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Turquie : « Ecrire l’histoire en arrachant les pages »
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Cengiz Aktar, Oral Calislar et Temel Iskit (ex-diplomate qui écrit dans le journal Taraf), tous trois signataires de la campagne d’excuses aux Arméniens, étaient les invités de l’émission 32ème jour sur la chaîne TV turque Canal D, le 18 décembre au soir. Etaient également invités trois opposants à cette pétition : Deniz Bolukbasi (MHP), Sukru Elekdag (CHP et ex-diplomate) et Candan Azer (ex-diplomate). Le débat était animé par le journaliste turc Mehmet Ali Birand (neutre) et Ridvan Akar (plutôt pro-signature et même pro-reconnaissance du génocide arménien).

En même temps se déroulait sur la chaîne ATV, un autre débat télévisé, avec Baskin Oran dont les propos ont choqué des téléspectateurs arméniens de Turquie.
Pour en revenir au débat de Canal D, à l’évidence, cette pétition d’excuses aux Arméniens, malgré ses lacunes et les motivations « anti-génocide » de ses instigateurs, aura fait sauter le tabou du génocide arménien en Turquie. Espérons que ce ne soit pas pour en faire un tabou partout ailleurs dans le monde…



Emission 32ème jour sur Canal D, le 18 décembre.


Ci-dessous un récapitulatif des positions de chaque intervenant :

Oral Calislar et Cengiz Aktar ont présenté la campagne comme une initiative civile hors des enjeux politiques.

Sukru Elekdag : C’est une très mauvaise initiative pour plusieurs raisons, de plus le moment est très mal choisi. Le mot ‘Medz Yeghern’ signifie ‘génocide’ pour les Arméniens ; en plus le verbe ‘nier’ rappelle la ’négation’ et le négationnisme. La diaspora arménienne utilise ce mot. Il faut modifier le texte. il faut enlever le Medz Yeghern et le verbe nier.

Cengiz Aktar : Medz Yeghern est le terme utilisé par les Arméniens pour désigner ce qu’ils ont vécu en 1915 et ce mot date de cette époque-là. Alors que le mot génocide a été inventé en 1948. D’ailleurs, nous ne somme pas ici pour discuter de savoir si c’était un génocide ou non. Ne détournez pas le sujet.
Ce texte a été préparé suite à une longue réflexion de plus de 240 universitaires et historiens qui ont donné leur avis.

Candan Candan Azer : Les Arméniens ne disent pas ‘génocide’ mais utilisent le mot ‘Medz Yeghern’ pour définir ce qui s'est passé. En arménien, il n’y a pas de mot génocide (Nota CVAN : faux. Le mot « Tseghasbanoutioun », littéralement « assassinat d’une race » est utilisé en arménien. L'expression « Medz Yeghern », à savoir la « Grande Catastrophe », était surtout utilisé par la génération qui l’avait subie en 1915/1923. Certains des rescapés avaient également été témoins auparavant des massacres hamidiens de 1895/96).

Deniz Bolukbasi : J’ai honte de ceux qui se sont excusés. Cette campagne calomnie le peuple turc. On dirait que c’est une mode ; les intellectuels turcs pensent qu’il faut parler de ce sujet pour être considéré comme intellectuel. Il y en a même qui sont devenus titulaires de ce sujet : ils sont payés pour. Porte-paroles, cadres (commissionnés), ils basent leur carrière académique sur ce sujet. Vous, Temel Iskit, en tant qu’ex-diplomate n’avez-vous pas honte ? La diaspora travaille avec acharnement depuis 1915 : son but est de modifier l’opinion publique du monde entier. Finalement, ils ont attaqué la Turquie et ils utilisent les soi-disant intellectuels turcs ? Est-ce que vous présentez vos excuses aussi aux Arméniens de l’Asala ?

Ridvan Akar : Que voulez-vous dire par ‘titulaires’ de ce sujet ou des "commissionnés"(Nota CVAN : sous-entendu « voulez-vous insinuer qu’ils sont payés pour ? »).

