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Glasnost turque sur la question arménienne
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Commentaire Collectif VAN - Alexandre Adler, le désinformateur pervers d'Ankara en poste au Figaro : "C'est un secret de Polichinelle que la montée des violences de l'Asala, depuis son poste de commandement de Chypre, fut orchestrée de bout en bout par Damas, Moscou et Sofia dans des buts géopolitiques peu acceptables et qui finirent dans l'attentat sanglant de mai 1981 contre Jean-Paul II"


La chronique d'Alexandre Adler
18 mai 2006, (Rubrique Opinions)

A la demande du groupe socialiste, le Parlement français discute en ce moment même de la question du génocide arménien. Pour une fois, il ne s'agira pas d'un acte de repentance, puisque, en 1915, date du terrible massacre des Arméniens de Turquie, la France combattait l'Empire ottoman, et aida, dès l'instauration de son mandat sur la Syrie, les rescapés du génocide à se réinstaller plus au sud, voire à combattre sous l'uniforme français la nouvelle République turque de Mustafa Kemal. En revanche, fidèle à sa vocation de protectrice des droits de l'homme, la France viendrait à la rescousse d'une petite nation longtemps humiliée, n'écoutant ainsi que son courage et ses principes, dont chacun sait que notre Parti socialiste est le dépositaire quasi perpétuel.

Nous n'avons l'intention ni de nier l'atrocité des crimes commis en 1915, ni même la légitimité du peuple arménien, en tant qu'État et dans sa diaspora, à demander à la justice des hommes de réparer le premier crime contre l'humanité de grande ampleur perpétré au XXe siècle. Nos critiques à la démarche actuelle sont d'abord et avant tout d'ordre politique : la Turquie, pour des raisons multiples, dont certaines étaient légitimes, n'a pas su ouvrir une discussion honnête sur ce sujet pendant de longues années. Elle fut protégée dans cette attitude, tout d'abord, par l'ampleur des dévastations qu'elle eut à subir entre 1911, date du déclenchement des premières guerres balkaniques, et 1922, achèvement de la restauration nationale par le mouvement kémaliste.

Au cours de ces années de sang, l'Empire ottoman s'effondra, nombreux furent les Turcs et autres musulmans massacrés en Bulgarie et en Macédoine par les Slaves chrétiens armés par la Russie en 1912, puis nombreux encore les Turcs qui durent quitter leurs terres ancestrales. Comme en Union soviétique après 1945 où le souvenir de Stalingrad servit à faire passer sous la table les répressions des années 30, le Goulag, mais aussi les crimes commis contre des peuples alliés des Allemands, notamment les Tchétchènes, la Turquie de 1925 voulut tourner la page de l'Empire ottoman et de sa faillite avec d'autant plus d'enthousiasme que les véritables instigateurs du génocide, les Enver et les Talat, opposants de la première heure au républicanisme francophile d'Atatürk, avaient, eux aussi, été balayés par le grand vent de l'histoire. Lorsque la question arménienne reparut ailleurs que sous la plume de talentueux écrivains de gauche tels Franz Werfel dans la Prague des années 30 ou Robert Merle dans le Paris des années 60, ce fut hélas dans le cadre de manipulations politiques de grande ampleur dirigées contre une Turquie qui opposait son tenace verrou à l'expansionnisme soviétique et au modèle d'État totalitaire soviéto-arabe, si populaire tout autour de ses frontières.

Après la liquidation de la présence soviétique en Égypte à la fin des années 1970, une faction violente et terroriste des organes de sécurité soviétiques mirent sur pied une vengeance dirigée contre ce pilier de l'Otan qu'était la Turquie, et qui passait par l'activation de tous les objets contondants antiturcs qu'ils pouvaient ramasser sur leur chemin depuis la Bulgarie islamophobe de Jivkov à d'ex-gauchistes turcs ainsi qu'à certaines fractions extrêmes de l'extrême droite dans lesquelles on recruta in fine Mohamed Ali Agça et, pour finir, jusqu'à la mafia turque elle-même et, bien sûr, un nouveau terrorisme arménien. C'est un secret de Polichinelle que la montée des violences de l'Asala, depuis son poste de commandement de Chypre, fut orchestrée de bout en bout par Damas, Moscou et Sofia dans des buts géopolitiques peu acceptables et qui finirent dans l'attentat sanglant de mai 1981 contre Jean-Paul II.

Pendant toute cette période, la Turquie tint bon, serra les dents quand ses jeunes diplomates et ses ouvriers qui rentraient de vacances furent assassinés sommairement et pour finir, grâce à des hommes éclairés par l'idéal démocratique et républicain du kémalisme – l'amiral Korütürk, le général Evren, Türgüt Ëzal – réussit à éviter le basculement dans la dictature nationaliste et la répression aveugle que les stratèges dévoyés du KGB voulaient provoquer. Il y eut aussi, au KGB et dans l'armée soviétique, des hommes droits et honorables – Andropov ; Aliev, le défunt président de l'Azerbaïdjan indépendant ; le maréchal Ogarkov et le Bulgare Alexandre Lillov qui le paya tardivement de sa vie –, pour s'opposer à ces folies terroristes, notamment après 1981. De cela aussi, il serait nécessaire qu'Arméniens et Turcs en discutent aujourd'hui, sereinement.

Car nos socialistes français, qui ont éconduit sans même les entendre leurs amis de la gauche turque, semblent faire comme si la Turquie, par la voix de son premier ministre Erdögan, n'avait pas considérablement évolué en la matière en proposant un débat ouvert et sans tabous entre historiens turcs et arméniens, y compris ceux de la diaspora de toute évidence, et pourquoi pas d'autres nationalités. Le grand écrivain turc Orhan Pamük, qui eut le courage de parler sans barguigner de la tragédie arménienne, vient de voir le procès qui lui avait été intenté, annulé par un procureur. Est-ce bien le moment de poignarder dans le dos cette formidable glasnost turque pour le seul bénéfice de quelques électoralistes gaulois, qui croient avoir trouvé dans la rhétorique humanitaire un moyen imparable de créer de toutes pièces un «villiérisme de gauche» en croyant, comme tous les pervers le font volontiers, que personne ne les comprend ni ne les voit ?





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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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