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Négationnisme du génocide arménien : l’effet domino
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction de l'éditorial de Harut Sassounian publié par The California Courier le 30 Août 2007. Harut Sassounian revient dans sa chronique sur les remous provoqués aux Etats-Unis par la position controversée de la Ligue Anti-Diffamation (ADL) envers le génocide arménien. Une par une toutes les pièces du négationnisme s’effondrent. L’ADL envisagerait d’aller au-delà de la reconnaissance du génocide arménien et pourrait soutenir la résolution en attente de vote au Congrès en dépit des relations que la Turquie entretient avec Israël.


L’effet domino de l’ADL : les négationnistes du génocide tombent un par un


De Harut Sassounian
The California Courier

Depuis bien trop d’années, Abraham Foxman et les leaders de l’ADL outrepassent le noble mandat de leur organisation, qui est de faire cesser “la diffamation du peuple juif,” en s’immisçant dans la politique internationale. L’ADL s’est apparemment auto désignée gardienne des intérêts stratégiques d’Israël et du bien-être des juifs dans le monde, particulièrement de ceux qui résident en Turquie. Ironiquement, tout en louant constamment la tolérance de la Turquie envers les minorités, l’ADL ne cesse d’exprimer ses inquiétudes relatives à la sécurité des quelques juifs qui restent dans ce pays.

Foxman et son groupe n’auraient pas été impliqués dans la controverse de la semaine passée, sur la reconnaissance du génocide arménien, s’ils s’en étaient simplement tenus à leur mission de lutte contre l’antisémitisme. Comme le faisait remarquer Herb Keinon dans son article du 24 août, paru dans le Jerusalem Post, l’ADL, outre le fait qu’elle n’aide pas Israël ainsi, se “met en travers du chemin” de la diplomatie israélienne en créant des complications inutiles et malvenues.

Les officiels de l’ADL ont agi comme s’ils étaient en charge de la sécurité Israël plutôt que comme les dirigeants d’une organisation américaine de droits civils, oubliant que les dirigeants dûment élus d’Israël étaient tout à fait capables de protéger non seulement les intérêts de leur pays, mais aussi ceux des leurs qui vivent en Turquie. Dans ce processus de fouille imprudente dans la politique, l’ADL n’a pas eu de scrupules à collaborer avec les négationnistes turcs, et même à faire du lobbying pour eux, pour bloquer le passage au Congrès de la résolution reconnaissant les faits du génocide arménien.

Grâce à une longue série de jugements imprudents et de décisions draconiennes, Foxman a réussi la semaine dernière à entraîner son organisation, la communauté juive-américaine et l’État d’Israël dans une controverse considérable qui a exaspéré non seulement la communauté arméno-américaine, mais également un grand nombre de juifs-américains et même le gouvernement d’Israël et de la Turquie.

Après avoir rejeté pendant des années tous les appels des Arméniens et d’autres, lui demandant de ne pas céder au chantage de la Turquie sur le génocide arménien, Foxman a arrogamment licencié la semaine dernière le directeur régional de l’ADL de Boston, celui-ci étant en désaccord avec la politique négationniste de l’organisation. Deux membres du Conseil régional ont démissionné en signe de protestation soulevant un tollé général. De nombreux leaders juifs-américains influents ont dénoncé publiquement Foxman. Le Boston Globe, le Los Angeles Times et bien d’autres journaux ont publié des articles à la une, des chroniques d’opinions, des éditoriaux et des lettres adressées aux éditeurs, s’opposant au style maladroit de Foxman de diriger l’ADL et questionnant le fait qu’une organisation dédiée à la lutte contre la discrimination et à la protection des droits civils puisse prendre part à la négation d’un génocide.

Suite aux demandes persistantes de la communauté juive-américaine, appelant à la démission de Foxman, l’ADL a fait une déclaration qui reconnaît pour la première fois que les massacres de masse des Arméniens “équivalaient à un génocide.” Beaucoup ont salué le renversement de la position de la politique de longue date de l’ADL, qui qualifiait le génocide de massacre, mais cette déclaration a généré une nouvelle controverse. De nombreux Arméniens et juifs n’ont pas été entièrement satisfaits, car la reconnaissance de Foxman n’était pas assez ferme. Ils ont été encore plus affectés par la déclaration de Foxman qui décrit la résolution sur le génocide arménien au Congrès comme étant “une diversion contreproductive qui n’encouragerait pas la réconciliation entre Turcs et Arméniens et qui pourrait mettre en danger la communauté juive turque ainsi que les relations multilatérales importantes entre la Turquie, Israël et les États-Unis.” Certains voient la déclaration moralement ambiguë de Foxman comme la continuation de ses efforts peu sages à jouer sur le plan politique avec la question du génocide : une tentative pour apaiser les Turcs tout en satisfaisant les critiques des Arméniens et des juifs.

