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Turquie : Hrant Dink exécuté par la TRT
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le site Armenian on Web annonce qu’une émission intitulée “Sahlarin Labirenti” a été diffusée sur la chaîne de la Radio et Télévision Turque TRT1 (canal officiel de l'Etat) : y furent évoqués les massacres de Marache*. D'après cette émission, ces massacres du Dersim du 24 décembre 1978 n’étaient pas dus à un conflit entre Sunnites et Alévis, mais avaient été bel et bien fomentés par… Hrant Dink (journaliste arménien de Turquie, assassiné le 19 janvier 2007) ! D’après la TRT1, ce dernier avait pour amis les membres de l’organisation secrète TIKKO (Parti Communiste de Turquie, parti marxiste-léniniste - Türkiye Isçi Köylü Kurtulus Ordusu - Armée Ouvrière et Paysanne de Libération de la Turquie), branche armée du TKP(ML), et était le responsable de ces massacres (pourtant commis par les fascistes Loups Gris)…

La chaîne turque avance une preuve « irréfutable » : parmi les morts, il y avait des cadavres non circoncis, ce qui prouve bien qu'il s'agissait d’Arméniens… Le but de ce programme est de retourner les Kurdes contre les Arméniens et de désigner une fois de plus, les Arméniens comme étant l’ennemi à abattre. A l’approche des élections partielles en Turquie, il apparaît primordial de rappeler à la population, qu’un Arménien n’est pas un bon citoyen turc.

La TRT1 a donné la parole au cours de son documentaire à Ökkeş Kenger Şendiller, le vrai coupable, interviewé devant la photo de Hrant Dink.

Ce documentaire, comme tant dÂ’autres faits, symbolise la schizophrénie de la Turquie : dÂ’une part, lÂ’Etat turc cherche à se refaire une virginité concernant sa politique anti-arménienne. Il a, par exemple, limogé il y a quelques mois le président de la Société dÂ’Histoire Turque (TTK), le professeur Yusuf Halaçoğlu, passé maître dans lÂ’art de rendre les Arméniens coupables de tous les crimes et qui avait notamment déclaré : “Nos recherches nous ont permis d’établir que nos citoyens que nous appelons Kurdes Alévis sont en fait des descendants dÂ’Arméniens. Un grand nombre des membres des organisation terroristes TIKKO (2) et PKK (3) sont donc des Arméniens devenus Kurdes.”

D’autre part, par le biais de la chaîne de télévision officielle, l’Etat turc fait une fois de plus l’apologie de la haine envers les Arméniens en laissant la libre parole au vrai commanditaire de la tuerie.

Les Arméniens de Turquie, en marge de la pétition de pardon lancée par les intellectuels turcs, entendent en ce moment, de manière récurrente, le slogan raciste « aime, sinon quitte » (ya sev ya terk et)** qui ravive l’hostilité de la population turque contre cette communauté à laquelle tous les crimes sont alloués.

Dernière minute : la chaîne TRT1 vient de retirer le passage incriminé de la vidéo en ligne sur son site.


* Les massacres de Maraş


Le 24 Décembre 1978, les ultra-nationalistes turcs (Loups Gris) commencent une chasse à l’Homme, contre les habitants du Dersim, aujourd’hui nommé Tunceli, majoritairement des Kurdes alévis. Sous le regard complice des autorités, ils s’en prennent aux croyants de l’Alévisme, religion qui se distincte de l’Islam et qui est pratiquée par près de 20 à 25% de la population en Turquie. Cette mise à mort est décidée par les autorités turques, héritières de celles qui en 1915 avaient annihilé les Arméniens : elles utilisent les mêmes méthodes d’incitation à la haine et d’encouragement aux exactions contre une “minorité” religieuse.

Ce lynchage légalisé provoque la mort de 1000 civils, et fait de nombreux blessés. Des femmes sont victimes de viol : certaines, enceintes, sont poignardées; des enfants innocents sont assassinés ou enterrés vivants.

Alors qu’ils subissent cette répression sanglante, les Alévis demandent à plusieurs reprises l’aide des autorités, appelle à l’intervention de la police, de la gendarmerie et de l’armée - censées garantir leur protection. Aucun corps d’Etat ne réagit, préférant ignorer l’appel à l’aide de la population. Les commerces sont saccagés, les habitations détruites et les cultures agricoles incendiées. Les Alévis sont tout simplement lâchement abandonnés aux mains de leurs bourreaux.

Ces actions ne sont pas simplement menées avec la complaisance des autorités : le rôle de l’Armée, dans ces exactions, n’est pas des moindres. Elle participe largement et dans une grande mesure au chaos qui règne dans le pays. Le but étant de justifier le Coup d’Etat qui se préparait… Le Coup d’Etat du 12 Septembre 1980 au cours duquel des milliers d’intellectuels et de militants issus de la gauche sont assassinés et pendus.
Trente ans plus tard, le schéma semble se reproduire. Ces derniers temps, l’incitation des ultra-nationalistes à créer un conflit interculturel encourage les actions fascistes.


(A. S./H)

Source : Armenian on Web et S.C. - Rewriting : Collectif VAN



** = La Turquie, tu lÂ’aimes ou tu la quittes


Lire aussi dans nos News :

Un programme de la télévision turque accuse Hrant Dink d’être responsable du massacre de Maras




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