Aujourd'hui : Jeudi, 24 janvier 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du NĂ©gationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenętre !  Envoyer cette page ŕ votre ami-e !
 
Turquie : Conférence négationniste du Bâtonnier d’Istanbul
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Un colloque intitulĂ© “Les allĂ©gations armĂ©niennes et les vĂ©ritĂ©s historiques” a Ă©tĂ© organisĂ© par Muammer Aydın, PrĂ©sident du Barreau dÂ’Istanbul en Turquie, et a eu lieu le 3 Janvier 2009.

Destiné à faire progresser (si besoin en était) le négationnisme du génocide arménien auprès des élites turques – et dans le cas présent auprès des avocats, pourtant supposés représenter la recherche de la Justice et du Droit -, ce colloque, au cours duquel se sont exprimés 4 avocats, a tristement aligné les poncifs négationnistes habituels.

Le discours d’ouverture du colloque a été fait par le président du Barreau d’Istanbul, dont le Collectif VAN a déjà traduit la lettre d’avril 2009 adressée à Maître C. Charrière Bournazel, Bâtonnier de Paris.

Muammer Aydın aurait donc dĂ©clarĂ© lors de ce colloque, selon le compte-rendu en ligne sur le site du Barreau dÂ’Istanbul, que « les Ă©vĂ©nements vĂ©cus durant les dĂ©portations de 1915 ne pouvaient pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme un gĂ©nocide car il fallait que cela soit une politique dÂ’Etat alors que lÂ’Etat ottoman nÂ’avait pas de telle politique. »

Notons que le titre du colloque est identique à ceux des documents négationnistes de l’Etat turc, documents en ligne sur le site du Ministère turc de la Culture et signalés dans notre article du 3 juillet dernier. Durant quelques jours, le site du ministère turc de la Culture a curieusement été vidé de son contenu anti-arménien : autant dire qu’il ne restait plus grand-chose (la culture turque reposerait-elle essentiellement sur le négationnisme ?). Que les partisans d'un négationnisme pur et dur se rassurent : tout est - pour l'instant - rentré dans "l'ordre"...




LĂ©gende : Prise de parole du prĂ©sident du Barreau dÂ’Istanbul, Muammer Aydın, lors de la confĂ©rence nĂ©gationniste “Les allĂ©gations armĂ©niennes et les vĂ©ritĂ©s historiques” quÂ’il a organisĂ©e, le 3 janvier 2009.


Traduction du texte en ligne sur le site du Barreau dÂ’Istanbul

Haber GĂĽncel
Date du colloque 03.01.2009 14:00

Le sujet du colloque : « Les allégations arméniennes et les vérités historiques »


Le colloque intitulĂ© “Les allĂ©gations armĂ©niennes et les vĂ©ritĂ©s historiques” a Ă©tĂ© organisĂ© par le Barreau dÂ’Istanbul et a eu lieu le 3 Janvier 2009 de 14.00 Ă  19.00 dans la salle de confĂ©rence Orhan Apaydın. Le colloque a Ă©tĂ© dirigĂ© par lÂ’avocat HĂĽseyin Ă–zbek, membre du conseil dÂ’administration du barreau.

Le discours dÂ’ouverture du colloque a Ă©tĂ© fait par le prĂ©sident du Barreau dÂ’Istanbul Muammer Aydın [Nota CVAN : voir Ă©galement sa lettre dÂ’avril 2009 adressĂ©e Ă  MaĂ®tre C. Charrière Bournazel, Bâtonnier de Paris]. Il a dĂ©clarĂ© que les Ă©vĂ©nements vĂ©cus durant les dĂ©portations de 1915 ne pouvaient pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme un gĂ©nocide car il fallait que cela soit une politique dÂ’Etat alors que lÂ’Etat ottoman nÂ’avait pas de telle politique.

Il a poursuivi en disant que durant lÂ’occupation anglaise, 144 personnes avaient Ă©tĂ© exilĂ©es Ă  Malte, mais quÂ’en lÂ’absence de preuves, elles avaient Ă©tĂ© acquittĂ©es [Nota CVAN : A la suite de la dĂ©faite de lÂ’Allemagne - Ă  laquelle la Turquie Ă©tait alliĂ©e durant la Première guerre mondiale -, lÂ’Empire ottoman a Ă©tĂ© occupĂ© et certains des dirigeants du ComitĂ© Union & Progrès, responsables du gĂ©nocide des ArmĂ©niens, des Assyro-chaldĂ©ens-syriaques et des Grecs, ont Ă©tĂ© exilĂ©s Ă  Malte. Lire Ă  ce sujet lÂ’Ă©tude Ă©difiante de Sait Çetinoğlu.]

