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Turquie : simulacre de procès anti-chrétien
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L’État turc essaie d’exproprier le monastère chrétien de Mor Gabriel en intentant un procès monté de toutes pièces. L’audience s’est tenue le mercredi 11 février 2009 dans la ville de Midyat dans le sud-est. Pour motiver sa demande d’expropriation, l’Etat turc a plaidé que le monastère, construit au milieu du IVème siècle (soit 200 ans avant que l’islam n’ait existé) a été construit sur les fondations d’une mosquée… Autre accusation fallacieuse : le terrain en jachère à l’intérieur et à l’extérieur des murs du monastère aurait été une forêt, qui ne peut être du domaine privé. Pourtant, Mor Gabriel se trouve sur une zone aride et rocheuse où ne sont visibles que de vagues petits buissons. “Si vous ne quittez pas le tribunal immédiatement, ça va mal se terminer pour les chrétiens dont vous vous occupez !”: telles ont été les invectives destinées aux représentants des organisations de Défense des Droits de l’Homme, présents sur place. Avant l’accession au pouvoir d’Atatürk, la ville de Midyat était une ville chrétienne : 250 000 chrétiens (syriaques orthodoxes) y vivaient. Les Assyro-chaldéen-syriaques ont été victimes, tout comme les Arméniens et les Grecs Pontiques, du génocide de 1915. Les chrétiens représentaient 30% de la population de l’Empire ottoman au début du XXème siècle : ils sont désormais moins de 0,1%.


Press Release

Binz, Suisse, 16 février 2009

Heinz Gstrein

Turquie : simulacre de procès envers un monastère chrétien

En intentant un procès, l’État turc essaie d’exproprier le monastère chrétien de Mor Gabriel. Tous les journalistes et les membres d’organisations de défense des droits de l’homme ont reçu l’ordre de quitter la salle d’audience. Cependant, les représentants de l’organisation Christian Solidarity International (CSI) ont refusé de suivre les ordres et ont été ainsi témoins de la procédure d’un simulacre de procès mettant en cause son caractère légal.


Mercredi 11 février, 2009: Ce n’est pas à Ankara que se tient le jugement contre le Monastère chrétien de Mor Gabriel mais dans la ville de Midyat dans la Turquie du sud-est. Le Trésorier de l’État turc est le plaignant au Civil et le ministre turc de l’intérieur, le plaignant au Pénal.

Selon des accusations ne reposant sur aucune base pour des occidentaux, la procédure du tribunal en vue de l’expropriation du monastère a été engagée. Il a été plaidé que le monastère, construit au milieu du 4e a été construit sur les fondations d’une mosquée – et cela bien avant que l’islam n’ait existé ! Autre accusation fallacieuse, le terrain en jachère à l’intérieur et à l’extérieur des murs du monastère aurait été une forêt propriété domaniale dont les moines auraient pris possession. Les autorités ont pris peur dès qu’elles ont vu la foule de journalistes étrangers et de membres d’organisations de défense des droits de l’homme qui se rendaient en salle d’audience.

“Quittez le tribunal! s’écria le policier turc. Pour dramatiser ce qu’il voulait dire, il a attrapé par son anorak l’un des deux membres de “Christian Solidarity International” (CSI). Une interprète a poursuivi sur la même longueur d’onde : Si vous ne quittez pas le tribunal immédiatement, ça va mal se terminer pour les chrétiens dont vous vous occupez !
Le lieu de cette confrontation ? une pièce du Palais de justice de Midyat. Il s’agit de la caserne à deux étages de la police et de la gendarmerie désignée pompeusement par les autorités comme le “Palais de Justice”. À l’entrée de la caserne, on peut y lire : “L’État est fondé sur la Justice”. Il s’agit d’une citation de Mustafa Kemal, le fondateur de la République Turque moderne, dont le pseudonyme est “Atatürk”, le Père des Turcs.

L’héritage d’Atatürk, le nationalisme et le racisme

Atatürk a en partie adopté le Code Civil Suisse comme base du système législatif turc ; il est considéré comme l’homme qui rendu la Turquie “conforme à l’Europe”. Cependant, c’est lui qui plus que les autres a introduit le nationalisme et le racisme dans la Turquie moderne, et de cela on ne s’en souvient pas. Sous sa dictature une persécution massive des chrétiens a démarré.

