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Génocide/Turquie : la société civile en marche ?
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - A l’occasion de la mise en ligne de la pétition des intellectuels turcs qui demandent « pardon » aux Arméniens (au fait, ces excuses sont-elles également adressées aux Arméniens de la diaspora, descendants directs des rescapés du génocide et « honnis » par ces mêmes intellectuels turcs ?), le Collectif VAN vous propose une nouvelle traduction de l’article du Juge turc Faruk Ozsu qui avait signé en octobre dernier un article majeur dans le journal turc Taraf. Dans cet article à décrypter avec attention, le juge turc affiche des positions étonnantes en faveur des lois pénalisant, en Europe, la négation du génocide arménien. S’il ne se prononce pas lui-même sur le qualificatif de génocide, il emploie ce terme une bonne quinzaine de fois et sans guillemets. Bien sûr, tout n’est pas « innocent » dans ce pamphlet : certaines affirmations concernant les 300 000 victimes arméniennes (au lieu des 1 500 000 Arméniens exterminés et alors que Talaat Pacha, lui-même, a noté dans ses cahiers, plus de 900 000 Arméniens déportés), ou la mise en balance avec le « nombre de victimes du côté turc », ou encore les critiques à l’encontre des « nationalistes insensibles de la diaspora » considérés comme des « ennemis », ressemblent malheureusement aux discours types qu’il dénonce par ailleurs.

Faruk Ozsu oublierait-il que cette diaspora n’est pas le fruit du Saint Esprit mais qu’elle est composée pour l’essentiel des petits enfants des citoyens ottomans rescapés d’un génocide nié et impuni, voir même des enfants des citoyens de la République turque « démocratique » ? Bref, une diaspora rassemblant pour l’essentiel tous ces citoyens de seconde zone, harcelés et chassés de Turquie à chaque occasion (1915 à 1923, années 30, 1955/60 et années 80 avec la junte militaire au pouvoir). Alors Faruk Ozsu ne peut-il être « sincèrement désolé face à l'évocation de toutes ces souffrances vécues » par les millions d’individus qui composent la diaspora à travers le monde ?

Sachant que Rome ne s’est pas construite en un jour, ne boudons pas, pour autant, notre « plaisir » (ou plutôt notre espoir) de voir la société civile turque en marche. Souhaitons que le juge Faruk Ozsu puisse ouvrir la voie à une génération de Turcs qui parlera, elle, sans aucune ambiguité ni arrière-pensée du génocide arménien. Et la meilleure façon de prouver sa sincérité sera de militer pour la reconnaissance du génocide arménien, en Turquie et partout dans le monde. En attendant de voir cette jeunesse à nos côtés, manifester pour dire : « Le négationnisme est un crime. Pour le punir, il faut une loi ».


La loi n'est pas contre la liberté de pensée mais contre l'insulte à la dignité humaine


Taraf - Istanbul - 30.10.2008

FARUK Ă–ZSU*

Ce n'est pas en nous faisant condamner pour négationnisme comme récemment en Suisse que nous changerons la perception par le reste du monde des évènements de 1915. Ce que nous devons faire avant tout c'est nous montrer sincèrement désolés face à l'évocation de toutes ces souffrances vécues. Et nous devons éviter de minimiser en nous rappelant qu'il ne s'agit pas d'une seule entité de 300 000 personnes (trop souvent et à tort désignée par « ceux-là ») mais de 300 000 individus distincts.

Notre « système éducatif » est remarquablement orwellien ; ceux qui passent par l'étau de sa fraiseuse homogénéisatrice réagissent tous avec les mêmes réflexes, qu'il s'agisse de l'opposant fervent du pouvoir en place comme de son défenseur le plus virulent. Face au moindre problème, « l'homme éduqué de Turquie » réagit comme s'il s'agissait d'une « affaire nationale », se transformant tout d'un coup en un courageux et effréné « Turc fou ». (Nota CVAN : le qualificatif « Cilgin Turk » renvoie au best seller turc « Su Cilgin Turkler », livre exaltant le nationalisme et faisant l'éloge des « Turcs Fous », ces guerriers courageux et invincibles qui se battent contre le monde entier). A l'origine de ma réflexion : la nouvelle parue dans les journaux du 20 Octobre 2008, à savoir la condamnation par la Suisse de quelques-uns de nos vaillants guerriers interpellés pour négationnisme du génocide arménien. (A cette occasion, j'ai pu notamment « apprendre » qu'« en matière de liberté de pensée, la Turquie devance la Suisse », digne contribution d'un sens de l'humour national pourtant devenu rare dans notre « beau et solitaire » pays transformé en une immense caserne militaire.)

