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Turquie : traque au N°1 d’Ergenekon
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet la traduction de cet article paru en anglais sur Today's Zaman du 31 janvier 2008. La presse turque se questionne : qui est le boss d’Ergenekon, ce groupe ultra-nationaliste dont un grand nombre de membres se retrouve entre les mains de la police ? Le quotidien Radikal exhorte les autorités à remonter en haut de la chaîne. Car tout le monde sait que ceux qui sont à la tête de ces formations illégales qui empoisonnent l’Etat turc de l’intérieur, depuis des décennies, n’ont pas été arrêtés. L’AKP au pouvoir en Turquie a simplement voulu stopper ce réseau mêlant l’Armée, la police et la mafia, parce qu’il planifiait un coup d'Etat en 2009.


Question à un million de dollars : qui est le boss d’Ergenekon ?


Malgré des douzaines d’arrestations effectuées dans le cadre de la récente enquête sur un réseau criminel accusé d’être impliqué dans des projets de violent soulèvement contre le gouvernement, y compris l’arrestation du Général à la retraite Veli Küçük qui semble être le chef du réseau, personne n’est convaincu que le réel chef du groupe néo-nationaliste soit actuellement entre les mains de la police.

L’opération contre Ergenekon a remis à la une des journaux la question des formations illégales à l’intérieur de l’Etat, un phénomène ancien qui empoisonne l’Etat turc depuis des décennies. Dans cette confrontation avec l’Etat profond, les experts voient également l’opportunité de mettre fin à cette plaie une fois pour toutes, si le "numéro un" est capturé.

Dans le Star, Şamil Tayyar a évoqué hier les statistiques récentes montrant une augmentation du nombre de gangs criminels organisés qui ont des liens douteux avec des agences dÂ’Etat, et qui montrent également les dimensions du réseau de lÂ’Etat profond. Cependant, Ergenekon est la plus puissante et la mieux organisée de ces formations, a-t-il dit, et il a demandé :"Qui est le numéro un ?" Il dit être sûr que Küçük, arrêté et considéré comme lÂ’un des cerveaux du gang, nÂ’est même pas dans les 10 premiers de la hiérarchie de commandement. Il pense que lÂ’homme à la tête de cette hiérarchie est un Général à la retraite, mais il nÂ’a pas donné son nom. Le "numéro deux", selon Tayyar, est Doğu Silahçıoğlu, un Général de division à la retraite, qui a fait partie des leaders dÂ’une intervention militaire non armée en février 1997, mais il ne donne que ses initiales.

Tout comme Tayyar, la plupart des journaux ne sont pas convaincus que Küçük soit vraiment important dans la hiérarchie de l’organisation d’Ergenekon. La une du quotidien Radikal ne donnait pas de nom, mais titrait, "Où sont les partenaires dans l’Armée ?" exhortant les autorités à remonter en haut de la chaîne.

Nevzat Tarhan, un professeur de psychiatrie également connu pour ses recherches en psychologie sociale et politique, a suggéré dans un article consacré à ce sujet que le numéro un du gang était le Général à la retraite İsmail Hakkı Karadayı, qui était chef de lÂ’Etat-major lors de lÂ’intervention militaire qui a fait chuter le gouvernement en 1997. Tarhan a été renvoyé de lÂ’Armée alors quÂ’il était colonel en 1997, car il était musulman pratiquant.

Le quotidien Taraf a mis la main sur les transcriptions de conversations (par ordinateur) entre Ãœmit Sayın -- un néo nationaliste dont les liens avec les membres dÂ’Ergenekon ont été révélés lors de lÂ’enquête -- et divers militaires, et il les a publiées. Les transcriptions, qui remontent à 2005, sont des conversations entre Sayın et le Général Levent Artürk, utilisant lÂ’identifiant MSN L.Paşa, le Général Hurşit Tolon, Commandant du Corps de la 1ère Armée qui a pris sa retraite la même année utilisant lÂ’identifiant H.T; le Colonel Mustafa Canatan, qui a depuis été promu brigadier général, utilisant lÂ’identifiant M. Clalbay; lÂ’actuel Commandant des Forces terrestres, le Commandant Général İlker Başbuğ, utilisant lÂ’identifiant İ.B; Ogan Türkmen, un Major qui est en service dans lÂ’unité des renseignements militaires du Corps de la 1ère Armée et Tevfik Yüzbaşı, qui est en service dans lÂ’unité des renseignements militaires du Corps de la 1ère Armée.