Deniz Bolukbasi : Je veux dire que, sous prétexte d’être comme des occidentaux modernes, ils font carrière sur ce sujet.

Temel Iskit : Je ne suis pas obligé de répondre à vos provocations, mais je souhaite dire pourquoi j’ai signé. Durant toute ma carrière en tant que diplomate, je suis passé par plusieurs phases :
d’abord « Il n’y a pas eu une telle chose », ensuite « ce sont eux qui l’ont fait » (Nota CVAN : Ce sont les Arméniens qui ont exterminé les Turcs) et puis « eux, ils l’ont fait, nous l’avons fait aussi ». Finalement, j’ai découvert que les pages des livres d’histoire avaient été arrachées. Je me suis revolté. Il faut que les pages s’ouvrent ! Quant à l’ASALA, nous sommes en train de parler d’une tragédie humaine, il ne s’agit pas d’une concurrences des crimes : je parle des pages perdues !

Cengiz Aktar : Oui, nous avons changé, heureusement d’ailleurs. Depuis Ozal, la Turquie s’ouvre au monde. Depuis 1983, 1993 et 1999 la Turquie a fait des pas importants et nous parlons de tous les tabous ; pas seulement de la question arménienne ; Arméniens, Kurdes, Alevis, Droits des femmes, des homosexuels : nous sommes dans l’ère de l’information. 250 personnes ont préparé ce texte ; ce dont nous n’avons pas discuté depuis 90 ans, 13 500 personnes l’ont signé en 3 jours pour dire « oui, ce que nous avons fait était mal.»

Candan Azer : Nous avons travaillé au niveau diplomatique sur cette question et 68 scientifiques renommés ont fait une déclaration commune pour dire que ce n’était pas un génocide. Nous avons démoli les affirmations des Arméniens une par une. Ils continuent encore, nous sommes inactifs contre eux…

Oral Calislar : Vous arrachez les pages d’histoire, vous modifiez l’histoire. J’ai participé à une conférence sur Mimar Sinan : un prof d’histoire a fait un exposé pendant des heures mais il n’a pas parlé de ses origines (Nota CVAN : l’architecte Sinan était arménien). Je suis allé lui poser la question pour lui dire que le monde entier connaissait la vérité : pourquoi ne l’avait-il pas écrite ? Il m’a répondu qu’il l’avait écrite mais que les autorités l’avaient obligé à l’enlever. Voilà votre mode de fonctionnement : vous arrachez les pages qui ne vous conviennent pas. On ne peut pas écrire l’histoire en arrachant les pages. C’était la richesse de l’Empire ottoman : pourquoi la cacher ? Aujourd’hui l’Anatolie est peuplée de gens qui ont des grand-mères arméniennes. De pauvres petites filles qui avaient été forcées de se marier et d’être islamisées…Pour insulter quelqu’un, vous lui dites que sa grand-mère était arménienne. Vous avez même attaqué Gül parce qu’il ne s’est pas opposé à la pétition. Vous n’avez pas honte? C’est une tragédie. Comment pouvez-vous la comparer avec le terrorisme arménien ?

Candan Azer et Elekdag : Oui, il ne faut pas utiliser l’appartenance ethnique comme une insulte. Mais il faut comprendre que c’était de la légitime défense (Nota CVAN : contre la pétition d’excuses) et on ne peut pas salir le peuple entier.

Oral Calislar : C’était une décision prise par l’Etat, pas par les individus (Nota CVAN : il parle du génocide). C’est pourquoi, c’est un crime d’Etat.

Sukru Elekdag : Oui, mais il faut voir les circonstances.

Oral Calislar : C’était organisé par l’Etat oui ou non ?

Sukru Elekdag : Oui, mais l’Etat avait pris les précautions pour que cela se déroule dans de bonnes conditions.

C Aktar : Rien que pour cela, on peut demander pardon, non ?

