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Obama, la Turquie et le "Mot en G"
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Ankara/Washington : malgré ses promesses électorales, le Président Obama hésiterait désormais à utiliser le "Mot en G" pour qualifier le génocide arménien. La réalisatrice arméno-américaine Carla Garapedian, lui suggère d’honorer les femmes et les hommes qui, en Turquie, ont le courage de se battre pour la simple liberté de pouvoir discuter de leur histoire, sans avoir à subir de représailles de la part de leur gouvernement. Elle le prie d’honorer ceux qui ont eu le courage d’être des "screamers" (des hurleurs) dans le passé et ceux qui tentent de faire cesser le génocide au Darfour aujourd’hui. Enfin elle l’encourage à honorer la voie que l’Amérique peut et doit prendre si elle veut récupérer son standard moral de leader de la communauté internationale. Carla Garapedian exhorte Barack Obama à honorer ses promesses d’appeler l’extermination des Arméniens par son nom. Un génocide. Le Collectif VAN vous présente la traduction de cet article en anglais publié sur le site HuffingtonPost.com le 1er avril 2009.



HuffingtonPost.com
Carla Garapedian
Posté le 1er avril 2009 | 06:43 PM (EST)

Do the Right Thing, President Obama

Malgré un soutien sans faille lors de sa campagne, le Président Obama, d’après certaines informations, hésite à utiliser le "Mot en G" pour qualifier le génocide arménien. Il va bientôt se rendre en Turquie, et de nombreuses personnes se demandent à juste raison ce qu’il fera ensuite. Je vais le dire clairement.

Do the Right Thing, Mr. President.

L’Amérique a de nouveau l’opportunité d’avoir le courage de ses opinions et de se faire entendre. Pour faire cesser le cycle du génocide. Pour faire cesser -- ainsi que l’appelle Elie Weisel -- la dernière phase du génocide. Pour donner une réalité aux mots "Plus Jamais" en combattant le déni du génocide -- qu’il s’agisse du Président iranien niant l’holocauste ou du gouvernement turc niant le premier génocide du 20e siècle. L’heure est venue de donner un nom à "l’exil et à l’extermination" d’environ 1.5 million d’Arméniens -- ainsi que le qualifiait George W. Bush en avril 2001.

Do the Right Thing, Mr President. Qualifiez-le de ce qu’il est. UN GÉNOCIDE.

Lorsqu’il faisait campagne, Obama a dit que s’il était élu Président, il utiliserait le mot génocide. Hilary Clinton a promis la même chose. Samantha Power, lauréate du Prix Pulitzer pour son livre A Problem from Hell: America and the Age of Genocid, étant à présent dans le cercle de ses conseillers en politique extérieure, les chances de reconnaissance sont tangibles. Mais au cours des visites du Président en Turquie en avril, ces promesses seront soumises à une épreuve décisive. "Envoyer le Président là-bas fait monter les enchères," déclare Mark Parris, ex-ambassadeur américain en Turquie, au LA Times. "À présent, on ne peut plus l’ignorer... cela pourrait nuire à sa crédibilité." La crédibilité d’Obama, probablement. La crédibilité de l’Amérique ? Certainement.

De bien des façons, cette question qui semble si petite-- un mot -- pourrait être une indication de la politique extérieure qu’Obama va mener-- dans les quatre prochaines années, voire huit. Avec ce seul mot, nous le saurons.

Est-ce que ce sera l’Amérique d’Obama ? Un nouvel ordre mondial plus transparent, où une simulation de noyade s’appellera par son nom -- torture -- et où l’extermination par la Turquie d’un million et de demi de personnes s’appellera par son nom, c’est à dire -- génocide ? Ou bien toujours la même rengaine ? Atténuer le passé génocidaire de la Turquie, être complice de la répression actuelle de ses citoyens qui, dans un style très soviétique, ne peuvent discuter ouvertement de leur propre histoire sans risquer une peine de prison, ou pire encore, la balle d’un extrémiste ?

Obama rejoindra-t-il les rangs des danseurs du "Mot en G" -- qui ont joué au football politique avec les espoirs et les rêves des survivants, promettant hors mandat de reconnaître le premier "crime contre l’humanité" de l’histoire, ainsi qualifié par les Britanniques en 1915 -- puis y renonçant une fois au pouvoir -- devant n’importe quel chantage géopolitique des responsables turcs ? Les bases ? Le pétrole ? La sécurité en Afghanistan... en Iran... ou en Irak ?

Génocide ? Ou déni ?

