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Génocide arménien : Erdogan et Gül, Prix Nobel de la Paix ?
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - La polémique autour de l’éditorial de Harut Sassounian (Turcs/Arméniens : Réconciliation ou Justice ?) enfle et met en émoi la presse turque (Génocie arménien/Turquie : la presse nationaliste s’inquiète).
Le célèbre éditorialiste récidive cette semaine. De quoi rendre encore plus nerveux les "réconciliationnistes" de tous bords…
« La reconnaissance du génocide bénéficierait bien plus aux Turcs qu’aux Arméniens. Les Turcs auraient tout à y gagner et presque rien à y perdre. Les dirigeants turcs recevraient les félicitations du monde entier, voir même un Prix Nobel de la paix, pour avoir "courageusement" affronté l’horrible passé de leur nation. L’entrée de la Turquie dans l’Union européenne en serait facilitée et ses défauts dans d’autres chapitres seraient ignorés ». On a beau dire, Erdogan et Gül, Prix Nobel de la Paix, c’est quand même un scénario qui fait frémir…
Le Collectif VAN a le plaisir de vous offrir la traduction de cette chronique hebdomadaire.

Photo: Harut Sassounian

Les Turcs auraient plus à y gagner que les Arméniens à reconnaître le génocide


De Harut Sassounian
Publié par The California Courier

Editorial de Sassounian du 20 Déc. 2007

Des centaines de journaux, de sites Internet, de dépêches, d’émissions de radio et de télévisions en Turquie, en Azerbaïdjan, en Arménie, en Russie, en France et dans bien d’autres pays s’en sont donné à cœur joie avec mon article, "Les Arméniens demandent la justice, et non la reconnaissance."

Voici quelques-uns des titres parus dans les médias turcs la semaine derrière : "Un éminent journaliste arménien: 'Notre but est d’obtenir des compensations et le retour de notre terre de Turquie'" (Hurriyet); "Sassounian: 'Notre but est d’obtenir des territoires de Turquie'" (The New Anatolian); "Le temps ne joue pas pour l’Arménie" (Turkish Daily News); "Les Arméniens cherchent à obtenir des territoires et des compensations" (Aksam); et "Appel pour une stratégie arménienne" (Radikal).

Il est quelque peu surprenant que les médias turcs aient couvert aussi largement cet article qui suggérait simplement de changer l’ordre de la séquence des exigences arméniennes. Ce qui est encore plus surprenant, c’est que les officiels du Département d’État aient exprimé un sérieux intérêt pour cet article.

Les officiels turcs et américains savent depuis des décennies que les Arméniens ont toujours cherché à obtenir la "reconnaissance" du génocide, une "restitution" pour les pertes subies et le "retour" de leurs terres. La seule idée nouvelle dans mon éditorial était que les Arméniens ne devraient pas chercher à obtenir les "3 R" dans l’ordre ci-dessus mentionné. J’ai suggéré que les Arméniens, qui ont déjà obtenu la reconnaissance du génocide par la communauté internationale, devraient immédiatement s’atteler aux deux demandes suivantes. Ce faisant, ils éviteraient de tomber dans le piège turc qui consiste à être bloquer à jamais sur la demande numéro un. Connaissant parfaitement bien la nature séquentielle des demandes arméniennes, les négationnistes turcs ont intelligemment refusé de reconnaître le génocide - la première demande - bloquant ainsi la poursuite des deux autres.

En dépit du grand intérêt turc provoqué par mon article, mon intention réelle était de rappeler aux Arméniens que leur but fondamental tourne autour de la demande numéro trois -- que justice soit faite envers une nation qui n’a pas seulement été massacrée, mais que l’on a de plus dépossédée par la force de son droit inaliénable de vivre sur sa propre terre.

Après avoir consacré tant de temps et d’énergie à la poursuite de la reconnaissance du génocide arménien, et ayant atteint cet objectif, les Arméniens ne devraient pas se fourvoyer et croire qu’ils ont réalisé leur aspiration suprême. Un tel faux sens d’accomplissement comporte un risque majeur. Si le gouvernement turc venait un jour à reconnaître le génocide, la plupart des Arméniens pourrait considérer cela comme une résolution finale réussie vis-à-vis de leurs demandes à la Turquie.