Avant l’accession au pouvoir d’Atatürk, au début des années 20, la ville de Midyat, où se tenait le procès, était une ville chrétienne. 250 000 chrétiens (syriaques orthodoxes) y vivaient ainsi que dans les environs sans compter un petit nombre de catholiques et quelques familles protestantes dont les origines proviennent de la Mission Suisse d’Orient. Au cours des années 1890, les chrétiens avaient été persécutés par des bandes de supplétifs kurdes, les Hamidiés, à l’instigation du Sultan “rouge” Abdul Hamid II. En 1915-16 des dizaines de milliers d’entre eux, en même temps que les chrétiens arméniens, ont été enlevés et massacrés par les Jeunes Turcs. Les Kémalistes ont supprimé, lentement mais sûrement, le reste des chrétiens : Syriaques orthodoxes, Assyro-Chaldéens et Arméniens durant la seconde moitié du XXe. Quatre-vingt-quinze pour cent des biens appartenant à des chrétiens ont été expropriés. Aussi la plupart des Syriaques ont émigré en Suède, Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche.

La communauté syriaque est l’une des plus anciennes églises chrétiennes du monde. Ses origines remontent à la communauté d’Antioche (aujourd’hui Antakya), fondée en 37 après J.C. Cette communauté pratique encore l’Araméen, la langue du Christ. Alors qu’en 1960, il y avait encore 200 0000 Syriaques en Turquie, dans cette région montagneuse, chrétienne depuis les Apôtres, aujourd’hui il n’y subsiste que 2 000 membres de cette communauté. Et le gouvernement turc comme les nationalistes les considèrent comme une menace envers ce qu’ils considèrent comme la turcité.

Depuis le coup d’Etat militaire de 1960, environ 50 chrétiens maires, prêtres, enseignants et paysans ont été assassinés dans cette région de Tur Abin. Aucun de ces crimes n’a fait l’objet de poursuites. L’appareil judiciaire turc apparaît comme le réseau d’influence principal du système des kémalistes, “l’État profond” système non démocratique et non parlementaire. Les kémalistes s’accrochent encore maintenant à l’idéologie nationaliste d’Atatürk. Ils sont soutenus par l’armée, la police, la gendarmerie et la police secrète de l’État, le MIT. En Turquie, pays qui veut entrer dans l’UE, l’idéologie nationaliste continue d’avoir la primauté sur la loi. Cela apparaît clairement dans le procès intenté contre le Monastère de Mor Gabriel.

Des accusations sans aucun fondement légal

Le Monastère assyro-chaldéen de Mor Gabriel est l’un des derniers centres chrétiens. Devenu un point focal de l’enseignement de la religion chrétienne, il a contribué à l’existence postérieure de l’Araméen, la langue maternelle du Christ. Avec ses 1600 ans d’histoire, il est l’un des plus anciens monastères du monde.

À travers une argumentation juridique fallacieuse, le Monastère Mor Gabriel est menace d’être exproprié des chrétiens qui le possèdent pour être transformé en un site touristique d’État. La prétendue évangélisation des musulmans vivant dans le voisinage du monastère, ou l’argument absurde selon lequel le bâtiment serait construit sur des fondations d’une mosquée constituent les accusations contre le monastère au cours du simulacre de procès. Un tel raisonnement dénué de fondement donnerait des arguments pour “retransformer” le monastère en mosquée.

Une étape plus directe dans cette direction est la demande de trois villages kurdes du voisinage d’exproprier les terres du monastère qui ne sont pas entourées de murs pour qu’elles leur reviennent.

Les observateurs du tribunal ne sont pas les bienvenus

Lors du procès contre le monastère, l’organisation de défense des droits de l’homme, Christian Solidarity International (CSI) était représentée par deux observateurs: Heinz Gstrein, ancien journaliste du “Neue Zuercher Zeitung” (NZZ) et Herbert Meier, avocat et président de CSI-Suisse. Bien qu’il s’agissait d’un procès public, tous les représentants de la presse, ainsi que ceux des organisations de défense des droits de l’homme ont reçu l’ordre de quitter la salle d’audience qui, dès le début, était délibérément trop petite pour un tel usage. Protégés par leur immunité diplomatique ou leur passeport officiel, seuls les représentants des Ambassades de Finlande, des Pays-Bas et de Suède à Ankara, ainsi que le délégué de l’Église Luthérienne de Norvège ont été autorisés à assister à l’audience. Les représentants de CSI, cependant, opposèrent une résistance avant d’être expulsés de la salle d’audience en disant: “Nous cédons seulement à la violence. Vous devrez nous arrêter et nous emmener dehors par la force. Nous ne quitterons pas la salle d’audience volontairement.”

