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Liberté d'expression en Turquie : un vain mot
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet cette traduction d'un article en anglais de Dawn publiée sur le site de la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie du 21 avril 2008.


Commentaires du site de la Fédération Euro-Arménienne :


Turquie : La liberté d’expression reste toujours un vain lot pour les écrivains

21 avril

Reuters

***

Traduction Gérard M. - commentaires

Ce n’est un secret pour personne que les modifications de l’article 301 sont de la poudre aux yeux des européens.

L’ennui c’est que le rapport période sur l’état d’avancement de la Turquie avec les normes européennes en vue d’une adhésion éventuelle à l’UE, effleure à peine le sujet.

Il ne faut surtout pas ‘froisser’ la Turquie. Le moindre début de commencement d’une esquisse de démocratisation, est monté en épingle par un certain nombre de parlementaires qui désirent ardemment voire la Turquie dans l’UE.

Les angles ont été tellement arrondis et les sujets qui fâchent écartés, que le dernier rapport présenté par Mme Ria Oomen-Ruijten (Démocrates-Chrétiens, Pays-Bas) est d’une insipidité navrante.

***
L’éditeur Ragip Zarakolu estime qu’il peut encore se retrouver en prison pour "insulte à la turquicité", même après les changements notoires de la loi turque pour limiter la liberté de parole.

Après des années de critiques de l’Union européenne, la Turquie est en train de modifier l’article 301 en vertu duquel le lauréat du prix Nobel Orhan Pamuk et l’arméno-turc Hrant Dink ont été jugés pour avoir insulté l’identité turque. Dink a été par la suite abattu par un militant nationaliste.

Les modifications proposées, toutefois, sont si légères que les écrivains et les éditeurs en Turquie craignent qu’ils continueront à être confrontés à de fréquents procès. Dans le même temps, d’autres lois qui pressurisent la liberté d’expression demeurent inchangées.

L’aspirant ‘Turquie’ à l’UE a une longue tradition de limitation de la liberté d’expression, en particulier sur les questions qui continuent à être perçues par certains comme une menace pour la république moderne. Les droits de la grande minorité kurde, les massacres des Arméniens par les Turcs ottomans en 1915, (ndlt : ne pas oublier l’occupation de Chypre) et l’islam sont des sujets tabous ; l’armée déborde largement hors de ses limites, en dépit des initiatives visant à freiner officiellement son pouvoir.

Dans le nouveau projet de loi c’est l’insulte à la nation turque qui est criminalisée et non plus l’insulte à la turquicité, et il faudra la permission du président pour ouvrir un dossier. La peine maximale quant à elle, passera de trois à deux ans.

Mais les avocats nationalistes, une force puissante dans le système judiciaire turc que l’AKP (parti au pouvoir) cherche à réformer, seront toujours en mesure de traîner les auteurs devant les tribunaux, comme ils l’ont fait avec O.Pamuk et H.Dink.

"Certains avocats et juges estiment qu’ils ont pour mission de défendre l’État et l’idéologie étatique, plutôt que celle de défendre les droits des citoyens", a déclaré R.Zarakolu, un ancien journaliste et éditeur, dans un café proche de son domicile sur la rive asiatique d’Istanbul.

Son cas est en suspend jusqu’à ce que l’amendement soit adopté.

Zarakolu est en procès pour avoir publié la traduction d’un livre sur les massacres arméniens, qu’Ankara refuse de reconnaître en tant que génocide. Il pense qu’il est susceptible d’être déclaré coupable, et comme il a déjà une condamnation avec sursis pour un écrit antérieur, il a de fortes chances de se retrouver en prison.

R.Zarakolu a longtemps irrité les dirigeants turcs avec la publication de livres sur des sujets tabous, et durant sa carrière, il a été emprisonné et son bureau plastiqué. Le livre pour lequel il est en procès actuellement est une traduction du "The Truth Will Set Us Free" (La vérité va nous libérer) de George Jerjian, qui est un appel à la réconciliation entre les Turcs et les Arméniens et qui raconte l’histoire d’un Turc qui a sauvé la grand-mère arménienne de l’auteur.

H.Dink, qui a été abattu à Istanbul en 2007 par un jeune nationaliste au pied de l’immeuble de son journal, a écopé d’une condamnation avec sursis pour "outrage à la turquicité", dans son appel à la réconciliation.

Les juristes de l’AKP qui se sont penchés sur la question défendent les modifications de l’article 301 avançant que d’autres pays européens ont des restrictions similaires. Ils reconnaissent que changer la mentalité de certains juges et avocats, est nécessaire, même s’ils soulignent à maintes reprises que de nombreux auteurs ont été acquittés.

« Un grand nombre de pays européens ont des lois similaires mais, à l’exception de la Pologne, ils ne les utilisent jamais. Mais là, ils vont s’en servir tout le temps et continuer à les utiliser », a déclaré Eugène Schoulgin, le Secrétaire International du groupe militant ‘PEN International’.

« J’espère que personne ne sera dupe, parce qu’il n’y a pas de grande différence », a-t-il ajouté, en écho aux commentaires de ‘Human Rights Watch’.

La loi existante a été critiquée pour ses définitions ambiguës, ce qui donne de larges pouvoirs aux juges de décider ce qui peut constituer une insulte à l’identité turque. La nouvelle loi ne s’attaquera pas nécessairement à ce problème fondamental.

La réforme, débattue ce vendredi dans une commission parlementaire, est censée faire partie d’une plus vaste tentative de rapprocher les jeunes démocraties candidates à l’UE, des normes européennes.

Les tribunaux bénéficient d’un large droit d’intervention dans ce que l’Europe occidentale considère comme purement politique. Le Parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir est lui-même sur la sellette avec la Justice de son pays sur des accusations d’ambitions islamistes avec une demande d’interdiction d’exercice pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le Président de la République Abdullah Gül.

Bruxelles observe ces événements avec préoccupation et a également donné à la nouvelle loi sur la liberté d’expression une réponse tiède.

Emma Ross-Thomas, Reuters

source: dawn






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Source/Lien : Feajd



   
 
   
 
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