Aydin a dit que certaines sources ne voulaient pas prendre en considération ces vérités historiques et que leur vrai but était de préparer le terrain afin de réclamer des terres.

Muammer Aydin a rappelé que le monde entier avait observé en silence les assassinats des 41 diplomates turcs par l’ASALA et les terroristes serbes qui ont tué des milliers de musulmans bosniaques. Les pays champions de la démocratie ont été influencés par la diaspora arménienne et ont reconnu les événements de 1915 comme génocide. Et en considérant sa négation comme un crime, ces parlements ont commis un acte indigne au regard de la justice et de la morale.

Le président du Barreau d’Istanbul a rappelé que les Arméniens avaient vécu en paix durant 800 ans sous l’Etat ottoman et qu’ils avaient occupé des places importantes dans l’économie et dans les rangs de l’Etat [Nota CVAN : argument récurrent de l’Etat négationniste turc qui semble oublier ce que cette « paix » recouvrait en réalité pour les dhimmis* arméniens : terreur, massacres de masse, impôts prohibitifs, interdictions variées (dont, jusqu’à ce jour, celle d’occuper un poste dans la fonction publique en Turquie), pillages, devchirmé avec le rapt de jeunes garçons arméniens à partir de 1362 afin de constituer le corps militaire des Janissaires - Yeni Ceri ‘nouvelle troupe’ en turc - et servir également aux besoins pédophiles de la Cour du Sultan, islamisation forcée, rapts et viols des filles et des femmes, etc.].

Que la déportation [de 1915] était organisée uniquement pour neutraliser les maquisards qui voulaient nuire à l’armée et afin d’empêcher le pillage de certains groupes, l’Etat avait emmené les citoyens arméniens vers les zones plus sûres, et qu’en dehors de la déportation, les citoyens arméniens n’avaient subi aucun préjudice. [Nota CVAN : bref, un génocide idyllique. Fan-tas-ti-que comme dirait le Prof Baskin Oran].

Aydin a également parlé de la médiatique campagne d’excuses [initiée par 4 intellectuels de Turquie, dont le Prof Baskin Oran] : « La campagne d’excuses est insensée. Qui présente des excuses à qui, au nom de quoi et pourquoi ? Personne n’a le droit de semer la confusion dans les esprits à ce sujet ».

L’avocat Hüseyin Özbek, le président du colloque a donné la parole à Onur Öymen, parlementaire et ex-ambassadeur à la retraite.

Onur Oymen a rappelé que nous discutions des événements vécus en 1915, alors que l’actualité de la Turquie était chargée d’autres sujets plus importants : l’Arménie occupe le Haut-Karabagh, 20 000 Azéris sont morts et 1 million d’Azéris a été obligé de quitter ses terres. Il a dit que l’Arménie ne reculait pas d’un pas sur ce sujet et ne faisait aucune concession. [Nota CVAN : la désinformation autour du conflit du Haut-Karabagh est une des constantes du discours négationniste].

Onur Oymen a souligné le fait que les membres de l’ASALA qui avaient assassiné nos 41 ambassadeurs se promènent librement avec des allures de héros sans être jugés. Il a dit « Ces événements qui se sont déroulés sous les yeux du monde entier, nous les expliquons à tous, mais nos interlocuteurs ne veulent pas les entendre ».

Onur Oymen a précisé que les événements de 1915 étaient la conséquence des actes de violence commis par le parti Dachnag en 1894 [Nota CVAN : autre argument récurrent du négationnisme turc. L’activité ponctuelle et sporadique de quelques centaines de résistants arméniens – simplement désireux de protéger les populations arméniennes d’Anatolie contre les massacres, pillages et brigandages en tous genres commis par des Kurdes et des Turcs -, est utilisée comme excuse à l’extermination d’un peuple entier, hommes, femmes, enfants, vieillards…].

Il a dit que la diaspora, qui se faisait l’avocat des allégations arméniennes, était en contact étroit avec le monde entier, qu’ils [les Arméniens de la diaspora] faisaient publier des livres de contre-propagande tel que le ‘Livre Bleu’ édité par le parlement anglais. Et qu’ils influençaient ainsi les parlements. [Nota CVAN : Onur Oymen pourra enfin prendre connaissance du contenu du Blue Book qu’il réfute, car le Livre bleu vient de faire l’objet d’une traduction turque autorisée, menée par le Gomidas Institute d’Ara Sarafian (basé à Londres). Une conférence de presse de présentation a d’ailleurs été organisée à Ankara par « l’Association des droits de l'homme de Turquie » et l’Association « L'Initiative d'Ankara pour la liberté d'expression » le 26 juin 2009, en présence de Lord Avebury, vice-président du Groupe des droits de l'homme au Parlement britannique].

