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Génocide arménien : quelle commission et quels historiens ?
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Kemal Karpat est un historien turc, professeur à l’Université du Wisconsin-Madison (USA). Descendants des Tatars de Crimée, il est né à Medgidia en Roumanie. Diplômé des Universités d’Istanbul, de Washington et de New-York, il fait partie des historiens obnubilés par la minimisation et la négation du génocide arménien. Il y a fort à parier que l’Etat turc, avec l’aval des USA, fera appel à ce type de “scientifiques” pour ‘étudier’ le génocide arménien, le Secrétaire d’État adjoint US Philip Gordon ayant indiqué que l’administration Obama soutenait la création de la commission d’historiens arméno-turque réclamée par Ankara… Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article moqueur de l’intellectuel turc Baskin Oran, publié par le journal arménien de Turquie, Agos. Prenant prétexte de l’interview de Kemal Karpat dans deux journaux turcs, Baskin Oran taille ici un costard au ‘professeur émérite mondialement connu’ Kemal Karpat, selon lequel le nombre de morts arméniens en 1915 ne dépasserait pas 100 à 200 000 (au lieu de 1 500 000). Baskin Oran ironise : « Pour pouvoir dire que nous avons tué peu d’Arméniens, nous sommes obligés de produire beaucoup de règles de calcul. »


LĂ©gende photo: Baskin Oran

Le métro moscovite

AGOS N° 688
05 Juin 2009

Baskin Oran
Le 1er juin, il sÂ’est produit un Ă©vĂ©nement rare en Turquie. Deux journaux ont diffusĂ© un long reportage rĂ©alisĂ© avec la mĂŞme personne sur le mĂŞme sujet. Devrim Sevimay de Milliyet et Neşe DĂĽzel de Taraf. Le sujet : la question armĂ©nienne en particulier. LÂ’invitĂ© : notre historien mondialement connu, le Prof. Kemal Karpat. Je ne souhaite pas me montrer irrespectueux envers notre professeur Ă©mĂ©rite. Je suis prĂŞt Ă  baiser sa main [Nota CVAN : signe de respect au Moyen-Orient). Mais je suis dans lÂ’obligation de mÂ’interroger sur une certaine mentalitĂ©.

Le monde existait-il avant le Congrès de Berlin?

Maître Karpat commence en plein milieu du sujet du Congrès de Berlin en 1878: “Lors de ce Congrès, une Bulgarie indépendante a été créée. Les Arméniens ont constaté que l’indépendance était possible. Dans l’article 1, il a été également décidé de faire des reformes concernant les Arméniens. Les Arméniens, qui avaient parfaitement bien vécu avec les musulmans, sont devenus l’objet d’une question politique.”

Mais il ne dit pas ce qui avait Ă©tĂ© inscrit dans lÂ’article 61, en parallèle de la rĂ©forme : “Bab-ı AlĂ® donne la garantie dÂ’assurer la sĂ©curitĂ© des ArmĂ©niens contre les Tcherkesses et les Kurdes.” [Nota CVAN: Bab-i AlĂ® est le gouvernement ottoman dÂ’Istanbul]. Car, les Kurdes depuis les annĂ©es 1850, les Tcherkesses depuis les annĂ©es 1860, avaient commencĂ© Ă  piller et Ă  tuer (voir mes articles dans Radikal des 17 et 20.08.2008). Comme cette situation a durĂ© une dizaine dÂ’annĂ©es, le mouvement sÂ’est transformĂ© en soulèvements hentchaks et en exigences dÂ’autonomie de la part des ArmĂ©niens. Je ne me permettrais pas de lÂ’apprendre Ă  mon maĂ®tre, mais en science, la vĂ©ritĂ© se raconte dans sa totalitĂ©, cÂ’est pourquoi on ne commence pas au milieu de lÂ’affaire mais au dĂ©but.

La plus grande thèse de Maître Karpat est celle-ci : la population arménienne en Anatolie était au plus de 1.400 000 million. Dont 1 million a fui en Russie. CQFD : le nombre de morts de 1915 ne dépasse pas 100 à 200 000. Très intéressant. Car même le diplomate Kamuran Gürün avait dit 300 000. En plus dans le cahier de Talaat Pacha, la différence entre les chiffres, avant la déportation et après, est de 972 246. En gros, disons 1 million, car dans ce chiffre, il en manque, par exemple les habitants de Trace n’y sont pas. Ce million de personnes a réussi à échapper aux gendarmes et à atteindre la Russie. Alors que quelques instants plus tard, le Maître va raconter que ces gens-là ont été installés en Syrie et au Liban. Pour pouvoir dire que nous avons tué peu d’Arméniens, nous sommes obligés de produire beaucoup de règles de calcul.

