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Génocide arménien : le boomerang des « remerciements »
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article "consensuel" du Wall Street Journal Europe signé Hugh Pope (Directeur du projet Turquie/Chypre de l’International Crisis Group), il nous est donné de voir à l'oeuvre une rhétorique en apparence humaniste, de la part d'un membre d'un groupe qui se consacre à la résolution des conflits, mais dont le but réel est de faire passer à la trappe toute reconnaissance du génocide arménien de 1915, que ce soit par la Turquie ou par les USA. Il s'agit de résoudre la crise en effaçant ("dépassant") sa cause, chose qui ne viendrait à l'idée de personne s'agissant des relations familiales ou professionnelles de tous les jours, mais parfaitement indiquée pour l'extermination d'un peuple, semble-t-il.

Quelques points à noter :
- le génocide est présenté non comme un fait attesté mondialement, mais comme ce que commémorent les Arméniens (la version arménienne de l'Histoire)
- si le président américain reconnaît le génocide, cela va ruiner le processus de normalisation entre la Turquie et l'Arménie : donc ce processus ne découle pas d'un désir sincère fondé sur des réalités économiques ou humaines, il n'a aucune autonomie, mais est indissociablement lié au maintien de la non-reconnaissance du génocide par les USA. Et il faudrait croire que ce n'est pas un nouvel outil dans l'arsenal négationniste ?
- aucune mention des Turcs qui reconnaissent le génocide en tant que tel. Effacés (car peu nombreux?).
- aucune mention des pétitions négationnistes qui ont suivi la déclaration d'excuses des intellectuels turcs, ni du nombre impressionnant de leurs signataires. Effacés (car trop nombreux?).
- et la cerise sur le gâteau : quand quatre ou cinq Français d'origine arménienne rédigent des remerciements adressés aux signataires turcs de la pétition d’excuses aux Arméniens, cela devient "la communauté arménienne de France" toute entière (plus de 450 000 personnes !) qui "lance une campagne internationale" de remerciement. C'est du 100 000%.

M. Pope ajoute qu'il y a eu 100 signatures, comme si c'était énorme, mais le lecteur en reste à "la communauté arménienne de France" et à une "campagne internationale".
M. Pope n'est qu'un parmi d'autres à opérer sa petite sélection personnelle sur le marché des faits, et à retourner contre les Arméniens et contre la défense de la mémoire des assassinés, le geste généreux de quelques Arméniens guidés par leurs bons sentiments ou atteints par les prémices du syndrome de Stockholm (pour mémoire, le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie ou une contagion émotionnelle avec ces derniers).

Car "Vérité" et "Justice" ne font pas partie du vocabulaire employé par les faiseurs d'opinion comme lui, les autorités auto-proclamées en matière de relations entre les victimes d'un crime contre l'humanité, et le perpétrateur.
Il y a quelques jours, l’intellectuel français Marc Nichanian a fait les frais de cette désinformation téléguidée : il a écrit aux rédacteurs de l'Hebdo à qui il avait accordé un entretien : "Je ne me reconnais dans aucun des commentaires que [la journaliste Tasha Rumley] m'attribue."
Le silence n'est-il pas d'or, surtout quand la parole devient systématiquement boomerang ?




27 April 2009

“Nous sommes tous des Arméniens”

Obama a eu raison de ne pas mettre en péril la réconciliation entre Ankara et Erevan.

HUGH POPE Wall Street Journal Europe

ISTANBUL – Devant un choix moral délicat, le président Barack Obama a réussi à concilier ce mois-ci ses promesses de campagne d’utiliser le mot génocide pour décrire les massacres d’Arméniens dans l’Empire Ottoman pendant la Première Guerre mondiale, et la possibilité qui lui était offerte de favoriser une normalisation entre l’Arménie et la Turquie. Mais le compromis qu’il a choisi ne représente pas une capitulation devant la Realpolitik des intérêts stratégiques turco-américains, comme certains Arméniens peuvent le soupçonner et comme certains Turcs peuvent l’espérer. En réalité, il s’agit de mettre les deux parties au défi d’aller au-delà des impasses de l’histoire.

Il ne pouvait y avoir meilleure occasion. Après une décennie de travail de terrain de la part de la société civile et d’engagements officiels croissants, l’Arménie et la Turquie ont coinjointement annoncé mercredi dernier un accord conclu avec la médiation de la Suisse en vue d’établir des relations diplomatiques et d’ouvrir les frontières. Les deux côtés vont aussi établir une commission bilatérale pour étudier ce que les Arméniens commémorent chaque 24 avril comme étant le début d’un génocide contre leur peuple perpétré par les Turcs ottomans en 1915, et que la Turquie dit avoir été des déplacements forcés, des soulèvements et des massacres pendant le chaos de la Première Guerre mondiale.

Cependant, avant de mettre en oeuvre l’accord, la Turquie cherche maintenant à obtenir de l’Arménie qu’elle s’engage à se retirer des territoires que des forces arméniennes ont occupés en Azerbaïdjan pendant la guerre du Karabagh en 1992-1994. Mais Ankara serait mal avisé de retarder le rapprochement avec Erevan à cause des protestations de son allié l’Azerbaïdjan. En réalité, la normalisation de ses relations avec l’Arménie est le meilleur moyen pour la Turquie d’aider ses cousins ethniques et linguistiques d’Azerbaïdjan. Cela amènerait l’Arménie à se sentir plus en sécurité, la rendant aussi peut-être plus ouverte à un compromis sur le Karabagh.

La fermeture de la frontière ces 16 dernières années n’a rien fait pour forcer à un accord concernant la région contestée. La fragilité du cessez-le-feu de 1994 indique qu’un nouveau pas en avant est impératif. Mais la normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie ne sera pas viable sur le long terme si Erevan et Bakou ne donnent pas leur accord au processus de paix international en cours, qui doit mener au retrait des troupes arméniennes.