Je m’exprime en tant que réalisatrice, très au fait des débats sur le génocide qui ont lieu en Amérique et en Europe. J’ai réalisé un documentaire intitulé Screamers, dans lequel jouait un groupe très connu "System of a Down", et qui a été diffusé sur la BBC et ensuite en Amérique en 2006-2007. Le film examine l’histoire des génocides, en partant du génocide arménien, puis l’holocauste, le Cambodge, la Bosnie, le Rwanda, jusqu’au Darfour aujourd’hui. Il comprend une longue interview de Samantha Power. Après sa diffusion aux USA, le film a été projeté trois fois au Congrès, ainsi qu’au Parlement européen, au Parlement britannique (pour leur Comité de la Prévention du Génocide), et plus récemment, il y a eu une projection sponsorisée par les Nations Unies. Dans le monde entier, il a été diffusé dans des églises et des synagogues, des instituts culturels, des universités et des écoles, il a été traduit dans de nombreuses langues, y compris le français, l’allemand et l’arabe. Le Jewish World Watch, the Shoah Foundation, Save Darfur, Amnesty International, Clooney's "Not on Our Watch"... nous ont soutenu et la liste continue. Je suis toujours en train de parcourir le monde pour ce film.

En janvier 2007, l’un de nos contributeurs, Hrant Dink, a été assassiné dans une rue d’Istanbul. C’était l’éditeur d’un journal arménien, qui prônait la paix et la tolérance sur ce sujet en Turquie. Dink avait été jugé par l’État turc, en vertu de son Code pénal draconien, Article 301, qui peut qualifier toute discussion sur le génocide arménien de crime contre l’État, soit "insulte à l’identité turque." Sous la pression de l’Union européenne, ce code a été modifié, mais les changements ne sont que cosmétiques. Certains pensent que ce nouveau Code est encore pire.

Je demanderai à tous ceux qui pensent que ceci est un problème du passé, de se rendre en Turquie. Dink, ainsi que le lauréat du Prix Nobel Orhan Pamuk ont tous deux encouru la prison pour avoir parlé de ces événements. Ils ont subi la haine des ultranationalistes, et l’intimidation que subit tout citoyen turc désirant parler ouvertement de ce sujet en Turquie. Deux mois après la sortie de notre film et les exhortations du gouvernement turc appelant tous les citoyens à combattre les "mensonges" de la diaspora arménienne, Dink a finalement été confronté au véritable visage du négationnisme -- la balle de son assassin.

Comment combattre cela ? En visite, dans les écoles et les universités, je parle à des jeunes du problème récurrent du génocide et de ce que nous pouvons faire -- que ce soit en reconnaissant le premier génocide du 20e siècle, le génocide arménien, ou en faisant cesser le génocide qui a lieu au Darfour. Ces jeunes veulent poursuivre le rêve d’Obama -- "Etre le changement que nous voulons voir dans le monde."

Mais comment ?

Beaucoup aimeraient croire que quelque chose d’aussi horrible que l’holocauste ne pourra plus jamais se reproduire. Nombreux sont ceux qui ignorent le génocide arménien -- le dénommé "génocide oublié." Lorsqu’ils apprennent que c’était la première fois que le terme "crime contre l’humanité" a été utilisé, que Hitler y a fait ensuite référence pour justifier le meurtres des juifs et que le Président Wilson désirait la partition de la Turquie en réponse au "meurtre d’une nation", ils sont atterrés.

Samantha Power, conseillère en politique étrangère au Conseil National de Sécurité, débute son livre qui a gagné le Prix Pulitzer A Problem from Hell: America and the Age of Genocide avec le génocide arménien, le qualifiant de "crime sans nom." Elle identifie les "screamers" -- les gens qui refusent de rester silencieux lorsqu’un génocide a lieu. Elle les appelle des acteurs (des gens qui agissent) et non des spectateurs. Elle cite les screamers de tous les grands génocides du siècle dernier -- des gens tels que l’Ambassadeur Henry Morgenthau pendant le génocide arménien, Szmul Zygielbojm pendant l’holocauste, Dith Prawn au Cambodge, Romeo Daillaire au Rwanda. On pourrait ajouter George Clooney pour le Darfour. Il y a toujours eu des screamers. Le problème est, dit-elle, que nous ne les écoutons pas.