LE NIVEAU DES COMMENTAIRES SUR INTERNET

Point besoin d'être apparenté à Nostradamus pour deviner le niveau des réactions mises en ligne sur le site internet de Hürriyet. A dire vrai, il est décevant de constater que sur les autres sites débattant du sujet, les commentaires sont semblables et dépourvus de toute sensibilité. Alors que sur d'autres sujets dérangeants comme la question kurde ou celle du voile, on peut rencontrer, sur ces autres sites, une lueur de sensibilité : si les débats sur ces autres sujets parviennent à s'équilibrer, lorsqu'il s'agit du problème de minorités non musulmanes (surtout de celles de 1915), tout sentiment humain disparaît au profit d'un discours froid, diplomatique comme émanant de représentants officiels ... Aucune parole ne doit entacher l'honneur et la qualité de nos guerriers, dignes de « Ulubatli Hasan » (Nota CVAN : personnalité emblématique symbolisant l'héroïsme, tombé en martyre en dressant le drapeau ottoman lors de la conquête de Constantinople en 1453). La moindre trace de sensibilité humaine est immédiatement qualifiée de « traîtrise à la patrie » et ses défenseurs de « vendus », jugements de nature à étouffer tout débat...

L'auteur de ces lignes n'est ni historien, ni politologue, ni expert de génocide. Il ne discute pas de la signification de 1915 - en vérité les appellations ne l'intéressent pas non plus ; il s'agit simplement d'un être humain qui n'a pas perdu son âme malgré le conditionnement de l'éducation nationale - ou qui a récupéré son âme vaincue. Tout ce qui le préoccupe, c'est d'adopter le point de vue d'un homme banal et d'essayer d'observer le problème de l'extérieur.

LE SENS DE LA DECISION POLITIQUE

Avant tout, rappelons (ou bien sachons) ceci : la Suisse a reconnu comme génocide ce que le gouvernement ottoman a fait subir à ses propres citoyens (un point c'est tout). Lorsqu'une reconnaissance prend la forme d'une décision politique, elle est sous-tendue d'un cadre juridique qu'il est obligatoire de respecter. A partir du moment où l'Etat Suisse reconnaît que les évènements de 1915 sont un génocide, il s'engage à respecter et appliquer les lois universelles se rapportant à ce type d'évènements. D'après Elie Wiesel, la négation fait partie du processus génocidaire ; à ce titre, le négationnisme est donc lui aussi « un crime ». Pour toutes ces raisons morales et juridiques, si un pays reconnaît juridiquement l'existence d'un génocide, il considère aussi le négationnisme de ce même génocide comme un crime.

J'attire votre attention ; ce qui est juridiquement blâmé ici c'est « l'acte de négation ». Une négation qui ne s'appuie sur aucun argument scientifique, un déni abstrait et immoral, ce n'est pas la curiosité scientifique qui est condamnée (Nota CVAN : le juge turc fait allusion aux défenseurs de « Liberté pour l'histoire », qui veulent pouvoir dire tout et n'importe quoi. Il s'oppose à cette idée). Nous savons tous très bien que dans les pays où la négation du génocide arménien est considérée comme un crime, les procureurs ne s'abritent pas derrière une version européenne de l'article 301 ; ils ne poursuivent pas aveuglement ceux qui s'expriment en respectant une forme scientifique morale comme Gilles Veinstein (spécialiste de l'Histoire ottomane, élu en 1998 au prestigieux Collège de France) ou Baskin Oran (qui s'est exprimé au sein même de la diaspora), tous deux défenseurs de la théorie selon laquelle « comme il n'existe pas de preuves irréfutables mettant en évidence que les massacres ont eu lieu selon un plan défini par l'Etat, les événements ne peuvent pas être juridiquement appelés génocide ».(Nota CVAN : l'auteur insinue avec humour que comme les Veinstein et Oran utilisent un langage et des méthodes correctes/polies/scientifiques, personne ne les poursuit, donc ils sont libres de dire ce qu'il veulent).

