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Turquie : négationnisme 301
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article en anglais paru sur Turkish Daily News le 26 septembre 2007. Inutile de s’appesantir en commentaires divers et variés concernant cette démonstration magistrale offerte par le journaliste turc C.Cem Oguz. S’il voulait offrir un condensé du « négationnisme à la turque » il ne s’y serait pas pris autrement. Tout y est : désinformation, négationnisme, révisionnisme, cynisme, le tout arrosé d’un zeste de culot. Décidemment, le tir groupé de la presse turque en verve ces derniers jours, nous offre une image accablante de l’intelligentsia turque. Il est temps que les véritables démocrates turcs se révoltent contre ce formatage désastreux. Au vu du sort qui est réservé aux plus courageux d’entre eux, on ne peut néanmoins les blâmer de leur silence…


Légende photo: Aram Hamparian

Le Patriarche Moutafian et la version arménienne du 301 (Ière partie)


Mercredi 26 septembre 2007
C. Cem OĞUZ

Cela ne fait pas de doute, une solution à la célèbre dispute arméno-turque qui tourne principalement autour du génocide arménien est vraiment impérative. Et pourtant, je regrette de devoir dire que les perspectives de solution ne semblent pas prometteuses. Dans pratiquement chaque discours, ceux émanant des Occidentaux en particulier, il est devenu très à la mode de parler de besoin de réconciliation avec le passé. Mais personne à ce jour n’a expliqué ce que signifie réconciliation avec le passé. Quelles sont vraiment les conditions préalables à ce concept vague et abstrait ? Qu’est-ce que la partie arménienne comprend par réconciliation ? Et enfin, devrait-elle être unilatérale, signifiant ainsi qu’elle ne s’applique qu’aux Turcs ?

Car dans réconciliation, au sens propre du concept, il doit exister un désir réciproque. Encore plus important, la réconciliation dépend finalement de la société civile et non des gouvernements. Donc, tant que la question suivante reste sans réponse, je ne peux malheureusement pas croire qu’il est réaliste de parler d’une réconciliation turco-arménienne : est-ce que nos chers amis arméniens ont réussi à se réconcilier avec leur passé, ou ont-ils aussi une attitude négationniste, tentant aveuglément de se convaincre qu’ils ne sont que des victimes sans culpabilité aucune ?
Réconciliation, oui -- mais pour tous !

Je ne crois malheureusement pas que la réponse à cette question est oui, ils ont réussi, pour quatre raisons très simples : premièrement, pour les Arméniens véhéments, les militants, toute solution à la dispute ne signifie rien d’autre qu’une reddition sans condition de la Turquie. Ils vivent dans un monde de rêves. La grande majorité des messages que m’envoient mes lecteurs arméniens donne un bon exemple de cet état d’esprit. Parfois, je ne peux en croire mes yeux lorsque je vois le contenu et la substance de ces messages si profondément éloignés de la réalité. Comme je l’ai dit précédemment, ils ont même la témérité de demander aux Turcs, par mon biais, de quitter leur terre. Je ne crois pas qu’une telle ligne de pensée est prête à faire un compromis. Sans compromis, cependant, il n’y aura pas de solution.

Deuxièmement, les institutions arméniennes qui sont censées représenter la société civile du côté arménien, n’aident pas vraiment. Ceux qui vivent en Arménie sont manifestement sous le strict contrôle du gouvernement. Étant donné les caractéristiques du régime arménien aujourd’hui, je ne pense pas qu’ils puissent agir de façon autonome. Les Arméniens de la diaspora, d’un autre côté, pensent qu’ils sont les emblèmes principaux et les plus importants de la cause nationale.

Troisièmement, le génocide est devenu une part essentielle de l’identité arménienne. Nos amis arméniens eux-mêmes admettent que le souvenir, après tout, a été le bastion de l’identité arménienne. Le génocide est ce qui est censé les unir. Ce seul phénomène leur fait constamment ignorer l’autre facette du problème. Ceci est manifestement une impasse, car lorsque la domination d'un empire s’effondre, de multiples versions du souvenir surgissent, chacune formant et mobilisant des souvenirs nationaux respectifs pour chaque Etat qui lui succède ou pour chacun de ses ex-citoyens. Toute réconciliation des mémoires en conflict, à son tour, suppose un dialogue graduel des souvenirs, puisque chaque partie impliquée s’en tient à sa propre version des faits et se tient pour victime. Et donc, plus nos amis arméniens mettent s'accrochent à leurs souvenirs, plus le peuple turc s’en tient à sa propre version et se tient pour victime.

Pour finir, aucune des deux parties ne tolère la pensée critique. Le gouvernement turc a été, à juste titre, critiqué depuis un certain temps maintenant, à propos de l’article 301 du Code pénal turc. Nos amis arméniens, cependant, ne sont pas immunisés contre une telle barrière mentale. Juste un petit exemple, à ce sujet : j’ai beaucoup de respect pour le Patriarche Arménien Mesrob Moutafian II, depuis que je l’ai entendu dire, lors d’un symposium qui s’est tenu à Kayseri l’an dernier, qu’il n’est pas éthique pour les Arméniens et les Turcs d’ignorer les responsabilités les uns des autres ou de rejeter complètement la faute sur l’autre, bien que les responsabilités n’aient pas été égales dans leurs conséquences brutales. Cette noble approche de la controverse nettoyée d'instincts humains potentiellement inflammables, tels que la vengeance sert vraiment de feuille de route pour un dialogue constructif et sain entre les deux peuples.

La semaine dernière cependant, son allocution à l’Université de Georgetown, aux États-Unis, intitulée : « Les Turcs et les Arméniens doivent sortir de l’Impasse », a été ajournée, prétendument pour cause de problèmes logistiques. Or, on a appris plus tard que la raison principale de cet ajournement était en réalité due à la forte pression exercée par les organisations de la diaspora arménienne aux USA., en particulier par le très influent Comité National Arménien d’Amérique (ANCA), qui est depuis longtemps en désaccord avec l’attitude conciliante du Patriarche envers le génocide arménien. Le Directeur exécutif de l’ANCA, Aram Hamparian, a décrit le Patriarche comme étant un otage virtuel, et a argumenté en disant que le Patriarche, dont la vie a été menacée de nombreuses fois, serait obligé, comme il l’a été dans le passé, de suivre la ligne du gouvernement turc .Pourtant, ne pensez-vous pas que cette attitude puisse être considérée comme une sorte de version arménienne de l’article 301 ? Ne pensez-vous pas que cela pourrait être considéré comme une version arménienne de l’article qui pénalise l’insulte à l’identité turque et la trahison à la cause nationale turque ?

Nous continuerons demain avec "Les perceptions turques" et quelques suggestions supplémentaires.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 27 septembre 2007 - 14:41 - www.collectifvan.org

Lire la deuxième partie de l'article

Génocide arménien : les perceptions turques





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Source/Lien : Turkish Daily News



   
 
   
 
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