Les leaders Turcs ont été choqués et inquiets de la déclaration inattendue de l’ADL, qui pourrait avoir comme effet d’éroder encore un peu plus le soutien juif aux efforts frénétiques de la Turquie pour bloquer la résolution sur le génocide arménien au Congrès. De plus, les officiels turcs ont été très inquiets du fait que d’autres organisations juives-américaines pourraient suivre, ce qui mènerait éventuellement à la reconnaissance du génocide arménien par Israël même.

Les leaders turcs ont immédiatement exprimé leur colère aux plus hauts officiels de l’État d’Israël exigeant qu’ils fassent pression sur l’ADL pour qu’elle se rétracte. Pris de surprise par le renversement de l’ADL sur la question du génocide arménien, les officiels israéliens ont rassuré les Turcs : la politique de leur pays ne changerait pas et ils contacteraient Foxman et son groupe, même s’ils ont dit qu’ils ne contrôlaient pas les actions des organisations juives-américaines.

Les pressions d’Israël et de la Turquie se faisant plus fortes sur l’ADL, Foxman s’est lancé dans un contrôle des dégâts en envoyant une lettre polie à Erdogan lui exprimant ses regrets pour les désagréments que lui avait causé la déclaration de son groupe. Erdogan, désirant impressionner ses compatriotes à la veille des élections présidentielles turques, a délibérément dénaturée la lettre de Foxman, la présentant comme s’il s’excusait et se rétractait.

Erdogan a de bonnes raisons d’être inquiet. Un jour après la déclaration de l’ADL, les choses ont empiré lorsque le Comité Juif Américain (AJC), qui pendant des années s’est ouvertement rangé aux côtés de la Turquie sur la question du génocide arménien, a fait faire une déclaration par son directeur exécutif, David A. Harris. Avec des mots soigneusement travaillés, Harris a reconnu le génocide arménien, affirmant que protéger la vérité historique devrait être la plus haute priorité du peuple juif.

Un officiel du Centre Simon Wiesenthal a déclaré au Jerusalem Post la semaine dernière que le génocide arménien devrait être reconnu en tant que fait historique en dépit “des ramifications politiques.” Nous avons “une obligation à dire la vérité à propos d’événements historiques– même si parfois cela nous créé certains problèmes,” a dit Dr. Efraim Zuroff, le chef des chasseurs de Nazis du Centre Wiesenthal.

Le Dr. Zuroff a été rejoint par Morton Klein, le président de l’Organisation Sioniste d’Amérique, qui a déclaré à l’agence Jewish Telegraphic la semaine dernière, qu’il est “impératif pour les juifs de reconnaître la vérité sur le génocide des Arméniens perpétré par les Turcs, en dépit des relations que la Turquie entretient avec Israël” Il a ajouté : “Il est enfin temps que la Turquie reconnaisse la vérité historique et passe à autre chose.”

L’effet domino continue. Un jour après les déclarations de l’ADL et de l’AJC, la Conférence des Présidents des Organisations Juives Américaines Majeures, le groupe d’affaires juif le plus important, a tenu une conférence téléphonique pour discuter de la position à adopter sur le génocide arménien.

Pour finir, Foxman a annoncé que l’ADL envisagerait d’aller au-delà de la reconnaissance du génocide arménien et pourrait soutenir la résolution en attente de vote au Congrès. Cette question serait mise à l’ordre du jour de l’agenda de politique nationale de l’organisation lors de sa prochaine réunion, le 1er novembre.

La seule question à présent est de savoir si la résolution sur le génocide arménien aura déjà été adoptée par la Chambre des Représentants au moment où l’ADL fera sa réunion le 1er novembre. Il faut espérer que ni l’ADL ni d’autres groupes juifs-américains ne feront de lobbying pour bloquer la résolution, envoyant un message clair aux membres du Congrès que la plupart des juifs-américains soutient, tandis que le reste ne s’y oppose pas.

Comme le disait votre auteur cité dimanche dernier dans le Boston Globe : “La vérité prévaut finalement sur toutes les diverses pressions et puissances politiques. Et cela a un effet domino. Une par une toutes les pièces du négationnisme s’effondrent.”

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 28 août 2007 - 08:25 - www.collectifvan.org





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