Aujourd'hui : Vendredi, 22 août 2014
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
PHDN
Adhérez au Collectif VAN
Le génocide arménien expliqué aux turcophones
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Comité international de soutien aux intellectuels de Turquie
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
La Turquie entre liberté d’expression et discours de haine
Publié le : 20-09-2007

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « La Turquie est un pays particulier où la liberté d’expression est toujours limitée mais où les discours de haine sont en général ignorés et impunis. Le dernier acte honteux est cette chanson/vidéo postée sur YouTube, qui glorifie ouvertement le meurtrier de notre collègue, Hrant Dink » analyse Yavuz Baydar dans le journal turc Zaman du 19 septembre. Le Collectif VAN vous en soumet la traduction.


Légende - photo :
Le chanteur Ismail Türüt dont la chanson glorifie ouvertement le meurtrier de Hrant Dink



YAVUZ BAYDAR y.baydar@todayszaman.com

19.09.2007

L’enfer pour la liberté d’expression, le paradis pour les discours de haine

“La Turquie, si je peux m’exprimer ainsi d’un point de vue américain, en tant qu’ami et objectivement, est arrivée à un tournant historique, avec une réelle opportunité pour vivifier ses réformes politiques et économiques qui l’ancreront dans l’Union européenne et qui augmenteront sa capacité à inspirer les réformateurs au-delà de la Turquie, dans ces pays qui sont à présent autocratiques, et qui nous l’espérons deviendront dans le futur un peu plus démocratiques.”

Ces mots sont ceux d’un diplomate de haut niveau, Nicholas Burns, sous-secrétaire d’État américain aux Affaires étrangères. Bien que le label “la Turquie est à un carrefour” ait été constamment utilisé depuis plus d’une décennie, il est bien évident que les élections ont produit le combustible nécessaire pour propulser le pays en avant.

Comme le fait remarquer Burns, une opportunité réelle, oui ; mais il y a des questions de bases auxquelles il faut s’attaquer si la Turquie doit “vivifier ses réformes politiques et économiques qui l’ancreront dans l’Union européenne et qui augmenteront sa capacité à inspirer les réformateurs au-delà de la Turquie.” Ces questions urgentes ont un rapport avec l’élargissement de la sphère de la liberté d’expression et comment traiter rigoureusement les discours de haine.

Comme je le faisais remarquer dans mon article précédent, le public -- y compris les politiciens, les chercheurs, et les médias -- sont confrontés à un autre dilemme, la Turquie entrant dans une phase critique de réformes fondamentales.

Nous devrions avoir aujourd’hui, après le meeting important du Parti Justice et Développement (AKP), une ébauche de constitution dont nous pourrons discuter en profondeur. La question est, pourrons-nous avoir un débat “libre”, tant que subsistent les articles problématiques du Code Pénal turc (TCK) tels que les articles 301, 288 et 318; et certains articles de la Loi des Partis Politiques.

La réponse est non, nous ne le pourrons pas. Pour certains sujets, une discussion libre et franche sur des points sensibles tels que le rôle de l’armée, l’autonomie pour les Kurdes ou le statut du Directorat des Affaires Religieuses, pourrait revenir à marcher dans un champ de mines. Le précédent créé par la Cour Suprême d’Appel dans le cas Oran/Kaboglu (basé sur l’Article 301), annulant l’acquittement de ces deux chercheurs, démontre clairement la gravité des perspectives de menaces similaires. La même Cour a lancé une enquête au sujet des députés du parti pro kurde Democratic Society Party (DTP) qui avaient émis des allégations contre l’Armée, un acte qui signifie que malgré leur “immunité” les politiciens ne sont pas libres de s’exprimer.
Le public dans sa globalité devrait avoir une “immunité” afin de pouvoir discuter librement de tout sujet fondamental concernant les réformes en Turquie, sans peur d’être inculpé. C’est le signe sine qua non d’un processus de réformes sain et prometteur.

Le gouvernement en est-il conscient ? Des doutes existent. Un point de vue, émanant des cercles de l’AKP, est que les articles comme le 301 doivent être amendés/abolis après l’instauration du nouvel ordre constitutionnel. Si cette position dangereuse n’est pas modifiée, l’AKP est condamné à perdre le contrôle entier du processus, qui en retour peut se transformer en un trou noir qui avalera le parti lui-même. Espérons que des gens comme Abdullah Gül, Bülent Arınç et Zafer Üskül attireront l’attention de la direction de l’AKP sur ce point.

La Turquie est un pays particulier où la liberté d’expression est toujours limitée mais où les discours de haine sont en général ignorés et impunis. Le dernier acte honteux est cette chanson/vidéo postée sur YouTube, qui glorifie ouvertement le meurtrier de notre collègue, Hrant Dink. Lorsque nous avons attiré l’attention sur cet acte dans la presse turque, les réactions du chanteur et de quelques-uns de ses supporteurs n’ont pas été des réactions de défense, mais d’agression. C’est une attitude qui prévaut toujours en Turquie, malgré les résultats des élections. Pas un jour ne se passe sans qu’un journal ou une chaîne de télévision ne répande de la haine, des mensonges, de l’antisémitisme et de l’hostilité envers certains pays/nations. Il y a quelques jours, un auteur sportif a traité un joueur de football allemand de “Gestapo.”

Le plus triste dans tout ceci, c’est que tandis que les Cours et les procureurs (y compris les plus hautes Cours) sont très occupés et enthousiastes à inculper des gens qui ont “dénigré l’identité turque” ou “insulté l’Armée”, pratiquement aucun d’entre eux ne se préoccupent (ou n’osent pas) de traiter les cas relatifs au discours de haine. Le parlementaire DTP Akın Birdal a failli être assassiné en raison des articles haineux (sur lui) parus dans le journal Hürriyet; on a jeté des pierres sur le Patriarche arménien et il a été régulièrement menacé lorsque Tercüman a dressé un portrait de scélérat de Mesrob II -- le patriarche --, même après le meurtre de Dink ! Ces actes honteux durent depuis des années.

La bonne nouvelle c’est qu’un groupe de personnes est en train de préparer le lancement de “Surveillance des discours haineux” qui observera le spectre entier des publications et pour les cas manifestes, attirera l’attention de la justice sur ces derniers.

Comme vous pouvez le voir, nous avons beaucoup de problèmes à traiter avant de pouvoir vraiment parler.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 20 septembre 2007 - 17:02 - www.collectifvan.org

Turquie : incitation à la haine des Arméniens et des Juifs





Retour à la rubrique


Source/Lien : Todays Zaman



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org