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Hrant Dink commémoré à Bruxelles
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN publie ce document paru sur le site de l'Info-Turk le 21 janvier 2008. A la soirée commémorative de Bruxelles, le journaliste turc Dogan Özgüden, président de la Fondation Info-Türk a fait une intervention remarquée. Il a cité Fatma Müge Göcek qui a écrit au sujet de Hrant Dink : "Depuis ton assassinat, cette année n'a été que chagrin, douleur et honte. Ta vie et ta mort nous emplissent de honte." Dogan Özgüden partage ce message de Müge mais contrairement à elle, il n'a pas peur d'y ajouter ces mots forts de sens : "La nation turque doit se débarrasser de cette honte non seulement par rendre justice dans l'affaire de Hrant Dink, mais également par la reconnaissance sans équivoque du premier génocide du siècle passé: le génocide des Arméniens et des Assyriens." Merci Monsieur Özgüden.


Les organisations issues de l'émigration politique en provenance de Turquie, l'Association des Arméniens Démocrates en Belgique, l'Institut Kurde de Bruxelles, les Associations Assyriennes de Belgique et la Fondation Info-Türk, ont commémoré samedi soir à Bruxelles le souvenir du journaliste arménien Hrant Dink.

Après la présentation de plusieurs films documentaires sur la vie et l'assassinat de Hrant Dink, l'Association des Arméniens Démocrates en Belgique a fait un exposé détaillé, en français, arménien et turc, sur les luttes de Dink et sur celles des autres victimes arméniennes appartenant à la génération de Dink: Armenak (Orhan) Bakir, Hayrabet Honca, Manuel Demir ainsi que Nubar Yalim, assassiné par des agents de l'Etat turc le 5 novembre 1982 à Utrecht.

Lors de la soirée, le journaliste turc Dogan Özgüden, président de la Fondation Info-Türk, a fait l'intervention suivante:

Avant venir ici, à cette soirée, j'ai suivi la commémoration déroulée sur les lieux où Hrant Dink a été assassiné, devant l'hebdomadaire Agos. Des dizaines de milliers réclamaient que justice soit faite.

Et une femme, Rakel Dink, pleine d'émotion et de détermination, criait:

"Un an plus tard, nous sommes ici pour vivre Hrant Dink… Ici, sur les trottoirs ensanglanté de son sang... On a essayé de nettoyer ce sang avec eau et savon. Est-ce possible?

La voix du sang ne peut se taire qu'avec la justice. Aujourd'hui vous êtes ici pour réclamer la justice.

La justice de mon pays, qu'est-ce qu'elle a fait contre ceux qui ont photographié le meurtre avec le drapeau turc?

Qu'est-ce que cette justice a fait contre ceux qui ont crié le nom de l'assassin dans les stades de foot: "Nous sommes tous Ogun"?

La justice de mon pays, qu'est-ce qu'elle a fait contre les gendarmes qui connaissaient tous, même avant l'arrestation du meurtrier, jusqu'à la marque de son arme.

Et le vice-préfet d'Istanbul qui avait menacé mon mari, qu'est-ce qu'elle a fait la justice de mon pays contre lui ?"

RienÂ…

Les enquêteurs glissent délibérément sur les liens qui existaient entre certains officiels, policiers ou gendarmes et le groupe de jeunes d’extrême droite de Trabzon.

Après avoir arrêté le meurtrier, des policiers ont posé fièrement à ses côtés devant le drapeau turc. Aucun de ces policiers et gendarmes n’a été ni poursuivi ni jugé.

Plus grave : les informations sur le projet d’assassinat données par un mouchard infiltré dans le groupe n’ont pas été prises en compte.

Les bureaux du Premier ministre ainsi que la Commission des droits de l’homme du Parlement ont également enquêté sur les carences de l’instruction mais leurs rapports n’ont pas encore été publiés.

Le ministère de l’Intérieur se défausse en mettant en cause l’absence «d’une bonne coordination entre les différents services de renseignement». Nombre des avocats de Hrant Dink sont en revanche convaincus qu’il s’agit «d’un assassinat officiel prémédité». A leurs yeux «des secteurs de l’Etat, et pas le gouvernement, dressent des obstacles à chaque étape de l’enquête et lors des audiences».

L'arme fatale qui a assassiné Hrant Dink n'était pas l'arme à feu utilisée par une marionnette. Cette arme fatale était l'Article 301 du Code pénal turc.

