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Erhan Timuroglu « Nous devions tuer des Arméniens"
Publié le :

mercredi 31 mai 2006, Stéphane/armenews

Le 18 mai 2006, 25 000 personnes massées sur l’esplanade de la mosquée Kocatepe d’Ankara ont conspué les ministres venus assister aux obsèques du juge Özbilgin.

La veille, Alparslan Arslan, un avocat de 29 ans, avait fait irruption, arme au poing, au Conseil d’État. Au cri de « Allah Akbar ! », il avait mitraille des magistrats connus pour la sévérité avec laquelle ils appliquent l’interdiction du port du voile dans les lieux publics, en blessant un mortellement, quatre autres grièvement. Et, s’autoproclamant « soldat de Dieu », Alparslan Arslan déclare avoir voulu les « punir ».

Selon le quotidien Vatan dans la voiture du jeune avocat les enquêteurs découvriront d’autres armes, ainsi qu’une édition du journal islamiste Vakit au contenu sans équivoque, avec les portraits des juges de la 2e Chambre, en illustration d’un article intitulé « Voici les membres de ce Conseil d’Etat ! ».

Dans un premier temps cet attentat a été très sévèrement condamné par la classe politique et la société turque dans son ensemble.

Pour le président Ahmet Necdet Sezer, il visait « la République et en particulier ses principes intangibles de démocratie et de laïcité ». De son côté, le leader du CHP Deniz Baykal, a appelé le Premier ministre à « retrouver ses esprits » et à voir « dans quelle direction il emmenait le pays ».

M. Erdogan et son parti sont alors la cible de tirs nourris dans la presse.

Lors de son audition par le bureau anti-terrorisme Alparslan Arslan a avoué qu’il faisait partie du gang qui a lancé récemment (les 5, 10 et 11 mai) trois attaques à la grenade contre le journal d’opposition laïc et de centre-gauche Cumhuriyet.

Mais surtout, l’enquête menée par la police permet de remonter une bonne partie de la filière qui semble conduire aux commanditaires. Et surprise elle met en cause des groupuscules ultranationalistes et des éléments de l’Etat profond (derin devlet), cette nébuleuse qui relie policiers, politiciens et mafia.

Celui que la police suspecte d’être le chef du gang dénommée "Cete" (cheteh, brigand)est un certain Muzaffer Tekin.

Cet homme possède un passé particulièrement trouble, ancien lieutenant-colonel de l’armée turque, exclu de l’armée pour raisons disciplinaires ( il aurait molesté en état d’ivresse deux jeunes officiers) est un sympathisant de l’extrême droite turque plutôt que des fondamentalistes islamiques.

Muzaffer Tekin serait également un ancien membre du Groupe de la Résistance Turque (GRT), connue pour être l’organisation de l’Etat profond dans la partie occupée de l’île de Chypre. Le GRT est un groupuscule terroriste créé à Chypre, au début des années 60, par Rauf Denktash, l’ancien président de la partie occupée de l’île, et l’armée turque. En 1963, le GRT a commencé à assassiner des Chypriotes grecs et turcs désireux de promouvoir la paix et la coexistence pacifique, avec en ligne de mire la turquification à long terme de l’île. Cette organisation a joué un rôle important dans l’opération militaire de juillet 1974, qui s’est soldée par l’occupation de la partie nord de Chypre par les troupes turques.

Selon Radikal, Muzaffer Tekin est aussi lié à d’autres réseaux dont celui de la coalition Kizilelma (Pomme Rouge), fondée par des nationalistes de gauche et de droite.

A l’époque ottomane, Kizilelma était une parole donnée à l’armée en vue d’une nouvelle conquête ; actuellement pour les nationalistes turcs cela fait référence aux projets expansionnistes du monde touranien. Mais pour radikal il s’agit d’un concept plus large que le pantouranisme qui affirme d’ailleurs que Muzaffer Tekin écrit des articles pour le compte d’un magazine, Türkeli, édité par l’Association pour le Mouvement de Solidarité des Forces Patriotiques dirigé par Taner Unal, ancien secrétaire général du parti ultranationaliste MHP de Devlet Bahceli. Parmi les dernières actions de la coalition Kizilelma on trouve la création du comité Talat Pacha et les manifestations négationnistes de Berlin et de Lyon.

D’ailleurs dans de nouvelles révélations la presse turque a publié le 23 mai 2006 une photo laissant penser que l’Etat profond est mouillé jusqu’au cou dans cette affaire.

Sur cette photo datant du 9 avril 2006 on aperçoit Muzaffer Tekin, le Major Général aujourd’hui à la retraite Veli Küçük, dont le nom a été mélé dans le scandale de Susurluk, le président de l’Union des avocats nationalistes Kemal Kerincsiz et un ancien ministre de la culture Namik Kemal Zeybek.

Toutes ces personnes participaient alors sur la place de Beyazit à une cérémonie de commémoration visant à réhabiliter le sous-préfet Kemal bey de Bogazliyan. Responsable pendant « la déportation arménienne » le sous préfet Kemal Bey de Bogazliyan de la ville de Yozgat avait été pendu le 9 avril 1919.

La présence de Kemal Kerincsiz, le président de l’Union des avocats nationalistes, dans cet imbroglio est d’autant plus importante à noter car ce nom est familier pour les Arméniens et tous ceux qui luttent pour les droits de l’homme en Turquie. C’est en effet ce dernier qui est l’origine des procès à l’encontre de Hrant Dink, d’Ohran Pamuk, de l’interdiction en septembre 2005 de la conférence sur les Arméniens ottomans, du procès de 5 journalistes turcs ayant critiqué l’interdiction par un tribunal turc de la dite conférence et d’un procès à l’encontre de l’historien turc Taner Akcam.

Selon le journal turc « Yeni Safak » en date du 25 mai 2006 Erhan Timuroglu autre membre du gang et qui a également été arrêté aurait déclaré à la police « nous devions mettre à feu et à sang Istanbul. Nous devions tuer des Arméniens. Si Arslan n’avait pas été pris nous aurions réalisé d’autres attaques à Istanbul. Nous aurions tuer des Arméniens d’Istanbul mais après son arrestation nos plans sont tombés à l’eau »

Quand on lit les paroles du général Özkök, chef d’état-major, qui a invité les turcs à se mobiliser « en permanence » on ne peut que se rappeler que c’est un appel sur le même ton qui précéda le « coup d’État postmoderne » contre le gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan, en 1997...



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Source/Lien : Nouvelles d'Arménie



   
 
   
 
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