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La Turquie à l'assaut de sa mémoire
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Soutenus par le président Abdullah Gül, des intellectuels ont lancé le débat sur la reconnaissance du génocide arménien. Une évolution historique.

Bien sûr, Abdullah Gül avait été sifflé mais il était venu. En septembre dernier, à Erevan, la capitale du pays, l'Arménie rencontrait son ennemi héréditaire, la Turquie en poule de qualification pour la prochaine coupe du monde de football. Quatre-vingt-dix ans après la « grande catastrophe », comme les Arméniens nomment leur génocide et au cours duquel un million d'entre eux trouva la mort, le chef de l'Etat turc avait osé le rapprochement et briser le cercle infernal de la haine. Ce petit geste, pas vraiment anodin, a soudain libéré la parole, après un premier colloque universitaire sur le sujet voici trois ans.

Depuis le début de cette semaine, quatre intellectuels de gauche ont lancé une pétition sur internet qui a déjà recueilli 15.000 signatures et le soutien discret mais réel de M. Gül qui estime que « chacun peut donner son opinion librement ». Le texte est on ne peut plus clair : « Ma conscience ne peut pas accepter que l'on reste indifférent et que l'on nie la grande catastrophe subie par les Arméniens ottomans en 1916. Je rejette cette injustice et, pour ma part, je partage les sentiments et les peines de mes frères et sœurs arméniens. Je leur demande pardon ».
Menaces de mort et insultes

Dans une Turquie nationaliste, où la négation du génocide a été érigée en raison d'Etat, les menaces de mort, les accusations de trahison et les insultes ont aussitôt fusé à l'encontre des auteurs du document, tous proches de Hrant Dink, un journaliste d'origine arménienne assassiné en janvier 2007. Une députée kémaliste a même attaqué le président de la République, sous-entendant qu'il aurait des racines arméniennes, ce qui est considéré du côté d'Ankara comme une tache indélébile, un péché majeur.

Mais, cette fois-ci, le débat s'ouvre enfin sur la place publique et il ne peut plus être balayé d'un revers de main. Le Premier ministre, l'islamiste dit modéré, Racip Tayyip Erdogan a vite réagi contre le texte : « Je ne l'accepte pas. Nous n'avons commis aucun crime et nous n'avons pas besoin de nous excuser ». Signe des divisions gouvernementales, le ministère des Affaires étrangères estime n'avoir « pas à réagir ».

La responsabilité de l'école

Au moment où les négociations pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne viennent de franchir une nouvelle étape, ce débat montre que la démocratie progresse sur les rives du Bosphore. Sujet tabou, le génocide arménien est constamment nié. Y compris dans les manuels scolaires. « A l'école, nous subissons un lavage de cerveau », affirme Baksin Oran, l'un des initiateurs de la pétition.

Certes, il faudra encore du temps, beaucoup de temps, avant que les Turcs regardent la réalité en face, cessent de s'enfermer dans le négationnisme et de dire que des dizaines de milliers « d'Anatoliens » sont morts, eux aussi, lors de ces deux cruelles années. Mais désormais le débat public est ouvert. Et il ne se refermera plus.

Patrick PEROTTO pperotto@estrepublicain.fr




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Source/Lien : L'Est Républicain



   
 
   
 
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