Pourquoi ? Samantha Power dit qu’il est difficile d’obtenir un consensus national pour aider des gens très éloignés auxquels la plupart des Américains ne peuvent pas s’identifier. Le moteur -- c’est la pression publique. Dans le cas du génocide arménien, de nombreux citoyens américains se sont fait entendre en 1915 et ont offert une aide étrangère. Le génocide a été bien rapporté par le New York Times, et donc les citoyens américains étaient informés. Les Arméniens avaient en fait déjà été massacrés à la fin des années 1890 sous le régime Hamidien, d’où la phrase "Les Arméniens affamés." Ces massacres ont été suivis par l’une des premières interventions internationales de la Croix Rouge américaine, dirigée par Clara Barton. Quelques années plus tard en 1915, des millions de dollars ont été collectés en Amérique pour aider les victimes du génocide. C’est pourquoi je suis là -- des Américains ont aidé ma famille.

Mais, dans le cas de l’Amérique, l’aide humanitaire a eu l’ampleur de son soutien. Le Président Wilson voulait aller plus loin et punir la Turquie pour ce qu’elle avait fait aux Arméniens, après la Première Guerre mondiale, en partageant le pays et en rendant leurs terres aux Arméniens. Mais on l’a convaincu de reculer - cela aurait coûté l’alliance de l’Amérique avec le tout nouveau leader de la République Turque, Kemal Atatürk. La Turquie était le rempart contre le bolchevisme. La Turquie contrôlait le pétrole de Mossoul. L’Amérique voulait-elle vraiment s’aliéner cet allié ?

Toujours ce même vieux problème, dit Power dans mon film. "Les seules fois où les questions humanitaires attirent l’attention totale des hommes politiques, c’est lorsqu’il existe une forte pression politique intérieure", dit-elle. "Et si nous ne le faisons pas, le gouvernement retombera simplement dans ses mêmes schémas familiers qui sont de poursuivre ses programmes politiques et sécuritaires."

Ce "schéma familier" s’est répété tout au long du siècle dernier -- que ce soit le silence collectif de l’Administration Carter sur le génocide au Cambodge, ou le manque d’actions de l’Administration Reagan contre les massacres des Kurdes perpétrés par Saddam Hussein en Irak à la fin des années 80. Pour le génocide au Rwanda, l’administration Clinton n’est pas intervenue. "Nous n’avons pas immédiatement appelés ces crimes par leur nom correct - un génocide," a dit le Président Clinton en mars 1998. C’était une excuse pour l’inaction, mais pas exactement sincère, a dit Salih Booker, d’Africa Action. "Dans le cas du Rwanda, l’Administration Clinton a refusé de dire le mot génocide, et il y avait véritablement des notes du Département d’État disant : 'n’utilisez pas le mot génocide, parce qu’il faudra que nous fassions quelque chose.'" En d’autres mots, Clinton savait ce qu’il se passait, mais il a autorisé l’Amérique à rester oisivement à l’écart.

Aucun homme politique ne dira ouvertement, "Hé, ce n’est pas dans notre intérêt de faire cesser un génocide." C’est terrible. Qui voudrait être associé à une indifférence aussi ignoble ? Alors ils dansent. Ils ne diront pas le mot. Ils feront des euphémismes. Ils affirmeront qu’ils ne connaissaient pas vraiment l’ampleur du problème. Ou ils n’en parleront pas du tout -- le silence engendre le silence.

Le slogan : "Plus jamais ça" n’a pas de sens. "Pourquoi des génocides se poursuivent au 21e siècle ?" demande Booker. "Parce que ceux qui les ont perpétrés au 20e siècle n’ont pas été punis."
Alors, que fera Obama ? Les Présidents américains ont un passé rempli de flops. Le Président Reagan a ouvertement qualifié le génocide arménien de "génocide" en 1981. Il était, après tout, le Gouverneur de Californie, l’un des Etats à plus forte population arménienne en Amérique. Mais cet acte de reconnaissance a eu lieu avant que les USA ne ratifient la Convention du Génocide des Nations Unies -- une chose que l’Administration Reagan a effectué à contrecœur, dit Samantha Power, après le scandale très embarrassant de Bitburg en avril 1985. À cette occasion, l’Administration Reagan avait prévu un voyage en Allemagne, encouragé par le Chancelier Kohl. Dans l’itinéraire de Kohl, il était prévu une visite au cimetière de Bitburg, où de nombreux officiers nazis sont enterrés. Aie ! Profondément embarrassée, l’Administration Reagan a tenté d’atténuer la colère justifiée de la communauté juive américaine. Que pouvait-il faire ? Il a ratifié la Convention du Génocide-- qui attendait la ratification de l’Amérique depuis le 9 décembre 1948.

