Aujourd'hui : Jeudi, 6 aoűt 2020
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du NĂ©gationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenętre !  Envoyer cette page ŕ votre ami-e !
 
Génocide arménien : « les intellectuels turcs déforment les faits »
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L’Agence de Presse kurde Firat News a mis en ligne un compte-rendu fidèle de la Commémoration "Six Heures pour Hrant Dink", qui s’est tenue le 19 janvier 2008, à l’occasion du premier anniversaire de l’assassinat de Hrant Dink. Le Collectif VAN vous en livre la traduction.








Commémoration pour Hrant Dink à Paris



MURAT AKTAŞ

PARİS (27.01.2008) – Le 19 Janvier dernier, les associations parisiennes turques et armĂ©niennes ont organisĂ© un programme de commĂ©moration pour le journaliste armĂ©nien Hrant Dink, assassinĂ© lors dÂ’une attaque Ă  main armĂ©e.

Le rassemblement commémoratif intitulé "Six Heures pour Hrant Dink", a été organisé par le regroupement des citoyens originaires de Turquie l’ACORT, L’association des immigrés turcs Elele, le Centre de Recherche de la Diaspora Arménienne CRDA, l’AAA et le groupe HOS Simdi.

La commĂ©moration a eu lieu Ă  la Mairie de Paris du 10ème oĂą les Turcs et les Kurdes vivent massivement. La journĂ©e a commencĂ© par une minute de silence Ă  la mĂ©moire de Hrant Dink. Fehtiye Çetin, lÂ’avocate de Dink, le Professeur Baskın Oran, Aris Nalcı, le rĂ©dacteur en chef dÂ’Agos et Defne GĂĽrsoy ont pris la parole.

LE GOUVERNEMENT TURC FAIT LA PRESSION POUR FAIRE OUBLIER LES VERITES.

Fethiye Cetin a parlé du comportement des Etats face à leur passé : “ Ou ils affrontent leur passé et essayent de résoudre leur problème ou bien ils choisissent de le faire oublier en utilisant l’oppression. L’Etat turc a choisi d’utiliser l’oppression pour faire oublier son histoire. L’Etat turc utilise des moyens d’oppression divers pour faire oublier les vérités. De ce fait, les troisième et quatrième générations ne se rappellent pas ces événements vécus en 1915. Cetin a souligné cet état de fait et ajouté :
« Pour se libérer de cette situation, il faut faire un travail de mémoire collectif. On peut se libérer de ce blocage et de cette souffrance uniquement par la voie de ce travail de mémoire collectif. Les sociétés ayant des passés remplis de lourds crimes, cette confrontation se fait très douloureusement car les blessures sont profondes. C’est pourquoi le processus de rappel se fait avec de la peine et de la souffrance. »

Cetin a continué : Pour que cette phase de mémoire collective se passe sans violence dans les deux camps, un combat démocratique sera nécessaire. Hrant Dink menait ce combat, c’est pourquoi il a été assassiné.

Fethiye Cetin a affirmé que l’Etat turc cachait les informations concernant l’assassinat de Hrant Dink ; « Les institutions de l’Etat empêchent l’avancement du procès pour protéger leurs propres éléments. Elle a expliqué ainsi pourquoi les divers procès annexes ouverts contre des fonctionnaires d’Etat n’avaient donné aucun résultat. Alors que cet assassinat avait eu une phase de préparation et avait été préparé ouvertement en désignant pour cible Hrant. »

Le rédacteur en chef d’Agos, Aris Nalci a dit que Hrant avait été assassiné par les têtes obscures qui ne voulaient pas voir les idées de Hrant sur la terre mais au contraire qui voulaient les enterrer sous la terre. Il a continué en précisant que la date du 19 Janvier sera inscrite comme une tache noire dans l’histoire de la Turquie. Lors de sa déclaration de presse donnée à l’ANF, il a attiré l’attention par ses paroles soulignant le fait que les pressions sur le journal Agos persistaient encore, même après l’assassinat de Dink.

Le Professeur Baskin Oran a déclaré que la Turquie se trouvait dans une situation pénible. Il a dit que Dink était le troisième Arménien qu’il avait connu.

D’après Oran en Turquie, l’ignorance est tellement profonde que même l’éducation n’arrive pas y remédier. Il a continué : « L’Etat de la République turque, tout au long de son histoire, a préféré enterrer et cacher ses problèmes au lieu de les résoudre. »

SOCIETE DE CRAINTE

En disant qu’en Turquie, l’Etat crée une société de peur et de crainte, Oran a continué : « Aujourd’hui les problèmes tels que la question arménienne qu’ils veulent nous faire oublier, le problème kurde, le problème de l’Islam, ça pue. La Turquie a peur de ces odeurs. Et moi j’ai peur de ces personnes qui ont peur. Ce qui unit fermement les Turcs, c’est justement cette peur (Nota CVAN : le nationalisme turc).

Baskin Oran précise qu’en Turquie, il existe une paranoïa de Sèvres. Oran a prétendu que la reconnaissance des événements de 1915 comme ‘génocide’ par certains pays, a fait grandir cette paranoïa en Turquie. Il a rappelé que les actions de l’ASALA avaient augmenté en Turquie la haine contre les Arméniens, tandis que Dink était partisan de solutions par des dynamiques internes à la Turquie.

