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Didier Parakian « favoriser le dialogue arméno-turc »
Publié le :

L’adjoint au Maire de Marseille s’est rendu à la rédaction d’« Agos »

samedi28 mars 2009, par Krikor Amirzayan/armenews

Nouvelles d’Arménie Magazine : vous revenez de cette mission à Istanbul où vous accompagniez le Maire de Marseille. Quels constats avez-vous fait sur place en Turquie ?

Didier Parakian : les choses avancent, le dialogue arméno-turc, ouvert en septembre dernier par « la diplomatie du football » à l’occasion du match Arménie-Turquie semble porter ses fruits. La presse et les intellectuels se sont mis dans la partie. Ce dialogue au plus haut niveau entre Erévan et Ankara, porté également par une partie du peuple, aboutira, nous l’espérons, à une ouverture très prochaine de la frontière arméno-turque fermée depuis 1993. Nous avons noté également la présence du Ministre arménien de l’environnement et des ressources naturelles à ce 5e Forum mondial de l’eau à Istanbul.

Nouvelles d’Arménie Magazine : et le génocide arménien ?

Didier Parakian : le dialogue et la diplomatie entre Erévan et Ankara semble être sur une bonne voie. Reste néanmoins l’acte le plus attendu pour tous les Arméniens, à savoir la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie. Aujourd’hui le sujet n’est plus tabou, des pétitions ou demandes de pardon sont émises. L’opinion publique turque s’est emparée de la question et une partie de la Turquie a semble-t-il changé son regard sur les Arméniens et le génocide de 1915. Un tabou s’est envolé. Aujourd’hui, sans utiliser le terme « génocide », on parle d’avantage de ce passé que nombre de citoyens turcs découvrent seulement maintenant. Une parenthèse qui était fermée durant plus de 80 ans dans l’histoire officielle de la Turquie, est aujourd’hui en passe d’être ouverte. La Turquie doit revisiter son histoire, c’est maintenant acquis. Mais une amnésie de 80 ans ne peut être réparée en quelques mois.

Mais nous devons donner une impulsion pour que ce dialogue arméno-turc puisse aboutir à la reconnaissance du génocide arménien. Je désire rappeler les propos du président arménien Serge Sarkissian qui déclare que « l’absence de relations diplomatiques et la fermeture des frontières n’ont pas empêché nos deux peuples de nouer des contacts par l’intermédiaire de pays tiers. Des groupes d’artistes arméniens se produisent sur les scènes turques et sont applaudis chaleureusement. Lors des deux derniers concours de l’Eurovision, la Turquie a même accordé un maximum de points aux artistes d’Arménie. Comme vous le voyez, les gens trouvent les moyens de se rejoindre. C’est la preuve qu’il existe, de la part de nos peuples, une réelle volonté de coopération, et c’est à nous, en tant que chefs d’Etat, d’accompagner leurs souhaits ».

Moi je dirais qu’en tant qu’élu d’origine arménienne, ma mission doit également intégrer ces nouveaux challenges qui se présentent et donner une vision d’avenir tant à l’Arménie qu’à la diaspora.

Nouvelles d’Arménie Magazine : vous avez également rencontré deux responsables de la pétition demandant sur un site internet le pardon aux Arméniens pour les crimes de 1915 ?

Didier Parakian : en compagnie de la délégation française, au Consulat de France à Istanbul, j’ai effectivement rencontré Ahmet Insel et Gengiz Aktar qui sont comme vous le savez à l’origine de la pétition de demande de pardon qui a recueilli 30 000 signatures sur internet. Le travail entrepris par ces deux intellectuels Turcs est tout à fait intéressant et favorise le dialogue arméno-turc en levant quelque peu le poids de ce tabou que demeure le génocide arménien. Nous allons inviter prochainement Ahmet Insel et Gengiz Aktar à Marseille.

Nouvelles d’Arménie Magazine : en visitant la rédaction d’« Agos », vous avez donné un signal fort au gouvernement turc ?

Didier Parakian : je me suis effectivement rendu à la rédaction du journal arménien « Agos » dont le fondateur et rédacteur en chef Hrant Dink fut assassiné le 19 janvier 2007. H. Dink, très connu en Turquie et dans la diaspora pour ses prises de positions, défendait comme vous le savez, l’identité arménienne en Turquie, et le dialogue arméno-turc. Il fut lâchement tué devant la rédaction de son journal par un jeune assassin issu des milieux extrémistes et nationalistes turcs. A la rédaction d’« Agos », j’ai été reçu par le nouveau rédacteur du journal Etyen Mahçupyan, ainsi que Rakel Dink, l’épouse du journaliste assassiné et Arat Dink le fils. J’ai salué le courage et le rôle-clé de la rédaction d’« Agos » dans la démocratisation de la Turquie. J’ai profité de cette visite pour inviter Rakel Dink en juin prochain à Marseille à l’occasion de l’inauguration de la rue Hrant Dink dans le 12e arrondissement.

Nouvelles d’Arménie Magazine : Marseille attend également la visite très prochaine de madame Hranouch Hagopian ministre arménien chargé de la diaspora ?

Didier Parakian : L’Arménie et la Turquie avancent à grands pas, tant au niveau économique que diplomatique, obligeant la diaspora à se remettre en question, sans toutefois déroger au combat de la reconnaissance du génocide. Nous accueillerons effectivement la ministre de la Diaspora avec l’objectif d’une plus grande coopération entre la diaspora et l’Arménie.

Interview réalisée à Marseille par Krikor Amirzayan




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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