Sukru Elekdag : Eux aussi ont tué dans le sud-est. Est-ce qu’ils vont s’excuser ?

Cengiz Aktar : Les Turcs et les Kurdes sont toujours sur ces terres alors qu’il n’y a plus d’Arméniens. Pourquoi les Arméniens doivent-ils présenter des excuses ?

Oral Calislar : Les déportés étaient des femmes et des enfants, comment expliquez-vous cela ?

Sukru Elekdag : Il y avait des maquisards arméniens.

Ridvan Akar : Si vous permettez, je voudrais savoir pourquoi les Arméniens de Kutahya ou Kocaeli (Izmit) ont été déportés ? Il n’y avait pas de danger de révolte dans ces régions-là.

Sukru Elekdag : Si, il y avait des maquisards : regardez dans ma région natale, Kastamonu, les Arméniens n’ont pas été déportés parce qu’ils étaient des artisans et des gens simples.

Ridvan Akar : Oui, c’est pourquoi la République turque a jugé qu’il y avait trop d’Arméniens dans cette région et les a envoyés à Istanbul en 1944 !

Sukru Elekdag : Oui, justement, ils nÂ’Ă©taient donc pas morts.
(Nota CVAN : La plupart des Arméniens de cette région sont islamisés : c’est pourquoi ils ont échappé à la déportation. A l’enterrement de Hrant Dink, ils étaient venus par villages entiers) .

Cengiz Aktar : Pourquoi détruisez-vous les maisons, les églises, les bâtiments merveilleux et les cimetières ?

Sukru Elekdag : Si. On protège les vestiges historiques d’Ani…

Cengiz Aktar : Rectifiez s’il vous plait : ANI pas Ani (Nota CVAN : Aktar fait allusion avec ironie au fait que le ministère de la Culture a changé le nom arménien de Ani, en ANI – sans point sur le « i » - qui est un mot turc signifiant « souvenir »).

Temel Iskit : Vous ne supportez même pas les noms. Voilà pourquoi je me révolte. Je refuse que le nom d’Ani soit changé en ANI, je refuse que le mot ‘Arménien‘ soit utilisé comme une insulte. Ce n’est pas seulement une question de passé, c’est toujours d’actualité.

Sukru Elekdag : Le génocide est ancré dans les gens de la diaspora et des Arméniens en général. Cette haine ne doit pas continuer : il faut l’arrêter.

Temel Iskit : Oui, il faut que la haine cesse (Nota CVAN : mais lui, il parle de la haine des TurcsÂ…).

Sukru Elekdag : Voila pourquoi j’ai proposé la commission d’historiens, ensuite une instance internationale décidera…

Oral Calislar : C’est votre affaire, l’Etat peut faire ce qu’il veut mais personne ne peut empêcher les individus de s’excuser. Lorsque je visite les pays du monde entier, je rencontre des gens qui ont été arrachés à l'Anatolie, qui sont malheureux. Cela me rend triste : on aurait pu vivre ensemble. Nous sommes des citoyens : les décisions des politiciens ne nous concernent pas. L’Etat fait son travail et nous …

Sukru Elekdag : Oui mais votre initiative nuit aux intérêts de la Turquie. Le génocide…

Oral Calislar : Non, l’intérêt de la Turquie c’est la demande de pardon. Parmi les signataires, il y en a qui reconnaissent le génocide, d’autres qui ne reconnaissent pas, mais cela n’empêche pas qu’ils s’excusent de ce qui s’est passé.

Sukru Elekdag : Vous ne vous rendez pas compte que vous reconnaissez le génocide par cette campagne ?

Oral Calislar : Que je le reconnaisse ou non cela ne concerne que moi..

Candan Azer : N’êtes-vous pas désolés pour les Turcs assassinés dans le sud-est par les Arméniens ?

Oral Calislar : Ce n’est pas le sujet de notre débat. Bien sûr que je suis triste pour eux aussi, ils étaient nos mères, nos pères.