LÂ’ordinateur de Sayın a été saisi par la police lorsque le recteur de lÂ’Université dÂ’İstanbul, Mesut Parlak, sÂ’est adressé au procureur dÂ’İstanbul après que des emails comprenant des insultes dirigées contre lÂ’administration de lÂ’université ont commencé à circuler. LÂ’enquête a révélé que ces emails avaient été envoyés de lÂ’ordinateur de Ãœmit Sayın, qui était employé à lÂ’Institut médico-légal de lÂ’Université dÂ’İstanbul. En plus de ces emails, la police a découvert un grand nombre de documents numériques prouvant les liens de Sayın avec une organisation composée de civils et de militaires.

L’enquête sur le gang Ergenekon a découvert les preuves que le gang planifiait un coup d'Etat en 2009. Le groupe avait organisé un certain nombre d’attaques et de meurtres, dont certains auteurs sont connus et d’autres non, dans le but de créer une situation chaotique en Turquie, et donc une atmosphère propice à coup d’Etat militaire. Au total, 29 membres d’Ergenekon ont été arrêtés.

La première fois que l’opinion publique turque s’est rendue compte de la gravité de la situation relative aux formations de type Gladio opérant clandestinement, fut en 1996 lorsqu’une Mercedes a percuté un camion. Un chef de la mafia, recherché par Interpol, un chef de la police et un député se trouvaient dans la voiture. Le chef de la mafia et le policier sont morts dans l’accident, le député a survécu, mais n’a été condamné qu’à un an et demi de prison. Il a nié connaître l’identité réelle du policier et du mafieux, ou d’avoir des liens avec des opérations "profondes". Certains leaders du gang étaient aussi des personnes clés dans l’enquête sur l’incident de Susurluk.

Une cour dÂ’İstanbul a accusé les membres du gang dÂ’Ergenekon d’être derrière certaines attaques à la bombe depuis deux ans, dÂ’inciter le peuple à la révolte, d’établir une organisation terroriste, de diriger cette organisation terroriste et d’être membre dÂ’une organisation terroriste.

Parmi les membres du groupe inculpés, se trouvent : Küçük, qui est aussi le fondateur présumé dÂ’une unité de renseignement illégale et non officielle dans la gendarmerie, et dont lÂ’existence est niée par les officiels : lÂ’avocat nationaliste controversé, Kemal Kerinçsiz, qui a intenté de nombreux procès à des intellectuels et des écrivains en désaccord avec la politique officielle de la Turquie ; Karadağ, un Colonel à la retraite; et Sevgi Erenerol, la porte-parole dÂ’un groupe appelé le ‘Patriarcat Orthodoxe TurcÂ’.

En début de semaine, le procureur de l’affaire s’est opposé à la mise en liberté de neuf individus arrêtés lors de l’enquête sur Ergenekon, mais ils ont ensuite été libérés par la cour.

Ce lundi dans la soirée, le ministère public a appelé à la mise en liberté de lÂ’avocat Fuat Turgut, qui défend lÂ’un des suspects dans le meurtre de Dink ; un éditorialiste du journal Akşam, Güler Kömürcü, ainsi que Asım Demir, Raif Görüm, Emir Caner Yiğit, Tanju Okan, Yaşar Aslanköylü, Anatoli Medjan et Atilla Aksu. Les représentants de Kerinçsiz ont fait appel de son arrestation. La 13e Haute Cour Criminelle dÂ’Istanbul va reconsidérer les appels des deux parties.

Entre temps, deux chefs de la police, deux officiers de l’Armée et deux officiers non commissionnés accusés d’être membres d’un autre gang criminel connu sous le nom de Atabeyler passaient au tribunal hier. L’audience a été ajournée, car un nouveau procureur affecté à l’affaire a demandé à avoir plus de temps. Les suspects risquent huit ans de prison s’ils sont condamnés.

31.01.2008 - Today's Zaman İstanbul

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 31 janvier 2008 - 08:25 - www.collectifvan.org




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Source/Lien : Today's Zaman



   
 
   
 
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