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Turquie : les démocrates désespérés par l'Article 301
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Est-ce un combat désespéré pour la justice ? Les intellectuels turcs ressentent un sentiment de perte de foi totale en la justice. Pour être capable d’avancer d’une étape sur la route de l'Europe, Ankara devrait faire quelque chose à propos de l’Article 301, "sans plus attendre". Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article de Yavuz Baydar paru en anglais dans le journal turc Zaman le 03 octobre 2007.


YAVUZ BAYDAR

ZAMAN

'Sans plus attendre'

3 octobre 2007

"Aime-le ou quitte-le." Alors que nous nous tenions à l’entrée du Palais de Justice de Besiktas lundi matin -- une poignée de journalistes, de collègues et d’amis de Hrant Dink -- ce fut comme si l’emblème apposé à l’avant du bus qui a amené le meurtrier et ses complices suspectés, y avait été mis délibérément.

"Aime-le ou quitte-le." C’est le slogan que des centaines d’insoumis et d’intellectuels ont entendu ici au cours de ces 25 dernières années, d’un ton chaque fois plus menaçant, émanant de ceux s’auto-déclarant "propriétaires du pays." À présent, il a pris une autre forme plus audacieuse; il était, il a été mis là comme pour que l’on puisse identifier facilement l’application de la loi "indépendante".

Ce fut une triste scène, à commencer lorsque la foule s’est rassemblée au petit jour pour marquer sa demande ferme de justice. Ce n’était pas une foule immense, principalement composée de jeunes, mais elle comprenait des reporters, des observateurs étrangers et quelques chercheurs.

Hrant Dink, assassiné haineusement dans la rue, était un éditeur. Comme pour le procès précédant, il n’y avait pas le moindre éditeur en chef en vue. Il était directeur de publication. Et pourtant, il n’y avait ni directeur de publication ni aucun propriétaire de média en vue. Il n’y avait qu’une petite foule tendue, en deuil, pour "représenter" la conscience publique de la Turquie.

"C’est le problème," m’a murmuré un collègue. "Je suis las de l’indifférence ; elle paraît être sans fin. Combien de temps encore cette poignée de personnes sera-t-elle capable de faire du bouche à bouche à la liberté? C’est comme si nous étions toujours sur la défensive. J’ai envie d’abandonner."
Je ne savais pas quoi dire. C’est du "bouche-à-bouche". Sans parler du fait que vous devez agir seul ; et prendre ce "Aime-le ou quitte-le" très sérieusement au final. Vous ressentez cette ambiance très distinctement.

Est-ce que c’est un combat désespéré pour la justice ? D’un certain angle, ça l’est. Alors que je regardais encore une fois Rakel Dink, la femme adorée de Hrant, entrer dans le tribunal, parlant à ses amis proches et à sa famille, j’ai ressenti un sentiment de perte de foi totale en la justice. "Après tout", a dit quelqu’un, "quel procès pour meurtre politique se termine d’une façon qui satisfait notre conscience? Aucun. Je ne vois pas pourquoi celui-là nous donnerait un soupçon d’espoir."
Pourtant, la différence entre avant et maintenant, c’est que la Turquie est, après tout, en train de négocier son adhésion à l’Union européenne. Il y a un grand avantage-- si cela fonctionne. La prise de conscience est là ; pour être capable d’avancer d’une étape, Ankara devrait faire quelque chose à propos de l’Article 301. Si le climat de liberté n’est pas instauré réellement, pas un citoyen de ce pays ne se sentira encouragé, ou "en sécurité", quant à participer aux discussions sur la réforme. Le 301 est le mur érigé par ce même gouvernement qui est si désireux de rejoindre l’UE -- s’il est sincère.

Puisque l’on mentionne le processus d’adhésion, il faut alors se rappeler la phrase célèbre qui a sauvé la route de Turquie vers l’Europe. Avant la décision finale de début des négociations, l’UE qui réfléchissait toujours à la candidature, a finalement accepté que la Turquie entame les négociations "sans plus attendre." Cette phrase fut de nouveau prononcé. Cette fois, c’était Olli Rehn, le commissaire à l’élargissement, qui a dit que l’Union européenne avait attendu un changement depuis 2004, et avait appelé le gouvernement à, soit abolir cet article ou à le modifier comme il le fallait "sans plus attendre."

Pourtant, ce qui va être fait, si quelque chose est fait, à propos du 301 est -- c’est le moins que l’on puisse dire -- très incertain. Un article du Today's Zaman fait supposer que le gouvernement a demandé à deux experts juridiques de préparer des "alternatives" au 301. Ce qui paraît être une tactique pour gagner du temps, de la part du Parti Justice et Développement (Parti AK ), qui aurait pu prendre le taureau par les cornes -- il est le parti victorieux auquel on a donné un mandat clair pour éliminer tous les obstacles ridicules aux réformes. Le Parti AK a déjà des alternatives entre les mains.

Il devrait faire ce qui suit: (1) abolir immédiatement les peines de prison (dues à cet article) et les remplacer par des amendes symboliques; (2) Autoriser le ministre de la Justice à donner la permission d’engager des procès contre les gens; et (3) déclarer nuls et non avenants tous les actes d’accusation basés sur l’Article 301.
Une fois que ces mesures "temporaires" sont en place, commencer le travail d’abolition de la phrase "dénigrer l’identité turque", avant ou pendant le processus de modification de la constitution.

Le procès du meurtre de Dink est un test décisif pour la démocratie turque. Son résultat, ainsi que ce qu’il va arriver aux personnes - citées dans le cas de Dink, dans cet état bureaucratique, définira l’avenir de la diversité de ce pays. Non seulement il établira une confiance dans la justice, mais il montrera que le mauvais modèle a été brisé.

Est-ce la direction que nous prenons ? Il est vraiment trop tôt pour le savoir.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 04 octobre 2007 - 08:35 - www.collectifvan.org





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Source/Lien : Todays Zaman



   
 
   
 
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