Deniz Bolukbasi : Je me demande à quel point ces personnes qui s’excusent sont sérieuses : 13 500 personnes. C’est facile de signer dans le monde virtuel (sur le net). J’aimerais voir combien vont signer sur la place centrale des villes à Van, à Erzincan ou à Erzurum. De quel droit jugez-vous les événements de 1915, c’est une question historique et juridique, non ?

Oral Calislar : Pourquoi avez-vous peur du mot « génocide » ?

Deniz Bolukbasi : C’est le crime le plus bas qui puisse exister, comment pouvez-vous l’attribuer au peuple turc, vous salissez la mémoire de nos ancêtres.

Oral Calislar : Pourquoi serais-je - ou mon peuple serait - responsable du crime commis par le Comité Union et Progrès ? Justement le peuple turc ne doit pas porter cette tâche noire.

Deniz Bolukbasi : Ali Babacan se dit intellectuel et prononce de belles paroles, alors quÂ’il signe aussi sÂ’il est si intellectuel que ca !

M.A. Birand : Le ministère des Affaires extérieures doit justement faire une déclaration officielle et doit condamner les paroles du député d’Izmir (CHP) au sujet de la mère de Gül. C’est très moche et on doit avoir honte de ces paroles…

Sukru Elekdag : Je refuse catégoriquement que la mère de Gül soit arménienne !

Oral Calislar et Cengiz Aktar : Pourquoi ? Est-ce que cÂ’est une insulte ?

Sukru Elekdag : Non, j’ai des amis arméniens, je ne veux pas les blesser.

Cengiz Aktar : Car vous savez très bien qu’Aritman veut insulter Gül avec ces paroles.

Temel Iskit : Voici ce que je veux vous dire lorsque je dis que ce n’est pas un problème du passé. Lors d’un match de foot à Trabzon, les sportifs ont utilisé des slogans : « Génocide à Trabzon pour l’Arménien Oguz » (Nota CVAN : Oguz est le directeur technique de l’équipe adverse) ou encore « Nous avons commencé notre chemin avec des Ogun… » (Nota CVAN : nom de l’assassin du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink).

Candan Azer : Vous ne pensez pas que la pétition signée par 68 historiens, éditée par le Washington Post, n’a aucun sens ? Ces gens-là ont été menacés par les Arméniens.

Oral Calislar : Est-ce qu’il y a des morts ? Hrant Dink a été assassiné parce qu’il avait dit que c’était un génocide. Est-ce que vous pensez que nous arrivons à discuter ? Que nous ne recevons pas de menaces… ? Ces 6 derniers mois, 48 nouveaux procès ont été ouverts, le saviez-vous ?

Candan Azer : AujourdÂ’hui, je ne peux pas dire ce que je pense en Suisse.

Oral Calislar : On nÂ’arrive pas du tout Ă  parler ici non plus. Hrant est mort Ă  cause de cela ! Vous ne supportez mĂŞme pas une campagne si modeste, si douce.

Temel Iskit : NÂ’ayez pas si peur. La convention de 1948 dit que les individus peuvent ĂŞtre coupables des crimes, pas les nations.

Sukru Elekdag : Si. Depuis les événements de Bosnie Herzégovine, la convention a été modifiée. Les Etats peuvent être tenus pour responsables.

Temel Iskit : Justement, les ‘Etats’ et pas les ‘Nations’.

Sukru Elekdag : J’ai compris que ceux-là (Nota CVAN : il parle des trois défenseurs de la pétition) n’ont pas compris le sens du texte qu’ils ont rédigé.

Oral Calislar : Trois ou quatre Unionistes commettent des crimes, pourquoi voulez-vous que notre peuple soit tenu pour responsable ?

Cengiz Aktar : Les gens ont caché leurs voisins pour sauver leur vie. Et aujourd’hui ils veulent signer la pétition mais vous les en empêchez. Le site est bloqué par des attaques externes.

M.A.Birand : Savez-vous qui bloque le site ? Des hackers ?

