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Génocide arménien : passer aux Réparations et Restitution
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction de la chronique de Harut Sassounian publiée par The California Courier du 06 décembre 2007. L’éditorialiste arméno-américain est très clair : « La reconnaissance d’un fait historique ne peut être considérée comme une revendication. La justice exige que le criminel soit puni, que des compensations soient payées, et que les biens mal acquis grâce au génocide soient restitués à qui de droit ».







Les Arméniens demandent justice, et non la reconnaissance


De Harut Sassounian
Publié par The California Courier

Editorial de Sassounian du 6 Déc. 2007

Le National Herald, un hebdomadaire greco-américain, a publié la semaine dernière une longue interview de votre auteur, sur le sujet de la reconnaissance du génocide arménien. Cet éditorial s’inspire des idées exprimées lors de cette interview.

La Cause Arménienne ne tourne pas autour de la reconnaissance du génocide, mais de la quête de justice qui implique que les victimes arméniennes reçoivent des compensations.

Se souvenir du génocide, c’est également, pour les générations des descendants d’Arméniens, garder vivant le rêve et l’espoir qu’un jour ils regagneront leur terre historique.

Les Arméniens doivent repenser leur approche de la poursuite de leur cause et présenter leurs demandes d’une manière plus efficace. La Chambre des Représentants a déjà adopté par deux fois la résolution sur le génocide arménien, en 1975 et en 1984. Le Président Reagan avait fait une déclaration présidentielle en 1981, qui faisait référence au génocide arménien. Plus de 20 pays, le Parlement européen, une sous-commission des Nations-Unies sur les droits de l'Homme et de nombreux chercheurs sur le génocide et l’holocauste ont reconnu le génocide arménien. Par conséquent, continuer à rechercher la reconnaissance du génocide par la communauté internationale n’est plus nécessaire ; cela détourne l’attention des objectifs politiques arméniens bien plus importants.

Voilà des décennies que les Arméniens émettent leurs trois revendications : "Reconnaissance" du génocide, "Réparations" pour les pertes subies et "Restitution" de leurs territoires -- dans cet ordre. Ils ont répété ces trois “R” si souvent, que même les dirigeants turcs qui surveillent attentivement toute déclaration arménienne, les connaissent par coeur.

C’est pourquoi Arméniens et Turcs ont la même vue faussée de ce qu’est la Cause Arménienne. Les deux parties croient à tort qu’une fois que le génocide aura été reconnu par les Turcs et les autres, les Arméniens entameront un processus de demandes de réparations et du retour de leurs terres. C’est la raison principale du refus catégorique des Turcs de reconnaître le génocide arménien. Ils ont peur, en acceptant le génocide, d’être obligés d’effectuer des compensations financières et de rendre les terres usurpées aux Arméniens. Connaissant pertinemment l’ordre des trois R, les Turcs refusent ingénieusement de reconnaître le génocide -- la première exigence -- et ce faisant, ils contrecarrent les deux demandes arméniennes suivantes.

Les Arméniens ne devraient pas tomber dans le piège turc qui consiste à bloquer la revendication numéro un. Puisque la reconnaissance du génocide a déjà eu lieu, ils devraient immédiatement passer à la deuxième et à la troisième revendication. Il n’y a aucune condition préalable pour que les Turcs, ou les U.S.A, ou n’importe qui d’autre sur cette question, aient à reconnaître le génocide avant que les Arméniens puissent entamer une action en justice. Les Arméniens devraient présenter leurs revendications auprès des Cours nationales et internationales compétentes, que les Turcs reconnaissent ou non le génocide.

Est-ce que justice est faite lorsque quelquÂ’un assassine votre famille et que les descendants du meurtrier, qui vivent toujours sur votre terre, admettent simplement 100 ans plus tard quÂ’un tel crime a bien eu lieu ? Voudriez-vous vous contenter de remercier les descendants qui reconnaissent le crime ou nÂ’insisteriez-vous pas pour que les biens de votre famille vous soient rendus ?

La reconnaissance du génocide par les Turcs, ou d’autres, n’est pas une occasion pour les Arméniens de sauter de joie. Le génocide est un fait indéniable. Les Arméniens savent qu’il a été perpétré. Le monde civilisé sait qu’il a été perpétré. De nombreux Turcs le savent également. La reconnaissance d’un fait historique ne peut être considérée comme une revendication. La justice exige que le criminel soit puni, que des compensations soient payées, et que les biens mal acquis grâce au génocide soient restitués à qui de droit.

Manifestement, les Turcs ne vont pas volontairement rendre les territoires arméniens, même si les revendications des Arméniens sont tout à fait légitimes. Personne ne donne un mètre de terre à qui ce soit, à moins qu’il n’y soit contraint. Alors, comment faire pour qu’une telle exigence devienne réalité ? On peut le faire en gardant les rêves et les espoirs vivants et en les transmettant aux nouvelles générations, comme l’ont fait les juifs qui ont proclamé "l’an prochain à Jérusalem" pendant deux mille ans. Cette juste exigence du retour des terres historiques pourrait disparaître si les Arméniens abandonnaient leurs rêves unilatéralement et perdaient tout espoir de retrouver un jour leurs terres ancestrales.

Il n’existe pas un pays dans l’histoire, dont les frontières sont restées inchangées. Des empires puissants ont vu le jour et ont disparu. De même, la République de Turquie ne conservera pas ses frontières actuelles pour toujours. Personne ne sait ce qu’il se passera les 30 ou 300 prochaines années, mais si les Arméniens renonçaient à leurs revendications maintenant, ils perdraient à jamais la chance de regagner quoi que ce soit. Les Arméniens doivent continuer à rappeler à leurs enfants, pour les générations à venir, que ces terres qui leur ont été injustement volées seront un jour restituées à leurs propriétaires légitimes.
Plutôt que de demander la reconnaissance du génocide, les Arméniens devraient demander que justice soit faite.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 05 décembre 2007 - 15:16 - www.collectifvan.org




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