Onur Oymen a ajouté qu’on demandait à la Turquie de faire, contre toutes ces allégations, un pas en avant comme pour le match de foot national. Alors que ce genre d’actes était considéré par la partie adverse comme une ‘faiblesse’. [Nota CVAN : référence à la visite en septembre 2008 du Président Abdullah Gül en Arménie, invité par son homologue arménien à assister à un match de football opposant les équipes turque et arménienne. Cette visite avait amorcé le ‘dialogue’ entre les deux Etats voisins et a été qualifiée de « diplomatie du football »].

Le journaliste Gürbüz Evren a annoncé qu’en tant que politologue, il pouvait dire que les allégations arméniennes étaient politisées, car les ‘allégations de génocide‘ étaient rentrées dans les manuels scolaires. Et qu’elles avaient fait leur chemin dans le subconscient des élèves.

Il a dit que ceux qui avaient initié ‘la campagne d’excuses’ étaient derrière toutes les actions néfastes. Que cette campagne menait la Turquie sur une voie très dangereuse car elle faisait partie de la guerre psychologique et qu’elle transformait les Arméniens en un ‘Autre’.

Gurbuz Evren a rappelé que la diaspora arménienne œuvrait partout dans le monde pour faire reconnaître le génocide. Et qu’en 2015, pour le 100ème anniversaire des événements, on pouvait s’attendre à l’organisation d’une grande campagne. Il a énuméré ainsi, les actions politiques, que la Turquie pouvait craindre dans ce cadre:

- La création de défenseurs du génocide [commis] en Turquie et leur soutien [par la diaspora arménienne].
- L’ouverture de procès contre des banques et des compagnies d’assurances pour embarrasser la Turquie.
- L’augmentation du nombre des parlements reconnaissant le génocide et de lois pénalisant la négation, la pression dans ce sens sur le gouvernement actuel des Etats-Unis.
- La reprise dans les manuels scolaires de propos disant que la Turquie a perpétré un génocide.
- La déformation des paroles prononcées par Ataturk au sujet des Arméniens,
- La parution, dans les livres, d’informations concernant les recensements des populations avec la tentative de jouer au sujet des gènes de l’Anatolie. [Nota CVAN : le journaliste Gürbüz Evren avoue ici sa crainte de voir révéler la vérité concernant les familles arméniennes converties de force à l’islam, les enfants arméniens enlevés utilisés comme esclaves, les petites filles arméniennes abusées sous prétexte de les sauver, etc.].

L’ex-ambassadeur à la retraite Ömer Engin Lütem a déclaré qu’il y avait eu seulement 28 000 signatures pour la campagne d’excuses adressées aux Arméniens contre 600 000 signatures recueilli par la campagne des opposants, précisant que la différence était sérieuse.

Lütem a précisé que la notion de génocide avait fait son apparition à la suite des massacres des Juifs durant la seconde Guerre mondiale. Que l’article 2 de l’accord reconnu par les Nations-Unies en 1948 lui avait donné une base juridique et qu’à ce jour, plus de 200 Etats avaient signé ce traité. Il a ajouté que, selon ce traité, le génocide devait reposer sur un prétexte ethnique, religieux, national et racial [Nota CVAN : tous ces critères correspondent au génocide des Arméniens, minorité chrétienne ethnique de l’Empire ottoman et massacrée comme telle].

Lütem a raconté que le génocide était un massacre, mais qu’il ne se définissait pas par sa taille mais par ses raisons, que parfois même l’assassinat d’une personne pouvait être qualifié de génocide [Nota CVAN : a fortiori donc pour celui de 1 500 000 victimes…] Il a dit « D’après les raisons citées ci-dessus, l’assassinat des membres d’un groupe, la soumission à des tortures physiques ou morales, la restriction forcée des naissances et le transfert d’enfants en les obligeant à changer leurs conditions de vie, sont reconnus comme crime de génocide ».

