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L'Institut des Études Turques sur la sellette
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Tensions entre l'argent et le monde de la recherche aux USA : plusieurs membres du Conseil de l'Institut des Études Turques basé à l'Université de Georgetown de Washington, ont démissionné cet été, pour protester contre l'expulsion de Donald Quataert, Président du Conseil. Ce dernier avait écrit que les historiens devraient faire des recherches sur le génocide arménien, plutôt que de l'éviter, ce qui avait entrainé la colère des dirigeants politiques à Ankara. Ces derniers avaient menacé de supprimer le financement de l'Institut, d'un montant de 3 millions de dollars provenant entièrement de la Turquie.

Le Washington Post rend compte de cette affaire scandaleuse en utilisant la terminologie bien connue de la diplomatie négationniste turque : « massacres des Arméniens », « des recherches sur ce qu'il qualifie de génocide arménien », « Les Arméniens et les Turcs sont en désaccord total sur le fait de savoir si c'était une campagne de génocide ou une guerre civile dans laquelle de nombreux Turcs aussi ont été tués. »

Avec cet article, l'affaire Quataert ne montre pas seulement « les tensions entre l'argent et la recherche », mais met en évidence « l'impact du langage » véhiculé par les médias pour fausser « la compréhension historique .»
A quand une charte de bonne conduite anti-négationniste pour tous les médias dits « respectables » ? Le Collectif VAN vous invite à lire la traduction de cet article en anglais du journal américain Washingtonpost.




Des membres du Conseil démissionnent pour protester contre le départ forcé du Président


Des responsables de l'Institut basé à Georgetown encouragent les historiens à faire des recherches sur les massacres des Arméniens

De Susan Kinzie - Washington Post Staff Writer - Samedi 5 juillet, 2008; B05

La question qui a perturbé les relations entre la Turquie et les USA ces derniers mois -- comment caractériser les massacres de masse des Arméniens en 1915 -- a déclenché un conflit sur la liberté politique et universitaire dans un institut basé à l'Université de Georgetown.

Plusieurs membres du Conseil de l'Institut des Études Turques ont démissionné cet été, pour protester contre l'expulsion du Président du Conseil qui avait écrit que les historiens devraient faire des recherches sur ce qu'il qualifie de génocide arménien, plutôt que de l'éviter.

Quelques semaines après avoir écrit sur ce sujet, fin 2006, le professeur Donald Quataert, de l'Université de Binghamton, a démissionné du Conseil de Direction, déclarant que l'Ambassadeur turc aux USA lui avait dit qu'il avait mis en colère certains dirigeants politiques à Ankara, et que ceux-ci avaient menacé de supprimer le financement de l'Institut.

Une importante association d'historiens, ayant entendu parler de cette affaire, a envoyé une lettre au mois de mai à l'Institut, au Premier ministre turc et à d'autres dirigeants leur demandant de réinstaller Quataert dans ses fonctions et de placer l'argent de l'Institut en fidéicommis pour éviter toute influence politique.

L'Ambassadeur de la République de Turquie, Nabi Sensoy, a nié avoir joué un rôle dans la démission de Quataert. Dans une déclaration écrite, il dit que les affirmations indiquant qu'il aurait exhorté Quataert à partir étaient infondées et mensongères.

Ce conflit montre les tensions entre l'argent et la recherche, et l'impact du langage sur la compréhension historique.
Des centaines de milliers d'Arméniens ont été tués lors de la chute de l'Empire ottoman après la Première Guerre mondiale. Les Arméniens et les Turcs sont en désaccord total sur le fait de savoir si c'était une campagne de génocide ou une guerre civile dans laquelle de nombreux Turcs aussi ont été tués.

À l'automne, lorsque la Présidente de la Chambre Nancy Pelosi (D-Calif.) a soutenu une résolution qui caractérisait les événements de 1915 à 1917 comme étant un génocide, l'administration Bush l'a combattue et plusieurs ex Secrétaires d'État à la Défense avaient averti que les dirigeants turcs limiteraient l'accès des Américains à une base militaire dont ils ont besoin pour la guerre en Irak.