Le Président Reagan à fait ce qu’il fallait faire -- pour une mauvaise raison.
C’est peut-être tout ce que nous pouvons espérer. Malheureusement, après avoir ratifié la convention et avoir engagé juridiquement les USA à punir les auteurs de génocide, le Président Reagan a changé de ton. Par crainte de la réaction turque, il n’a plus jamais prononcé le mot "génocide" pour le génocide arménien. Au lieu de quoi, après 1988, il a fait référence à ces événements en termes de "terrible tragédie." Encore un flop.

Le Président Clinton ? Il a suivi Reagan. "Des déportations insensées et le massacre de 1.5 million d’Arméniens ont eu lieu entre 1915-1923," a-t-il dit le jour de la commémoration arménienne, le 24 avril 1996. "Tragiquement, notre siècle a maintes fois été le témoin de l’inhumanité absurde de l’homme", a-t-il dit. "Ensemble, nous déplorons la perte de tant de vies innocentes.

Un génocide est-il une tragédie ? Comme un tsunami qui balaie une nation, laissant ses victimes sans défense, sans personne d’autre à blâmer que le mauvais temps ? Un génocide n’est pas l’acte de Dieu, une sorte de "tragédie insensée." C’est une politique gouvernementale visant à détruire, en tout ou partie, ses propres citoyens. C’est un massacre.

À vrai dire, le Président Bush a trouvé une nouvelle variante de la danse du "Mot en G". Pour le Darfour, après que son Administration a d’abord nié qu’il y avait un génocide au Darfour, il a fait volte-face en 2004 et il a annoncé à un représentant soudanais ébahi, à l’ONU, que "ce qu’il se passe au Darfour est un GÉNOCIDE."

Le monde a retenu son souffle. L’Amérique utilisait le "Mot en G" ! Donc, avons-nous pensé, les USA vont déclarer que les Soudanais sont des criminels. C’est ce qu’exige la Convention du Génocide des N.U. Action... oui ? Eh bien, non. L’Administration Bush a dit que cela ne relevait pas de la responsabilité des États-Unis de traiter un tel sujet - c’était un problème des Nations Unies, un problème de l’Union Africaine. Et ce sera tout s’agissant de faire peur au gouvernement soudanais. Hé, vous, notre Président l’a bien dit. Vous êtes des assassins génocidaires. Mais pas de soucis ! Nous ne chercherons pas à vous punir. En fait, nous partagerons avec vous nos renseignements sur Al Qaeda. La Guerre contre le Terrorisme prévaut sur l’arrêt d’un génocide.
Le Président Bush n’a pas fait ce qu’il était correct de faire. Il a redéfini la règle. La seule loi crédible sur le génocide que nous ayons est celle de la Convention de l’ONU-- Bush l’a jetée dans la poubelle de l’histoire.

Do the Right Thing, Mr. President.

Nous ne pouvons pas "partitionner" le génocide. Il n’y a pas "deux côtés " dans un génocide, tout comme il n’y a pas "deux côtés" de l’holocauste. Talaat Pasha, le leader des Jeunes-Turcs, n’a eu aucun regret quant à ce que son régime faisait subir aux Arméniens. Il a ouvertement admis devant l’Ambassadeur américain Morgenthau en 1915 qu’il était "débarrassé" des trois quarts des Arméniens et que le reste devait être "achevé." Même l’alliée de la Turquie, l’Allemagne, a qualifié cela "d’extermination." Il n’y a aucun désaccord légitime sur ce qu’il s’est passé - simplement sur ce qu’il convient de faire avec la Turquie.

"Réfléchissez un instant à ce qu’il en serait, si toute la Turquie avait été occupée par les Alliés et si des procès pour crimes de guerre avaient abouti", demande le Prof. Dennis Papazian de l’Université du Michigan. "Cet épisode aurait été largement suivi, les auteurs principaux auraient été sanctionnés et des restitutions auraient été faites aux survivants. Les survivants auraient alors exhorté le monde entier à se souvenir de leur tragédie et auraient cherché à prévenir la récurrence d’une telle tragédie."

"Et pensez un instant, si les nazis avaient survécu à la Deuxième Guerre mondiale, et s’il n’y avait pas eu de procès de Nuremberg pour les auteurs du génocide juif, continue-t-il. "Les nazis, tout comme le gouvernement turc aujourd’hui, nieraient l’holocauste et sa mémoire s’effacerait dans l’histoire. Les juifs bien sûr, demanderaient la reconnaissance et essaieraient de ne pas faire oublier leur tragédie, mais la plupart du grand public l’oublierait avec le temps, et l’holocauste serait peut-être aujourd’hui connu sous le nom de "l’holocauste oublié."