Au lendemain de l'assassinat de Hrant Dink, les forces démocratiques du pays ont dénoncé le climat xénophobe en Turquie, ainsi que le maintien dans le code pénal d’articles liberticides comme le 301 en vertu duquel les «insultes à la turcité» sont réprimées.

Un an est passé mais rien sur le fond n’a changé. Le 301 est toujours en vigueur. Malgré les engagements du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, il n’a été amendé que marginalement. Les poursuites judiciaires se poursuivent.

Rien n’a changé non plus sur le terrain de la lutte contre l’extrême droite xénophobe et les complicités dont elle dispose au sein de l’appareil d’Etat, notamment dans la police, comme l’ont montré les premières investigations après l’arrestation de l’assassin.

Oui, la justice turque n'a fait rien depuis un an. Par contre, l'assassinat des non-Turcs et non-Musulmanes se poursuit.

La justice a des occupations plus importantes que le meurtre d'un journaliste: Elle s'occupe de poursuivre des journalistes, intellectuels, artistes, défenseurs des droits de l'Homme, dirigeants et élus kurdes.

En effet, la tâche de la justice de la République turque, depuis quatre-vingt cinq ans de, n'est que poursuivre les opposants du régime militaro-kémaliste.

Ce matin, j'ai étudié encore une fois la biographie de Hrant Dink.

Il est né à Malatya en 1954.

A cette date-là j'étais un jeune journaliste à Izmir. Un an plus tard, j'ai vu avec mes yeux le déchaînement raciste et la sauvagerie lors du pogrom de 1955 contre non seulement les Grecs, mais aussi les Arméniens et les Juifs.

Après la proclamation de la loi martiale, la justice turque, au lieu de poursuivre les responsables de cette sauvagerie, n'a arrêté que des gens de gauche.

La justice turque fait partie d'un régime qui reste toujours répressif contre ses opposants et les minorités ethniques, religieuses du pays.

Dans la biographie de Hrant, une période a retenu mon attention: les années 60. "En 1961, laissés à leur propre sort, Hrant et ses deux frères vont errer pendant trois jours avant d'être retrouvés endormis, affamés et misérables à Kumkapi d'Istanbul. L'étape suivante sera pour eux l'orphelinat arménien du quartier de Gedikpasa, où Hrant Dink va passer dix années."

Gedikpasa, un de plus beaux quartiers de l'ancien Istanbul, un véritable havre de coexistence de toutes les ethnies et de religions. Le quartier dans lequel j'ai vécu deux ans justement cette époque-là.

Arméniens, Grecs, Assyriens, Juifs… Combien restent-ils aujourd'hui à Gedikpasa?

Je n'oublie jamais, en 1964, à la suite des conflits intercommunautaires à Chypre, comment la Turquie a forcé plus de cent mille Grecs de partir d'Istanbul. Il ne reste aujourd'hui quelques milliers.

Et les Arméniens? Prés de deux millions au début du siècle, combien restent-ils aujourd'hui? Génocides… Déportations… Discriminations… Les crimes odieux qu'Ankara et ses alliés opportunistes dans le monde nient toujours.

Comme nous disions l'année passée juste après l'assassinat de Hrant: Une colombe de paix qui vient de tomber martyre.

Je laisse les derniers mots à une scientifique turque, Fatma Müge Göcek:

"Un an s’est écoulé depuis ton assassinat, Hrant, et le journal annonçant ton meurtre est toujours sur mon bureau. J’ai décidé de ne l’ôter que le jour où tu obtiendras justice. Ce n’est pas encore le cas, aussi reste-t-il là.

"En Turquie et à travers le monde, nous attendons le jour du jugement. L’Etat turc semble toujours déterminé à jeter dans l’ombre cet arrêt ; il veut toujours protéger ceux qui t’ont pris pour cible ; il croit toujours que les intérêts de l’Etat doivent passer avant les droits des citoyens…

"Depuis ton assassinat, cette année n’a été que chagrin, douleur et honte.

"Ta vie et ta mort nous emplissent de honte."

Je partage ce message de Müge et j'y ajoute:

La nation turque doit se débarrasser de cette honte non seulement par rendre justice dans l'affaire de Hrant Dink, mais également par la reconnaissance sans équivoque du premier génocide du siècle passé: le génocide des Arméniens et des Assyriens.





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Source/Lien : Info-Turk



   
 
   
 
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