En réalité, la reconnaissance du génocide bénéficierait bien plus aux Turcs qu’aux Arméniens. Les Turcs auraient tout à y gagner et presque rien à y perdre. Les dirigeants turcs recevraient les félicitations du monde entier, voir même un Prix Nobel de la paix, pour avoir "courageusement" affronté l’horrible passé de leur nation. L’entrée de la Turquie dans l’Union européenne en serait facilitée et ses défauts dans d’autres chapitres seraient ignorés. De plus, une telle reconnaissance n’aurait aucune conséquence négative juridique ou politique pour la République de Turquie.
Ce déplacement suggéré d’objectif, de la reconnaissance du génocide à l’exigence de justice pour le peuple arménien, a semé la confusion dans la stratégie de négation du génocide de la Turquie. Si, au cours des années, les divers gouvernements turcs ont développé des mécanismes élaborés en vue de contrer les accusations de génocide, tels que payer des entreprises de lobbying et exercer des pressions sur les autres gouvernements, Ankara est complètement impuissante quant à savoir comment traiter la demande de justice émanant des Arméniens !

Par exemple, un important propagandiste turc, Semih Idiz, qui répondait à mon article, s’est rabattu sur ce coup éculé consistant à tenter de créer une rupture artificielle entre l’Arménie et la diaspora, sur les demandes faites à la Turquie. En essayant de contredire mon affirmation, que jamais les frontières d’un pays ne sont restées inchangées au cours de l’histoire, Idiz déclare, de façon incroyable, que les frontières de la Turquie n’ont pas changées depuis "l’époque romaine." En réalité, les frontières actuelles de la République de Turquie ont été créées il y a moins de 100 ans ! Idiz essaie aussi d’utiliser un vieux tour de passe-passe en déclarant que mon article rend "les purs et durs en Turquie encore plus intransigeants envers tout ce qui concerne les questions arméniennes." Une telle accusation, non fondée, insinue que les Turcs "purs et durs " étaient sur le point de faire des concessions majeures aux Arméniens, mais qu’ils en ont été dissuadés après avoir lu mon article !

Enfin, il y a eu encore plus d’émoi sur le site Internet "armworkshop" après mon denier article. Certains "réconciliationnistes" turcs et arméniens sont devenus très nerveux en voyant leurs propos reproduits dans mon éditorial. Dans son message, Utku Diril a demandé avec indignation : "Quelqu’un a-t-il le droit de prendre une conversation de cette liste et de la publier n’importe où ?" Sebouh Aslanian a tenté de rassurer en lui fournissant des conseils juridiques non valables. La publication de ces messages postés sur "armworkshop" est "non seulement hautement malhonnête, mais probablement illégale", écrit Aslanian.

Dickran Abrahamian a révélé qu’il partageait le point de vue "maximaliste" sur les questions arméno-turques. Cependant, il a dit qu’il restait silencieux sur la plupart des sujets afin d’éviter d’être "jeté" de "armworkshop" Il s’est demandé pourquoi, lorsque des éditoriaux turcs sont postés sur "armworkshop," pas un des membres n’émet d’objection, mais lorsque l’éditorial de Sassounian est posté, il "met les nerfs à vifs?"

Il est à noter que l’important et raisonnable homme d’affaires Osman Kavala a écrit dans son message sur "armworkshop" : "Il n’est pas possible de rejeter le sujet des compensations aussi facilement. On peut trouver le sujet controversé, irréaliste [et] nuisible aux priorités stratégiques, etc., mais il est clair que, contrairement au 'retour de la terre,' il [le sujet des compensations] restera un thème dont il faudra discuter au cours du processus de réconciliation."

Tout en continuant de contrer les efforts turcs de désinformation sur le génocide arménien, il incombe aux Arméniens de transférer toute leur attention sur l’exigence de justice pour les Arméniens, qui entraîne le retour des terres et des biens qui appartenaient à leurs ancêtres.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 18 décembre 2007 - 13:05 - www.collectifvan.org




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