Cengiz Aktar : Je ne peux accuser personne sans certitude. Mais c’est une action délibérée : 1 million de clics par seconde est émis pour empêcher les gens d’entrer sur le site.

Sukru Elekdag : En ce moment même, des négociations secrètes sont poursuivies avec l’Arménie. C’est pourquoi, je dis que le moment est mal choisi. La commission d’historiens doit être créée et nous allons utiliser les instances internationales pour faire reconnaître notre version. Pourquoi voulez-vous reconnaître quoi que soit ?

Oral Calislar : Les discussions politiques (diplomatiques) ne me concernent pas.

Temel Iskit : Les travaux au niveau de l’Etat et au niveau des initiatives civiles doivent être dissociés.

Sukru Elekdag : Mais votre initiative va nuire aux actions diplomatiques. Les soi-disant intellectuels et les artistes doivent connaître leurs limites.

Temel Iskit : On n’en sait rien : c’est le temps qui va montrer les conséquences.
Vous vous étiez opposés également à la conférence qui a finalement a eu lieu à Bilgi.

Sukru Elekdag : En ce moment même, des négociations ont lieu. C’est une chose nuisible (Nota CVAN : la campagne d’excuses).

Deniz Bolukbasi : Bien sûr que c’est néfaste. Leur but est d’avoir le soutien des parlements et ensuite, avec une base juridique, les revendications vont arriver. Il faut qu’ils abandonnent leurs revendications territoriales, qu’ils cessent d’utiliser le Mont Ararat comme symbole national et qu’ils acceptent la création d’une commission d’historiens. Les Arméniens ne veulent pas discuter de l’histoire sous prétexte que c’est un fait réel. Mais un sujet non connu ne peut-il pas être discuté ? En Turquie aussi, il y a eu des personnes qui soutiennent ce sujet (Nota CVAN : qui admettent que que le génocide a réellement a eu lieu).

Temel Iskit : L’attitude de la Turquie et les politiques menées par la Turquie jusqu’à aujourd’hui n’ont rien apporté. L’adoucissement du sujet sur le plan international ne peut être que bénéfique pour la Turquie. Personne ne peut juger un pays démocratique.

Oral Calislar : Les réactions internationales sont très positives; même les plus fervents de la diaspora se sont adoucis ; ils ont les larmes aux yeux, ils nous disent « pour une fois depuis des lustres, vous faites quelque chose de gentil».

Cengiz Aktar : La déportation est la chose le plus néfaste que l’Anatolie a jamais vue. C’était une catastrophe. Ca été un effondrement économique en Anatolie. La révolte kurde actuelle est également la conséquence de cette déportation. Il n’y a même pas d’intelligence dans cette affaire. Ce sont les hommes d’Etat de l’époque qui nous ont menés à cette situation. Nous, nous vous parlons d’une affaire de conscience !

Candan Azer : Les Arméniens travaillent avec acharnement contre nous depuis…

Temel Iskit : De quels Arméniens parlez-vous ? Ce n’est pas un ensemble unitaire !

Candan Azer : Je parle de la diaspora et de l’Arménie ; jusqu’en 1991, la diaspora et l’Arménie ont travaillé sans cesse. Ils ont réussi à influencer la communauté internationale. Cette propagande est arrivée jusqu’à chez moi, elle a atteint mes intellectuels, mes femmes au foyer, mes musiciens : ils sont tous contaminés.

Oral Calislar : Cela signifie que les méthodes de la République turque étaient inefficaces. Cet Etat a tué ses propres enfants dans les année 80, des étudiants brillants, des enfants de 17 ans ont été exécutés sans pitié. Un citoyen n’est pas l’égal de l’Etat. Le citoyen ne peut pas porter le poids du crime de l’Etat.

Sukru Elekdag : Je respecte la sincérité de O.Calislar, il écoute la voix de sa conscience mais il faut voir comment c’est perçu dans le monde.

Oral Calislar : Le monde découvre qu’il y a aussi des Turcs ayant une conscience.