C’est cette situation complexe qui explique le langage employé par Obama. Dans sa déclaration de commémoration du 24 Avril de cette année, le président américain a choisi de ne pas utiliser le mot “génocide” pour décrire les événements de 1915. Les Turcs protestent contre ce terme en partie parce qu’ils veulent qu’on prenne en compte leur point de vue sur les événements et en partie parce que le mot génocide a des implications juridiques possibles comportant d’éventuelles demandes de réparations et de compensation. L’accord négocié par la Suisse va inclure la reconnaissance des frontières turques par l’Arménie, écartant l’ombre de demandes territoriales qui existent depuis longtmeps.

Au lieu de génocide, le président Obama a choisi le terme arménien pour les atrocités, “Medz Yeghern”; qui veut dire “Grande Catastrophe Causée par l’Homme”. Le Congrès américain, où une résolution reconnaissant le génocide arménien a été introduite le 17 mars, peut vouloir suivre le président et éviter la confrontation pour donner une chance au processus de normalisation actuel entre la Turquie et l’Arménie.

Les Arméniens ont un argument lorsqu’ils affirment que les résolutions et déclarations internationales des dix dernières années ont forcé la Turquie à abandonner son déni total des méfaits turcs.
Mais ces pressions extérieures n’ont rien donné pour ce qui est de faire accepter par la Turquie le terme de génocide lui-même, surtout quand les projets de loi présentés au Congrès et à d’autres parlements sont clairement le résultat de calculs politiques intérieurs plutôt que des réflexions d’âmes nobles.

A propos de la question arménienne, de nombreux Turcs, dont des officiels du gouvernement, expriment à présent publiquement des regrets pour les pertes de vies arméniennes. Après plus de 80 ans de silence, au cours desquels toute discussion franche de ce qui s’est passé en 1915 était considérée comme tabou, le public turc est en train de digérer un torrent de faits et d’avis nouveaux sur ces événements passés.

La décennie écoulée a vu une grande convergence entre Turcs et Arméniens qui veulent comprendre l’histoire de 1915 tandis que les échanges universitaires ont augmenté et que l’information est devenue largement disponible. En 2005 une conférence sur le problème arménien organisée par les membres les plus éminents de l’intelligentsia turque a montré que l’élite intellectuelle et culturelle du pays veut se défaire de la vieille attitude défensive nationaliste. Dans l’Est de la Turquie, des efforts ont commencé en vue de préserver le patrimoine arménien qui subsiste. Loin de détoriorer les relations turco-arméniennes, le meurtre du journaliste arméno-turc Hrant Dink en 2007 par un mystérieux groupe nationaliste a déclenché une manifestation de 100 000 personnes portant des pancartes disant “Nous sommes tous arméniens” dans les rues d’Istanbul.

Les sondages montrent que les deux-tiers des Turcs ont approuvé la décision du président Abdullah Gül d’accepter en septembre l’invitation de son homologue arménien Serge Sarkissian à un match de qualification pour la coupe du monde de football, et de devenir le premier chef d’Etat turc à visiter l’Arménie. Puis en décembre, 200 intellectuels turcs parmi les plus éminents ont donné le départ à une campagne d’excuses pour ce qu’ils ont appelé la “Grande Catastrophe” des Arméniens. Presque 30 000 personnes l’ont signée jusqu’ici.

Dans l’ensemble, les efforts de la Turquie en direction de l’Arménie s’inscrivent également dans le cadre des efforts qu’elle fait depuis dix ans pour améliorer ses relations avec d’autres pays voisins. Ankara a réussi à normaliser ses liens autrefois tendus avec la Syrie, la Grèce et le Kurdistan irakien. Ankara a aussi fait de son mieux pour obtenir une réconciliation entre Chypriotes turcs et grecs.

De nouvelles tendances peuvent aussi se voir en Arménie. Tandis que grandissent la fierté et la sécurité au sein du nouvel Etat arménien, la reconnaissance du génocide ne l’emporte plus sur tous les autres intérêts nationaux. Des questions comme le besoin d’opportunités économiques, une base plus large pour les stratégies régionales et une frontière turque ouverte qui peut constituer un accès direct vers l’occident occupent maintenant le devant de la scène. De plus en plus d’Arméniens passent leurs vacances dans des stations balnéaires turques.

Des changements évidents s’observent aussi au sein de la diaspora qui est plus nombreuse que la population de l’Arménie et qui a une forte influence sur Erevan. La communauté arménienne de France a mené une campagne internationale, à laquelle ont adhéré le cinéaste canadien Atom Egoyan et plus de 100 intellectuels connus, pour dire “merci” pour les efforts d’excuses (sic NdT) turcs. De plus en plus, des intellectuels arméno-français cherchent à renouer avec leur patrimoine en cultivant leurs liens avec la Turquie et des Turcs, et en visitant Istanbul.

Comme le président Obama l’a reconnu, c’est cette tendance à la convergence qui offre la meilleure chance, depuis des décennies, d’ouvrir les frontères entre ces deux Etats, en dépassant presque un siècle de conflits gelés, de confrontation nationaliste et de fantômes du passé qui ont maintenu Turcs et Arméniens en otages.

M. Pope, auteur de “La Turquie dévoilée, une histoire de la Turquie moderne”, est le représentant à Istanbul de International Crisis Group.
Hugh Pope

Turkey/Cyprus Project Director
International Crisis Group

T: +90 212 293 1178
M: +90 532 317 5330


Traduction Collectif VAN - 13 mai 2009 - 07:15 - http://collectifvan.org/




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Source/Lien : Wall Street Journal Europe



   
 
   
 
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