Lütem a précisé que les massacres des juifs, les massacres en Bosnie et au Rwanda étaient considérés comme des génocides dans le cadre du Traité de 1948, et en analysant d’un point de vue juridique, les événements de 1915, il a prononcé les paroles suivantes :

« Les événements de 1915 ne constituent pas un génocide. Car il n’y a eu ni une organisation ni une infrastructure visant à l’anéantissement [des Arméniens]. Les fosses communes des Turcs sont mises à jour mais il n’existe aucune fosse commune d’Arméniens. Il n’existe aucun jugement de tribunaux reconnaissant les événements de 1915 comme génocide. Les événements ayant eu lieu sous l’Empire ottoman n’engagent même pas moralement la République de Turquie. Les reconnaissances de génocide par certains pays n’ont aucune valeur exécutive ». [Nota CVAN : à quoi bon s’affoler alors ? Le gouvernement négationniste turc devrait être parfaitement serein].

LÂ’avocat GĂĽlseren Aytaş a dit quÂ’elle Ă©tait contre lÂ’idĂ©e dÂ’une commission dÂ’historiens, la dĂ©cision de cette commission pouvait dĂ©clencher un engagement juridique. Elle a dĂ©fendu lÂ’idĂ©e quÂ’il nÂ’Ă©tait pas question dÂ’accepter une telle chose.

Aytas a précisé que le Traité de Kars signé entre la Turquie, l’Arménie, le Géorgie et l’Azerbaïdjan avait résolu la question arménienne, que la Turquie n’avait aucun conflit de frontières avec aucun de ses voisins, et que la Turquie n’avait aucune prétention sur les ressources naturelles des autres ni sur les terres de personne.

Tandis que l’avocat Kegam Karabetyan a critiqué les intellectuels à l’origine de la campagne de signatures et a ajouté « Moi j’ai grandi sans me rendre compte que j’étais arménien. A mon âge actuel, on me l’a rappelé. Nous avons besoin de plus d’unité et de solidarité que jamais.

Karabetyan a raconté que le vrai but était l’affaiblissement de la Turquie ainsi que la transformation des Arméniens en cible en les utilisant comme marche pied. Et il a dit « Dans ces conditions, je ne pense pas que cela soit un génocide. A cause de ces bons à rien et de ces gens qui commettent des massacres, nous avons malheureusement été manipulés et utilisés comme une marche. Nous avons été utilisés comme une échelle ou une pince tisonnier. Ces forces externes ont démantelé l’Empire. Et maintenant, vous dites que la Turquie doit payer des indemnités, ce n’est pas la Turquie qui va payer ces indemnités, mais ce sont eux qui vont les payer à la Turquie. » [Nota CVAN : Par ce discours, l’avocat arménien de Turquie Kegam Karabetyan témoigne soit de sa peur à exprimer ses pensées réelles, soit de sa servilité à l’égard de l’Etat turc : deux sentiments qui, de gré ou de force, accompagnent depuis des siècles, l’histoire de la population arménienne en Turquie].

A la fin du colloque et pour faire suite aux discours des participants, il y eut des questions-réponses. Le colloque a été dirigé par l’avocat Hüseyin Özbek, membre du conseil d’administration du Barreau, qui a offert des brochures aux conférenciers.

Traduction du turc : S.C. pour le Collectif VAN - 13 juillet 2009 - 10:14 - www.collectifvan.org

Lien permanent : http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=33453 (Turquie : Conférence négationniste du Bâtonnier d’Istanbul)

Titre original :
ERMENİ İDDİALARI VE TARİHİ GERÇEKLER




Lire aussi :

http://azadmag.free.fr/images/archives/120/devchirme.pdf

Procès Dink : « Arménien, connais pas. Circulez, y’a rien à voir »

Procès Dink : le bâtonnier de Paris représenté à Istanbul

Saison turque en France : la culture au service du négationnisme






* Un dhimmi[1] est, selon le droit musulman, un non-musulman ayant conclu, avec les musulmans, un traité de reddition (dhimma[2]) déterminant ses droits et devoirs[3].

Le terme dhimmi s'applique essentiellement aux « gens du livre » (Ahl al-kitâb), qui, dans le champ de la gouvernance islamique, moyennant l'acquittement d'un lourd impôt de capitation (jizya)[4], d'un impôt foncier (kharâj)[4], d'une certaine incapacité juridique et du respect de certaines règles édictées dans un "pacte" conclu avec les autorités, se voient accorder une liberté de culte restreinte, une dispense de certaines obligations que les musulmans sont tenus se faire (comme l'aumône obligatoire zakât ou servir dans l'armée) ainsi que la garantie de sécurité pour leur personne et pour leurs biens. En échange, certaines contraintes sont imposées, comme l'interdiction de construire de nouveaux lieux de culte ou l'interdiction du prosélytisme. L'ensemble de ces règles théorique sera mis en œuvre de façon plus ou moins stricte selon les périodes et les lieux.





Retour Ă  la rubrique



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org