Sukru Elekdag : Non, ils disent qu’« il y a des Turcs qui soutiennent la reconnaissance du génocide ».

Cengiz Aktar : Non, j’ai reçu les réactions des médias les plus importants comme le Washington Times, Le Monde, … ils sont très positifs et ils n’emploient pas le terme de « génocide ».

Sukru Elekdag : JÂ’ai toujours dit quÂ’il fallait une commission dÂ’historiens.

Ridvan Akar adresse une question à Deniz Bolukbasi : Vecdi Gönül a déclaré « si les Arméniens et les Grecs étaient restés en Turquie, nous ne serions pas la nation que nous sommes aujourd’hui ». Cengiz Aktar a souligné aussi ce fait en disant que l’Anatolie avait subi un effondrement économique, qu’en pensez-vous ?

Deniz Bolukbasi : Je n’entrerai pas dans cette polémique. La campagne, comme vous dites, n’est pas uniquement une question de conscience et d’individus. Elle bénéficie aux intérêts de l’Arménie : Sarkissian peut la signer aussi. C’est dans son intérêt. Elle a causé des mécontentements parmi la population turque. Ca nous dérange.

Ridvan Akar : JÂ’adresse la mĂŞme question Ă  S.Elekdag.

Sukru Elekdag : Cette déclaration m’a beaucoup dérangé. Car cela rappelle certains événements de notre histoire proche. C’est une énorme gaffe de la diplomatie turque. Je n’approuve pas cette déclaration. (Nota CVAN : ce ne sont pas les propos du ministre de la Défense turc qui le dérangent, mais le fait que Vecdi Gönül se soit fait piéger avec cette déclaration par laquelle il légitimait la déportation et l’extermination des Arméniens et des Grecs de Turquie).

Cengiz Aktar : Cette déclaration montre que la nation est définie par l’Islam et que les chrétiens étaient en dehors de cette définition. On s’est ainsi débarrassé d’eux.

Deniz Bolukbasi : Ce n’est pas vrai. La nation turque est composée de Turcs.

Cengiz Aktar : Monsieur, nous savons tous que depuis 1840, l’est de Anatolie a été rempli d’immigrés non turcs venus du Caucase. En 1870, 50% de la population de l’Empire, 13 000 000 de personnes, ne savaient pas parler la langue turque, mais ils étaient musulmans. Alors que lors de la définition de l’Etat-nation, les chrétiens ont été exclus.

Oral Calislar : Lorsque Hrant Dink a été assassiné, des millions ont écouté la voix de leur conscience. Le monde entier l’a apprécié. Cette déclaration aussi est la voix de la conscience.

Cengiz Aktar : Les politiciens réfléchissent trop. Au lieu de provoquer le peuple et créer une tension, ils doivent l’encourager.

Deniz Bolukbasi : CÂ’est une initiative malheureuse qui ne fait que salir nos ancĂŞtres et notre histoire.

Candan Azer :
- Il faut continuer à discuter avec les Arméniens
- Il faut qu'ils acceptent nos frontières (Misak-i Milli)
- Il ne faut plus qu'ils montrent le mont Ararat comme leur symbole national
- On va aller devant une instance internationale pour faire reconnaître la vérité (leur vérité) pour que cela cesse. Nous avons ouvert nos archives. Les Anglais ont ouvert leurs archives. Il n’y a plus que les Français et les Arméniens qui n’ont pas ouvert leurs archives. On peut supposer que les archives françaises sont aussi en notre faveur, sinon ils les auraient ouvertes depuis longtemps.

Sukru Elekdag : Cela n’a rien à voir avec un génocide. Nous considérons que vous avez utilisé le mot Medz Yeghern sans en connaître la signification.

M.A.Birand : Je remercie mes invités. C’était un 32ème Jour exceptionnel, sans dispute, et avec un très haut nivau de discussion.


Traduction du turc : S.C. pour le Collectif VAN - 23 décembre 2008 - 09:50 - http://www.collectifvan.org/




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