Ensuite, il lance un avertissement très familier: “Ne croyez surtout pas que je suis un historien nationaliste. Je suis un vrai ami des Arméniens.” D. Sevimay pose la question: “Comment expliquez-vous qu’ils ont été déportés tout en sachant pertinemment qu’ils allaient périr sur les routes ?” La réponse est toujours classique : “D’abord une partie a pu arriver saine et sauve et s’installer en Syrie et au Liban. Secundo, en 1878, des centaines de milliers de musulmans ont été arraché de Roumélie (la province ottomane des Balkans) et ont été éliminés. Lors de la guerre des Balkans, 400 000 musulmans ont été tués”. C'est-à-dire, ce que les Arméniens ont enduré a été causé par des soulèvements dans les Balkans. Il ajoute “Nous aussi, nous avons enduré”, on dirait la blague du métro moscovite : dans les années 60, des touristes des Etats-Unis d’Amérique attendent plus d’une demi-heure le métro qui avait la réputation d’arriver toutes les 30 secondes, le guide est embarrassé, il s’énerve et dit ‘Quoi? Qu’est-ce qu’il y a ? Vous, vous assassinez bien les Noirs!” [Nota CVAN : dans une attitude défensive, on compare deux événements qui n’ont aucun rapport].

“Pas une politique d’Etat mais de gouvernement”

Contrairement à D.Sevimay qui a été ‘réprimandé à deux reprises’, N.Düzel s’est montrée plus offensive et a posé la question “Qu’avons-nous fait aux minorités?” La réponse à cette question a été la suivante : “L’Etat n’est pas fascisant du tout. C’est la politique des gouvernements. L’Etat n’a jamais eu cette politique. Il dit ‘Ce n’est pas systématique’, (voir mon article de la semaine dernière). Seulement N. Düzel n’a pas lâché prise : “Dans les démocraties, il n’y a pas deux politiques distinctes entre l’Etat et les gouvernements.” La réponse rappelle encore le métro moscovite : “J’ai toujours critiqué les pratiques anti-démocratiques et les régimes avec un seul parti.” Concernant les agressions contre les juifs en 1934 il répond “Certaines personnes ayant des idées semblables aux nazis sont responsables de ça, l’Etat ne les a pas soutenues”. Soi-disant, il s’agissait d’actions d’associations civiles’ à l’époque du parti unique.

“Stop, reste un peu à l’écart, dégage ”

N. Düzel demande pourquoi les Unionistes s’étaient comportés si “cruellement”. La réponse : “Les Unionistes ont défendu les droits nationaux des Turcs, et aux autres, ils ont dit ‘reste un peu à l’écart, dégage’.” D’après ce que nous savons, on n’avait pas dit “stop” : on avait plutôt dit “Marche vers le désert de Deïr es-Zor !”.

Il ne se contente pas de si peu, il dit: “Le Traité de Lausanne a accordé beaucoup plus de droits aux non musulmans qu’aux musulmans”. Necmettin Erbakan avait également dit la même chose. N. Düzel insiste : “la Turquie a accordé ces droits mais elle les a également violés, non ?”. La réponse: “De temps en temps. Mais aujourd’hui, en Turquie, les Arméniens ont des écoles ; en Arménie, il n’y a pas de Turcs.” Et puis quoi encore? D’après le Traité de Lausanne, les Turcs devaient-ils vivre en Arménie pour que des écoles arméniennes puissent exister en Turquie ?

Plus encore, lorsque Maître Karpat cherche la réciprocité, il ignore la règle que ‘la réciprocité dans les droits de l’homme n’existe pas’. N Düzel s’obstine “les Arméniens de Turquie sont nos citoyens” et le métro moscovite passe à l’action : “C’est une autre question. Il y a ceci encore : l’Arménie demande l’Anatolie de l’Est.” Et lorsque N. Düzel rappelle “Oui mais, le Président de la République d’Arménie a dit qu’ils n’avaient pas d’exigences territoriales”, il répond : “L’Arménie dit : tu dois accepter le génocide” Ouf, Moscou.

“Demandez donc ce que les Turcs ont enduré !”

Je n’en peux plus, mon cœur se serre. Celui de Maître Karpat a dû se serrer aussi pour une autre raison, car il a fini par dire: “Ecoutez, cette discussion sort d’un périmètre se basant sur des événements objectifs et elle se transforme en polémique”. “Pourquoi ne vous demandez-vous pas ce que les Turcs ont enduré ?”

Si vous demandez “N’y a-t-il rien de bien dans ces reportages ?”, il y a les paroles de Maître Karpat qui sont très justes : “Il ne faut pas étudier uniquement la déportation, il faut étudier tout le processus”.

Si on compare les deux reportages, j’arrive à la conclusion suivante : Celui de D. Sevimay est plus charmant. Lorsqu’elle pose ses questions à un Professeur de renommée internationale, N. Düzel oublie qu’elle est en train de parler à un immigré roumain d’origine tatare qui dit “Je suis de Roumélie, j’ai été maltraité et j’ai subi des insultes à cause de mon identité ethnique turque”.

Traduction du turc S.C. pour le Collectif VAN - 22 juin 2009 - 14:50 - http://www.collectifvan.org




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