"Qui se souvient des Arméniens ?" La citation d’Hitler sur les Arméniens est inscrite sur le mur du Musée américain de l’Holocauste - pas loin de la Maison Blanche. M. le Président. Allez la regarder. Cela vous donnera la force de faire ce qu’il est correct de faire.

Pas une alliance ne saurait être si fragile au point de nier la vérité historique. Pas une démocratie -- si la Turquie doit se qualifier ainsi -- ne devrait punir ses propres citoyens -- ses journalistes, ses auteurs, ses enseignants, ses éditeurs -- quand ils tentent de parler de leur propre histoire. La Turquie dépense des millions de dollars dans des entreprises de relations publiques en Amérique pour essayer d’éradiquer de l’esprit de l’opinion publique la mémoire du génocide arménien. En donnant dans ce comportement Orwellien, nous ne faisons que renforcer son négationnisme du génocide.

J’ai eu des réactions de citoyens turcs qui ont vu mon film (ils l’ont acheté sur Internet - il n’est pas en vente en Turquie.) Certains m’ont écrit sur la nécessité de reconnaître le génocide. Mais, comme me l’a dit un Turc, lors d’une diffusion aux Etats-Unis : "Si j’en parle ouvertement en Turquie, je pourrais être arrêté." Ce qui nous amène à ce point : quelle Turquie soutenons-nous ? Une Turquie démocratique qui laisse ses citoyens s’exprimer librement sur leur propre histoire ? Ou une Turquie répressive ? Qui persécute sa propre population ?

Cette politique américaine de longue date de la "danse du Mot en G" " n’a fait qu’encourager la politique négationniste de la Turquie. Les gouvernements successifs ont activement et effrontément nié ce que les Arméniens avaient subi - dans les écoles, les universités, les lieux de travail. Les enseignants, les prêtres, les éditeurs de journaux, les auteurs sont poursuivis en justice s’ils parlent ouvertement de ce que les Arméniens, les Assyriens et les Grecs ont subi. Pourquoi soutenons-nous cela ?

La Turquie est à présent l’avatar du négationnisme du génocide -- grâce aux États-Unis. De quelle autre façon pouvons-nous interpréter le fait que la Turquie accueille le Président soudanais, un pays que nous avons accusé de génocide ? Ce n’est sans doute pas surprenant qu’un pays qui nie les crimes de son passé, vive dans une illusion autosuffisante. La seule surprise, c’est que nous le soutenions.

De nombreux citoyens turcs aimeraient que nous prenions le leadership -- pour aider leur gouvernement Ă  faire ce quÂ’il est correct de faire.
Et nous pouvons fournir ce leadership. En reconnaissant que cela nÂ’est pas vraiment dĂ» Ă  la Turquie. Mais Ă  nous.

C’est pourquoi la reconnaissance du génocide arménien va bien au-delà d’un simple mot à prononcer. C’est créer un climat d’opinion dans un monde qui censure tous les négationnistes de génocide - que ce soit les Iraniens niant l’holocauste, les partisans de Pol Pot niant le génocide au Cambodge, le Président soudanais niant le Darfour, ou le gouvernement turc niant le génocide arménien. Elie Wiesel dit que le déni est la dernière phase du génocide. Alors arrêtons-la, tout de suite.

Do the Right Thing, Mr. President.
Dites-le bien fort. Clairement. Sans conditions.

Honorez vos promesses répétées d’appeler l’extermination des Arméniens par son nom. Un génocide.

Honorez les femmes et les hommes en Turquie qui ont le courage de se battre pour la simple liberté de pouvoir discuter de leur histoire, sans avoir à subir de représailles de la part de leur Gouvernement. Honorez ceux qui en Amérique -- ont eu le courage d’être des "screamers" dans le passé et ceux qui tentent de faire cesser le génocide au Darfour aujourd’hui. Honorez la voie que l’Amérique peut et doit prendre, si c’est pour racheter son standard moral de leader de la communauté internationale.

Do the Right Thing, Mr. President.
Faites ce qu’il convient de faire. Car l’histoire ne doit jamais être niée dans une démocratie.
Faites-le, parce que le monde nous regarde à présent, et espère que l’Amérique fera ce qu’il convient de faire.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 4 avril 2009 - 07:10 - www.collectifvan.org





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Source/Lien : HuffingtonPost.com



   
 
   
 
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