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Turquie : les universités contrôlées par Ergenekon
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Sous le titre « LÂ’Université dÂ’Ergenekon », le Dr. Ihsan D. Dagi, Professeur en Relations Internationales à l'Université Technique du Moyen-Orient d'Ankara (Turquie) signe un article dans lequel il révèle les relations étroites entre les Universités et les instigateurs de coups d'Etat en Turquie. Lors de lÂ’enquête sur le réseau d'extrême-droite Ergenekon (en cause également dans l'assassinat du journaliste arménien de Turquie Hrant Dink), quatre recteurs et des universitaires ont été arrêtés car ils participaient aux préparatifs dÂ’un coup dÂ’Etat militaire. Les suspects sont connus pour leur aversion pour lÂ’Occident, la mondialisation et les valeurs politiques modernes, comme la démocratie, les droits humains et l’état de droit. Le nouveau Recteur de lÂ’Université d'İstanbul, Yunus Söylet, a expliqué que le niveau d’éducation augmentant, la sympathie pour les régimes totalitaires augmente, également. « Pouvons-nous nous attendre à quelque chose de mieux de la part de ceux qui sont éduqués dans des universités contrôlées par Ergenekon ? » conclut Ihsan D. Dagi. La question mérite en effet d'être posée ! Le Collectif VAN vous présente la traduction de cet article en anglais paru sur le site d'İhsan Dağı le 20 avril 2009.



İhsan Dağı

L’Université d’Ergenekon

20 avril 2009

Les Universités ont une histoire de coopération avec les instigateurs de coups d'Etat dans ce pays. Car en fait, après le premier coup dÂ’Etat militaire en 1960, ce sont des professeurs en droit de lÂ’Université d'İstanbul qui ont émis un "verdict" qui justifiait lÂ’utilisation de la force pour déposer un gouvernement démocratiquement élu.

Ce sont ces mêmes professeurs qui ont conseillé d’établir un tribunal spécial et de juger le gouvernement issu du Parti Démocrate (DP) et les parlementaires.
À présent, lors de l’enquête sur Ergenekon, quatre recteurs et certains universitaires ont été arrêtés car ils participaient aux préparatifs d’un coup d’Etat militaire. L’importance de leur implication dans le réseau Ergenekon sera déterminée lors des procès.

Mais les noms de ceux qui ont été arrêtés n’ont surpris personne. Ceux qui ne croient pas à la démocratie et qui ne recherchent que le pouvoir feront n’importe quoi pour atteindre leurs objectifs. Ceci s’applique à tout le monde, y compris aux universitaires.

Des documents, y compris des rapports, indiquent que certaines universités ont été infiltrées par le réseau Ergenekon. En septembre 2003, des recteurs dÂ’université ont rencontré à Ankara le Général Şener Eruygur, le suspect numéro un dans lÂ’affaire Ergenekon, qui était à l’époque le commandant de la gendarmerie. Un mois après cette rencontre, une manifestation a été organisée à Anıtkabir, avec la participation de ces recteurs, de leur personnel universitaire et d’étudiants. Les recteurs qui ont été arrêtés la semaine dernière ainsi que lÂ’ex-Président du Conseil de la Haute Éducation (YÖK), Kemal Gürüz, ont participé à cette manifestation, où ils ont défilé sous une banderole appelant à un coup d'Etat militaire direct : "Militaires, Allez-y."

Aujourd’hui la caractéristique commune parmi les suspects d’Ergenekon est leur refus de reconnaître la démocratie comme étant l’arbitre final qui décidera de qui gouverne. Les suspects sont aussi connus pour leur aversion pour l’Occident, la mondialisation et les valeurs politiques modernes, comme la démocratie, les droits humains et l’état de droit.

Ces universitaires militaires pensent qu’ils ont un droit moral inhérent à diriger. Ils ne comprennent pas qu’être un expert sur un sujet ne donne pas automatiquement le droit à cette personne de diriger. Ce mandat est donné par le peuple. Mais ils méprisent les gens qui, selon eux, sont des ignorants, qui ne voient que leur propre intérêt et qui seront sans doute déçus, et donc leur capacité à décider de qui va gouverner est sous-développée. C’est cette logique qui prévaut chez les universitaires militaires.

Mais alors que la Turquie développe son régime démocratique, il devient évident que le peuple ne reconnaît pas ce droit autoproclamé de cette élite bureaucratique. Au contraire, par le biais de la démocratie, le peuple revient à cette puissance précédemment tenue par l’élite bureaucratique. Ceux qui perdent dans la compétition démocratique ont tendance à s’engager dans des activités qui entraveront ce processus. C’est également la base de leur aversion pour l’U.E., et pour le processus de mondialisation qui ouvre la Turquie au monde et qui rend difficile le retour aux "bons vieux jours" du règne de l’élite bureaucratique.

Les universitaires pensent également que ce pays subit une menace existentielle, qu’il est proche d’être occupé par de ennemis étrangers et que les hommes politiques sont prêts à le brader. Par conséquent, ils sont enclins à considérer les militaires comme des sauveurs pour justifier leur collaboration avec les instigateurs de coups d’Etats.

Et pourtant, ces universitaires sont naïfs et, dans bien des cas, ignorants de l’histoire, de la politique en cours, des affaires mondiales, de l’économie etc., passant leur vie entière dans des laboratoires. Leur connaissance de l’histoire par exemple, a été acquise dans des livres d’histoire lus à l’école primaire et secondaire. Certains des plus intellectuels d’entre eux ont récemment ajouté "Those Crazy Turks" (Ces fous de Turcs) à leur liste de lecture !

Les gens éduqués semblent avoir perdu leur foi en la démocratie. Peut-être nÂ’y ont-ils jamais cru. Le nouveau Recteur de lÂ’Université İstanbul, Yunus Söylet, a expliqué dimanche lors dÂ’une interview au Zaman que le niveau d’éducation augmentant, la sympathie pour les régimes totalitaires augmente, également. Pouvons-nous nous attendre à quelque chose de mieux de la part de ceux qui sont éduqués dans des universités contrôlées par Ergenekon ?


Lundi 20 avril 2009

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 21 avril 2009 - 07:22 - www.collectifvan.org




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Source/Lien : İhsan Dağı



   
 
   
 
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