Le juge Kamil arriva et ouvrit le procès. Mené d’une voix monocorde, à l’exception de celle
– vociférante - de l’avocat des villageois. Selon lui, des activités anti-turques étaient financées par les revenus des biens du monastère, par exemple, l’enseignement religieux dans la langue “Süryanic”, c’est à dire araméenne. Les trois maires des villages avaient seulement la possibilité de dramatiser leur cas en prenant des mines ou des mimiques sévères. À la suite d’un regard inquiet du juge sur les sept “représentants internationaux” dans la salle d’audience, il leur fut interdit de parler.

Le motif d’expropriation ? La “forêt” entourant le monastère

Les deux avocats du monastère présentèrent les preuves que l’ensemble des terres actuellement en jachère entourant le monastère avaient été propriété du monastère depuis des temps immémoriaux. La Turquie ottomane avait non seulement confirmé ces droits de propriété mais les avait étendus. Le juge Kamil a remis pour examen les documents au ministère de l’Agriculture. (De nouveaux procès doivent continuer le 4 mars…)

Dès que le ministère de l’Agriculture a reçu les documents des avocats du monastère, le même juge procéda à la seconde partie de l’audience. Cette fois, c’était l’administration des Finaces de la ville de Midyat qui était le plaignant. Les terres en friche à l’intérieur comme à l’extérieur du monastère étaient considérées comme “forêt d’État” (Orman), prétendûment saisies de manière illégale par les moines. Selon la loi turque, une terre forestière ne peut pas être propriété privée mais doit être propriété publique du Trésor de l’État (Hazine). Cependant, l’examen du site effectué par CSI juste un jour avant le procès a montré que Mor Gabriel n’est pas entouré de forêt, ni par le moindre arbre. La zone est plutôt aride et rocheuse dans laquelle ne sont visibles que des buissons soit de petite taille soit en voie de disparition. On ne saurait y parler de forêt. Le juge cependant a admis les arguments du représentant de l’État. Le tribunal a accordé au monastère un délai allant jusqu’au 4 mars pour une expertise menée par un expert botanique pour prouver que les terres ne peuvent constituer une zone forestière.

Puis, au même étage, mais dans une salle différente, la procédure est passée du Civil au Pénal. L’administrateur du monastère, Kyriakos Ergün, se tenait déjà à la barre des accusés. Le Procureur de l’État l’a accusé d’”activités insidieuses”, parce qu’il avait érigé un second mur, bien que de faible hauteur pour protéger le monastère. En ce qui concerne ce deuxième mur, il a été construit dans une zone qui a fait l’objet d’attaques répétées de partisans kurdes du PKK et par des “gardes de villages” effectuant des maraudes.

Kyriakos Ergün a jusqu’au 6 mars pour prouver que les motifs de l’érection d’un deuxième mur sont honnêtes.
CSI sera présente à ces audiences avec ses propres observateurs.

Christian Solidarity International (CSI)

CSI est une organisation chrétienne de défense des droits de l’homme qui soutient la liberté de religion et apporte une assistance aux victimes des persécutions religieuses, aux enfants dans la détresse et aux victimes de catastrophes. CSI a été fondée il y a trente ans à la suite des Marches silencieuses organisées à Berne et Zurich pour les chrétiens persécutés dans l’ancienne Union Soviétique. CSI se bat pour le droit de chacun à vivre dans la liberté et à choisir librement sa foi (Article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948). Aujourd’hui CSI est présente dans 11 pays et comprend 18 collaborateurs à Binz (Suisse). Annette Walder est sa Présidente internationale.

Pour plus dÂ’information
Ueli Haldemann
Zelglistrasse 64
CH-8122 Binz
Tel. 0041 44 982 33 33
ueli.haldemann@csi-schweiz.ch
www.csi-schweiz.ch/medien

GĂ©rard Patrimonio
Président de CSI-France
92300 Levallois
Tel 33681885570
csifrance@aliceadsl.fr



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