Bien entendu, l'argumentaire contraire affirmant qu'« une affaire historique comme un génocide ne relève pas du domaine parlementaire » peut être avancé et c'est parfaitement logique. D'ailleurs, c'est sur celui-ci que s'appuient les pays qui n'ont pas officiellement reconnu en tant que tel le génocide de 1915. Et ce n'est pas parce qu'ils ont le moindre doute sur la véracité de 1915, contrairement à ce que nous aurions pu « malheureusement » croire (Nota CVAN : il se moque de ceux qui croient que les pays qui n'ont pas reconnu le génocide par le biais d'une loi, se seraient abstenus parce que le génocide n'aurait pas eu lieu. Pour lui, le monde entier sait qu'il s'agit d'un génocide, mais certains pays ont voté cette reconnaissance et d'autres non. C'est pourquoi le mot « malheureusement » est entre guillemets, pour souligner l'ironie du propos).

Seulement, pour que « nous » puissions nous appuyer sur le même argument nous devons d'abord franchir un certain seuil moral (Nota CVAN : l'auteur veut dire que les Turcs n'ont pas le droit d'avoir le même comportement que les pays qui n'ont pas voté la reconnaissance du génocide au parlement). Si vous créez une association dénommée « Talaat Pacha », du nom de celui considéré par le reste du monde comme étant le « Hitler Turc » et que vous manifestez dans les rues (Nota CVAN : dans les rues d'un pays ayant reconnu le génocide de 1915) en criant « le génocide est un mensonge impérialiste », sans montrer aucun signe de respect face à un événement qui a coûté plusieurs centaines de milliers de vies ; si de plus l'un des membres de cette association (en l'occurrence un procureur de la république, retraité) scande le slogan suivant bientôt repris en chœur : « les unionistes ont fait du bon travail... nous avions raison ; si c'était à refaire aujourd'hui nous le ferions encore », vos propos parviendront directement aux oreilles du procureur du pays où vous manifestez. Car il s'agit là de « racisme et de glorification du crime », délits qui relèvent du droit pénal. (Peut être qu'ils [les journalistes turcs] avaient raison d'affirmer que « la Turquie était en avance en matière de liberté de pensée » : prononcer ces paroles n'est pas interdit en Turquie, au contraire c'est un devoir national) - (Nota CVAN : avec un certain humour noir, le juge fait allusion à la liberté d'expression qui fonctionne en Turquie dans le sens inverse uniquement)...

On peut, à juste titre, se demander si « cette décision juridique respecte la vérité ». « J'ignore » si les juges ont raison, mais ce qui est à souligner ici n'est pas la vérité objective c'est la perception subjective d'un évènement. Car dans certains cas, cette perception peut se substituer à la vérité.

CE QU'EST LA PERCEPTION UNIVERSELLE

Soyons honnêtes, avouons. Jusqu'à hier nous ignorions qu'au sein des 'Frontières Nationales' vivait un peuple appelé Arménien (Nota CVAN : le terme utilisé en turc 'Misak-i Milli' définit les frontières actuelles de la Turquie au XXème siècle par Ataturk, considérées par les Turcs, comme intouchables et sacrées. Ici aussi, le Juge fait allusion à la définition d'une nation vivant dans une immense caserne militaire) ; nous avons tout juste commencé à admettre son existence, bien entendu en l'assimilant à un peuple de « monstres venus sur un vaisseau spatial pour diviser notre beau pays ». Notre ignorance sur les évènements de 1915 explique qu'il soit si naturel pour nous de croire que le monde entier est aussi ignorant que nous et qu''il ne peut s'agir que de calomnies.

Mais "malheureusement" le monde extĂ©rieur n'a pas suivi le cours intitulĂ© "Inkılâp Tarihi ve AtatĂĽrkçülĂĽk" (Nota CVAN : les cours d'histoire de la RĂ©volution turque et du Kemalisme).

Ses sources de connaissance, tout comme sa perception des évènements, sont bien différentes. (Bien entendu, l'aspect psychologique est tout aussi important : il n'est facile pour personne d'accepter l'idée que ses propres ancêtres aient pu commettre ce crime, qui va au-delà de la logique et de la raison, qu'est un génocide).

Comme je l'ai déjà dit, mon souci n'est pas de prouver ce qui c'est réellement passé, je veux simplement donner un ordre d'idée sur la façon dont un interlocuteur perçoit les choses. C'est pourquoi, pour vous expliquer la perception dans le reste du monde, je veux vous donner deux exemples à titre d'indices, sans entrer dans les détails.

Premier exemple : D'après ce que j'ai lu dans un article d'Ayse Hür, aux Etats Unis, un concept original est utilisé par les politologues pour désigner la « négation sans argument logique d'une vérité aussi évidente que la lumière du jour » : « négation de type turc » (il est inutile ici de parler du lien de cette expression avec les évènements de 1915).