L'Institut des Études Turques, fondé en 1983, est indépendant de l'Université de Georgetown, mais le Directeur exécutif David Cuthell y enseigne en échange de locaux sur le campus.

Julie Green Bataille, une porte-parole de l'université, a écrit dans un email, "nous reconsidérerons le sujet en rapport avec la liberté universitaire et le fait que l'Institut possède une direction et un financement privés."

Le financement de l'Institut s'élève à 3 millions de dollars qui proviennent entièrement de la Turquie.
Il y a quelques années, a dit Quataert, les membres du Conseil avaient vérifié si le financement était un fond irrévocable "et à notre grande surprise il s'est avéré que c'était un don qui pouvait être supprimé par le gouvernement turc."

Quataert, professeur d'histoire, a dit que l'Institut avait subventionné de bonnes recherches sans influence politique. Le choix des recherches à soutenir est décidé par un comité d'universitaires du conseil d'associés, a-t-il dit, et approuvé par le Conseil, qui comprend des responsables politiques. Pas une fois, a-t-il dit, je n'ai pensé que l'attribution d'une bourse n'était due à un autre critère que le mérite.

Roger Smith, professeur émérite de la Faculté William et Mary, se demande si l'Institut mérite d'être exempté de taxes, s'il y a une influence politique -- et s'il ne serait pas un outil non déclaré de lobbying pour le gouvernement turc.
Cuthell a dit que parmi ceux qui critiquent l'Institut, personne ne s'est donné la peine de vérifier la vérité sur ce qu'avait dit Quataert de l'Institut : il ne fait pas de lobbying, a dit Cuthell, et "les allégations de liberté de la recherche ne tiennent pas."

La controverse a démarré fin 2006 avec son article sur le livre de Donald Bloxham "The Great Game of Genocide." Quataert avait écrit que le massacre des Arméniens était l'éléphant dans la pièce des études ottomanes. Bien qu'il pense que le terme "génocide" est devenu une diversion, il dit que les événements sont conformes à la définition du mot donnée par les Nations Unies.

Il a envoyé sa lettre de démission aux membres de l'Institut en décembre 2006, et un membre du Conseil a démissionné.

Mais à l'automne, à peu près au moment où le Congrès discutait de la question arménienne, on a demandé à Quataert de s'exprimer lors d'une conférence sur ce qu'il se passait à l'Institut. Il a dit aux membres de Middle Eastern Studies Association que l'Ambassadeur turc lui avait demandé de se rétracter sur son article ou de partir -- sinon il mettait le financement de l'Institut en danger.

Ses collègues ont été choqués, a dit Laurie Brand, de l'Université de Southern California.

L'ambassadeur Sensoy, qui est Président honoraire du Conseil de l'Institut, a déclaré cette semaine, "Ni le gouvernement turc ni moi-même n'avons exercé de pression sur l'Institut, car une telle ingérence aurait violé le principe de la liberté de la recherche, que nous respectons par-dessus tout. Le gouvernement turc et moi-même seront les premiers à défendre l'ITS s'il subissait de telles pressions."

Depuis la lettre du 27 mai, de l'association des historiens, plusieurs membres du Conseil et membres associés ont démissionné. Marcie Patton, Resat Kasaba et Kemal Silay ont démissionné; Fatma Muge Gocek a annoncé qu'elle démissionnerait, et Birol Yesilada a dit que la raison pour laquelle il quittait l'Institut était d'abord une question de santé, mais qu'il était inquiet de voir ce qu'il s'était passé. "Les chercheurs sont dans une position difficile," a dit Patton, "surtout après le 11 septembre, et la guerre en Irak."

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 8 juillet 2008 - 07:37 - http://www.collectifvan.org




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Source/Lien : Washingtonpost.com



   
 
   
 
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