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Arménie Turquie, la politique des petits pas
Publié le :

23 Avril 2009 Par bourgade

Le rapport à l'histoire n'est jamais simple pour un peuple. Surtout quand il s'agit d' être de fait les héritiers d'un génocide. 94 ans après celui commis dans l'empire Ottoman par le gouvernement Jeune Turcs, la Turquie d'aujourd'hui continue à nier la réalité du génocide arménien. Un à un million et demi de morts, entre le 24 Avril 1915 et la fin de l'année 1917. Ce génocide, reconnu par la France et le Parlement Européen, est une des raisons qui peut empécher la Turquie d'adhérer à l'Europe. A défaut de refaire l'histoire, l'état turc doit en effet assumer la continuité historique, tout comme l'Allemagne d'aujourd'hui endosse la monstruosité nazie de l'Allemagne hitlérienne. Longtemps objet de blocage pour l'établissement de relations diplomatiques inexistantes entre l'Arménie et la Turquie, il y a aujourd'hui, malgré le négationnisme ambiant à Istambul, un nécessaire rapprochement qui s'opère sous nos yeux.

Là encore, comme dans les années 70 entre la Chine et les Etats Unis, c'est le sport qui constitue un premier pas des deux adversaires, l'un vers l'autre. Pour la Chine et les USA, c'était le ping pong, aujourd'hui, entre l'Arménie et la Turquie, c'est la prochaine coupe du monde de football prévue en 2010. Pour la première fois de son histoire - soviétique et indépendante - l'Arménie a recu le 6 Septembre dernier à Erevan, le Pdt Turc Abdullah Gül. Visite proposée par l'Arménie à son voisin qui depuis 1993, et la guerre Arméno-Azérie pour le contrôle du territoire autonome du Nagorny Karabagh, maintient contre lui un blocus économique total. En Octobre 2009, c'est le président Sarkissian qui, à son tour, se rendra à Istambul pour le match retour entre les deux équipes. Le fait peut paraitre anecdotique mais il constitue incontestablement un premier pas vers la normalisation des relations qu'appelle de ces voeux l'Arménie.

Edouard Nalbandian, Ministre des affaires étrangères, a en effet déclaré, au cours d'une réunion de l'organisation de coopération économique des pays de la mer noire, qu'il ne voit aucun obstacle " à normaliser les relations et à ouvrir les frontières communes, sans préalable. L'Arménie est prête à le faire et nous attendons que la Turquie fasse de même. Il est de l'intérêt diplomatique de l'Arménie d'établir des relations diplomatiques avec la Turquie. il existe de nombreux pays en guerre, ils ont des relations diplomatiques, ils sont ouverts les uns aux autres". Il ne s'agit pas pour le Ministre de s'asseoir sur les victimes du génocide mais de real politik. L'Arménie est en effet économique etouffée par la fermeture de la frontière avec son plus proche voisin. Ses relations économiques dépendent essentiellement de ses liens avec Moscou et l'Iran. L'Arménie aimerait ainsi desserrer l'étau et ouvrir la liaison ferroviaire Kars-Gyumi pour y faire transiter des marchandises.

Mais il y a aussi un contexte intérieur turc favorable. Aprés l'assassinat du journaliste arménien Hrant dink, plus de 30 mille turcs ont signé une pétition qui, sans reconnaitre le génocide, ose transgresser le tabou national turc. Le texte signé dit ceci: "Ma conscience ne peut accepter que l'on reste indifférent à la grande catastrophe que les Arméniens Ottomans ont subie en 1915, et qu'on la nie. Je partage le sentiment de mes frères et soeurs arméniens et je leur demande pardon." Minimaliste, le texte a cependant soulevé contre lui l'indignation des nationalistes turcs. Le procureur d'Ankara s'est vu confier une enquête en vue de dire si le texte incriminé constitue ou non "un dénigrement du peuple turc".

Les signataires du texte risque deux ans d'emprisonnement. Ce qui n'empéche pas l'intellectuel turc Aytekin Yildiz, de considérer qu'il faut aller plus loin. " C'est un bon départ, mais ce n'est pas suffisant. Premièrement, que veulent ils dire par grande catastrophe ? Appelons le par son nom, c'est un génocide. Deuxièmement, l'Etat doit s'excuser". Une idée qui rend furieux les nationalistes turcs. "la question clé, c'est l'occupation des territoires azéris, pas le prétendu génocide" explique Deniz Baykal, dirigeant du parti républicain CHP. Quand à s'excuser, il en est d'autant moins questions que "pour moi, tous ces évènements sont dus au nationalisme turc qui florissait à l'époque, et personnellement, je me m'identifie pas à cela, donc je n'ai pas à m'excuser" déclare l'historienne Ayse Hür. Autrement dit, le peuple turc n'est pas comptable de son passé, sauf bien sûr, quand il s'agit d'en glorifier les belles heures.

L'Azerbadjian turcophone fait également pression sur la Turquie. Ilhan Aliev, son président, demande à l'Arménie de "libérer les territoires azéris occupés et d'abandonner toue prétention territoriale contre la Turquie et la reconnaissance du génocide de 1915". Si d'aventure la Turquie nouait des relations diplomatiques avec l'Arménie, il menace de couper lui couper le gaz qui transite par la Géorgie.

On le voit, l'histoire pèse toujours sur la politique et le nationalisme turc qui lui fait occuper, aujourd'hui encore la partie nord de Chypre, pourrait bien être un sérieux obstacle à son adhésion à l'Europe quoi qu'en pense et en dise Barka Obama.




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Source/Lien : Média Part



   
 
   
 
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