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Turquie : bienvenue à Kafka-land
Publié le : 13-01-2009

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le journaliste Yavus Baydar signe dans le quotidien turc Today’s Zaman un article dans lequel il s’inquiète de la montée de l’antisémitisme et du racisme anti-arménien en Turquie : « Si l’on consulte la presse turque, on trouve facilement des cas de racisme et des discours haineux, en particulier en réponse au déplorable carnage et à la souffrance dans Gaza ». Et Baydar conclut : « La peur est très visible dans la communauté juive d’İstanbul. ». Par ailleurs, une enquête est ouverte contre les auteurs de la campagne d’excuses aux Arméniens afin qu’ils soient sanctionnés pour avoir publiquement "dénigré la nation turque", sur la base de l’article 301 "modifié" du Code pénal turc (TCK). Yavus Baydar déplore « cette triste réalité qui s’insinue dans le psyche turc, considérant souvent le racisme et la haine ethnique/religieuse comme légitimes ». Malheureusement, cette « triste réalité » ne « s’insinue » pas dans le psyche turc. Elle y est ancrée depuis fort longtemps déjà. Le Collectif VAN vous présente la traduction de cet article en anglais publié dans Today’s Zaman daté du 12 janvier 2009.


Légende : Des manifestants en Turquie brandissent des pancartes affichant le slogan suivant : "Entrée libre aux chiens, les Arméniens et les Juifs ne peuvent pas entrer"

YAVUZ BAYDAR y.baydar@todayszaman.com

Discours haineux et racistes : les intouchables de Turquie montent à l’assaut

Le fantôme de la haine et de la paranoïa se porte aussi bien qu’avant. C’est manifeste. Tant que vous ne voulez pas ou que vous n’êtes pas capable d’accomplir des changements importants, vous êtes condamné aux mêmes problèmes. Vous tournez en rond parce que tous les éléments de base (tels que la Constitution, la loi et la mentalité qui prévaut dans le judiciaire) restent inchangés ou ne sont modifiés que d’une façon esthétique, par peur ou par des compromis inutiles.

La semaine dernière, le procureur général d’Ankara a lancé une enquête sur la campagne publique d’excuses qui a recueilli plus de 26 000 signatures. Ceux qui l’ont signée s’excusent personnellement pour ce qu’ils appellent la "Grande Catastrophe" qui a eu lieu en 1915, et durant laquelle des centaines de milliers d’Arméniens citoyens de l’Empire ottoman ont été déportés ou massacrés et leurs biens confisqués.

L’enquête a été initiée à la demande de six personnes d’Ankara qui ont exigé que les auteurs de la campagne soient sanctionnés pour avoir publiquement "dénigré la nation turque", sur la base de l’article 301 "modifié" du Code pénal turc (TCK). Leur "logique" est la suivante : "Ce que leur conscience n’accepte pas en tant que déni, c’est ce que le monde entier appelle un génocide. Accusant la 'grande nation turque' d’actes génocidaires pour humilier cette même nation."

Dans des circonstances "normales", on s’attendrait à ce que le procureur jette au panier cette requête ridicule et l’ignore. À présent, nous sommes confrontés à un éventuel procès qui soulève quelques questions : si le Ministère de la Justice donne son approbation (comme l’exige l’article modifié), qui sera accusé ? Ceux qui ont lancé la campagne ou les 26 000 personnes qui l’ont signée ? Si cette dernière option est choisie, où seront jugés ces milliers de personnes ? Dans un stade ?

Vous êtes de nouveau à Kafka-land.

Entre temps, quelques jours avant le déclenchement de l’enquête, il y a eu un développement remarquable à Eskişehir, non loin d’Ankara. Niyazi Çapa, le Président de la Fédération des Associations culturelles Osmangazi, a donné une nouvelle conférence avec quelques membres et amis. Vêtus de costumes locaux, ils ont posé pour une série de photos. Sur ces photos, on peut voir des gens tenant des pancartes sur lesquelles on lit les slogans suivants : "Les Arméniens et les juifs n’ont pas le droit d’entrer" et "Les chiens peuvent entrer." Çapa a fièrement déclaré "Nous avons maintenant montré que les chiens ont plus de valeur qu’eux."

Il y a quelques semaines, Canan Arıtman, une députée d’un parti "social démocrate", le Parti Républicain du Peuple (CHP), s’est engagée sur le même terrain. Furieuse de la réaction du Président Abdullah Gül à la campagne publique d’excuses, décrite comme un "exemple de liberté d’expression" elle a prétendu que l’un des grands-parents Gül était en fait arménien.

Le député du Parti pour la Justice et le Développement (AK), Zeyid Aslan a déclaré la chose suivante sur les juifs à propos de Gaza : "Ceux qui implorent pitié devant l’humanité pour les pertes qu’ils ont subies sont à présent devenus des Barbares. Si l’histoire se répète demain, avec quel visage viendront-ils implorer pitié ?“

Ces trois exemples sont les trois incidents les plus spectaculaires de ces derniers jours. Si l’on consulte la presse turque, on trouve facilement des cas de racisme et des discours haineux, en particulier en réponse au déplorable carnage et à la souffrance dans Gaza. Dans ces cas précis, il n’y a plus de distinction entre critiquer et condamner les actes commis par Israël et placer les juifs sur la ligne de mire.

Le racisme et les discours haineux -- bien que ce soit assez flou -- sont définis et sanctionnés par le Code pénal turc. Il existe l’Article 216 grâce auquel le procureur peut agir. Mais il est considéré comme un article gelé auquel personne ne pense et dont personne ne se préoccupe.

J’espère que je me trompe, mais je crains bien n’avoir vu aucune action du judicaire visant à empêcher une nouvelle montée du racisme et de la haine, bien que les trois exemples que j’ai cités tombent manifestement dans cette catégorie.

L’absence de réactions de la justice encourage certainement ceux qui veulent provoquer la violence. On le sait parfaitement, le carnage actuel à Gaza nourrit la rage ici en Turquie, où les réactions sont très bruyamment organisées. En l’absence de condamnation cela mène aussi à une situation où les citoyens (d’origine juive, arménienne et autres) ne se sentent plus protégés. La peur est très visible dans la communauté juive d’İstanbul.

Ignorante ou à sensation ou insensible, la presse turque n’a prêté attention qu’à cette partie de cette triste réalité qui s’insinue dans le psyche turc, considérant souvent le racisme et la haine ethnique/religieuse comme légitimes. Mais Ankara doit prendre conscience du danger potentiel que cela implique. Qui avertira le gouvernement, la justice ? Je n’ai pas les réponses, mais je suis très inquiet.

Lundi 12 janvier 2009

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 12 janvier 2009 - 07: 25 - http://collectifvan.org/




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Source/Lien : Today’s Zaman



   
 
   
 
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