Parmi les organisateurs Defne Gursoy a dit : « Nous, les ressortissants de Turquie nous avons honte de ces assassinats et de ces psychoses. »

DES REACTIONS AUX PAROLES DE BASKIN ORAN

MalgrĂ© les questions, Baskın Oran a insistĂ© pour ne pas utiliser le mot ‘gĂ©nocideÂ’, il a utilisĂ© des tournures Ă©chappatoires afin dÂ’Ă©viter ce mot et cela a suscitĂ© des rĂ©actions de la part de lÂ’auditoire.

Lorsque Baskin Oran répondait aux questions posées par le public, il a précisé que parmi les membres arrêtés de l’organisation de malfaiteurs Ergenekon, il y avait des généraux et des juristes. D’après lui ces arrestations pourront aussi bien servir à élucider l’assassinat de Dink que servir à blanchir les personnes mêlées à ce genre d’assassinats. Oran a attiré notre attention sur un autre aspect de ces arrestations : « Ces opérations d’arrestations sont peut être faites pour démanteler des organisations pourries qui ont perdu leur raison d’être et leur fonctionnement » (Nota CVAN : ces organisations financées par le budget secret de l’Etat dans le passé, sont considérées aujourd’hui comme étant ‘hors contrôle’, et trop visibles, elles ont été découvertes depuis le scandale de Susurluk).

En répondant à la même question, Fethiye Çetin a dit « Parmi ces gens-là il y a ceux qui montraient Hrant comme cible. Il y a ceux qui ont intenté des procès contre lui, il y a ceux qui sont venus au procès pour lyncher Hrant. C’est pourquoi nous insistons sur l’importance de la phase de préparation de l’assassinat ».

NON SEULEMENT CEUX QUI PREPARAIENT UN COUP DÂ’ETAT MAIS CEUX QUI ALLAIT LÂ’EXECUTER, DOIVENT EGALEMENT ETRE JUGES.

Fethiye Cetin a rappelé que parmi ces personnes, il y avait des individus qui n’avaient jamais été poursuivis malgré des plaintes existantes. « Il y a même des généraux retraités. »

« L’une des personnes pour laquelle il existe plusieurs plaintes, est un général qui a refusé de répondre aux questions des commissions d’instruction dans l’affaire de Susurluk. Ce général est le fondateur de l’organisation de malfaiteurs JITEM. Malgré diverses preuves sur l’existence de cette organisation, l’Etat a toujours refusé de reconnaître ce fait. Elle est responsable de plusieurs assassinats non élucidés à ce jour. Malgré cela, ces gens là ne sont pas jugés. Ces arrestations peuvent élucider non seulement l’assassinat de Dink mais aussi les nombreux autres assassinats. Mais ils peuvent aussi être simplement interrogés et relâchés, sans rien résoudre. Ils disent qu’ils avaient commis des crimes pour préparer un coup d’Etat. S’ils sont ceux qui préparent le terrain pour le coup d’Etat il y a sûrement des personnes qui vont réaliser ce coup d’Etat. Il faut les arrêter et les juger également. Si ces gens-là ne sont pas jugés, ces opérations peuvent ne pas donner les résultats attendus ».

Après avoir répondu aux questions, les représentants des associations ont organisé une table ronde pour créer le dialogue. Les représentants des associations ont considéré que cette journée de commémoration était un premier pas pour la reconnaissance du génocide et la démocratisation de la Turquie. Ils ont affirmé qu’il fallait passer à l’action à partir d’aujourd’hui.

LE GENOCIDE EST DISCUTE GRACE AUX COMBATS DU PKK

Un participant a précisé la nécessité des intermédiaires pour la création du dialogue entre les Arméniens et les Turcs et la nécessité de la création d’un programme d’action commun. En faisant allusion aux paroles d’Oran, il a dit que les intellectuels turcs déformaient les faits, le participant nommé Serkisyan a précisé en ajoutant ; « Si le génocide arménien est à l’ordre du jour, c’est la conséquence du combat mené par le PKK, et le point arrivé aujourd’hui. Je ne suis pas un partisan du PKK, je ne défends pas le PKK. Mais ne déformons pas les faits. Les démocrates turcs sont là comme s’ils ignoraient tout, comme des simples invités, et ils proposent de se rencontrer et de dialoguer. »

IL FAUT CREER DES ESPACES OU LES KURDES ET LES ARMENIENS PEUVENT VIVRE ENSEMBLE

Un intervenant a réagi aux propos de Baskin Oran, l’auteur d’un livre sur les minorités vivant en Turquie, qui avait dit : „Hrant est le troisième Arménien que j’ai connu“. « Depuis des années, des habitants des régions de l’Est immigrent vers le Nord, ces gens-là se connaissent très bien. Le fait que vous ne connaissiez pas les Arméniens ne veut pas dire que les peuples de Turquie ne se connaissent pas. Moi je propose comme solution, la création d’espaces où des Arméniens et des Kurdes peuvent vivre ensemble. »

Bertrand Delanoë, le maire de Paris, en attirant son attention sur le fait que la journée devait initialement être organisée à la mairie de Paris au lieu de celle du 10ème, a transmis son message de soutien.

ANF NEWS AGENCY

© FIRAT NEWS AGENCY


Traduction du turc : S.C. pour le Collectif VAN - 01 février 2008 - 09:05 - www.collectifvan.org




Retour Ă  la rubrique


Source/Lien : Firat News



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org