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Turquie/Arménie : Choix cornélien pour Obama
Publié le :

Posté le 3 avril 2009 par Tamar Gugulashvili

La visite inattendue du président américain Barack Obama en Turquie début avril offre aux autorités turques une opportunité historique d’ouvrir la frontière avec l’Arménie. Indispensable au développement de la sous région tant pour l’Anatolie que pour l’Arménie, l’Union européenne n’avait pas exigé explicitement la levée du blocus ni lors des négociations d’adhésion de la Turquie, ni dans sa politique européenne de voisinage.

La nouvelle administration Obama devra pourtant choisir entre la pression arménienne pour évoquer le génocide arménien ou privilégier les relations turco américaine. Choix cornélien.

La Turquie avait fermé ses frontières terrestres et aériennes avec l’Arménie en soutien de l’Azerbaïdjan à la suite du conflit pour le Nagorny-Karabakh en 1993. Depuis l’Arménie est isolée des ses voisins turcs et azéris. Exclu des grands projets régionaux, tel que le BTC et BTE , l’Arménie est très dépendante de la Russie qui garde une base militaire à Gyumri et gère la centrale nucléaire de Medzamore. En outre, l’approvisionnement terrestre se fait via la Géorgie.

Après la guerre russo-géorgienne d’aout 2008, la Turquie s’était positionnée pour la résolution des conflits régionaux en initiant la création d’une plate forme pour la paix et la stabilité pour le Caucase du sud. S’en est suivie la diplomatie dite du football qui a amenée pour la première fois de l’histoire de l’Arménie indépendante, un chef d’état turc en Arménie. Premier signe patent d’une détente dans les relations conflictuelles, les contentieux à régler entre ces deux voisins portent sur des sujets sensibles mais ne sont pas insurmontables.

Ainsi, les revendications territoriales mentionnées dans la "Déclaration d’indépendance" arménienne qui désigne l’est de la Turquie dans les termes d’"Arménie occidentale", pourraient prendre fin avec la reconnaissance mutuelle de l’inviolabilité des frontières turco-arméniennes.

L’affaire du génocide reste une autre pomme de discorde entre les deux peuples. Un siècle après les massacres et les déportations massives d’environ 1,5 million d’Arméniens à la fin de la première guerre mondiale par l’empire Ottoman, l’utilisation du terme génocide représente encore un délit d’opinion en Turquie.

La campagne active de la diaspora arménienne tant en Europe qu’aux Etats-Unis visant à faire reconnaître le génocide arménien aux puissances occidentales n’aide pas la société turque à faire le travail nécessaire de mémoire sur les événements historiques survenus à l’effondrement de l’empire Ottoman et la pousse souvent à adopter une attitude défensive et à camper sur ses positions.

Toutefois il y eut des tentatives officielles de rapprochement ; ainsi la Commission de Réconciliation Turco-Arménienne établie en 2001, a avorté après le refus officiel de l’Arménie d’y participer. Suite à cet échec, la Turquie proposa la création d’une Commission conjointe de scientifiques pour étudier les allégations de génocide. Rejetée dans un premier temps par les Arméniens, elle pourrait trouver un écho favorable aujourd’hui.

Mais malgré de nombreux signes d’ouverture du coté turc, avec notamment l’engagement de personnalité comme Hrant Dink ou la mobilisation d’intellectuels turcs pour la campagne de demande de pardon en 2008, la société turque et une partie de sa classe politique peinent à entamer les débats de fond sur ce sujet douloureux.

Arménie ou/et Turquie, le choix d’Obama

Attendre d’Obama qu’il dénoue les différents historiques entre ces deux voisins, relèverait de la candeur, les Etats-Unis ont des intérêts propres à défendre dans cette zone géostratégique. Néanmoins, ce déplacement laisse espérer une avancée dans la normalisation des relations complexes de la sous région.

Annoncée par Hilary Clinton à Ankara le 10 mars dernier, le déplacement du président Obama en Turquie le 6 avril prochain démontre le désir de la nouvelle administration américaine de tourner la page de l’ère Bush. Les années Bush ont été marquées des divergences entre la Turquie et les Etats-Unis sur l’invasion américaine en Irak ou des tensions au sujet des guérillas kurdes. Allié de longue date au sein de l’OTAN, la Turquie est un partenaire d’Israël, voisin de l’Iran, de la Syrie et de l’Irak. Elle est aussi une porte ouverte sur la grande Asie riche en ressources énergétiques et, donc, se présente en tant qu’élément clef de la politique des Etats-Unis.

Pourtant la pression monte de la part des sénateurs américains et de la très puissante diaspora arménienne des Etats-Unis, qui demande au nouveau président d’honorer ses promesses de campagne et mentionner le génocide arménien de 1915 le 24 avril prochain, à l’occasion de 94ème anniversaire de ces événements. Les auteurs du projet de résolution sur la reconnaissance de génocide arménien comptent le présenter prochainement au Congrès.

La Turquie a déjà prévenu que l’adoption de cette résolution affecterait négativement la normalisation des relations turco-américaines et turco-arméniennes, alors que Ministre des Affaires étrangères turc a souligné la volonté turque d’aider les Etats-Unis dans le retrait des troupes de l’Irak ou encore sur le dossier du nucléaire iranien.

Choix cornélien pour le Président Obama qui dévoilera sa stratégie au fil de son périple européen qui du G20 de Londres le mènera à Ankara, en passant par le Sommet de l’Otan de Strasbourg et le Conseil européen informel de Prague.

Autant d’opportunités pour les Européens de peser sur les décisions américaines, notamment pour ouvrir la frontière entre la Turquie et l’Arménie, un élément concret de détente pour toute la région.

Marie Anne Isler Béguin

Présidente de la Délégation du Parlement européen UE-Caucase du Sud, délégation qui se rendra en Arménie du 6 au 10 avril prochain.




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Source/Lien : MAIB



   
 
   
 
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