

SECRÉTAIRE D'ÉTAT CONDOLEEZZA RICE : Monsieur le membre du Congrès, je pense que ces circonstances historiques exigent le regard très détaillé et très sobre d’historiens. Nous avons encouragé les Turcs et les Arméniens à créer des commissions historiques communes sur ce sujet, et à faire des efforts pour examiner leur passé et, en examinant leur passé, à surmonter ce passé.
Mais je vous le dis, monsieur le membre du Congrès, je ne pense pas que l’intervention des Etats-Unis à ce niveau du débat n’aide au processus de réconciliation. Je ne pense pas que cela soit utile.

SCHIFF : Madame la Secrétaire d’Etat, vos commentaires, votre souhait de voir un certain débat ou discussion au sujet du génocide laissent à penser que vous avez un doute s’il y a eu génocide. Est-ce correct ?

RICE: Monsieur le membre du Congrès, je crois que c’est un sujet que Turcs et Arméniens sont les mieux à même de confronter par leur propre processus pour faire face à leur passé. De nombreuses personnes ont eu à faire face à leur passé....

SCHIFF: Oui, et, Madame la Secrétaire d’Etat, nous avons fait face à notre propre histoire.

RICE: Oui.

SCHIFF: Oui, et nous lÂ’avons fait.

RICE: J’en suis, à titre personnel, particulièrement consciente.

SCHIFF: Mais, Madame la Secrétaire d’Etat, vous êtes issue du milieu universitaire.

RICE: Oui.

SCHIFF: Y a-t-il le moindre débat historique en dehors de la Turquie ? Connaissez-vous un seul historien digne de ce nom qui conteste le fait que le meurtre de 1,5 millions d’Arméniens constitue un génocide ?

RICE: Monsieur le membre du Congrès, je suis certes issue du milieu académique, mais je suis Secrétaire d’Etat maintenant et je pense que la meilleure façon de régler cette question est pour les Etats-Unis de ne pas être en position de faire ce type de jugement, mais plutôt que les Turcs et Arméniens arrivent à leurs propres solutions à ce sujet.
De nombreuses personnes font face à leur histoire en Asie, en Europe, les gens ont dû faire face à leur propre histoire et, c’est ce….

SCHIFF: Madame la Secrétaire, nous n’avons pas de répugnance à reconnaître que ce qui se passe au Darfour est
un génocide. Nous n’avons pas de répugnance non plus à parler du génocide cambodgien, ou du génocide rwandais ou de l’Holocauste. Pourquoi ce génocide est-il si singulier ? Est-ce parce que la Turquie est un allié de poids? Est-ce une raison éthique et morale suffisante pour ignorer le meurtre de 1,5 millions de personnes ? Pourquoi ne disons-nous pas : « Laissons l’Holocauste aux historiens », ou « laissons le génocide cambodgien ou rwandais ? ». Pourquoi celui-ci est-il le seul génocide dont nous devrions laisser aux Turcs le droit de le reconnaître ou de ne pas le reconnaître ?

Et, Madame la Secrétaire d’Etat, l'assassinat de Hrant Dink devant son bureau n’est assurément pas un témoignage du progrès turc. Le fait que la Turquie traduise en justice un prix Nobel pour atteinte au sentiment national turc parce qu’il a parlé du massacre des Arméniens ne témoigne pas en faveur des grands efforts de réconciliation de la Turquie.
Pourquoi est-ce seulement ce génocide que nous sommes incapables de reconnaître?

RICE: Monsieur le membre du Congrès, nous avons reconnu et le Président reconnaît chaque année dans une résolution qu’il rend publique lui-même, les circonstances historiques et la tragédie qui s’est abattue sur le peuple arménien à cette époque. Nous le reconnaissons. Mais je ne pense pas – si vous me permettez, je ne vois pas la situation s’améliorer dans le sens où cela permettrait aux Turcs et aux Arméniens de régler leurs problèmes présents, à moins que nous ne soyons capables de les laisser régler leur passé comme le meurtre que vous….

SCHIFF: Madame la Secrétaire, parce que je vais bientôt épuiser le temps qui m’est donné. Vous reconnaissez plus que tout autre en tant que diplomate, le pouvoir des mots.

RICE: Oui

SCHIFF: Et je suis sûr que vous avez soutenu la reconnaissance du génocide au Darfour, en ne l’appelant pas tragédie, ni atrocité, ni rien d’autre que génocide, compte tenu du pouvoir et de la signification de ce terme. Pourquoi serait-ce moins important dans le cas du génocide arménien ?

RICE: Monsieur le membre du Cngrè, le pouvoir ici, c’est d’aider ces personnes à aller de l’avant. Après le meurtre dont vous avez parlé, les Turcs sont descendus dans les rues pour embrasser les Arméniens et leur dire que ce n’est pas de cette façon que les Turcs se comportent.
Le ministre des Affaires Etrangères lui-même a remis en question les arrestations pour atteinte au sentiment national turc. Je pense qu’il y a une évolution en cours dans une Turquie qui se démocratise, qui se démocratise devant nos yeux et où les Turcs seront capables de mieux faire face à leur histoire.
Et je crois qu’il vaut mieux laisser ces personnes essayer de faire face par elles-mêmes si elles veulent être capable d’aller de l’avant.
Nous devons nous poser la question : « Quel est le but ici ? » et je pense que le but ici est de reconnaître bien entendu la tragédie historique, mais le but est également de permettre aux Turcs et aux Arméniens d’aller de l’avant.
Et oui, la Turquie est un allié stratégique, et cela est important. Mais le plus important est que comme lors des tragédies historiques, comme lors des circonstances historiques de ce type, les peuples ont besoin de faire face et d’aller de l’avant.
CÂ’est ce que nous avons fait dans notre propre pays. CÂ’est ce que les gens ont fait en Europe. CÂ’est ce que les gens ont fait en Asie et je pense que...

SCHIFF: Madame la Secrétaire d’Etat.

RICE: ... c’est ce qu’il de mieux à faire pour les faire aller de l’avant ensemble.

LOWEY: Merci, M. Schiff.

Schiff Presses Secretary of State Rice on Armenian Genocide Recognition

© Traduction : T.P. & Collectif VAN (2007)



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