On peut certes ignorer ce premier exemple en argumentant qu'il s'agit d'un choix subjectif et abstrait, mais le deuxième, plus gênant, ne peut pas être écarté du revers de la main. Comme chacun sait, le concept de génocide relève du droit international depuis une convention signée en 1948. Cette avancée humaine essentielle est le fruit des travaux du juriste juif polonais Raphael Lemkin. Interviewé en 1950 par un média américain sur l'origine de son concept, il répondit : « Mes travaux n'ont pas de rapport direct avec le génocide juif. J'avais déjà préparé et proposé ce projet en 1933, mais il n'avait pas été accepté ; il n'y avait pas de grand pogrom juif à l'époque. Mon travail se base sur le génocide arménien ». Alors, me direz-vous ? Alors ceci : le monde entier sait que la convention ratifiée par la Turquie le 23 mars 1950 a comme « source d'inspiration » le génocide arménien.

LE REGARD D'UN SIMPLE CITOYEN DU MONDE SUR « NOTRE THESE »

Pour avoir cette perception, point n'est nécessaire de connaître les sujets dont j'ai parlé. Celui qui entend notre thèse officielle ("... durant la guerre, les Arméniens vivant dans l'est et susceptibles d'apporter un soutien logistique aux maquisards arméniens ont été provisoirement déplacés vers des régions du sud à l'intérieur des frontières ottomanes ; durant ces déplacements, pour des raisons diverses, près de 300 000 citoyens arméniens sont morts) et qui n'est pas passé par le moule de l'éducation turque, ce simple citoyen ayant une conscience va d'abord s'exclamer : « Oh mon dieu ! 300 000 personnes ! » puis poser les questions suivantes :

1) Vous dites qu'il ne s'est rien passé, puis qu'il s'est passé quelque chose mais à cause d'une raison légitime ? Ces deux affirmations sont incompatibles.
2) Les décès ont eu lieu du fait de la guerre ; or, la guerre est finie. Pourquoi ne reconnaissez-vous pas ce qui c'est passé et n'exprimez-vous pas vos regrets ?
3) Les autres ne sont pas intéressés par vos raisons légitimes qui vous sont spécifiques ... D'ailleurs quelle raison légitime peut justifier la mort de 300 000 personnes?
4) Même si à l'époque vous aviez raison, ne devez-vous pas manifester du respect pour la mémoire de ces morts ?
(N'ayez aucun doute, lorsqu'il aura connaissance du nombre de victimes du côté turc, la même personne posera les mêmes questions aux nationalistes arméniens insensibles).

En somme, puisque 'la perception' est telle, les décisions et sanctions prises ne sont pas étonnantes [cf le verdict suisse]. Même si cette perception était erronée, le remède ne devrait pas être le comportement de nos guerriers en Suisse. Ce que nous devons faire avant tout c'est de faire sentir à nos interlocuteurs combien nous sommes désolés à l'évocation de ces souffrances. Ces 300 000 personnes ne doivent plus être considérées comme une seule entité. Il s'agit de 300 000 individus différents ; non seulement la désignation humiliante de « ceux-là » doit être évitée, mais il faut se rappeler que les personnes mortes en 1915 étaient nos citoyens et non nos ennemies et il faut les dissocier des nationalistes de la diaspora. Parmi les morts il y avait des bébés ; nous ne pouvons pas parler d'animosité des bébés mais à supposer le contraire - je rappelle ceci en pensant à nos conquérants suisses, les kémalistes ardents - le discours d'Ataturk s'adressant aux mères néozélandaises et australiennes, qui peut montrer la voie à suivre (Nota CVAN : dans ce discours, considéré comme un appel à la paix, Ataturk demandait aux mères des soldats britanniques venus d'Australie et de Nouvelle Zélande et morts à Gallipoli, de ne plus pleurer leurs enfants tombés sur les terres turques car ils étaient devenus « dorénavant nos enfants ») :
En un mot, la décision suisse ne relève ni de l'anti-démocratie ni de l'absence de liberté d'expression. Il s'agit d'empêcher ceux qui restent insensibles aux souffrances causées par la mort de centaines de milliers de personnes de se moquer de la dignité humaine en utilisant des discours racistes. Il s'agit juste, comme disait Adorno, de «ne pas sacrifier la victime une deuxième fois».

*Juge - Tribunal d'Odemis/baraka1972@gmail.com

Traduction du turc: S.C. pour le Collectif VAN - 17 décembre 2008 - 07:00 - http://www.collectifvan.org



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