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Rescapés d'un génocide, ils ont fui le Darfour pour gagner une "Terre promise"
Publié le :

De notre envoyé spécial à Eilat PATRICK SAINT-PAUL.
Publié le 10 octobre 2007
Actualisé le 10 octobre 2007 : 08h47

Après avoir accordé des visas à 500 réfugiés africains, l'État hébreu, face aux défis de l'immigration clandestine, a décidé de reconduire à la frontière égyptienne les nouveaux arrivants.

RÉPUTÉS pour leur grande taille, les réfugiés Dinkas du Sud Soudan sont visibles partout à Eilat, où ils sont capables de laver, sans escabeau, les vitrines des boutiques. En mal de main-d'oeuvre bon marché, la station balnéaire du sud d'Israël accueille aussi à bras ouverts les exilés éthiopiens, érythréens ou ivoiriens. En dépit de leur appartenance majoritaire à l'islam, les Darfouris, particulièrement choyés dans ce nouvel eldorado pour réfugiés africains, bénéficient d'un statut à part. Car Israël s'identifie au parcours des rescapés du génocide du Darfour, qui ont traversé l'Égypte et le Sinaï, pour rejoindre la Terre promise. Et l'État se retrouve désormais déchiré entre son devoir moral et ses impératifs sécuritaires.

Les réfugiés du Darfour ont commencé à affluer en Israël en février 2006, traversant clandestinement la frontière égypto-israélienne dans le désert du Sinaï. « Lorsque j'ai vu à la télévision, que les réfugiés du Darfour, arrêtés à la frontière, étaient traités comme des criminels et jetés en prison après leur périple incroyable pour échapper au génocide du Darfour, j'ai décidé que je devais les aider », raconte Ettie Kricheli, responsable du centre de recrutement de la chaîne hôtelière Isrotel. Avec son patron, ils mettront deux mois, pour convaincre les autorités israéliennes de laisser les réfugiés sortir de prison, pour venir travailler dans les hôtels d'Eilat en attendant que leur situation se clarifie.

Logés et nourris, ils touchent un salaire de base de 800 euros par mois, une manne inespérée. « Au bout de quelques jours, ils ont téléphoné en Égypte pour dire à leurs amis et leurs familles que c'était le paradis ici. Ça a provoqué une véritable déferlante d'immigrés », raconte Ettie. Ces derniers mois, près de 3 000 réfugiés venus d'Afrique se sont infiltrés en Israël. Parmi eux, plus d'un tiers est originaire du Soudan, dont quelque 500 Darfouris.

Ils ont choisi l'État hébreu, plutôt que l'Espagne, la France ou l'Italie, parce qu'Israël possède une frontière terrestre avec l'Afrique, leur évitant ainsi une périlleuse traversée de la Méditerranée. Après avoir payé entre 1 000 et 2 000 dollars leur périple à travers l'Afrique, ils ont été acheminés par des passeurs bédouins jusqu'à la frontière, longue de 200 km et mal sécurisée, qui sépare le Sinaï égyptien d'Israël. Âgé de 23 ans, Souleiman Ibrahim a fui son village du Darfour il y a sept ans. Il a marché plusieurs semaines jusqu'à Khartoum, laissant derrière lui sa famille et la guerre. « J'étais mal traité à Khartoum, raconte Souleiman. Au bout de quelques mois, j'ai donc décidé de poursuivre ma fuite vers l'Égypte ».

Enfin en sécurité

Souleiman y passera deux ans et demi, ballotté d'un village à un autre à la recherche de travail. « En Égypte, je travaillais pour 40 dollars par mois, pendant quelque temps, puis plus rien, explique-t-il. Certains d'entre nous étaient battus, d'autres réduits en esclavage. Nous n'étions pas libres. On nous a toujours appris qu'Israël est un pays ennemi. J'ai voulu voir à quoi ça ressemble, parce que le niveau de vie y est comparable à celui de l'Europe. » Souleiman a été recueilli à la frontière par Ettie et a immédiatement trouvé un emploi au Royal Beach Hotel, un palace d'Eilat, où il fait la plonge et le ménage. « Je suis bien payé, dit-il. Israël respecte les droits de l'homme. Ici je suis enfin en sécurité. »

Le gouvernement a décidé d'accorder un statut de réfugié à quelque 500 rescapés du Darfour, une mesure sans précédent en Israël, qui pour la première fois de sa courte histoire, doit faire face aux défis de l'immigration clandestine. Désormais, les nouveaux arrivants sont reconduits à la frontière égyptienne. Le ministre de l'Intérieur, Meir Sheetrit, estime qu'Israël ne peut rester insensible au sort des réfugiés. « En raison de son histoire, Israël doit offrir une assistance, affirme-t-il. Nous ne pouvons pas fermer les yeux, mais un quota doit être fixé. » « Nous ne voulons pas devenir la terre promise des réfugiés africains », renchérit Miri Eisin porte-parole du premier ministre.

Migrants d'un pays ennemi

Les plus chanceux ont été accueillis à Eilat, ou dans des kibboutz. Les autres sont entassés à la prison de Ketziot. Eilat compte désormais 1 000 réfugiés sur 58 000 habitants. « Nous faisons une grande mitzvah (un acte de bonté humanitaire) en leur offrant du travail, un logement et en scolarisant leurs enfants, se réjouit Dori Ganiel, en charge des réfugiés à la mairie d'Eilat. Mais leur présence ici pose des problèmes. Ils ne sont pas juifs et ont des difficultés à s'intégrer. Certains abusent de l'alcool et ont des comportements violents. Et puis, il est possible que certains parmi eux soient des espions ou des terroristes appartenant à des réseaux dormants, qui un jour nous attaquerons. Nous ne pouvons pas en accueillir davantage ».

Légalement, les réfugiés du Soudan sont considérés comme des « migrants venus d'un pays ennemi » en Israël, ce qui complique leur situation. « Certains d'entre eux ont été jetés en prison et y croupissent toujours, sans même que leur dossier ait été examiné afin de déterminer s'ils ont droit ou non au statut de réfugié », s'insurge Romm Lewkowicz, porte-parole de Ligne ouverte pour les travailleurs immigrés. Il accuse Israël de violer une clause de la Convention de Genève promue par l'État hébreu après la Seconde Guerre mondiale, faisant état des obligations envers les réfugiés issus d'un pays ennemi. Israël avait promu cette clause, en se souvenant que la Grande-Bretagne avait accueilli des Juifs ayant fui l'Allemagne nazie.





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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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